Journal de transmutation

Moderators: Chronophonix, Freddi

User avatar
hartipolem
Posts: 10
Joined: Sat Aug 18, 2012 12:28 am
Location: Algérie

Journal de transmutation

Postby hartipolem » Tue Aug 21, 2012 2:14 am

journal de transmutation


Lundi XX Août 2012
Le soir….
Salam Michel.
J'ai encore un point à préciser avant de
m'engager ou non, selon ta réponse.
Voilà : le travail dont il est question
ici, n'a-t-il aucune contre-indication ?
Je veux parler des problémes liés à la vie
"commune". Ma situation est plutôt
difficile, et je me demande si cela peut
entraver "le travail d'éveil" ?
Mais en fait, bien sûr, il s'agit plutôt
du probléme global de l'ego, qui est la
source de "mes problémes". J'ai peut-être
peur alors ....Pourtant, mon besoin est
pressant quasiment. Je veux dire que je
sais que j'ai besoin d'une aide du type de
celle que propose ce forum. Ma question
sur les contre-indications s'effondre. Me
voici-donc. Je suis prêt. Oui.

23h35
Maintenant m’absorbe.
Toux.
Ce n’est pas le moment ?
Que sais-je ?
A suivre.

Mardi
00h25 J’ai lu quelques fragments de conversations sur le forum, et il m’a alors semblé que je n’avais pas de vraie demande. Mais ce n’est pas exactement cela. J’ai aussi pensé que c’est du cinéma, ces discussions exhibées. Ce chercheur, qui aime se nommer « amant de l’Absolu », est comme un serpent dans l’eau. Il serpente. Dois-je t’appeler Chronophonix ? Je préfére Michel. Je ne sais plus ce que je veux ? QUE SUIS-JE ? Aucune réponse ! Tout passe, comme dans un rêve. Les pensées, les sentiments, la matiére, tout est avalé par la mort, gouffre obscur, et le vertige qu’il provoque, comme un balancement tenté par la mystérieuse profondeur. C’est comme un sommeil profond sans réveil. Une ignorance immense paralyse toute tentative de penser, et la noue sur elle-même. Il n’y a que moi. Comme infiniment seul, dans l’univers. C’est absurde. Un doute sur cette présence s’ensuit. Quelle autonomie posséde-t-elle ? Tout est lézardé. Je m’enfonce dans la nuit. Tu sais bien Bouhlame, que ceci n’est pas isolé du reste, à savoir tout ce que tu vis, au fil des jours, et que tout cela est relié à l’univers entier, et en fait partie. Mais il ne ressent pas ces dits. C’est plutôt une intuition muette.
Voilà un commencement probable, Michel.
Salam de Bouhlame







*

User avatar
Chronophonix
Posts: 598
Joined: Wed Jan 11, 2012 10:59 pm
Location: France
Contact:

Re: Journal de transmutation

Postby Chronophonix » Wed Aug 22, 2012 2:10 pm

Salam Bouhlame

Alors, c'est parti !

Mais en fait, bien sûr, il s'agit plutôt du probléme global de l'ego, qui est la source de "mes problémes".


Dans cette phrase, peux-tu voir à quoi se réfère "ego" et "mes" (mes problèmes). S'il y a un "ego" qui "te" cause des problèmes, où se trouve cet ego ? Et qui est cette personne à qui cet "ego" cause des problèmes ? Il faut répondre à ce genre de question par l'intuition, par le ressenti, par la vision directe, et surtout pas intellectuellement. Au fond, la question peut se résumer à : «Qui est Bouhlame» ? Y a-t-il vraiment là une entité séparée ? Un "chercheur" ?

Il n’y a que moi. Comme infiniment seul, dans l’univers.

Qu'est-ce que ce "moi" ? Et en quoi ce "moi" est-il "infiniment seul" ?

Mais il ne ressent pas ces dits. C’est plutôt une intuition muette.


Juste pour préciser les sens des mots, j'appelle "intuition" une forme de ressenti spirituel, qui n'est donc pas une émotion, ni une simple pensée. Par contre, une intuition peut engendrer secondairement de l'émotion ou de la pensée. Ici, nous nous occupons de voir en direct ce qui nous traverse, la verbalisation ne vient que secondairement, ainsi que le ressenti émotif. Par la prise de conscience intuitive, nous sommes amenés progressivement à remettre en question tout ce que nous croyons vrai, y compris l'existence d'un ego séparé, d'une "entité étanche". Je t'invite donc à voir en profondeur les réponses à ces questions, et me dire ce que ça produit chez toi dans un deuxième temps.

Voilà, Bouhlame
Namaste
Michel
«Pas ce qui devrait être, ce qui est» (Swami Prajnanpad)

User avatar
hartipolem
Posts: 10
Joined: Sat Aug 18, 2012 12:28 am
Location: Algérie

Re: Journal de transmutation

Postby hartipolem » Wed Aug 22, 2012 11:18 pm

Salam Bouhlame
Alors, c'est parti !
Moi : Mais en fait, bien sûr, il s'agit plutôt du probléme global de l'ego,
qui est la source de "mes problémes".

Michel : Dans cette phrase, peux-tu voir à quoi se réfère "ego" et "mes" (mes problèmes).

Moi : Directement, "ego" et "mes problémes" se réfèrent à moi, en tant que "corps et âme", et situés dans l'espace-temps. Corps étant la partie tangible, et âme étant la partie intangible. Les deux formant une unité, une personne, une entité nommée Bouhlame. C'est cela qui apparaît spontanément, comme réponse à ta question, sans entrer dans les détails de cela qui apparaît.

Michel : S'il y a un "ego" qui "te" cause des problèmes, où se trouve cet ego ?

Moi : Il est situé dans l’entité Bouhlame. Je l’appelle aussi « âme ». Et là, la description de « l’âme » serait fastidieuse, car c’est en elle que se trouvent les pensées, les sentiments, les sensations (à travers le corps). C’est aussi une mémoire de l’histoire de l’entité Bouhlame. Il est donc ce qui donne vie au corps, lequel ne serait qu’un cadavre sans « l’ego-âme ». C’est en lui qu’apparaissent les problémes, et éventuellement leurs solutions. Sa structure est complexe, et en partie inconnue.

Michel : Et qui est cette personne à qui cet "ego" cause des problèmes ?

Moi : Je suis la personne qui est l’ego. L’ego, l’âme, la personne, la conscience,
le moi, l’esprit, la psyché, etc….tout cela désigne pour moi l’entité humaine,
en sa partie intangible, dans sa partie tangible (la corps).

Michel : Il faut répondre à ce genre de question par l'intuition, par le ressenti, par la vision directe, et surtout pas intellectuellement. Au fond, la question peut se résumer à : «Qui est Bouhlame» ? Y a-t-il vraiment là une entité séparée ? Un "chercheur" ?

Moi : Bouhlame est Bouhlame, mais si c’est « qu’est-ce que c’est Bouhlame ? »,
que tu veux dire, je n’en sais rien. Il y a ce qu’on m’a dit, appris, mais c’est lézardé
de mille doutes. Il y a là une ignorance quasi-totale. Il n’y a peut-être que des croyances.
Croire que j’existe, croire que le monde existe, croire que Dieu existe, croire que
la sagesses existe, etc…..C’est énorme la quantité de croyances qui s’y trouvent.
Donc, au vu de cette ignorance, comment pourrais-je savoir s’il y a ou non une
entité séparée ? Il n’y a de cela, que ce que je ressens, et qui est peut-être
complétement faux, je n’en sais rien, et ce que je ressens, c’est ce que j’ai dit ensuite :

Michel : « Il n’y a que moi. Comme infiniment seul, dans l’univers. »
Qu'est-ce que ce "moi" ? Et en quoi ce "moi" est-il "infiniment seul" ?

Moi : Je viens de dire que je ne sais pas ce que c’est « moi ». Je n’en connais que la surface, qui est cet humain, mâle, né tel jour, telle année, en tel lieu, et avec des caractéres particuliers, le distinguant des autres humains, lesquels sont tous comme moi. Il est seul, Bouhlame, parceque son expérience lui montre qu’il n’y a jamais de vraie communion avec autrui, ni avec l’univers. Il y a des moments de « fusions » diverses, mais sans durée. Dans les fusions, les sentiments et les pensées changent, mais reviennent ensuite à leurs états habituels, quotidiens, ou l’insatisfaction domine, avec la colére, la peur, un malaise de fond perpétuel, et une solitude profonde.

Michel : "Mais il ne ressent pas ces dits. C’est plutôt une intuition muette." Juste pour
préciser les sens des mots, j'appelle "intuition" une forme de ressenti spirituel,
qui n'est donc pas une émotion, ni une simple pensée. Par contre, une intuition
peut engendrer secondairement de l'émotion ou de la pensée. Ici, nous nous
occupons de voir en direct ce qui nous traverse, la verbalisation ne vient que
secondairement, ainsi que le ressenti émotif. Par la prise de conscience intuitive,
nous sommes amenés progressivement à remettre en question tout ce que nous
croyons vrai, y compris l'existence d'un ego séparé, d'une "entité étanche".
Je t'invite donc à voir en profondeur les réponses à ces questions, et me dire
ce que ça produit chez toi dans un deuxième temps.
Voilà, Bouhlame Namaste Michel

Moi : Mais au sujet de l’intuition, il est difficile de ne pas intellectualiser.
Ici, je dirais bien qu’il s’agit « d’une forme de ressenti spirituel »,
mais ça me paraît vague, comme si le spirituel et l’émotionnel se mélangeaient
inextricablement. Et enfin, il y a ma croyance en ce que disent
« grosso-modo » tous les monothéismes : ce que je suis, c’est une création de Dieu.
Tout le probléme, comme pour l’être humain, est dans les définitions.
Relativement, il y a des définitions ridicules, et des définitions sublimes.
Je ne peux pas concevoir mon être comme autonome.
Il fait partie de l’univers, qui est vivant aussi.
Voilà pour ce départ, qui contient des précisions utiles pour la suite.
Salam de Bouhlame.

User avatar
Chronophonix
Posts: 598
Joined: Wed Jan 11, 2012 10:59 pm
Location: France
Contact:

Re: Journal de transmutation

Postby Chronophonix » Sat Aug 25, 2012 12:25 am

Salam Bouhlame

Juste un détail pour commencer : pour la clarté des dialogues, il est souhaitable d'utiliser la fonction "quote" (citation) Il suffit de cliquer sur "quote", et d'insérer le texte entre les deux parenthèses.

Il y a des moments de « fusions » diverses, mais sans durée.

Peux-tu préciser ? Décrire ce qu'est un «moment de fusion» ? Est-ce un moment heureux ? Les problèmes de Bouhlame existent-ils encore dans ces moments là ?

Dans les fusions, les sentiments et les pensées changent, mais reviennent ensuite à leurs états habituels, quotidiens, ou l’insatisfaction domine, avec la colére, la peur, un malaise de fond perpétuel, et une solitude profonde.

Peux-tu donner des exemples de faits suscitant de l'insatisfaction, de la colère, de la peur ? Comment se manifestent ces ressentis ? Il faut aller au fond des choses pour les voir : par exemple, peux-tu aller profondément dans le sentiment d'insatisfaction pour voir de quoi il est constitué ? Que faudrait-il pour que cette insatisfaction soit remplacée par de la satisfaction ? Et ce «malaise de fond perpétuel»? Que pourrais-tu en dire?

Il est seul, Bouhlame, parce que son expérience lui montre qu’il n’y a jamais de vraie communion avec autrui, ni avec l’univers.

Que serait, selon toi, une véritable communion avec autrui, avec l'univers?

Et enfin, il y a ma croyance en ce que disent « grosso-modo » tous les monothéismes : ce que je suis, c’est une création de Dieu.

Vois-tu la différence entre croire que tu es une création de Dieu, et te sentir au plus profond de l'âme être une création de Dieu ?

Je ne peux pas concevoir mon être comme autonome. Il fait partie de l’univers, qui est vivant aussi.

Bien sûr, c'est vrai, encore faut-il le vivre intimement de tout son être, pas seulement au niveau conceptuel. Vois ce qu'il en est pour toi à ce sujet, ici et maintenant.

Mais au sujet de l’intuition, il est difficile de ne pas intellectualiser. Ici, je dirais bien qu’il s’agit « d’une forme de ressenti spirituel », mais ça me paraît vague, comme si le spirituel et l’émotionnel se mélangeaient
inextricablement.

D'abord vient l'intuition, puis, dans un deuxième temps, une éventuelle mise en mots faisant appel à l'intellect. Il faut un regard acéré pour discriminer l'intuition de l'émotion qui peut l'accompagner. Le «ressenti spirituel» pur n'est pas une émotion, il émane de lui un sentiment de paix et de complétude, avec l'évidence que rien ne manque.
Même si des pensées sont toujours présentes, elles ne sont qu'un élément du décor et ne sont plus prises pour du réel : tu ne «colles» plus à ces pensées qui ne font qu'apparaître, passer, et disparaître.

Voilà, Boulhame
Namaste
Michel
«Pas ce qui devrait être, ce qui est» (Swami Prajnanpad)

User avatar
hartipolem
Posts: 10
Joined: Sat Aug 18, 2012 12:28 am
Location: Algérie

Re: Journal de transmutation

Postby hartipolem » Wed Aug 29, 2012 1:45 pm

Bonjour Michel
J'ai répondu plein de choses, mais la mutation actuelle est rapide,
et en peu de temps je ne suis plus d'accord avec mes réponses,
et je dois sans cesse les recommencer.
Je réfléchis donc, sur le processus d'ensemble, ici.
C'est lié au temps, à l'immédiateté des pensées et des sentiments.
Mais voici quand même une réponse à ces questions :
"Peux-tu donner des exemples de faits suscitant de l'insatisfaction, de la colère, de la peur ? Comment se manifestent ces ressentis ? Il faut aller au fond des choses pour les voir : par exemple, peux-tu aller profondément dans le sentiment d'insatisfaction pour voir de quoi il est constitué ? Que faudrait-il pour que cette insatisfaction soit remplacée par de la satisfaction ? Et ce «malaise de fond perpétuel»? Que pourrais-tu en dire?"
"Oui, il suffit de rien parfois, une remarque de mes parents, ou de quelqu’un d’autre (sur facebook par exemple / et ça peut être un énoncé trop affirmatif sur la vérité de l’être, qui m’exaspére car je le trouve trop prétentieux), mais ça peut être aussi parceque le climat ne me convient pas, et la colére éclate ! La peur est plus insidieuse, mais elle est aussi provoquée par l’écoute, d’un fait macabre, d’une menace supposée, ou d’une imagination ou je souffre. Mais cela peut venir sans que je n’en sache la cause. La peur et l’angoisse semblent liées, car souvent, ce que j’éprouve c’est une angoissée apeurée, de je ne sais trop quoi, et ça me maintient des heures, dans un malaise indéfini, et puis « ça » me lâche, et de la détente se produit. La mort est souvent la cause de ces malaises, quand je pense à ma mort, surtout depuis Février dernier après une chirurgie cardiaque importante. Là, la peur peut devenir une panique, avec difficultés respiratoires, palpitations, sueurs, et je dois alors bouger, changer d’endroit, boire, manger, prendre un calmant au besoin (prescrit par mon cardiologue). Pour l’insatisfaction, elle est bien sur provoquée par des pensées, soit spontanées, soit induites par une conversation. Elle est fréquente, comme un grouillement de fond qui bourdonne en permanence. Tout me paraît insatisfaisant parfois, et ça peut aller jusqu’à l’envie de me suicider, tellement alors, tout me paraît insipide, absurde, sans consistance réelle, accablant de bétise, de laideur, et de violence. Il est certain qu’il y a un refus de la réalité telle qu’elle est, qui est en jeu ici. Comment accepter une telle réalité, qui est d’abord représentée par les parents, pour l’enfant ? Je ne vais pas raconter ma vie ici, mais c’est bien elle qui est refusée. Je ne peux nier des désirs de vengeance, plus ou moins avoués à moi-même. Mes plus belles dispositions et capacités, ont été saccagées par mon éducation très morbide, avec insultes permanentes et humiliations, et sévices physiques violents. Comment accepter autant de destruction et de gâchis ? Bien sur, intellectuellement je justifie les choses par la loi de causes à effets : mes parents ont eux-mêmes subi des miséres très dures, dans l’Algérie alors colonisée par le France, etc….Mais cela ne guérit pas les blessures qui continuent de saigner en gémissant. Pourtant, je connais aussi de la satisfaction, au sein même de l’insatisfaction, quand mon « âme » s’apaise d’elle-même, comme sans raison, et qu’il n’y a plus de questions ni de rébellions."

Mais comme je l'ai dit, il y a des choses dans ces réponses avec lesquelles je ne suis plus d'accord.
J'ai aussi trouvé que le nombre de tes questions est trop important ?
Enfin, ici je réponds directement sur le forum,
car si continue comme je faisais, de répondre sur un document à part, je vais y passer la journée et la nuit,
sans réussir à me décider à envoyer ce que j'aurais écrit.

Salam de Bouhlame

User avatar
Chronophonix
Posts: 598
Joined: Wed Jan 11, 2012 10:59 pm
Location: France
Contact:

Re: Journal de transmutation

Postby Chronophonix » Sat Sep 01, 2012 12:46 am

Salam Boulhame

Pourtant, je connais aussi de la satisfaction, au sein même de l’insatisfaction, quand mon « âme » s’apaise d’elle-même, comme sans raison, et qu’il n’y a plus de questions ni de rébellions."

Dans ces moments là, y a-t-il encore un «Je» qui éprouve la satisfaction, ou seulement un état satisfait et paisible se suffisant à lui-même ? Car sans ce «Je» qui refuse, où est le problème ? Il n'y en a plus, n'est-ce pas ?

Il est certain qu’il y a un refus de la réalité telle qu’elle est

Tous nos refus de ce qui est sont générés pas le mental qui s'y entend à merveille pour justifier le fait de refuser: mon éducation, mes blessures d'enfance, la violence et la laideur du monde, les remarques ou commentaires des autres, etc...le refus cause nos souffrances, engendre la peur et le malaise, car il y a discordance entre ce qui est et ce qui devrait être selon nous. La première chose à faire est d'accepter, de dire oui à ce qui est sans condition, puis de voir ce qui peut être fait, ce qui peut être changé. Nous ne pouvons pas agir sur ce qui s'est passé, mais nous avons une possibilité d'action sur le refus de ce qui s'est passé.

C'est lié au temps, à l'immédiateté des pensées et des sentiments.

Effectivement, c'est toujours maintenant que tout se joue, et s'il y a une heure, j'éprouvais un malaise qui a disparu à présent, inutile de revenir sur ce malaise. Se libérer est d'abord se libérer du refus : j'éprouve une peur, et bien OUI, j'éprouve une peur, c'est mon ressenti du moment, et il n'y a rien que je puisse faire pour que maintenant, cette peur disparaisse dans la seconde qui va suivre. Par contre, s'il y a acceptation pleine et inconditionnelle de cette peur, elle va s'en aller beaucoup plus vite que si je la refuse. Cela est bien entendu à expérimenter pour s'en convaincre par soi-même. La libération, c'est ne plus s'accrocher à tout ce qui apparait, que ce soit des sensations, des pensées, des émotions, et les laisser partir comme elles sont venues. Plus ce qui apparait en nous est accepté, plus vite cela s'en ira. Lorsqu'un nuage passe dans le ciel et voile le soleil pour un instant, il ne nous vient pas à l'idée de refuser ce nuage sous prétexte qu'il cache le soleil. Il en est de même pour nos émotions, colères, malaises, peurs, tous ces «nuages» qui voilent pour un instant le «soleil» intérieur qui est paix, joie, amour.

J'ai aussi trouvé que le nombre de tes questions est trop important ?

Chaque question est une perche tendue, le tout est de tendre la bonne perche au bon moment, voilà pourquoi je pose beaucoup de questions; ce qui importe, c'est qu'au moins une de ces questions trouve un écho en toi et suscite une réponse venant de la profondeur, de l'intuition; dans l'instant, cela est suffisant, alors, dans ce cas, qu'importe les questions restées sans réponse...

Namaste, Bouhlame
Michel
«Pas ce qui devrait être, ce qui est» (Swami Prajnanpad)

User avatar
hartipolem
Posts: 10
Joined: Sat Aug 18, 2012 12:28 am
Location: Algérie

Re: Journal de transmutation

Postby hartipolem » Mon Sep 03, 2012 1:14 pm

Salam Michel
Je suis entiérement d'accord avec ce que tu dis, et parceque je l'expérimente.
Mais je ne me sens pas contrôler le "processus", dont j'ignore le début du reste.
Cela semble avoir toujours été présent en Bouhlame.
Oui, tout est dans "je" qui refuse !
C'est sur ce point, que j'ai besoin d'aide, de rappels réguliers,
tellement j'oublie et replonge facilement en lui (le "je" qui refuse).
Cela m'améne réguliérement à des crises dramatiques, ou le suicide est désiré.
Pourtant, cela ne s'est jamais fait, et le retournement est toujours venu avant que l'acte ne se produise.
Et là, oui, c'est comme une magie, spontanément la tension critique disparait.
Le Bouhlame problématique disparait. Une joie tranquille domine tout.
Une belle clarté d'esprit s'installe.
Evidemment, au bout d'un moment de ce manége,
la nécessité d'une certaine discipline apparait.
Elle semble actuellement se mettre en place d'elle-même,
lentement, avec des crises aussi, mais "claires", c'est à dire vues pour ce qu'elles sont,
c'est à dire des expressions du "je" qui refuse.
L'aspect incontrôlable est cependant bien difficile à accepter.
Parfois "ça" semble jouer avec mes nerfs !
Tu sais que je suis récemment passé par une crise cardiaque, suivie d'une grosse intervention chirurgicale,
et que j'ai frôlé la mort physique. Aprés cette phase paroxystique de ma vie,
la question spirituelle est devenue prioritaire.
Le "je qui refuse" pourrait être le responsable de ce drame, et probablement de tous les drames du monde.
Je me questionne sur sa présence si forte dans le monde.
Il semble intégré au monde. Il semble être individuel et collectif.
Ce qui accepte, par contre, pourrait être totalement impersonnel et intemporel.
De là, que puis-je réellement faire ?
Et il s'est donc produit, que Bouhlame vint sur ce forum.
Il cherchait un lieu d'échanges sérieux sur la question spirituelle,
mais il trainait dans ses complaisances du refus.
Ces derniers jours une forte pression est survenue.
Et ton nouveau message aussi, qui est trés clair pour moi.
Merci Michel de m'aider à marcher.
Salam de Bouhlame.

User avatar
Chronophonix
Posts: 598
Joined: Wed Jan 11, 2012 10:59 pm
Location: France
Contact:

Re: Journal de transmutation

Postby Chronophonix » Tue Sep 04, 2012 10:34 pm

Salam Bouhlame

«On ne discute pas avec ce qui est» : voilà une mise en pratique qui n'implique pas de faire, mais justement de ne pas faire.

Refuser, c'est faire, c'est créer deux là où il n'y a qu'un : il y a ce qui est et vient se superposer ce qui devrait être. La pratique, c'est de ne pas créer ce second élément, le ce qui devrait être, c'est de ne pas faire.

«Ce qui accepte» est effectivement impersonnel et intemporel : c'est ce qui reste lorsque le «Je qui refuse» a disparu.
«Ce qui accepte» est l'état naturel, partagé par tous les êtres humains, mais que si peu voient, alors que c'est la simplicité même.

La pratique, c'est donc épingler sans relâche tous les refus, quels qu'ils soient. Avant même de s'occuper de savoir quel est la nature de ce «Je qui refuse», il faut s'occuper des refus eux-même, les expressions du «Je qui refuse». Chaque fois qu'un refus est vu pour ce qu'il est, comme tu as pu le constater, la crise reste «claire» et le refus va rapidement s'affaiblir, puis disparaître. Ce qui va devenir intéressant, c'est de voir que ces refus sont des expressions automatiques, programmées dans le cerveau, et que la seule manière de les traiter est de les laisser être, puis de les laisser partir, et cela à chaque instant. Aucune échappatoire possible, car il n'y a absolument rien d'autre que l'instant présent, ici et maintenant. C'est toujours maintenant que s'exprime le refus, et c'est toujours maintenant que la claire vision de ce refus le transforme en acceptation. Ça joue avec mes nerfs ? OUI, et c'est terminé.
Juste maintenant, je sens que ça joue avec mes nerfs, c'est ce qui est? hé bien que ce qui est SOIT, et c'est tout.
Rien de plus à faire, et le jeu va s'apaiser de lui-même, la vie redevenir fluide et tranquille.

Celui qui tombe dans une rivière et qui s'agite dans tous les sens de la manière la plus désordonnée qui soit sera emporté par le courant et va se noyer. Celui qui, dans la même situation, se laisse glisser tranquillement avec le courant survivra et finira bien par rejoindre la rive.

Donc, effectivement, il n'y a aucun contrôle possible du processus. Il y a juste une possibilité de s'abstenir d'alimenter ce processus. Accepter, ce n'est pas faire quelque chose, c'est ne pas faire quelque chose, c'est simplement s'abstenir de refuser.

La vie est tellement simple...

Namaste, Bouhlame
Michel
«Pas ce qui devrait être, ce qui est» (Swami Prajnanpad)

User avatar
hartipolem
Posts: 10
Joined: Sat Aug 18, 2012 12:28 am
Location: Algérie

Re: Journal de transmutation

Postby hartipolem » Tue Sep 11, 2012 10:50 pm

Salam Michel.
Pour la suite, ça commence par : "je n'ai plus rien à dire".
Il n'y a plus que le vécu, d'instant en instant, et ses 2 programmes sous-jacents,
qui contrôlent le corps et l'esprit, invinciblement.
Programme naturel et programme culturel, mélangés.
En me disant que je suis cela, j'éprouve du désespoir,
car cela semble être une condition sans issue.
Le "je qui refuse" domine le programme culturel,
et sait le manipuler pour ses intérêts.
Il a aussi un certain contrôle sur le programme naturel.
Il n'y a rien à faire. Ce qui se fait se fait,
exactement comme la terre tourne autour du soleil.
Les tourments en font partie, et "ce qui accepte" aussi,
se manifestant çà et là, et puis disparaissant.
Une grosse fatigue accompagne le mouvement d'ensemble.
Je ne saurai jamais ce que je suis vraiment,
ni ce qu'est l'univers.
En tant que Bouhlame, je subis tout.
Salam.

User avatar
Chronophonix
Posts: 598
Joined: Wed Jan 11, 2012 10:59 pm
Location: France
Contact:

Re: Journal de transmutation

Postby Chronophonix » Sun Sep 16, 2012 10:08 pm

Salam Bouhlame

En tant que Bouhlame, je subis tout.
Ce à quoi je répondrai : en temps que conscience, tu accueilles tout. Et cela instant après instant. Regarde bien, Bouhlame : à chaque instant, ici et maintenant, il y a des sensations physiques, des éventuelles émotions, et des pensées. Regarde dans la direction de l'endroit, l'espace où cela se produit, ici et maintenant. Cet espace n'est ni une sensation, ni une émotion, ni une pensée; d'ailleurs, aucun mot ne convient vraiment pour le désigner, mais sans cet espace, aucun sentiment, aucune émotion, aucune pensée ne pourrait apparaitre de manière consciente. Stephen Jourdain utilisait cette métaphore : «une sphère qu'on aurait retournée comme un gant»
Cet espace est là en permanence et c'est en son sein que se déroulent toutes nos histoires, en particulier l'histoire de «moi», l'histoire de Bouhlame. Mais vu depuis cet espace, Bouhlame n'est qu'une histoire de plus, et le «je» qui ne saura jamais qui est Bouhlame également. Il n'y a que des histoires, il n'y a que des films. Qui serait insensé au point de croire qu'il fait partie du film ?

Namaste, Bouhlame
Michel
«Pas ce qui devrait être, ce qui est» (Swami Prajnanpad)

User avatar
hartipolem
Posts: 10
Joined: Sat Aug 18, 2012 12:28 am
Location: Algérie

Re: Journal de transmutation

Postby hartipolem » Mon Sep 17, 2012 12:25 pm

Salut Michel
Oui, mon esprit s'accorde plutôt bien avec ton propos.
Le regard essentiel dont tu parles, vers un certain espace,
voilà bien toute la difficulté !
Ce regard n'obéit pas à la volonté de Bouhlame !
Parfois, il survient, à mon insu, puis disparaît.
Songer en termes de causes à écarter, implique une
grande discipline, aussi capricieuse dans ses apparitions,
que "le regard essentiel".
Alors, je reste Bouhlame, vraiment stupide en sa gestion de la vie
la plus ordinaire, Bouhlame l'angoissé, etc....Tout le film !
C'est une souffrance bien sur.
Une souffrance qui me dépouille, d'années en années.
Pour moi, c'est Le Seigneur qui pétrit la pâte du bon pain.
Je ne veux pas me tromper à Son Sujet.
Je suis avec Lui, comme un enquêteur.
Ici, avant de poursuivre, je te demande de me dire,
en toute honnêteté, ce que tu crois-penses de Dieu.
Je ne parle pas des conceptions religieuses,
mais de ta conception, ou ta foi éventuellement.
Car dans cette affaire qui nous réunit en ce partage,
au sujet de la vie spirituelle de l'être humain,
il y a des voies diverses. Moi, je vois que ce je subis c'est Dieu,
et que Lui Seul peut me libérer de moi-même.
Ce que l'on peut dire intellectuellement de "la libération",
j'en ai lu tant de choses contradictoires, qui m'ont
plutôt encombré l'esprit et le coeur, un temps,
jusqu'à ce que Le Seigneur intervienne avec force.
C'était l'infarctus de Janvier dernier.
Je suis prudent avec la notion d'histoire personnelle, et
n'ayant pas une connaissance claire, je m'abstiens de lui
attribuer des statuts et fonctions que je ne vois pas.
L'histoire personnelle n'est pas vaine, elle est le seul chemin que nous ayons.
C'est là que se trouve Le Seigneur, dont je crois bien pressentir,
qu'Il Est L'Unique Réalité.
Salam de Bouhlame

User avatar
Chronophonix
Posts: 598
Joined: Wed Jan 11, 2012 10:59 pm
Location: France
Contact:

Re: Journal de transmutation

Postby Chronophonix » Wed Sep 19, 2012 11:05 pm

Bonsoir Bouhlame

Il y a une différence essentielle entre croire en Dieu et connaître Dieu. Elle est parfaitement illustrée dans cet article : http://www.persocite.com/orient/halladj1.htm

Ce que nous appelons sur ce forum «vision directe» n'a pas la prétention d'avoir la puissance d'une expérience mystique, mais néanmoins s'y rattache par le fait que dans cette vision, tous les concepts sont évacués, et il ne reste que la pure conscience, qui est la nature même de ce que dans l'occident chrétien nous appelons «Dieu». Et cela ne peut se vivre que dans l'instant, ici et maintenant. En d'autre termes, Dieu et mon Être essentiel ne sont qu'un (maintenant), la croyance en un Dieu séparé étant évacuée comme tous les autres concepts (toujours maintenant). Tu le dis toi-même : «C'est là que se trouve Le Seigneur, dont je crois bien pressentir, qu'Il Est L'Unique Réalité.» C'est à vivre en direct, bien entendu...
Tous les concepts concernant la "libération" ne sont que des concepts : à évacuer aussi ! La libération est de l'ordre de l'intuition, pas de l'intellect, même si après, l'intellect est capable de la reconnaître. Mais après, seulement. La libération est aussi de l'ordre de l'abandon; en ce sens, s'abandonner au divin est une voie de libération. Peut-être est-ce dans cette direction qu'il te faut aller à présent, tu es le seul qui peut le savoir.

Namaste, Bouhlame
Michel
«Pas ce qui devrait être, ce qui est» (Swami Prajnanpad)

User avatar
hartipolem
Posts: 10
Joined: Sat Aug 18, 2012 12:28 am
Location: Algérie

Re: Journal de transmutation

Postby hartipolem » Wed Sep 26, 2012 12:54 pm

Salam Michel.
Aprés ton dernier message, je crois qu'une sorte d'abandon s'est fait ressentir.
Je n'ai plus éprouvé le besoin de dire, mais d'être ce qui est.
J'observe actuellement une détachement dans mes habitudes psychosomatiques.
Elles nourrissaient tant de résistances.
La nuit passée j'ai écrit ceci :

On a fait dire à Bouddha, Jésus, Mohàmmàd, tant de propos
contradictoires, que pour s’y retrouver, c’est quasi-impossible.
De plus, les conflits violents qui existent entre les communautés
de croyants, n’invitent guére à se positionner en faveur
de l’une d’elles, puisqu’automatiquement, cela met en conflit
avec les autres communautés. Evidemment, il y a mille voies
pour esquiver la question, et justifier l’injustifiable.
Il n’est pas question ici, de nier tous les biens liés aux religions,
mais de reconnaître le mal, et de chercher un équilibre juste,
sain pour soi et pour autrui. Mais tout ceci, est si relatif aussi,
que la solution immédiate se fait : relativiser.
Etre raisonnable, dans un monde fou.
Ses problémes actuels, gigantesques et monstrueux,
comme le nucléaire par exemple, prouvent qu’il y a folie.
Hors, il faut qu’il y ait raison, pour équilibrer la folie.
Où est-elle ? Probablement partout, comme la folie.
Tout va bien quand tout va mal.
Si ça ne va mal qu’un peu, ça n’ira bien qu’un peu.
La dualité est donc tout, elle qui ne peut exister
sans son pôle complémentaire, l’unicité.

Je me parle, avant de parler à qui que ce soit.
Cela repose sur un nombre incalculables de causes,
de mon humeur, jusqu’aux atomes qui me composent.
C’est vertigineux-insaisissable, et c’est là, comme
le soleil, la nuit, les étoiles…Silence.

Salam

Je veux me parler, de tout ce que je perçois,
de moi premiérement, et du monde, et du lien entre les deux.
Je veux comme résoudre un probléme, qui se repose
à chaque instant, avec une forme différente de la précédente.
La pensée n’est pas assez rapide pour saisir cela.
La pensée n’est qu’une partie de cela.
C’est un mouvement d’une taille incommensurable.
Tout s’y trouve, en même temps.
Au pôle complémentaire de cette totalité,
se trouve le néant.
Chaque instant est totalité et néant.

User avatar
hartipolem
Posts: 10
Joined: Sat Aug 18, 2012 12:28 am
Location: Algérie

Re: Journal de transmutation

Postby hartipolem » Wed Sep 26, 2012 8:25 pm

Et certes, ce que tu dis, ailleurs sur ce forum, est essentiel :

"L'histoire de la spiritualité contemporaine fourmille de témoignages de personnes
ayant vécu des expériences mystiques, ultimes, transcendantes, puis qui sont
retombées dans leur misérable état ordinaire plein d'émotions et de souffrance.
Les expériences peuvent être utiles, se sont des indicateurs, mais la vraie
libération est beaucoup plus sobre, vécue au quotidien. Lorsque tu es
en paix avec tout ce qui apparait, lorsque le Oui à ce qui est est devenu
ta nature profonde, tu es libéré. Mais cela n'existe qu'instant après instant :
libéré un moment, repris dans le mental l'instant suivant, à nouveau en paix,
à nouveau emporté par les émotions, etc...Il ne tient qu'à toi de toujours
revenir à la vision directe dans l'instant et de toujours savoir te situer :
je suis là, dans la présence consciente, ou je suis parti dans mes histoires,
emporté par des émotions, coupé de l'instant présent ? "

Je pratique comme "ça vient".....

Merci !

User avatar
Chronophonix
Posts: 598
Joined: Wed Jan 11, 2012 10:59 pm
Location: France
Contact:

Re: Journal de transmutation

Postby Chronophonix » Sun Sep 30, 2012 10:08 pm

Salam Bouhlame

Aprés ton dernier message, je crois qu'une sorte d'abandon s'est fait ressentir.

Voilà, voilà, tu y es, ce qui nous fait mal, c'est de s'accrocher, lorsque qu'enfin nous lâchons, quel soulagement ! Le «moi» retient le flot de la vie, l'être le laisse couler librement. Lorsque le «dire» émane de l'être, il devient un plaisir du partage sans attente au lieu d'être un besoin de reconnaissance, et le «dire» devient souple, fluide, poétique, tendre, et se suffit à lui même.

Je me parle, avant de parler à qui que ce soit.
Cela repose sur un nombre incalculables de causes,
de mon humeur, jusqu’aux atomes qui me composent.
C’est vertigineux-insaisissable, et c’est là, comme
le soleil, la nuit, les étoiles…Silence.


Oui, Silence, Intuitions, Impressions, les mots restent loin derrière...

La pensée n’est pas assez rapide pour saisir cela.
La pensée n’est qu’une partie de cela.

Oui, le processus de la vie va bien plus vite que la pensée qui ne peut en fournir que des instantanés. Confondre les instantanés avec le processus finit par nous faire croire qu'il existe une telle chose qu'un «moi» alors que ce n'est qu'une pensée dont la vie s'évertue à nous montrer l'inanité.

Je pratique comme "ça vient".....

La perfection de l'instant...

Namaste Bouhlame
Michel
«Pas ce qui devrait être, ce qui est» (Swami Prajnanpad)


Return to “Français”

Who is online

Users browsing this forum: No registered users and 34 guests