Changement d'ambiance intéressant :-)
Ça m'a fait penser à un texte que j'avais lu, que je suis allé retrouver dans le livre de Jean Klein "Qui suis-je, la quête sacrée" :Voila. Je vis depuis quelques jours dans un adorable mélange de couleurs, de reflets lumineux sur les feuilles, de rythmes, d'odeurs... Je ne t'en ai pas parlé la dernière fois, parce que c'était tout récent, et je me méfie du mental: toujours prompt à sauter sur de nouveaux conditionnements, surtout si ceux-ci sont particulièrement agréables! Après tout, c'est peut-être simplement le Printemps, il neige des pétales de cerisier dans le jardin!
Question : Lorsqu'on n'est plus identifié à la personne, comment la vie en est-elle affectée ?
J. K. : La première chose que vous remarquez, c'est combien plus riches et plus profondes sont vos perceptions. La communication en devient d'autant plus variée. En général, nous sommes fixés dans des shémas de communications ; mais lorsque nous vivons dans l'ouverture, une grande sensibilité surgit, une sensibilité dont nous n'avions jamais rêvé.
Dans l'émotion, l'étonnement, le mental est absent (Je distingue les émotions des affects : ces émotions égoïques qui sont, elles, conditionnées par le mental, la pensée, les attentes et les peurs : la colère, la jalousie, l'envie, l'angoisse, le stress...).
Quand l'égo s'évanouit, les affects laissent la place à l'émotion. On ne vit plus dans la restriction de ses conditionnements avec tout son monde de pensées, affects, réactions. L'écran entre un pseudo-moi et le réel s'efface et l''ouverture amène une nouvelle sensibilité.
Le futur est une émanation du passé. Il ne peut être construit, conçu, projeté, qu'à partir du connu, donc de représentations passées. Passé et futur appartiennent au même monde : le connu. Seul le présent est totalement neuf (mais on y applique généralement une surcouche de connu, d'étiquettes rassurantes. Il est interprété par le mental, la pensée)Je n'ai jamais été très intéressée par le passé, j'aimais mieux les projections vers le futur
Oui. Et ce n'est même pas une empreinte. C'est la limite de la métaphore. L'image 'est obsolète dès qu'elle 'est décrite. L'empreinte, la trace appartient au passé, le présent est insaisissable :-)La seule empreinte qui existe, c'est celle où je suis, dans l'instant présent.
Et y a-t-il même quelqu'un dans ce présent ? L'être debout sur la plage n'est-il pas pensé après coup ? Une évocation de la mémoire ?
Tu peux préciser cette notion de responsabilité ? Mettre plus de mots sur ce que tu ressens, reformuler...et cela donne une immense sensation de responsabilité. Non pas responsabilité égoïste, vis-à-vis de soi-même, mais vis-à-vis du monde. La responsabilité d'être conscient sans choix, d'agir en fonction de la réalité. Il me semble que cette responsabilité, c'est cela l'amour.
Bien sûr, on a chacun une tonalité particulière, qui est en partie le résultat de conditionnements, d'imitation d'adultes depuis l'enfance. Ce peut être aussi une sorte de rôle, de personnage qu'on joue parce qu'il génère une certaine auto satisfaction, qu'il séduit les autres ou qu'il nous permettait d'obtenir la reconnaissance de nos parents. Auquel cas, ce n'est que la pensée "je suis comme-ci ou comme-ça, quelque chose", correspondant à la pensée "Je dois être comme ça pour obtenir reconnaissance, appréciation, amour...".Il reste un moi "personnalité", correspondant au corps, à une certaine manière d'agir, de parler, de communiquer... Mais je ne m'identifie plus à ce moi, je l'observe simplement. Tu vas me dire: Qui l'observe, et à partir d'où? Cette indescriptible conscience sans choix, à partir d'elle-même.
Ce n'est pas nous, juste des croyances.
Et les personnages générés sont multiples et variés, dépendants du contexte.
Comme tu le dis, ce corps, cette expression, est un objet d'observation. Pas le sujet.Mais il y a pour l'instant toujours un centre, relié au corps, qui trimballe cette conscience avec lui.
Le corps n'est que sensation : vu, toucher, olfaction, ouie, goût. Tout ceci est perçu dans la conscience, apparait dans un "je suis". Le corps a changé dans le temps, son état change dans la journée. Il ressent la fatigue, le malaise, le bien-être. Il est soumis au temps. Les états viennent et passe. Qu'en est-il de la conscience ? Pourrait-elle noter les changements d'état si elle n'était inchangée ?
Et es-tu certaine qu'elle est individuelle, attachée à un corps ?
Explore ton expérience immédiate : ferme les yeux et demande-toi où tu es. Te sens-tu être centrée dans la limite de ton enveloppe corporelle ?
On est dans une culture qui nous identifie fortement au corps : les miroirs sont partout, l'apparence compte, je suis gros, maigre, beau, laid, jeune, vieux, malade, classe, bien habillé, mal fagoté, les images sont retouchées... et tout ça influence ma place dans le groupe. Le corps est ainsi pensé, interprété par le mental qui est dépositaire des conditionnements, des croyances accumulé depuis le regard de nos parents dans notre petite enfance, en passant par l'école, toutes les relations, la télé... "je trouve sécurité affective, appréciation, reconnaissance (aux yeux des autres, ou à mes yeux à travers les valeurs que j'ai intériorisées, si mon corps, mon apparence...". Ce n'est que croyances, pensées. Le corps en lui-même est neutre, il pourrait se balader à poil dans la rue comme tes chiens :-). Pour le corps pensé, c'est plus compliqué :-)
C'est intéressant d'explorer ça.
À bientôt,
Thierry

