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Biok
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Re: voir

Postby Biok » Sun Sep 25, 2016 11:00 am

Bonjour Paul,
Est-ce qu'il est facile d'être dans les sensations ?
plus ou moins selon les circonstances, mais si je me pose oui c'est facile.
Est-ce qu'il y a besoin d'une concentration particulière ?

je dirais plutôt une attention particulière oui , mais une fois qu'on y est il n'y a rien de particulier.
Est-ce qu'il y a le sentiment d'un moi, d'un observateur, d'une distance, ou d'une séparation quelconque ?
En général non, sauf lors de quelques tentatives que je considère comme ratées du coup.
Combien de temps ça dure ?
Ces jours ci ça dure très peu de temps, quelques secondes à peine. Alors que sur les premières tentatives ça paraissait beaucoup plus long.
Est-ce que le moment où ça bascule est bien perçu ?
oui, il y a un apaisement immédiat : les choses sont bien telles qu'elles sont, aucun problème.
Quelles sont les sensations ou les pensées présentes à cet instant ?
sensations d'être confondu avec ce qui est perçu, dissolut. Peu de pensées, sinon :"ah c'est mieux comme ça!".
Quelles étaient les sensations (ou les pensées) présentes juste avant ? juste après
juste avant une légère /à plus forte crispation, ainsi qu'après : correspondant à la présence des pensées qui font référence à moi et qui sont prisent comme vraies; telles que : il faut que tu te concentres, ou reviens à cet état que tu cherches, c'est pourtant simple tu y es déjà arrivé, tu devrais progresser,...
Comment tu interprètes ce qui se passe ?
dès que moi s'en mêle c'est fini, mais comme c'est un gros malin il récupère l’expérience directe pour la contrôler.
D'ou les 2 pas en avant, 3 en arrière...
Qu'est-ce qui est ressenti exactement à ce moment là ?
de la déception, le retour d'une lourdeur, d'un point de vue mécanique et froid... bref un état de prisonnier résigné.
Comment se manifeste le sentiment de séparation ?
par le retour d'un moi qui n'a plus de liens avec l'extérieur qu'à travers le filtre du mental.
Est-ce qu'il y a de la tension, de la contraction ou des sensations particulières ?
Oui, une crispation dans les épaules, une tension au niveau de la tête, directement liées à l'activité mental qui tente de prendre le relais en voulant tout contrôler : ce qui est vu, entendu, senti...

Ca me parait difficile de rester longtemps dans l'experience directe, mais j’essaie d'y revenir le plus souvent possible.

Qu'est il possible de faire contre la récupération du moi de toutes les expériences qui prouvent qu'il n'y a pas besoin de lui?

Merci Paul, bon dimanche.

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noselfy
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Re: voir

Postby noselfy » Sun Sep 25, 2016 5:23 pm

Bonjour Guillaume,

J'ai la désagréable impression qu'on tourne un peu en rond, là. Ce qui est intéressant, et symptomatique, c'est que tu aies compris l'exercice... à l'envers. L'idée était de surprendre les parents en train de mettre les cadeaux sous le sapin, de voir comment les pensées accréditent l'idée du Père Noël. Or là tu m'expliques comment le Père Noël, habitant permanent des lieux (ou squatteur à plein temps) a parfois quelques moments d'absence, comme s'il s'oubliait lui-même... mais que ce gros malin revient à lui au bout de deux secondes. Du coup, au lieu d'avoir un Père Noël absent... on a juste un Père Noël frustré!
En fait tout le discours accrédite l'idée du moi. Le moi semble avoir un problème, c'est qu'il est tendu et stressé. Donc il cherche des solutions. Et il en a trouvé une, de solution, mais elle est particulièrement saugrenue: c'est de se débarrasser de lui-même, en essayant de se convaincre qu'il n'existe pas. Forcément c'est compliqué parce qu'il cherche à la fois à ne pas être là, et à revenir dès qu'il n'est plus là. Comme s'il essayait de commettre une forme pernicieuse de suicide mental (ou de masturbation intellectuelle)... forcément vouée à l'échec car on voit mal comment il pourrait oublier sa propre existence. Du coup il en ressort frustré, il s'en veut de ne pas y arriver... et il en ressort encore plus tendu qu'avant. Tu vois le bug ?
Comme l'on dit, "le problème c'est la solution". L'idée que le moi doive gérer le stress, y compris avec l'idée paradoxale de se débarrasser de lui-même, n'est pas une solution au problème du stress. En fait, c'est tout le contraire: c'est justement ce qui crée le stress! L'idée du moi EST le problème, pas la solution.

Alors comment faire ? Tu vois bien que d'essayer de résoudre ce problème sur le plan intellectuel (pourquoi je n'existe pas), c'est compliqué. Le seul moyen c'est de revenir à l'expérience directe, concrète, non intellectuelle. Je le répète encore une fois: il ne s'agit pas d'atteindre un état particulier de détente, ou autre. Il s"agit juste de faire confiance à ses sensations. Ne pas aller quelque part (dans la tête) mais rester là, dans le concret. C'est l'intellect qui te dit que c'est compliqué. Mais en fait non, c'est très simple, on ne peut plus simple même. Être conscient de ses sensations est une activité naturelle, automatique: ça ne dure pas que deux secondes, ça dure toute la vie. Écouter, voir, toucher, goûter, sentir... non seulement c'est simple et naturel mais c'est toujours là et, en fait, il n'y a rien d'autre.

Le moi n'existe pas, Guillaume. Ce n'est pas un gros malin ou un prisonnier résigné. Il ne cherche rien, n'arrive à rien, et ne contrôle pas l'expérience. Il n'a aucun pouvoir parce qu'il n'a aucune existence. C'est juste une idée, le mot 'je' dans une phrase ou une pensée.
Est-ce que tu est tendu ou frustré ? Non, il y a juste de la tension ou de la frustration.
Est-ce que tu progresses, ou pas ? Non, il y a juste du progrès, ou pas.
Est-ce que tu atteins un état de détente ? Non, c'est juste qu'il n'y a plus de tensions.
Est-ce que tu penses ? Non, il y a juste des pensées perçues.
Est-ce que le moi est comme ci, ou comme ça ? Non, il n'y a pas de moi.
Est-ce que tu existes ? Non, l'expérience de la vie est là, c'est tout.
...
Est-ce que tu comprends ce que je viens de dire ? Non, la compréhension est là, ou pas :)
Alors, compris ou pas ? Des doutes ? Des questions ?

Ce que je te propose, c'est de revenir (comme toujours) à l'expérience directe. Mais j'espère qu'on s'est bien compris cette fois: pas un "état d'expérience directe" avec détente, et 'moi' en option. Juste la sensation concrète, immédiate, de la vie. ok ?
Si tu veux bien, refaisons l'exercice de "l'écoute directe" qui avait plutôt bien marché (ou un autre, si ça te semble plus facile). Je ne te répète pas les questions, mais réponds-y stp. Après ça, on verra où l'on en est.
Ce que tu peux faire aussi, demain au boulot, c'est d'essayer non pas de gérer le stress mais juste de l'observer: qu'est-ce qui le déclenche, qu'est-ce qui l'accentue, quelles sont les sensations et pensées associées avant/pendant/après... sans essayer ni de contrôler ni de subir la situation, mais juste d'en être conscient. Dis-moi ce que tu trouves!

Allez courage, Guillaume, et à bientôt
Paul
“Life was fullness to such an extent that it was not life. God didn't live, simply existed.”
“La vie était à ce point plénitude qu'elle n'était pas la vie. Dieu ne vivait pas, il existait.” (A. Nothomb)

Biok
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Re: voir

Postby Biok » Sun Sep 25, 2016 6:14 pm

Bonjour Paul,


Je crois que c'est tellement simple que je passe devant l'expérience "naturelle" et cherche tellement à réussir quelque chose que je retourne au point de départ...
Je n'arrive pas à voir les pensées moi, elles se planquent dans le décors...
Retour à l'exercice de l'audition.

Répondre aux questions une par une, simplement, précisément, sans faire appel aux pensées, en se référant uniquement à l'expérience directe de l'audition.
1. Qu'est-ce qui est entendu ?
(décrire ce qui est entendu de la façon la plus simple possible, sans faire appel aux pensées.)
2. Y a-t-il autre chose que ce qui est entendu ?
(dans l'action 'entendre', peut-on trouver autre chose que 'ce qui est entendu', décrit en 1. Si oui, quoi)
3. Y a-t-il quelque chose qui entend ?
(peut-on trouver un moi, un Guillaume, ou quelque chose en train de réaliser l'action d'entendre. Si oui, qui/quoi)
4. Y a-t-il quelque chose pour entendre ?
(peut-on trouver des oreilles, un corps, un esprit, ou quelque chose qui permet à l'action 'entendre' de se faire. Si oui, quoi)
5. Y a-t-il quelque chose où entendre ?
(peut-on trouver un espace, un intérieur/extérieur, ou quelque chose dans lequel s'inscrit l'action 'entendre'. Si oui, quoi)
6. Y a-t-il quelque chose à entendre ?
(peut-on trouver des choses dans ce qui est entendu ? Si oui, lesquelles, de quoi sont-elles faites auditivement, et comment sont-elles séparées ? Si non, quelle est la nature de ce qui est entendu?)

1. Bruit de fond de l'autoroute, touches du clavier, klaxon, oiseaux, des pensées...
2. Rien d'autre n'est entendu.
3.Non, il y a audition, c'est tout, personne pour entendre.`
4.Non, idem il y a juste audition.
5.Non, juste c'est entendu.
6.Non, il n'y a que la vie, c'est tout.
En fait tout le discours accrédite l'idée du moi. Le moi semble avoir un problème, c'est qu'il est tendu et stressé. Donc il cherche des solutions. Et il en a trouvé une, de solution, mais elle est particulièrement saugrenue: c'est de se débarrasser de lui-même, en essayant de se convaincre qu'il n'existe pas. Forcément c'est compliqué parce qu'il cherche à la fois à ne pas être là, et à revenir dès qu'il n'est plus là. Comme s'il essayait de commettre une forme pernicieuse de suicide mental (ou de masturbation intellectuelle)... forcément vouée à l'échec car on voit mal comment il pourrait oublier sa propre existence. Du coup il en ressort frustré, il s'en veut de ne pas y arriver... et il en ressort encore plus tendu qu'avant. Tu vois le bug ?
C'est le serpent qui se mord la queue c'est bien le ressenti qui est là!
Alors comment faire ? Tu vois bien que d'essayer de résoudre ce problème sur le plan intellectuel (pourquoi je n'existe pas), c'est compliqué. Le seul moyen c'est de revenir à l'expérience directe, concrète, non intellectuelle. Je le répète encore une fois: il ne s'agit pas d'atteindre un état particulier de détente, ou autre. Il s"agit juste de faire confiance à ses sensations. Ne pas aller quelque part (dans la tête) mais rester là, dans le concret. C'est l'intellect qui te dit que c'est compliqué. Mais en fait non, c'est très simple, on ne peut plus simple même. Être conscient de ses sensations est une activité naturelle, automatique: ça ne dure pas que deux secondes, ça dure toute la vie. Écouter, voir, toucher, goûter, sentir... non seulement c'est simple et naturel mais c'est toujours là et, en fait, il n'y a rien d'autre.
Pas de problème, ok. Mais cette aprés midi en passant au laser partout je n'ai vu aucun moi, ni aucune pensée moi, alors comment ça se fait que l'idée d'un moi qui reste! Pourquoi ça ne vole pas en éclat, évidemment que le ressenti est toujours là (vu, touché, audition, ...) , mais l'illusion n'en n'est pas moi démasquée!!!
Y'a une impasse, que ce qui maintien l'illusion??????

Je ne sais pas?

Bonne soirée Paul,

Guillaume

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noselfy
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Re: voir

Postby noselfy » Sun Sep 25, 2016 8:40 pm

Bonsoir Guillaume,
1. Bruit de fond de l'autoroute, touches du clavier, klaxon, oiseaux, des pensées...
ok
2. Rien d'autre n'est entendu.
La question n'est pas "Y a-t-il autre chose d'entendu" mais "Y a-t-il autre chose que ce qui est entendu dans l'écoute". Ou, pour être plus clair: est-ce que l'écoute se résume seulement à 'ce qui est entendu' (le bruit de fond, etc.) ou est-ce que cela fait intervenir autre chose ? Par exemple: une certaine façon d'écouter, être conscient de ce qui est entendu...
3.Non, il y a audition, c'est tout, personne pour entendre.`
Est-ce que tu es vraiment sûr, absolument certain, de ça ? Qui écoute alors, si c'est pas Guillaume ? Est-ce qu'il y a une conscience ou quelque chose qui perçoit tout ça ?
4.Non, idem il y a juste audition.
Pas d'oreilles, tu es sûr ? Est-ce qu'il n'y a pas un corps qui entend ?
5.Non, juste c'est entendu.
Pas d'espace alors ? Pas de différence entre intérieur (pensées, gargouillis) et extérieur (autoroute, klaxon) ? Où se trouve le bruit de fond de l'autoroute, il est pas là-bas sur l'autoroute ?
6.Non, il n'y a que la vie, c'est tout.
Pas de choses ? Quand tu dis 'oiseaux' ou 'touches du clavier', c'est pas des choses ?

Je crois que c'est tellement simple que je passe devant l'expérience "naturelle" et cherche tellement à réussir quelque chose que je retourne au point de départ...
Parce que c'est "je" qui cherche! En plus il y a la volonté de réussir quelque chose, la peur de ne pas y arriver, et la déception de l'échec qui écorne l'image du moi, donc tout cela renforce d'autant plus cette idée-moi. Mais tout ça, ce ne sont que des croyances, des idées.
Oublie toute idée d'atteindre quelque chose. Sois juste dans l'expérience "naturelle".
Je n'arrive pas à voir les pensées moi, elles se planquent dans le décors...
Et tu dis aussi qu'en passant au laser partout, tu ne vois aucune pensée moi... ce qui est très étonnant.
Qu'est-ce qu'une pensée-moi ? C'est juste une pensée qui fait référence à 'je' ou 'moi'. Exemple ? Ce que tu viens de dire plus haut: "'je' crois que... 'je' passe... et [je] cherche tellement... que 'je'...". Quatre "je" en une seule ligne, pas mal, joli score...
En fait il est probable que la plupart de tes pensées soient des pensées 'je', des pensées-moi. Donc, si tu ne les vois pas, c'est soit que tu ne fais vraiment pas attention, soit que tu te méprends sur leur compte. Exemple: "je vois un écran" n'est pas une sensation mais une pensée-moi.
Du coup, on arrive au comble du paradoxe: "je ne vois aucune pensée-moi"... qui est une pensée-moi. Ironique, non ?
Mais cette aprés midi en passant au laser partout je n'ai vu aucun moi, ni aucune pensée moi, alors comment ça se fait que l'idée d'un moi qui reste! Pourquoi ça ne vole pas en éclat, évidemment que le ressenti est toujours là (vu, touché, audition, ...) , mais l'illusion n'en n'est pas moi démasquée!!!
Y'a une impasse, que ce qui maintien l'illusion??????
Dans le genre ironique, on a aussi ce joli "je n'ai vu aucun moi". Qui a vu ou pas ? 'je', moi. Donc en disant explicitement qu'il n'y a pas de moi, tu dis aussi implicitement le contraire, puisque c'est moi qui le dit. Bug!
Après, demande-toi ce qui maintient l'illusion... à ton avis ??
Tant qu'il y a toujours, explicitement ou implicitement, l'idée d'un je/moi qui vit tout ça, le serpent va se mordre la queue... et nous, on y sera encore à Noël pour voir papy faire de la résistance!

Allez, à plus, et chante après moi:
Y a pas de moi, bonjour bonjour les hirondelles
Y a pas de moi, ni dans le ciel ni sous le toit
Y a pas de moi, mais du soleil dans les ruelles
Y a d'la joie partout, y a pas de moi !
Paul
“Life was fullness to such an extent that it was not life. God didn't live, simply existed.”
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Biok
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Re: voir

Postby Biok » Mon Sep 26, 2016 6:37 pm

Bonsoir Paul,

Y'a une phrase de Swami Prajnampad, qui dit : "vous pensez que vous voyez, mais vous ne voyez pas que vous pensez";
ben on est en plein dedans!

Soit c'est la super vision transcendante, soi c'est pas de vision du tout sur les tentatives d'experience directe.
En fait ni l'un ni l'autre n'est la Vision, puisque tu me dis que la Vision c'est tout le temps, toute la vie.

Effectivement Je Veux y arriver tellement, que dés le départ c'est foutu puisque c'est je qui veux. Il y a une très forte demande de ma part, une grosse attente, un espoir qui m'a amené sur ce site...
Il y a une démarche sincère, mais malgré cette sincérité y'a eu gros bug effectivement.

Ca a l'air si simple, du coup voilà le moi qui se mord la queue croyant qui va s'avaler tout entier et disparaitre.
Ce n'est pas vu qu'il n'y pas de moi, même si il y a eu il y a 15 jours quelques chose de fort dans l'expérience qui n'a pas cristallisé, au contraire c'est moi qui à récupéré la mise.
Il y a beaucoup de déception et pas mal d'abattement. C'est la honte de croire encore au père noel dis le"moi".

Mais comment entamer la démarche d'appréhender la vie par l'expérience direct sans que le moi vienne s'en mêler?
Tu m'as déjà donné la réponse, mais il y a un doute sur la vision, l'écoute,... comme si c'était forcé depuis quelque temps.
Il n'y a plus cette impression de légèreté.
Je vais refaire l'exercice, sans le je, dés que j'ai un peu de temps pour mettre au calme, le plus sincèrement possible, mais c'est vrai que "je" me suis senti mal de ne plus arriver à faire l'exercice comme ça a pu être réussie quelques temps auparavant.
Aujourd'hui il y a des "je" partout "je" le vois bien, mais c'est la vérité du moment.

Bonne soirée Paul,

Guillaume

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noselfy
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Re: voir

Postby noselfy » Tue Sep 27, 2016 1:34 am

Bonjour Guillaume,
Progresser: Chose naturelle, mais un pas après l'autre. Concentré dans l'instant. Sans comparaison avec le progrès des autres. Acceptez ce que vous avez fait: c'est exactement ce que vous pouviez faire, toute causalité intégrée. L'erreur est naturelle. La nature elle-même fait mille erreurs pour réussir une seule chose...
Le progrès et l'erreur sont des notions toute relatives.
Les choses se déroulent comme elles se déroulent, il ne peut en être autrement...
Y'a une phrase de Swami Prajnampad, qui dit : "vous pensez que vous voyez, mais vous ne voyez pas que vous pensez";
ben on est en plein dedans!
Effectivement. Il disait aussi "Voir et penser sont très différents: on pense avec le mental et on voit avec la faculté de perception. Le mental projette le je sur l'objet, lequel est comme caché sous la pensée".
Mais la pensée 'je' perd de son emprise quand elle est vue. Donc il y a de l'espoir...
Soit c'est la super vision transcendante, soi c'est pas de vision du tout sur les tentatives d'experience directe.
En fait ni l'un ni l'autre n'est la Vision, puisque tu me dis que la Vision c'est tout le temps, toute la vie.
La Vision n'est pas transcendante. Elle est simple, naturelle, et toujours disponible.
Et attention, il ne faudrait pas que le fait de lui adjoindre une majuscule en fasse un concept, ou lui confère une image d'état idéal inaccessible. La Vision est tout sauf un concept.
Si je te dis que la "vision" c'est juste la faculté de perception, non voilée par le mental... est-ce que cela parait plus accessible ?
Effectivement Je Veux y arriver tellement, que dés le départ c'est foutu puisque c'est je qui veux. Il y a une très forte demande de ma part, une grosse attente, un espoir qui m'a amené sur ce site...
Il y a une démarche sincère, mais malgré cette sincérité y'a eu gros bug effectivement.
Garde l'espoir et la sincérité... mais laisse tomber la grosse attente!
Oui il y a un bug, mais c'est comme en diagnostic de panne: quand le bug est cerné, le problème est déjà à moitié résolu!
Ca a l'air si simple, du coup voilà le moi qui se mord la queue croyant qui va s'avaler tout entier et disparaitre.
Ce n'est pas vu qu'il n'y pas de moi, même si il y a eu il y a 15 jours quelques chose de fort dans l'expérience qui n'a pas cristallisé, au contraire c'est moi qui à récupéré la mise.
Il y a beaucoup de déception et pas mal d'abattement. C'est la honte de croire encore au père noel dis le"moi".
Pas de drame, cela arrive, et c'est même courant. La déception, l'abattement et la honte ne sont que des pensées-moi, alors n'y prête aucune attention.
Il y a eu une éclaircie, et les nuages du mental sont revenus voiler le soleil. Soit. Mais cette expérience n'a pas été vaine car, même voilé, l'existence du soleil a été confirmée, ce n'est plus une simple conjecture. Il suffirait d'une simple brise...
Mais comment entamer la démarche d'appréhender la vie par l'expérience direct sans que le moi vienne s'en mêler?
Tu m'as déjà donné la réponse, mais il y a un doute sur la vision, l'écoute,... comme si c'était forcé depuis quelque temps.
Il n'y a plus cette impression de légèreté.
Je vais refaire l'exercice, sans le je, dés que j'ai un peu de temps pour mettre au calme, le plus sincèrement possible, mais c'est vrai que "je" me suis senti mal de ne plus arriver à faire l'exercice comme ça a pu être réussie quelques temps auparavant.
De même qu'il n'y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses, il n'y a pas de bonnes ou de mauvaises expériences. L'expérience de la vie est ce qu'elle est. C'est un fait irréfutable, et inéluctable. Accepter cela, c'est accueillir la vie pour ce qu'elle est, dans la légèreté comme dans la gravité. La racine de la souffrance, c'est le refus de la vie.
Aujourd'hui il y a des "je" partout "je" le vois bien, mais c'est la vérité du moment.
Cette prise de conscience de l'omniprésence du "je" est douloureuse mais nécessaire. D'ailleurs il est déjà notable que ta réponse comporte peu de "je". En fait, cela pourrait devenir un exercice car changer de discours, c'est déjà changer de perspective. Du coup...

Exercice: tout au long de la journée, traquer le "je" dans le discours et la pensée et, dans la mesure du possible, reformuler ses phrases pour le bannir du discours.
Questions:
L'exercice est-il difficile ? Y a-t-il une variation de la difficulté au cours du temps ?
La présence du 'je' est-elle associée à des sensations particulières ?
Est-ce que cela change quelque chose à l'expérience ?
Ce serait quoi, la vie sans "moi" ?

A bientôt
Paul
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Re: voir

Postby Biok » Tue Sep 27, 2016 7:53 pm

Bonsoir Paul,

je te répondrai plus tard.

Bonne soirée

Biok
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Re: voir

Postby Biok » Wed Sep 28, 2016 4:12 pm

Salut Paul;

merci pour ces mots réconfortant, l’impulsion est venue du moi et y'a eu emballement.
C'est vu qu'il faut plus de douceur, plutôt que de vouloir forcer le truc!
Exercice: tout au long de la journée, traquer le "je" dans le discours et la pensée et, dans la mesure du possible, reformuler ses phrases pour le bannir du discours.
Questions:
L'exercice est-il difficile ? Y a-t-il une variation de la difficulté au cours du temps ?
La présence du 'je' est-elle associée à des sensations particulières ?
Est-ce que cela change quelque chose à l'expérience ?
Ce serait quoi, la vie sans "moi" ?
L'exercice n'est pas évident, mais force à l'attention.
C'est plus ou moins difficile selon le degré d'implication dans l'action, ou plutôt le manque de recule face à la situation : comme le gars qui est au cinéma et oubli qu'il est juste assis dans une salle tant il est pris par le film.

Quand "je" est prononcé ça implique tout de suite une forme de mise en danger si c'est employer sans conscience (par opposition aux formulations ou on à pas vraiment le choix pour se faire comprendre).

A l'opposé quand on l'évite à dessein, ça procure une forme de légèreté... Personne n'est impliqué personnellement!

La vie sans "moi" serai beaucoup plus fluide, tout en gardant une responsabilité dans l'action (dans l'instant), cela libèrerais d'un fardeau puisque tous les jugements, identifications, et tensions induites par "moi" n'ont plus de propriétaire. Quelqu'un qui vient de mourir se fout bien de ce que vont devenir ses affaires, même si jusqu'à son dernier souffle c'était une source d’angoisse.
On doit s'apercevoir qu'on est disponible maintenant à la beauté du monde...

A plus Paul, c'est pas grave si on y est encore à noël, la décision est prise de plutôt employer la douceur que le "je" veux absolument y arriver et vite! Et puis comme ça si je croise un père noël ça me fera bien marrer :)

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noselfy
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Re: voir

Postby noselfy » Wed Sep 28, 2016 7:54 pm

Bonsoir,

Tout cela est excellent, Guillaume.
C'est vu qu'il faut plus de douceur, plutôt que de vouloir forcer le truc!
Vouloir forcer le truc, c'est le meilleur moyen de le coincer.
Juste laisser les choses se faire, dans la légèreté et la douceur...
L'exercice n'est pas évident, mais force à l'attention.
C'est plus ou moins difficile selon le degré d'implication dans l'action, ou plutôt le manque de recule face à la situation : comme le gars qui est au cinéma et oubli qu'il est juste assis dans une salle tant il est pris par le film.
Quand "je" est prononcé ça implique tout de suite une forme de mise en danger si c'est employer sans conscience (par opposition aux formulations ou on à pas vraiment le choix pour se faire comprendre).
A l'opposé quand on l'évite à dessein, ça procure une forme de légèreté... Personne n'est impliqué personnellement!
La vie sans "moi" serai beaucoup plus fluide, tout en gardant une responsabilité dans l'action (dans l'instant), cela libèrerais d'un fardeau puisque tous les jugements, identifications, et tensions induites par "moi" n'ont plus de propriétaire. Quelqu'un qui vient de mourir se fout bien de ce que vont devenir ses affaires, même si jusqu'à son dernier souffle c'était une source d’angoisse.
L'attention et la conscience accrue, renouvelées dans l'instant, sont clés ici. Le changement de perspective induit aussi, naturellement, un changement de ressenti. L'implication personnelle amène avec elle tout un fatras mental: mise en danger, peur de mal faire, poids du jugement des autres, angoisse du lendemain, etc. Se débarrasser de ce fardeau libère l'esprit, et ouvre le coeur. La vie devient fluide, légère, spontanée... et belle.
Au début cela est fait "à dessein" et puis, avec un peu de pratique, cela devient une seconde nature... qui est en fait notre nature première. Alors continue à pratiquer le 'non je' !
A plus Paul, c'est pas grave si on y est encore à noël, la décision est prise de plutôt employer la douceur que le "je" veux absolument y arriver et vite! Et puis comme ça si je croise un père noël ça me fera bien marrer :)
Qu'on y soit encore à Noël ou pas, ça nous fera marrer de toute façon. "Tiens, un revenant !..." mdr


Tu parles de beauté et de douceur... alors jouons les beatniks jusqu'au bout et parlons d'amour!
Exercice:
1. Penser à un moment empreint de douceur et d'amour, quelque chose de fort, et revivre ce moment pleinement,"comme si on y était" (ou, encore mieux bien sûr, vivre un tel moment!). Se concentrer sur les sensations ressenties: les sons, les couleurs, les odeurs, la chaleur sur la peau, les battements du coeur, etc.
2. Oublier les circonstances du moment et juste se concentrer sur ce sentiment d'amour, et sur toutes les sensations associées. Ressentir à fond tout cela, en le laissant se développer naturellement dans le présent. Laisser les sensations s'affiner et s’accroître.
3. Trouver la "source" de cet amour. La ressentir au plus profond de soi. Laisser la source couler, puis déborder. Laisser les ondes d'amour se répandre et, progressivement, envahir l'espace. Se fondre entièrement dans cet espace. Ne plus être que ça... amour.
Question:
As-tu trouvé la "source" ? Que peux-tu en dire ?

Essayer de faire cet exercice avec d'autres sentiments comme la joie, la paix, la bienveillance... ou le rire.

Peace and love,
Paul
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Biok
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Re: voir

Postby Biok » Thu Sep 29, 2016 4:32 pm

Bonsoir Paul,

quelques sensations sans "je/moi" identifiées au cour de la journée, même si ça demande à croître encore et encore...
J'aurai plus de latitude pour répondre demain matin à ta dernière question, qui demande un peu de calme pour etre traitée.

A demain donc, et bonne soirée

Guillaume

Biok
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Re: voir

Postby Biok » Fri Sep 30, 2016 9:29 am

Bonjour Paul,

Tu parles de beauté et de douceur... alors jouons les beatniks jusqu'au bout et parlons d'amour!
Exercice:
1. Penser à un moment empreint de douceur et d'amour, quelque chose de fort, et revivre ce moment pleinement,"comme si on y était" (ou, encore mieux bien sûr, vivre un tel moment!). Se concentrer sur les sensations ressenties: les sons, les couleurs, les odeurs, la chaleur sur la peau, les battements du coeur, etc.
2. Oublier les circonstances du moment et juste se concentrer sur ce sentiment d'amour, et sur toutes les sensations associées. Ressentir à fond tout cela, en le laissant se développer naturellement dans le présent. Laisser les sensations s'affiner et s’accroître.
3. Trouver la "source" de cet amour. La ressentir au plus profond de soi. Laisser la source couler, puis déborder. Laisser les ondes d'amour se répandre et, progressivement, envahir l'espace. Se fondre entièrement dans cet espace. Ne plus être que ça... amour.
Question:
As-tu trouvé la "source" ? Que peux-tu en dire ?

Essayer de faire cet exercice avec d'autres sentiments comme la joie, la paix, la bienveillance... ou le rire.
C'est pas le genre d'exercice super évident quand même, mais tout ce qui est peut être ressenti c'est que c'est là point.
Il n'y a pas de point de départ ou de source. Ca coule, on le sent, ou on passe à côté sans voir ce courant.

Le problème du souvenir c'est que la sensation de l'instant de joie/amour/etc... a été juste vécu à un moment donné, et du coup récupéré par le"moi" dans la mémoire. La sensation peut etre recontactée par le souvenir, mais y'a le "moi " qui vient s'approprier le truc.
C'est plus facile à ressentir en direct, que par le biais de la mémoire presque...
Je veux dire que c'est possible uniquement dans l'instant présent, c'est à dire le seul moment ou "moi" n'existe pas.
On pourrait dire que la source c'est maintenant dans l'expérience directe, (même si c'est pas forcément le feu d'artifice de joie, amour, paix...).
Et que "moi" par opposition n'existe que dans le temps : passé/futur. C'est à dire du point de vu de l'expérience directe, pas d'existence!

Ce qui est délicat, c'est de faire avec les variations de la capacité à observer les senstations, pensées, émotions, ... par l'expérience directe. Y'a comme une rééducation à faire.

Voilà, c'est tout ce que je peux, te dire Paul pour l'instant.
Merci :)
@+

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noselfy
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Re: voir

Postby noselfy » Sat Oct 01, 2016 1:43 am

Bonjour Guillaume,
quelques sensations sans "je/moi" identifiées au cour de la journée, même si ça demande à croître encore et encore...
Est-ce que tu peux en dire plus sur ces "sensations sans je/moi" ?
C'est pas le genre d'exercice super évident quand même, mais tout ce qui est peut être ressenti c'est que c'est là point.
Il n'y a pas de point de départ ou de source. Ca coule, on le sent, ou on passe à côté sans voir ce courant.
La "source", ce n'est qu'un mot. L'important est de ressentir ce courant.
Le problème du souvenir c'est que la sensation de l'instant de joie/amour/etc... a été juste vécu à un moment donné, et du coup récupéré par le"moi" dans la mémoire. La sensation peut etre recontactée par le souvenir, mais y'a le "moi " qui vient s'approprier le truc.
C'est plus facile à ressentir en direct, que par le biais de la mémoire presque...
Si le "moi" vient s'approprier le truc, comme tu dis, c'est qu'on est dans les pensées et non dans les sensations. Que ces pensées soient à propos du passé/futur ou du présent, cela ne change pas grand chose: il y a probablement une idée de je/moi derrière. Inversement, s'il y a un contact direct avec les sensations alors la notion même de temps disparait: plus de passé, plus de futur... et même plus de présent! Juste ce qui est là.
Dans cet exercice (pas très conventionnel, il est vrai), l'appel à la mémoire n'est qu'un petit "truc" pour aider à reprendre contact avec l'émotion. Si tu te contentes de penser "à ce moment là, j'éprouvais de l'amour et mon coeur battait vite", tu passes à côté. Par contre si les sensations d'alors refont surface et que le pouls s'accélère, ça y est, on n'est plus dans le passé mais dans le présent. L'amour n'est pas re-pensé, il est re-senti. Le courant passe...
Je veux dire que c'est possible uniquement dans l'instant présent, c'est à dire le seul moment ou "moi" n'existe pas.
Le 'moi' n'existe pas, point. Ni hier, ni demain, ni maintenant.
Le seul moment où le moi "existe", c'est en tant que mot/idée dans une pensée.
On pourrait dire que la source c'est maintenant dans l'expérience directe, (même si c'est pas forcément le feu d'artifice de joie, amour, paix...).
Et que "moi" par opposition n'existe que dans le temps : passé/futur. C'est à dire du point de vu de l'expérience directe, pas d'existence!
Pas d'existence du moi dans l'expérience directe, on est bien d'accord. Et dès qu'il y a une notion de passé/futur on n'est plus dans l'expérience directe, ok. Mais attention tout de même. Penser, à cet instant présent, "je suis dans l'instant présent"... c'est déjà ne plus y être!

Essaye peut-être de refaire l'exercice, mais en te concentrant vraiment sur les sensations ressenties (mémoire ou pas). Et il ne s'agit pas d'expliquer ce qui se passe, mais juste d'observer ce qui se passe.
Questions:
Le 'courant' est-il ressenti ? Si oui, que peut-on en dire ?
Le courant a-t-il une limite, une frontière ?
Le courant semble-t-il fini ou infini ? tarissable ou intarissable ?
Y a-t-il quelque chose ou quelqu'un qui ressent le courant ?
Le courant est-il 'attaché' à quelque chose ou à quelqu'un ?
Y a-t-il autre chose que le courant ?
Quelle est la différence entre le courant et la conscience du courant ?
... et la question subsidiaire:
ça veut dire quoi, "je t'aime" ?

Bon week-end,
Paul
“Life was fullness to such an extent that it was not life. God didn't live, simply existed.”
“La vie était à ce point plénitude qu'elle n'était pas la vie. Dieu ne vivait pas, il existait.” (A. Nothomb)

Biok
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Re: voir

Postby Biok » Sun Oct 02, 2016 10:26 am

Bonjour Paul,
Est-ce que tu peux en dire plus sur ces "sensations sans je/moi" ?
Le problème c'est que c'est fluctuant. Disons qu'au moment ou ça a été ressenti, les pensées étaient dé-identifiées du"moi" pendant que les sens étaient l'expérience principale. Mais ça ne dure pas : y'a une schizophrénie encore.
Si le "moi" vient s'approprier le truc, comme tu dis, c'est qu'on est dans les pensées et non dans les sensations. Que ces pensées soient à propos du passé/futur ou du présent, cela ne change pas grand chose: il y a probablement une idée de je/moi derrière. Inversement, s'il y a un contact direct avec les sensations alors la notion même de temps disparait: plus de passé, plus de futur... et même plus de présent! Juste ce qui est là.
Dans cet exercice (pas très conventionnel, il est vrai), l'appel à la mémoire n'est qu'un petit "truc" pour aider à reprendre contact avec l'émotion. Si tu te contentes de penser "à ce moment là, j'éprouvais de l'amour et mon coeur battait vite", tu passes à côté. Par contre si les sensations d'alors refont surface et que le pouls s'accélère, ça y est, on n'est plus dans le passé mais dans le présent. L'amour n'est pas re-pensé, il est re-senti. Le courant passe...


ok, il y a une grosse inertie du mode "pensée la vie" plutôt "qu'expériencer "la vie en direct. C'est ce qui est remarqué.
Le 'moi' n'existe pas, point. Ni hier, ni demain, ni maintenant.
Le seul moment où le moi "existe", c'est en tant que mot/idée dans une pensée.
oui, c'est ok. C'est la pensée qui gouverne pour l'instant! Mais le putch de l’expérience directe se prépare!
Pas d'existence du moi dans l'expérience directe, on est bien d'accord. Et dès qu'il y a une notion de passé/futur on n'est plus dans l'expérience directe, ok. Mais attention tout de même. Penser, à cet instant présent, "je suis dans l'instant présent"... c'est déjà ne plus y être!
d'accord.
Essaye peut-être de refaire l'exercice, mais en te concentrant vraiment sur les sensations ressenties (mémoire ou pas). Et il ne s'agit pas d'expliquer ce qui se passe, mais juste d'observer ce qui se passe.
Questions:
Le 'courant' est-il ressenti ? Si oui, que peut-on en dire ?
Le courant a-t-il une limite, une frontière ?
Le courant semble-t-il fini ou infini ? tarissable ou intarissable ?
Y a-t-il quelque chose ou quelqu'un qui ressent le courant ?
Le courant est-il 'attaché' à quelque chose ou à quelqu'un ?
Y a-t-il autre chose que le courant ?
Quelle est la différence entre le courant et la conscience du courant ?
... et la question subsidiaire:
ça veut dire quoi, "je t'aime" ?
Oui le courant est ressenti en "se branchant" sur l' E.D. (F) = l'Expérience Directe et Franche!
Y'a rien à en dire... quand c'est vu.

Non pas de frontière...

Il semble intarissable, mais ça vision se tarie car l'idée d'un "moi" est encore forte et casse l’expérience.

Le courant est attaché à rien, ou à tout.

Il n'y a aucune différence à partir du moment ou la conscience du courant voit le courant, ils fusionnent.

Je t'aime : ça veut dire on ne fait qu'un.
La plupart du temps on le dis en le pensant et pas en le sentant.

Il y a un conflit entre la pensée (labellisée moi) et ce qui est observé. C'est difficile d'exprimer l'ED sans que la pensée moi viennent systématiquement tout récupérer à son profit. L'ED est fragile...

C'est une ré-éducation du cerveau... plutôt qu'une reprogrammation.

Merci Paul, bon dimanche

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noselfy
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Re: voir

Postby noselfy » Mon Oct 03, 2016 12:13 am

Bonjour Guillaume,
Le problème c'est que c'est fluctuant. Disons qu'au moment ou ça a été ressenti, les pensées étaient dé-identifiées du"moi" pendant que les sens étaient l'expérience principale. Mais ça ne dure pas : y'a une schizophrénie encore.
La vie fluctue, c'est le flux naturel du courant (et même les pensées schizophrènes en font partie).
Retourner dans cette "expérience des sens" le plus souvent possible, et laisser les choses se faire...
ok, il y a une grosse inertie du mode "pensée la vie" plutôt "qu'expériencer "la vie en direct. C'est ce qui est remarqué.
Penser la vie c'est introduire une distance, et un sujet (soit-disant) pensant.
Alors ok, l'inertie est là et ça pense, ça jacasse... mais rien n'oblige à écouter ces commentaires sans intérêt.
Comme on dit à la télé: "Et maintenant... place au direct !"
oui, c'est ok. C'est la pensée qui gouverne pour l'instant! Mais le putch de l’expérience directe se prépare!
La révolution est en marche, camarade !!
Oui le courant est ressenti en "se branchant" sur l' E.D. (F) = l'Expérience Directe et Franche!
Elle est bien bonne, celle-là ! "Quand le courant passe, c'est l'EDF", "EDF, fournisseur officiel de votre énergie vitale", "Y a-t-il un pilote dans l'EDF ?", "Il était une fois la révolution EDF", etc.
Y'a rien à en dire... quand c'est vu.
Non pas de frontière...
Il semble intarissable, mais ça vision se tarie car l'idée d'un "moi" est encore forte et casse l’expérience.
Le courant est attaché à rien, ou à tout.
Il n'y a aucune différence à partir du moment ou la conscience du courant voit le courant, ils fusionnent.
Source intarissable et courant fusionnel qui noie l'idée du moi.
Quand c'est vu... rien à dire!
Je t'aime : ça veut dire on ne fait qu'un.
La plupart du temps on le dis en le pensant et pas en le sentant.
J'aime la vie : ça veut dire on ne fait qu'un. La plupart du temps on le dit en le pensant et pas en le sentant.
Plus de toi, plus de moi. Plus que cette expérience de l'être-en-vie-amour...
Il y a un conflit entre la pensée (labellisée moi) et ce qui est observé. C'est difficile d'exprimer l'ED sans que la pensée moi viennent systématiquement tout récupérer à son profit. L'ED est fragile...
L'Expérience Directe et Fragile ? Mais non ! Franchement, camarade...
Le conflit n'existe que dans la pensée !
Fluctuat nec mergitur: "Courant fluctue, mais ne conflicte".
Et pourquoi l'exprimer quand il suffit de l'imprimer ?
C'est une ré-éducation du cerveau... plutôt qu'une reprogrammation.
Une petite lobotomie, peut-être ?

Un petit exercice pour reprendre le boulot en douceur:
1. Toutes les demi-heures (bip-bip!), vérifier son compteur EDF et son compteur de stress. Leur donner une note, en pourcentage, et la noter.
2. Corriger le tir:
Si la dose de stress est trop forte, mettre les pensées-moi en veilleuse.
Si la dose d'EDF est trop faible, passer du courant alternatif au courant continu.
3. A la fin de la journée, regarder le graphique. Observer les corrélations et les changements de tendance.
Faire part de ces observations et commentaires à son guide préféré.

Exercice à renouveler chaque jour jusqu'à explosion du compteur EDF et extinction totale du moi.
Ensuite, passer chez Directe Energie.

A bientôt, camarade putschiste !
Paul
“Life was fullness to such an extent that it was not life. God didn't live, simply existed.”
“La vie était à ce point plénitude qu'elle n'était pas la vie. Dieu ne vivait pas, il existait.” (A. Nothomb)

Biok
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Re: voir

Postby Biok » Mon Oct 03, 2016 5:58 pm

Bonsoir Paul,

Je ne peux te répondre ce soir, je le ferai donc plus tard.

Bonne soirée.


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