Demande d'aide

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Swallow
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Re: Demande d'aide

Postby Swallow » Sat Apr 21, 2012 8:23 am

Bonjour Cécile,

Merci beaucoup de ton message et de ta sincérité.
Ce que je comprends à la lecture de ton texte est que le moi naissant se construit autour de ces peurs, de cet impératif de survie, mais qu’il devrait disparaître une fois que la survie est assurée, au terme des premières années de vie
Le fonctionnement de nos pensées, de notre subconscient, de notre cerveau….c’est de nous aider à survivre…et il continue en pilote automatique…tout le temps !! en dépit du fait que nous n’avons plus besoin de nous défendre…que nous ne sommes plus en situation de survie….nous sommes ce que nous avons toujours voulu être…grand, indépendant, libre…mais cette voix continue….il faut qu’elle…il faut que je…. J’ai besoin de….et c’est son job de faire cela. Mais est-ce qu’on peut voir que ces inquiétudes, ces peurs, ces obsessions ne sont pas la réalité ?
Se maintient-il en tant que schéma automatique alors qu’il n’a plus aucune raison d’être ?
Hélas…ça crée toute la souffrance du monde.
L’ensemble de mes autres illusions liées à cette vie dans cette dimension (illusion du temps, illusion de la séparation, etc.) viennent-elles se greffer sur ce « moi » à mesure que je grandis, renforcées par mon éducation et par la vision de la réalité que les adultes m’inculquent ?
Dans mon expérience, c’est le cas
Première question, à propos de mon sentiment d’impuissance devant la permanence du bavardage mental qui échappe à ma volonté, tu me demandes « Le sentiment ou l’idée ? D’où vient cette volonté ? »
Tu veux dire que mon impuissance à faire taire ce bavardage est une juste idée que je me fais, un a priori non fondé, et non un ressenti ou une réalité ? Et donc, que j’ai la possibilité de trouver le calme ?
Je voulais savoir si tu pouvais regarder d’où vient ce sentiment….du corps ou d’une pensée qui surgit ou autre.
Cela dit, comme la voix ne peut pas se trouver elle-même agaçante, c’est une autre part de moi qui voudrait la faire taire. Donc, ma volonté de la faire taire devrait logiquement provenir de la part de moi qui aspire à la paix
La voix ne peut pas se trouver elle-même agaçante ? Est-cela vrai ? Tu dis qu’il y a une autre part de toi…..ou se trouve cette autre part ? Regardes bien quand cette part de toi surgit….qu’est-ce qui se passe ?…avant…après ?
Tu veux dire que dès l’instant où je vois qu’il n’y a pas de moi, le bavardage se calme ?
Pendant des années, cette idée surmontait…..si je peux voir qu’il n’y pas de ‘moi’, les pensées vont s’arrêter. Dans mon expérience le bavardage continue…..MAIS, il y a beaucoup moins de drames…c’est comme un film…parfois drôle, parfois triste et parfois ça fait déclencher des sentiments….et parfois il n’y a pas de film…que le silence.
J’avoue que j’ai toujours du mal avec cette notion qu’il n’y a pas de moi
Décris-moi ce que tu ressens quand tu penses qu'il n’y a pas un ‘moi’.
Il y a tout de même bien un truc qui et là, bien présent, voire envahissant !
Oui…il y a quelque chose de bien présent….cette voix dans la tête, le bavardage mental, le corps et tout ce qu’on voit….c’est bien présent. Mais…est-ce que c’est ‘toi’ cette voix ? est-ce que c’est ‘toi’ ce bavardage mental ?….est-ce que c’est ‘toi’ qui a crée cela ??? Regardes encore bien le moment déclencheur de ce bavardage mental, d’une pensée.

Est-ce que c’est toi qui as décidé d’allumer l’ordinateur et de lire ce message ? Est-ce que c’est toi qui décide de se gratter le nez, de se lever ? Le matin quand tu te lèves…est-ce que c’est toi qui décides d’ouvrir les yeux ? Et la première pensée du matin ? Et ensuite…de se lever ? Aujourd’hui regardes s’il y a quelqu’un qui décide de bouger, de faire chaque mouvement, et regardes si c’est ‘toi’ qui crée les pensées.
Et est-ce que, s’il est toujours là au lieu de se dégonfler tout seul, c’est parce que je le regonfle sans cesse avec mes peurs, toutes mes sortes de peur, que me rappelle en permanence ce que tu appelles la « chanson du cerveau » ?
Cela se fait tout seul. Dans mon expérience il n’y a pas un ‘moi’ qui le fait….les peurs sont déjà là et ça remonte tout seul. Les peurs ‘de base’ sont là et le cerveau est un genre de chien de garde qui voit le danger en tout. Quand une peur remonte….est-ce que c’est toi qui la crée ?
Cela dit, tu complètes cette seconde question par « regarde bien s’il y a quelqu'un qui cherche ? » Sous-entendu, « il n’y a personne qui cherche ».
Alors là, je suis perdue
Le cerveau va très vite….il essaie de tout comprendre. Quand je te demande de regarder quelque chose, la meilleur façon de regarder c’est de fermer les yeux et regarder….sentir, …chercher…ouvrir les yeux, sentir, regarder….tout simplement regarder.
J’ai probablement quelque chose à comprendre sur mes propres peurs, car elle m’offre un miroir de ce que je suis.
C’est très beau Cécile….et il y a de la liberté dans cela. Quand on comprend le fonctionnement de notre propre cerveau, de notre esprit, on comprend toute l’humanité….aussi nos parents. Les mêmes peurs, angoisses, obsessions, sont présentes chez tout le monde. Souvent c’est plus facile devoir cela chez les autres…cette machine à soucis. Courage avec ta maman. Chez moi, le moment que j’avais compris tout cela, je n’avais plus de problème avec ma maman et ma sœur (les deux personnes qui m’énervaient le plus).

Je t’embrasse,

Hirondelle

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Cécile
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Re: Demande d'aide

Postby Cécile » Sun Apr 22, 2012 10:08 pm

Bonsoir Hirondelle,

Entre les guillemets, je reprends rapidement tes questions.

« Est-ce qu’on peut voir que ces peurs, ces inquiétudes… ne sont pas la réalité ? »
Oui, et c’est bien ce qui me pose un problème. Je sais qu’il n’y a pas de raisons objectives d’avoir peur mais mon cerveau fonctionne comme si c’était le cas.

« D’où vient mon sentiment d’impuissance ? »
Il vient de mon constat que malgré mon désir de calme, je ne le trouve pas.

« D’où vient ma volonté ? »
Je ne sais pas. Il y a une exaspération, que je ressens dans mon plexus solaire, à ne pas trouver le calme, à être envahie par les pensées répétitives, la tension musculaire et la respiration saccadée. Et une lassitude sur le plan de l’intellect, sans cesse sollicité par le bavardage mental qui a si peur du vide et veut occuper tout l’espace.

« La voix ne peut-elle pas se trouver elle-même agaçante ? »
Il me semble qu’elle ne le peut pas, mais tu as l’air de dire qu’elle le peut, donc je ne sais plus. Pour ma part, j’ai l’impression que la voix aime bien s’écouter. Qu’elle est fière de ses belles phrases, de ses répliques cinglantes, de ses plaidoyers larmoyants, de ses accusations douloureuses… Donc, je ne conteste pas ce que tu dis mais j’ai du mal à voir comment elle peut s’agacer elle-même.

« Tu dis qu’il y a une autre part de toi. Où se trouve-t-elle ? Qu’est-ce qui se passe quand cette autre part de toi surgit ? »
A priori, il me semble qu’elle est proche du cœur. C’est là que je la ressens le mieux, dans le cœur. L’an dernier, avec une thérapeute, j’ai fais une séance de « cohérence cardiaque » (respiration « par le cœur » et écoute de bols tibétains). J’ai vécu une expérience merveilleuse de présence « hors du temps » ; j’étais en permanence dans un instant éternel. Pendant plusieurs heures après, j’étais dans un état de connexion absolue avec une sorte de vibration en moi et avec l’univers. Je suis incapable de décrire mieux cet état. J’étais dans un état d’alignement total entre moi et l’univers, mais le moi dont je parle ici était une vibration, une présence, une conscience, un bien-être absolu, un accueil de tout ce qui se manifestait, une paix… et plus de bavardage. J’étais « au centre de l’univers ». J’avais vraiment cette sensation. Non pas dans le sens où j’aurais été quelqu’un d’important, mais tout au contraire. Quelque chose s’était effacé. La souffrance, l’inquiétude, la crainte de ne pas être là où il faut, quand il faut, le jugement sur moi-même, sur les autres, sur les situations… tout cela s’était effacé. J’avais la sensation d’être à l’endroit juste, au moment juste. Simplement présente. Tout se faisait de façon fluide.
C’est de cette part là que je parlais dans mon dernier message. Une part qui fait partie de ce que je suis sur un plan « supérieur », libre, serein, présent, et pourtant qui est mon expression unique dans l’univers, ma vibration, ma petite note dans la grande musique.

« Dis-moi ce que tu ressens quand tu penses qu’il n’y a pas un “moi” ? »
Jusque là je ressentais de l’incompréhension à comprendre qu’il n’y a pas de moi, mais je comprends mieux maintenant grâce à ta question du paragraphe ci-dessus.
Dans l’expérience que j’ai décrite dans ma réponse précédente, j’étais « moi sans le moi », j’étais « qui je suis mais sans l’ego ».
Le moi égotique et envahissant n’est pas cette présence alignée, inspirée, consciente. C’est juste un disque qui tourne tout seul. Dans ce sens, je peux comprendre qu’il n’y a pas de moi. Il y a juste un truc qui fait de l’auto-allumage et qui me parasite.

« Est-ce que c’est toi, cette voix ? »
Non, la voix ce n’est pas moi. Et le moment déclencheur, comme je le disais, ce sont surtout les souvenirs qui reviennent comme des ritournelles. Ce sont des automatismes.

« Est-ce que c’est toi qui décide d’allumer l’ordinateur et de lire ce message ? … d’ouvrir les yeux le matin ? Et la première pensée du matin ? »
Bon, je bloque une fois de plus ! Il me semblait bien jusqu’à présent que c’était moi. Alors ce n’est pas moi ? Donc c’est qui ? C’est le cerveau qui passe en pilote automatique ?

« Quand une peur remonte, est-ce que c’est toi qui la crées ? »
Non, je ne pense pas. Elle est là. Elle surgit sur le fonds de ma conscience, comme un nuage dans le ciel. Je ne l’ai pas appelée.

Voilà où j’en suis ce soir. J’ai l’impression que mon intellect ne m’aide pas à comprendre, et que je dois trouver les réponses à tes questions autrement que par la spéculation intellectuelle. Je dois les trouver aussi par l’observation des ressentis, des phénomènes, des émotions. Je n’en ai pas l’habitude.

Encore merci de ta patience et de ton aide, ce que tu me donnes est précieux.
Cécile

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Swallow
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Re: Demande d'aide

Postby Swallow » Mon Apr 23, 2012 9:55 am

Bonjour Cécile,

Merci de ton message. On avance....vraiment!!!
J’ai l’impression que mon intellect ne m’aide pas à comprendre, et que je dois trouver les réponses à tes questions autrement que par la spéculation intellectuelle. Je dois les trouver aussi par l’observation des ressentis, des phénomènes, des émotions. Je n’en ai pas l’habitude
Oui Cécile. C’est exactement cela. Nous ne pouvons pas résoudre ces questions par la spéculation intellectuelle….c’est vraiment par l’expérience directe….fermer les yeux, sentir, toucher, regarder, regarder et regarder…..c’est LÀ, la réalité et la vérité et nulle part d’autre.
« Quand une peur remonte, est-ce que c’est toi qui la crées ? »
Non, je ne pense pas. Elle est là. Elle surgit sur le fonds de ma conscience, comme un nuage dans le ciel. Je ne l’ai pas appelée.
C’est très bien vu Cécile. Et c’est comme ça pour toutes les pensées, tout le bavardage mental.
« Est-ce que c’est toi, cette voix ? »Non, la voix ce n’est pas moi. Et le moment déclencheur, comme je le disais, ce sont surtout les souvenirs qui reviennent comme des ritournelles. Ce sont des automatismes.
Encore bravo. Ce n’est pas 'toi' cette voix. Ces pensées ne sont pas 'toi'. Aucune pensée n’est 'toi' ! Même la pensée qui veut arrêter cette voix !

« Est-ce que c’est toi qui décide d’allumer l’ordinateur et de lire ce message ? … d’ouvrir les yeux le matin ? Et la première pensée du matin ? »
Bon, je bloque une fois de plus ! Il me semblait bien jusqu’à présent que c’était moi. Alors ce n’est pas moi ? Donc c’est qui ? C’est le cerveau qui passe en pilote automatique ?
Ces questions ne peuvent pas être comprises par l’intellect. Le cerveau va te dire… ‘mais bien évidemment que c’est moi qui décides tout’. Il faut observer, regarder. Quand tu fais un mouvement, quand tu bouges dans la chaise, quand tu te lèves le matin est-ce que c’est ‘toi’ qui décides ? Tu ne peux pas voir s’il y a un ‘toi’ qui décides de se réveiller et de se lever le matin à 22h00 du soir. C’est le moment même ou un geste se fait, que le corps se lève ou on peut voir cela….est-ce qu’il y avait un ‘moi’ qui a décidé de faire cela ? Comment ça a marché ?….il y avait d’abord une pensée ? Est-ce que c’est ‘moi’ qui a crée la pensée ? etc. etc. Fais le test….regardes aujourd’hui ou demain.
Tu peux même rester assise….et observer ce qui se passe par exemple dans le corps. Quand tu avales et ce que c’était ‘toi’ qui a commandé ce geste. Quand tu bouges ? Les pensées ? Il faut être vigilent et très observateur.
« Est-ce qu’on peut voir que ces peurs, ces inquiétudes… ne sont pas la réalité ? »
Oui, et c’est bien ce qui me pose un problème. Je sais qu’il n’y a pas de raisons objectives d’avoir peur mais mon cerveau fonctionne comme si c’était le cas.
Et la pensée….'Cette voix est agaçante...je veux la faire taire!' ….Pour moi, cela sonne également comme une inquiétude, une peur….C ‘est la MÊME voix !

L’esprit s’occupe toujours de deux choses….soit les peurs, soit les désirs. Soit l’esprit est on train de faire en sorte que quelque chose ne lui arrive plus jamais. Cette expérience/souvenir vient du passé et elle est projetée vers le futur. Soit l’esprit est en train de rêver d’un meilleur futur. L’esprit, dans le moment présent projette vers le futur. Dans les deux cas….c’est la même direction. Et le message est clair….le moment présent n’est pas bon, n’est pas parfait, n’est pas assez.

J’ai un exercice pour toi Cécile.
Cela s'appelle un Monologue. Trouves 15 minutes toute seule ou on ne va pas te déranger….le mieux serait quand tu es toute seule dans la maison. L’exercice se fait assis, soit sur une chaise, soit sur un coussin de méditation.
On commence en faisant du bruit. Murmurer, chuchoter, bouger la voix pendant deux minutes. Ensuite on commence à parler du ‘charabia’ pendant deux minutes. c’est comme dans une langue étrangère qu’on ne connait pas…c’est pour rentrer un peu plus dans la voix. Ensuite on continue en français. Pendant 10 minutes….parle, parle, parle, et on ne s’arrête pas une seconde….quand il n’y plus de pensées qui surgisse on dit….’je ne sais plus quoi dire’ ‘C’est n’importe quoi’ ou ce que tu veux….mais l’importance c’est de continuer à parler. Tu peux crier, chuchoter, changer de voix….tout ce que tu veux. On essaie de laisser couler tout qui surgit…et ne pas rester figer sur une pensée.
Après les 15 minutes on reste encore 5 minutes en suivant le rythme de la respiration.

Bon courage Cécile,

Hirondelle

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Swallow
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Re: Demande d'aide

Postby Swallow » Wed Apr 25, 2012 8:30 am

Bonjour Cécile,

Je n'ai pas de tes nouvelles. Comment ça va?

HIrondelle

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Cécile
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Re: Demande d'aide

Postby Cécile » Wed Apr 25, 2012 8:56 am

Bonjour Hirondelle,

J’ai fait hier soir l’exercice du monologue. C’est très étonnant. J’ai eu du mal au début car ce qui est demandé n’est pas naturel pour moi ! Ce que j’ai ressenti après était assez inattendu. Ma respiration était ample, lente, abdominale. Mes pensées tournaient au ralenti. Et surtout, j’ai eu l’impression qu’une sorte de verrou avait sauté, au niveau de mon plexus solaire. Comme si un poids avait été ôté, ou une ceinture desserrée. C’était très net, un ressenti physique très fort.

J’ai rêvé l’autre nuit de la scène suivante : un homme vêtu d’un pagne blanc, assis en tailleur, me lisait des petits papiers sur lesquels étaient écrits des messages. J’ai oublié les deux premiers messages, qui disaient tous les deux la même chose, mais le troisième papier disait « ton paysage intérieur est en train de changer ». Et voici deux nuits que je rêve que des fleurs inconnues poussent ce printemps dans mon jardin, là où je ne me souvenais pas avoir planté de fleurs à l’automne dernier.

Je vis une période bizarre. A l’extérieur, tout est comme d’habitude – je fais mon travail, je m’occupe des enfants et de la maison. A l’intérieur, j’ai l’impression d’être une grande maison dont on retire progressivement les étages. Toutes les structures intérieures s’effondrent. Les planchers, les cloisons, les portes…. tout est en train de disparaître. Comme s’il ne devait rester que quatre murs et un toit… et encore. Toutes mes constructions/certitudes intérieures (« Je suis ceci », « Je suis cela ») s’écroulent les unes après les autres. Je vois que ne suis pas « ceci » ou « cela ».
Je ne sais plus ce que je suis. Je suis juste… ici. Un espace. Une présence. Parfois, j’ai même du mal à délimiter mes contours, les limites entre moi et ce qu’il y a autour. Je pleure beaucoup, sans raison précise. J’ai souvent envie de dormir. J’ai un mal fou à prévoir, à anticiper, à me projeter dans l’avenir.
J’arrête de vouloir faire des choses, de vouloir être comme ci ou comme ça. J’arrête de vouloir prouver je ne sais quoi à je ne sais qui, de vouloir avoir raison. Je regarde les choses être ce qu’elles sont : la mauvaise humeur de mon mari, les jeux vidéo et séries télé idiots de mes enfants, l’ingérence de ma mère, la pluie qui tombe… Je regarde juste les choses être ce qu’elles sont. La seule chose que je continue de faire, c’est de ranger la maison. J’ai toujours du mal avec le désordre et la saleté. Pour le reste, je laisse faire. Je renonce à imposer ma volonté au monde. J’essaie juste de rester là, aussi consciente que possible, consciente aussi de mon impuissance sur toutes sortes de choses que d’habitude je veux changer (les activités de mes enfants, l’humeur de mon mari, l’attitude de ma mère…). C’est un passage douloureux et bienfaisant en même temps. J’ai l’impression que le travail que nous faisons ensemble commence à porter ses fruits !

Avec toute ma gratitude,
Cécile

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Re: Demande d'aide

Postby Swallow » Thu Apr 26, 2012 9:35 am

Chère Cécile,

C’est génial que l’exercice se soit si bien passé. Le Monologue laisse l’esprit s’exprimer sans qu’il soit obligé de réagir et on ressent plus de distance par rapport aux pensées. Tu peux faire cet exercice quand tu te sens stressée, quand le bavardage mental tourne en boucle ou tout simplement pour faire le vide.
A l’extérieur, tout est comme d’habitude – je fais mon travail, je m’occupe des enfants et de la maison. A l’intérieur, j’ai l’impression d’être une grande maison dont on retire progressivement les étages. Toutes les structures intérieures s’effondrent. Les planchers, les cloisons, les portes…. tout est en train de disparaître. Comme s’il ne devait rester que quatre murs et un toit… et encore. Toutes mes constructions/certitudes intérieures (« Je suis ceci », « Je suis cela ») s’écroulent les unes après les autres. Je vois que ne suis pas « ceci » ou « cela ».


Bravo Cécile. C’est grâce au travail de fait, d’avoir regardé, d’avoir observé, d’avoir mis en question les pensées face à la réalité.
Je ne sais plus ce que je suis. Je suis juste… ici. Un espace. Une présence. Parfois, j’ai même du mal à délimiter mes contours, les limites entre moi et ce qu’il y a autour.
Très bien Cécile. L’idée d’un ‘moi’ se dissipe et tu restes avec tout ce qui tu avais avant….sauf sans le ‘moi’.
J’ai un mal fou à prévoir, à anticiper, à me projeter dans l’avenir.


On n’a jamais résolu un futur problème dans le futur….les actions se font toujours dans le moment présent. Fais confiance que la bonne chose sera faite en chaque moment.
J’arrête de vouloir faire des choses, de vouloir être comme ci ou comme ça. J’arrête de vouloir prouver je ne sais quoi à je ne sais qui, de vouloir avoir raison
Ça c’est la vraie liberté ! L’esprit a compris qu’il n’a pas besoin d’avoir raison, de prouver quelque chose...ce n’est qu’une pensée qui peut surgir et repartir. Est-ce qu’il y a quelqu’un à défendre ?

Je voulais te proposer un exercice. Quand tu as un peu de temps, sors dans la nature et sentir comme tout vit, épanouit sans un ‘moi’. Regardes comme les arbres poussent, les oiseaux volent, les fleurs épanouissent. Choisis un arbre et décris lui la mode de fonctionnement du cerveau et de l’idée du ‘moi’ chez les êtres humains.

C’est un vrai plaisir de te guider Cécile et tu fais cela avec intégrité et grâce.

Swallow

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Re: Demande d'aide

Postby Cécile » Fri Apr 27, 2012 6:03 pm

Bonsoir Hirondelle,

Je vais demain voir mon arbre et je te tiens au courant... Merci de tes encouragements.
A demain,

Cécile

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Re: Demande d'aide

Postby Cécile » Sat Apr 28, 2012 7:09 pm

Bonsoir Hirondelle,

Merci pour les compliments !

Je me suis connectée à mon arbre allié et voici ce que je lui ai dit, après avoir eu son accord pour lui expliquer le fonctionnement de mon cerveau et l’idée du “moi”.

Nous, les êtres humains, possédons un cerveau. C’est une sorte d’outil qui nous permet de comprendre la réalité et de la décrypter, en la classant selon les types d’expériences que nous vivons.
À force de ranger les expériences dans des boites, le cerveau a acquis un certain nombre d’automatismes. Il ne nous demande plus notre avis. Il range les événements que nous vivons directement dans les boites, sans que nous validions consciemment ce classement. Au fil du temps, toutes nos expériences nous parviennent par le filtre du cerveau, qui les a répertoriées, classées et étiquetées. Par paresse, nous en sommes venus à ne plus exercer nos cinq sens et notre intuition pour comprendre nos expériences. Nous nous coupons de nos ressentis, physiques et subtils.
Donc, le cerveau a fini par dresser une sorte de barrière entre nous-mêmes et nos expériences. Même si nos sens, nos ressentis, notre intuition, pourraient nous donner des informations différentes, nous ne les entendons plus et nous nous fions uniquement à notre cerveau. Nous en sommes venus à négliger, voire à nier, les informations que pourraient nous donner nos cinq sens physiques et nos ressentis subtils.
Nous laissons ainsi le cerveau classer telle expérience dans la boite “ce qui fait peur”, ou “ce qui rend triste”, ou “ce qui met en colère” sans valider par nous-mêmes. Et nous réagissons en fonction de l’étiquette écrite sur la boite. C’est ainsi que nous jugeons ce qui nous arrive en fonction du filtre mental au lieu de le vivre en direct, sans idée préconçue, sans vraie liberté de ressenti. Par exemple, si mon ami me quitte, je crois que je dois forcément être triste. (Alors que, peut-être, si j’étais attentive à mes ressentis, j’éprouverais plutôt du soulagement.) Ou, si je casse une assiette, je suis automatiquement fâchée. (Alors qu’en réalité, je n’en ressens pas vraiment de colère, juste de l'indifférence.)
Les boites de rangement du cerveau sont peu nombreuses et classées selon les émotions que les expériences sont censées déclencher. Cela réduit la palette de ce que nous pourrions expérimenter. Cela stérilise l’expérience. Cela nous coupe de notre capacité à vivre notre vie dans toutes ses nuances, d’en savourer toute la palette et toutes ses variations subtiles.
Le cerveau, gouverné par notre mental, a peur de perdre sa suprématie. Alors il nous fait croire qu’il est le seul de nos outils, le seul de nos filtres, qui soit capable de nous donner des informations fiables sur nos expériences. Il nous dit que les intuitions et ressentis subtils sont inexacts, voire inexistants. Ce faisant, il se prive lui-même d’une bonne partie de ses propres ressources, car nous n’utilisons qu’une petite partie de notre cerveau et perdons nos capacités de visualisation, de focalisation, de télépathie, etc.
Pour résumer, le cerveau devient omniprésent ; il prend le contrôle de nous au lieu de nous assister.

Le cerveau produit des pensées qui nourrissent l’ego, le moi.
Le moi est un concept qui a été donné spécialement aux êtres humains pour faire l’expérience de la séparation entre “l’individu en qui nous sommes incarné” et “tout ce qui est”. On l’appelle aussi l’ego. Il nous donne l’impression que nous sommes séparés de tout qui est (= l’univers, la création, dieu, etc.). Nous nous identifions à ce moi, nous croyons être ce moi, alors que nous sommes bien plus vaste. Nous nous réduisons à notre moi et nous soumettons à ses caprices, à ses peurs, à ses manques, car le moi n’est jamais satisfait.
Le moi voudrait nous faire croire que nous sommes quelqu’un de spécial. Il essaie de toutes forces de nous assimiler à une apparence, à des représentations, à une identité, à une histoire, à une personnalité. Il veut nous faire croire, et faire croire au monde, que nous sommes cette apparence, cette image, cette représentation, etc. Nous ne sommes rien de cela, mais c’est tout ce qu’il a trouvé pour se déguiser en quelque chose de crédible.
Le moi sait, au fond de lui, qu’il n’est pas nous mais juste une part de nous. Il a peur que nous nous en apercevions. Il se sent toujours menacé. Alors il n’a de cesse se défendre contre toutes sortes d’agressions. Il a en permanence peur de mourir, ou plutôt, de se désintégrer.
Le moi est une construction illusoire. Il semble être une tour d’ivoire mais il n’est qu’un écran de fumée. Il semble imprenable mais il peut se dissiper d’un instant à l’autre.
En un mot, le moi est une prison immatérielle. Ce n’est qu’en nous libérant de l’illusion du moi que nous devenons vraiment qui nous sommes.

Voilà ce que j’ai dit. C’est un peu confus, comme je le suis sans doute moi-même…
Bien à toi,

Cécile

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Re: Demande d'aide

Postby Swallow » Sun Apr 29, 2012 10:40 am

Bonjour Cécile,

Bravo pour l’explication. C’est très clair!!
Au fil du temps, toutes nos expériences nous parviennent par le filtre du cerveau, qui les a répertoriées, classées et étiquetées.
Oui ! C’est vraiment le bon mot….un filtre ! Parfois, je parle de ce filtre comme un pair de lunettes qui change la couleur de la réalité. Parfois vert, parfois bleu, parfois on voit le monde comme un lieu dangereux, parfois comme un lieu de souffrance etc.. tout dépend des lunettes qu’on porte.
Par paresse, nous en sommes venus à ne plus exercer nos cinq sens et notre intuition pour comprendre nos expériences.
En disant ‘par paresse’, on donne l’impression qu’on aurait pu faire autrement, or dans mon expérience, il n’y a pas le choix….ça fonctionne tout seul. Il n’y a pas quelqu’un qui choisit.
Donc, le cerveau a fini par dresser une sorte de barrière entre nous-mêmes et nos expériences.
Exactement ! Je dirais même, ‘le cerveau a fini par dresser une sorte de barrière entre lui-même et les expériences.’
Nous laissons ainsi le cerveau classer telle expérience dans la boite “ce qui fait peur”, ou “ce qui rend triste”, ou “ce qui met en colère” sans valider par nous-mêmes. Et nous réagissons en fonction de l’étiquette écrite sur la boite. C’est ainsi que nous jugeons ce qui nous arrive en fonction du filtre mental au lieu de le vivre en direct, sans idée préconçue, sans vraie liberté de ressenti.
Très bien dit ! Le cerveau fait cela tout seul....ça se fait automatiquement. Les experiences sont tout de suite classées dans une boite et la réaction se fait aussi tôt......tout cela sans un 'moi'. Incroyable!!! Et n'oublie pas que le cerveau n'est pas l'ennemie...il fait son travail.

J’aime beaucoup ce que tu as écrit sur le ‘moi’ et le fonctionnement de l’ego. C’est vraiment très bien !
Je trouve que les choses deviennent claires pour toi et je suis ravi que tu comprennes le fonctionnement du cerveau et de l’idée d’un ‘moi’.
Maintenant on va aller plus loin.
Sors encore une fois dans la nature pour une petite ballade et poses la question....Est-ce qu’il y a un ‘moi’ ?
Le cerveau ne peux pas répondre à cette question….il faut regarder, sentir. Fermes-les yeux et essaie de voir s’il y a un ‘moi’.

Au plaisir de lire ton prochain message,

Hirondelle

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Re: Demande d'aide

Postby Swallow » Wed May 02, 2012 5:45 pm

Chère Cécile,

Comment ça va?

Amitiés,

Hirondelle

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Re: Demande d'aide

Postby Cécile » Thu May 03, 2012 6:06 pm

Bonjour Hirondelle,
Je vais faire ce que tu me demandes mais j'ai peur que ça ne donne pas grand chose. Il y a une part de moi qui refuse l'idée qu'il n'y a pas de moi. Je suis assez découragée en ce moment et mon environnement familial me ramène sans cesse au monde de la division, du conflit, des guerres de l'égo... Je suppose qu'ils sont là justement pour ça, pour m'aiser, à leur façon, dans ma prise de conscience, mais j'avoue que je traverse un moment de lassitude.

À demain,
Avec toute mon amitié,
Cécile

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Re: Demande d'aide

Postby Swallow » Fri May 04, 2012 11:33 am

Chère Cécile,

Il y a une connaissance du fonctionnement de l'esprit et de son conditionnement, mais on ne peut pas se débarrasser de notre esprit, de nos pensées. Les pensées surgissent et une question peut être posée….est-cela vrai ? Continuons à voir la réalité et de regarder.
Je vais faire ce que tu me demandes mais j'ai peur que ça ne donne pas grand chose.
« J’ai peur que ça ne donne pas grand-chose » est uniquement une pensée. On ne peut que regarder dans le moment présent ce qui est vrai.

Comme j’ai expliqué, chaque pensée qui monte a sa racine soit dans une peur ou soit dans un désir. L’esprit pense….quand le problème est résolu je peux me détendre…je peux vivre, bien que cela est toujours possible dans le moment présent si on voit la réalité du moment.

J’ai un exercice qui m’a beaucoup aidé à voir la réalité. Cela s’appelle ‘Le Train’
Trouve vingt minutes dans la nature ou bien chez toi. Concentres toi sur la respiration.
Quand il y a une pensée qui monte (ex. Je ne peux plus supporter ma mère). On pose une question…. ‘Qu’est-ce que serait la pire des choses qui pourraient m'arrivée ?’ (on pose cette question car derrière chaque pensée se cache toujours une peur….et l’esprit pense toujours au pire !)
Donc réponds à cette question…..(ex. Si je ne peux plus la supporter je vais craquer.)
Repose la même question. ‘Qu’est-ce que serait la pire des choses qui pourraient arrivé ?’
(Ex. Si je craque je vais dire ou faire quelque chose de violente…frapper ma mère, mes enfants).
On pose encore la même question ‘Qu’est-ce que serait la pire des choses qui pourraient m'arrivée ?’
(Ex. Je serai jugé incapable d’élever mes enfants)
On pose encore la même question ‘Qu’est-ce que serait la pire des choses qui pourraient m'arrivée ?’
(Ex. Si je n’ai plus la garde de mes enfants et je deviendrai dépressive)
On pose encore la même question ‘Qu’est-ce que serait la pire des choses qui pourraient m'arrivée ?’
(Ex. Si je suis dépressive, je deviendrai malade)
On pose encore la même question ‘Qu’est-ce que serait la pire des choses qui pourraient m'arrivée ?’
(Ex. Si je deviens malade et je suis dépressive je n’aurai plus la force de vivre)
On pose encore la même question ‘Qu’est-ce que serait la pire des choses qui pourraient m'arrivée ?’
(Ex. Je meurs)
C’est important d’arriver à cette peur de base….de mourir.
Quand on y arrive. On pose la question..
« Et qu’est-ce que c’est la réalité de ce moment ? »
Et puis on regarde au tour, on sens, on respire.
Et puis on répond (ex.‘le soleil brille, le cœur bat, le corps réspire, les oiseaux chantent etc…’)
Sens qu'il n'y a aucun problème dans le moment présent, dans la réalité.....il y a ce corps qui fonctionne qui est soutenu par l'existence, et tout qui fonctionne parfaitement.
Quand tu as bien senti cela….tu respire et tu attends la prochaine pensée….et tu recommence les questions jusqu’à la peur de mourir et puis tu regardes la réalité du moment.
Cet exercice nous laisse voir que nos pensées sont basé sur la peur de mourir qui n’ont absolument rien à voir avec la réalité de chaque instant.

Bon courage et bien à toi,

Hirondelle

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Re: Demande d'aide

Postby Cécile » Sat May 05, 2012 8:11 am

Bonjour Hirondelle,

Je ne trouve ton dernier message que ce matin, alors que je me connecte pour te poster la réponse à ton avant-dernier message. Pour répondre à ton dernier message, je vais faire l'exercice. En attendant, voici la réponse à ton avant-dernier message, que je t'ai préparée ce matin :


Bonjour Hirondelle,

Bon, alors j’ai fait l’exercice. Je suis allée hier dans la forêt. Comme je ne savais pas trop comment m’y prendre, je me suis concentrée sur les sons. L’orage arrivait depuis la colline d’en face mais les oiseaux chantaient toujours leurs chants de printemps, si mélodieux, si enthousiastes. Sous la voûte des arbres, l’acoustique était excellente : les sons me parvenaient puissants, clairs, avec une belle réverbération. Comme dans une salle de concert. J’ai écouté cette musique de roulements de tonnerre et de trilles d’oiseaux. Et entre ces sons, ou au-delà, j’ai essayé d’entendre le silence qui englobe tout et de me dissoudre dans ce silence.
Et tout à coup, pendant un quart de seconde, il y a eu un instant de grâce. “Je” n’étais plus. La sensation était la suivante : ma “présence” était réduite à un axe d’énergie vertical de trois ou quatre centimètres de diamètre, à la place approximative de ma colonne vertébrale, mais allant de la terre au ciel. Et tout le reste du monde (le reste de mon corps, l’espace autour de mon corps, les arbres proches, tous les bois alentour avec les oiseaux, le ciel au-dessus, la terre au-dessous…) était un. Un, uni, unité. De même nature. Fait, tissé de la même substance, avec juste des variations de tonalité ou d’intensité.
Pendant cet instant très bref, le son était, fondamentalement, de la même nature que la matière. Une note d’un chant d’oiseau, un tronc d’arbre ou mon propre corps étaient faits de la même “matière première” s’exprimant sur des registres différents. Et cette énergie-son me traversait comme si j’étais sans densité, ou de très faible densité.
C’est un peu compliqué car il me faut quinze lignes pour décrire ce que j’ai vécu en moins d’une seconde et les mots peinent à dire ce type d’expérience. Ce que je sais, c’est que j’en ai ressenti une paix profonde, une non-pensée, une absence de moi. Ce matin en l’écrivant, je pleure à chaudes larmes en revivant cet instant. (En général, quand je pleure comme ça sans raison apparente, c’est que le ressenti intérieur est juste. Les larmes m’aident assez souvent à valider des expériences si ténues, si fluides qu’elles sont presque passées inaperçues dans le flot des événements que la conscience capte au passage.)

Grâce à ton aide et tes conseils, j’ai l’impression de commencer à arriver à un niveau de compréhension plus profond, plus ressenti. Un grand merci à toi, Hirondelle, et très bonne journée !

Je vais m’absenter quelques jours pour un stage de méditation. Je pense qu’il est plus raisonnable de ne pas m’encombrer d’un ordinateur et de tout le bazar mental qui va avec. Je ne pourrai donc pas relever mes messages jusqu’à mercredi soir, date de mon retour. Je te recontacterai à ce moment-là.

Bien à toi,
Cécile

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Re: Demande d'aide

Postby Swallow » Sat May 05, 2012 2:04 pm

Bonjour Cécile,

Je te souhaite un bon stage de méditation. Merci beaucoup de ton message. C'est un beau moment que tu as vecu dans la fôret.
Au plaisir de te lire la semaine prochaine,

Bien à toi,

Hirondelle

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Re: Demande d'aide

Postby Cécile » Thu May 10, 2012 9:13 am

Bonjour Hirondelle,
J'ai commencé à pratiquer l'exercice (voir les choses au pire, puis revenir à la réalité présente).
Mon stage a été très étonnant, avec beaucoup de guérison. Je me permets de t'en parler, si tu veux bien.
Je suis en plein nettoyage émotionnel et énergétique accompagné de nombreux symptômes d'élimination par mon corps (larmes très fréquentes, diarrhée, besoin de boire beaucoup d'eau, répugnance à absorber autre chose que des fruits et légumes crus) et de symptômes d'élévation vibratoire (je ne reconnais pas ma propre voix quand je parle, et d'ailleurs j'ai beaucoup de mal à parler, je ne veux que le silence).
J'ai eu la chance de passer deux jours en compagnie d'une femme qui s'appelle Lise Côté et qui transmet les énergies de Marie (Marie en tant que Mère universelle, pas en tant que sainte Vierge de l'église catholique). J'ai une certaine réticence par rapport aux personnes qui canalisent les maîtres ascensionnés, mais dans le cas présent, je ne peux pas douter de la justesse et de la puissance de ce que transmet Lise Côté.
Au-delà de la reconnexion avec le Féminin sacré, elle m'a permis un très beau travail de retrouvailles avec le cœur de qui je suis, de reconnexion à l'Unité.
Le stage s'est terminé avec quelques minutes de mise en présence avec un être qu'elle appelait "le Maître des énergies christiques". Je n'ai pas compris tout de suite de qui il s'agissait. Je suis bien consciente que mes paroles peuvent sembler bizarres et j'ai toujours eu une grande méfiance envers ce genre de chose, mais je sais que tout mon être a été en présence d'une énergie d'amour que les mots ne peuvent pas décrire. D'abord, j'ai été soudain comme un diamant traversé par un immense rayon de soleil rose et doré. Je l'ai vu, avec la vision intérieure, avec une grande clarté et netteté. Ensuite, une puissante onde m'a traversée, m'a transmutée, a empli ma coupe. Cette onde était physiquement perceptible, avec des manifestations visuelles fortes : j'ai vu des reflets du soleil sur un lac, alors que j'avais les yeux fermés. Par la suite, je suis allée baigner mes pieds dans un petit lac qui était proche, et une voix en moi s'est exclamée "C'est comme à Tibériade !". (Je précise que je n'ai aucune éducation religieuse. Je sais qu'il s'est passé des choses sur le lac de Tibériade avec le Christ et ses disciples, mais c'est un lieu qui ne fait pas du tout partie de mon univers mental.)
Je suis dans un état de paix, de reconnexion au Tout, d'acceptation. Il me semble que la Grâce s'est posée sur le monde. Chaque nuage, chaque arbre, chaque brin d'herbe vibre d'une énergie subtile, puissante, emplie d'un amour ineffable. Jusqu'à hier, et encore aujourd'hui quand je suis seule, il me semble qu'une puissante onde jaillit de mon cœur pour toucher ceux autour de moi qui souhaitent la recevoir. Cet amour ne vient pas de moi mais de la Source. Il passe par moi, me nourrit et le trop-plein coule autour de moi dans le monde physique.
Le retour dans ma famille est difficile. J'ai l'impression que la mauvaise humeur, la résistance à ce qui est, la négativité n'ont jamais été aussi marqués chez les personnes de ma famille. J'essaie de rester reliée à l'état de grâce que j'ai pu contacter ces derniers jours, et de regarder sans jugement, sans attachement et sans résistance l'énergie de division, de comparaison, de querelle, de jalousie, d'aigreur, d'auto-apitoiement, de jugement qui règne autour de moi.
J'essaie de rester centrée du mieux que je peux, par la méditation, par la respiration, par la contemplation du ciel qui n'a jamais été aussi habité d'une Présence subtile. Je me suis dit ce matin que j'aimerais être quelqu'un qui n'a aucune personnalité. N'être qu'une coupe par qui passe l'énergie d'Amour de la Source.
Lors de ce stage, en discutant avec une femme que j'y ai rencontrée, il m'est revenu en mémoire un événement que j'avais oublié. Un soir en m'endormant, il y a un an, j'ai "vu" et "entendu" des femmes musiciennes vêtues de blanc, qui chantaient un chant, ou plutôt un mantra, dans une langue que je ne connaissais pas. Je me suis réveillée et l'ai enregistré sur le petit appareil enregistreur que je garde souvent près de mon lit. Par la suite, j'ai cherché quelle était cette langue, sans succès. Comme j'étais frustrée de ne pas connaître la signification de ce mantra, j'ai demandé à mes guides de m'en donner une traduction approximative. Voilà ce qu'ils m'ont répondu : "La Lumière de la Source coule dans (ou de) mon cœur". Quelques mois plus tard, en lisant un livre sur les Lettres de Feu, j'ai vu que le mantra correspondant à l'une des lettres de feu disait précisément cela. Et c'est exactement ce que je suis en train de vivre aujourd'hui.
Je ne suis pas une personnalité. Je suis (et je le ressens dans les fibres de mon être) une étincelle de la Source, manifestée dans une incarnation humaine. Je suis une antenne en mode réception (des plans vibratoires supérieurs) et transmission (vers cette réalité). Je vois la beauté du monde et la beauté qui passe par qui je suis.
A part la petite inquiétude de m'éloigner de cet état de grâce, j'ai l'impression d'être indestructible.
Voilà où j'en suis aujourd'hui.
De tout cœur,
Cécile


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