Toujours un peu kaput, j'espère que ce sera lisible.
Alors être en temps réel et observer en même temps n'a pas été évident. J'ai vu qu'il y a finalement assez peu d'évènements dans une journée (en tout cas aujourd'hui!) qui donnent cette impression de choisir.Qu’est-ce que cela implique pour un « moi qui décide »? Toujours armée de cette vision directe, peux-tu regarder et observer ce qui se passe ‘en temps réel’ quand il s’agit des petits choix de tous les jours? C’est important de ne pas ‘analyser’ des choix-souvenirs ici, mais de regarder comment ils se déroulent en ‘live’. Raconte-moi ce que tu observes.
Parfois une perception attire l'attention, ce qui déclenche une pensée et une émotion qui déclenche une action de façon automatique. Par exemple (désolée pour le glamour mais c'est une situation simple dans laquelle j'ai vu le déroulement en temps réel) dans mon bureau une odeur considérée désagréable attire mon attention, déclenche la pensée "ça pue" associée à du dégoût, ce qui déclenche un ressenti de contrariété => je me lève en râlant pour aller fermer la porte des toilettes du couloir. Je n'ai pas eu d'impression de choix ici.
Ou l'attention est attirée par une pensée, par exemple "j'ai oublié de téléphoner à Monsieur Machin hier" => provoque une sensation associée à une petite panique => action je téléphone tout de suite.
Ça implique qu'il n'y a pas de moi qui décide, mais des réactions au gré de perceptions, ressentis, et pensées.
Mais dans une autre situation j'ai plus eu l'impression de choisir, pour le choix du plat du midi sur la carte : sensation de faim, lecture de la carte, hésitation entre deux plats proposés, images des deux qui apparaissent, bataille de pensées entre "celui-ci a l'air goûtu" "oui mais celui-là est végétarien", et choix compassionnel de celui qui ne contient pas d'animal. Quoique en l'écrivant je vois que ce choix est conditionné par les mémoires et idées à propos de qui est Céline et que ce n'est donc pas vraiment un choix. Mais je n'ai pas bien vu sur le moment.
Maintenant j'essaye de voir pourquoi j'ai choisi de venir écrire ici alors que je serais tellement mieux dans mon lit:). Il y a de la fatigue et de la fièvre mais l'attention est portée sur ces questions et sur la pensée que je t'ai dit que je te répondrai aujourd'hui et j'ai donc allumé l'ordi. Donc ce choix est conditionné par l'objet sur lequel l'attention est posée, qui ne semble pas "choisissable".
En fait c'est parfois comme si l'attention était en quelque sorte prisonnière des pensées, perceptions ou ressentis jusqu'à ce qu'une action ait lieu pour l'en libérer.
Je m'éloigne de la question mais je vois mieux aussi les petites histoires racontées par les pensées qui partent assez loin de l'expérience directe (fièvre, pas bien, seule avec le petit pendant une semaine => d'une sensation de malaise, pensées de "je suis malade je suis malade je suis malade" puis pensée des tâches à accomplir seule, montée d'énervement => blablablabla pour finir à "Monsieur qui n'est pas là cette semaine est responsable de tout ça". Ca s'est dissipé en le réalisant.)
Elle se manifeste dans le corps mais jamais par les mêmes sensations, je remarque. Là c'est cette sensation que je sens mon corps et les sensations qui le parcourent (les doigts sur le clavier, les yeux éblouis par l'écran, un petit serrement dans la poitrine, une lourdeur dans la tête). C'est associé à la pensée que c'est mon corps et que c'est moi qui le sens. Il y a aussi la pensée que je veux répondre, que je cherche les mots pour m'exprimer, que je les tape sur ce clavier. Non il n'y pas de lien direct entre sensations pures et étiquette "Céline qui" mais la pensée en crée un très vite.Allons au fond de la question. Dans le vivant, la fraîcheur de ce qui est, c’est quoi, cette « impression d’une Céline qui… »? Comment se manifeste-t-elle? Est-ce juste une pensée, ou une pensée qui commente une sensation? Comment est cette sensation? Y a-t-il un lien évident entre la sensation pure (avant toute interprétation) et son étiquette (une Céline qui)?
Bon j'espère être restée à peu près cohérente et lisible!
Bonne soirée et merci,
Céline.

