Merci beaucoup de ton message et de ta sincérité.
Le fonctionnement de nos pensées, de notre subconscient, de notre cerveau….c’est de nous aider à survivre…et il continue en pilote automatique…tout le temps !! en dépit du fait que nous n’avons plus besoin de nous défendre…que nous ne sommes plus en situation de survie….nous sommes ce que nous avons toujours voulu être…grand, indépendant, libre…mais cette voix continue….il faut qu’elle…il faut que je…. J’ai besoin de….et c’est son job de faire cela. Mais est-ce qu’on peut voir que ces inquiétudes, ces peurs, ces obsessions ne sont pas la réalité ?Ce que je comprends à la lecture de ton texte est que le moi naissant se construit autour de ces peurs, de cet impératif de survie, mais qu’il devrait disparaître une fois que la survie est assurée, au terme des premières années de vie
Hélas…ça crée toute la souffrance du monde.Se maintient-il en tant que schéma automatique alors qu’il n’a plus aucune raison d’être ?
Dans mon expérience, c’est le casL’ensemble de mes autres illusions liées à cette vie dans cette dimension (illusion du temps, illusion de la séparation, etc.) viennent-elles se greffer sur ce « moi » à mesure que je grandis, renforcées par mon éducation et par la vision de la réalité que les adultes m’inculquent ?
Je voulais savoir si tu pouvais regarder d’où vient ce sentiment….du corps ou d’une pensée qui surgit ou autre.Première question, à propos de mon sentiment d’impuissance devant la permanence du bavardage mental qui échappe à ma volonté, tu me demandes « Le sentiment ou l’idée ? D’où vient cette volonté ? »
Tu veux dire que mon impuissance à faire taire ce bavardage est une juste idée que je me fais, un a priori non fondé, et non un ressenti ou une réalité ? Et donc, que j’ai la possibilité de trouver le calme ?
La voix ne peut pas se trouver elle-même agaçante ? Est-cela vrai ? Tu dis qu’il y a une autre part de toi…..ou se trouve cette autre part ? Regardes bien quand cette part de toi surgit….qu’est-ce qui se passe ?…avant…après ?Cela dit, comme la voix ne peut pas se trouver elle-même agaçante, c’est une autre part de moi qui voudrait la faire taire. Donc, ma volonté de la faire taire devrait logiquement provenir de la part de moi qui aspire à la paix
Pendant des années, cette idée surmontait…..si je peux voir qu’il n’y pas de ‘moi’, les pensées vont s’arrêter. Dans mon expérience le bavardage continue…..MAIS, il y a beaucoup moins de drames…c’est comme un film…parfois drôle, parfois triste et parfois ça fait déclencher des sentiments….et parfois il n’y a pas de film…que le silence.Tu veux dire que dès l’instant où je vois qu’il n’y a pas de moi, le bavardage se calme ?
Décris-moi ce que tu ressens quand tu penses qu'il n’y a pas un ‘moi’.J’avoue que j’ai toujours du mal avec cette notion qu’il n’y a pas de moi
Oui…il y a quelque chose de bien présent….cette voix dans la tête, le bavardage mental, le corps et tout ce qu’on voit….c’est bien présent. Mais…est-ce que c’est ‘toi’ cette voix ? est-ce que c’est ‘toi’ ce bavardage mental ?….est-ce que c’est ‘toi’ qui a crée cela ??? Regardes encore bien le moment déclencheur de ce bavardage mental, d’une pensée.Il y a tout de même bien un truc qui et là, bien présent, voire envahissant !
Est-ce que c’est toi qui as décidé d’allumer l’ordinateur et de lire ce message ? Est-ce que c’est toi qui décide de se gratter le nez, de se lever ? Le matin quand tu te lèves…est-ce que c’est toi qui décides d’ouvrir les yeux ? Et la première pensée du matin ? Et ensuite…de se lever ? Aujourd’hui regardes s’il y a quelqu’un qui décide de bouger, de faire chaque mouvement, et regardes si c’est ‘toi’ qui crée les pensées.
Cela se fait tout seul. Dans mon expérience il n’y a pas un ‘moi’ qui le fait….les peurs sont déjà là et ça remonte tout seul. Les peurs ‘de base’ sont là et le cerveau est un genre de chien de garde qui voit le danger en tout. Quand une peur remonte….est-ce que c’est toi qui la crée ?Et est-ce que, s’il est toujours là au lieu de se dégonfler tout seul, c’est parce que je le regonfle sans cesse avec mes peurs, toutes mes sortes de peur, que me rappelle en permanence ce que tu appelles la « chanson du cerveau » ?
Le cerveau va très vite….il essaie de tout comprendre. Quand je te demande de regarder quelque chose, la meilleur façon de regarder c’est de fermer les yeux et regarder….sentir, …chercher…ouvrir les yeux, sentir, regarder….tout simplement regarder.Cela dit, tu complètes cette seconde question par « regarde bien s’il y a quelqu'un qui cherche ? » Sous-entendu, « il n’y a personne qui cherche ».
Alors là, je suis perdue
C’est très beau Cécile….et il y a de la liberté dans cela. Quand on comprend le fonctionnement de notre propre cerveau, de notre esprit, on comprend toute l’humanité….aussi nos parents. Les mêmes peurs, angoisses, obsessions, sont présentes chez tout le monde. Souvent c’est plus facile devoir cela chez les autres…cette machine à soucis. Courage avec ta maman. Chez moi, le moment que j’avais compris tout cela, je n’avais plus de problème avec ma maman et ma sœur (les deux personnes qui m’énervaient le plus).J’ai probablement quelque chose à comprendre sur mes propres peurs, car elle m’offre un miroir de ce que je suis.
Je t’embrasse,
Hirondelle

