Je n'arrive pas à retrouver le goût du silence quand ça s'est décollé
Tu ne peux pas retrouver un étonnement. La surprise de la première fois appartient à la première fois, elle est unique. Après, le mental récupère et veut recréer...
je ne peux te dire que ce qui passe là et seulement là
oui. Il n'y a rien d'autre que ce qui se passe là (ici) et seulement là (maintenant). Le problème, c'est que la forme subtile de ton mental veut y mettre autre chose, il veut se saisir du silence. Je te l'ai déjà dit-écrit : ne t'intéresse pas au silence mais au bruit ; le bruit c'est l'idée d'un "je". Lorsque tu dis que
j'ai bien vu de nombreuses fois dans la journée que le petit "je" se prenait pour une personne
, tu es parfaitement à ta place, la vision est là. Le piège c'est que tu ne réintègres pas le "petit je" dans le spectacle, tu veux le virer ! L'inexistence du "je" réside dans la non-identification du regard (toi, ton être, la joie de regarder, le goût du silence) au regardé (la pensée "je"). La pensée "je" peut, ou ne pas, exister ; c'est une pensée comme une autre, ni plus ni moins.
Maintenant, no panic (2). Il est normal que ça bouge. C'est un peu comme si le mec dans la cabine changeait des films à toute vitesse pour essayer de convaincre le spectateur que le spectacle est réel... Reste dans ton ressenti, apprécie le "sachant" en toi, sans le nommer. Reste sur le fil entre le fait d'observer, neutre, et l'observateur qui va prendre le masque du "je". Réalise que tu as réalisé qu'il n'y a pas de "je" réel ; il n'y a qu'une pensée "je".
Et respire !
Brouillard aujourd'hui, le soleil a du mal à percer mais ça vient.