Devant la porte avec Souleimane

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sulius
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Devant la porte avec Souleimane

Postby sulius » Sat Mar 02, 2013 6:21 pm

Je et Moi n'existent pas ?
Alors qui en est à son 47 ème tour du soleil ?
Qui écrit ces lignes ?

Depuis 3 ans, un arrêt en moi c'est produit. Une rebellion, une exaspération, un raz le bol ... mais aussi un calme incompréhensif (plus du tout de colère et d'agressivité que j'entretenais avant). Une envie profonde de paix que je n'arrive pas à atteindre.

Je me suis littéralement jeté dans la lecture de livre, alors que je n'etais pas un grand lecteur avant: zen, bouddhisme et plein d'autres choses jusqu'à la non dualité, lu des temoignages d'eveil. Même me lancé dans certaines pratiques tels que le zazen, reiki, vipassana (10 jours) etc ...
Recherche, recherche ... et encore recherche.

Et j'apprend qu'il n'y a rien à chercher .!..
Que je/moi (Souleimane) n'existe pas ...
Et le pire (ou le meilleur) est que cela résonne "juste" en moi ... mais que cela me met mal à l'aise.

Devant la porte (encore avec Souleimane) je sollicite humblement votre aide.

Avec toute ma gratitude.
Souleimane

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Re: Devant la porte avec Souleimane

Postby iprian » Sat Mar 02, 2013 8:56 pm

Si tu es toujours ok, on peut s'intéresser à Souleimane...

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Re: Devant la porte avec Souleimane

Postby sulius » Sun Mar 03, 2013 7:38 am

Bonjour Iprian

Merci pour cette réponse rapide.
Je suis toujours ok.

Toute ma gratitude
Souleimane

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Re: Devant la porte avec Souleimane

Postby iprian » Sun Mar 03, 2013 8:10 am

Que je/moi (Souleimane) n'existe pas ...
Tu ne peux pas dire que Souleimane n'existe pas, puisque tu en fais l'expérience. Ce qui se passe c'est qu'il y a un glissement de perception entre ce qui perçoit Souleimane, et Souleimane. C'est comme ton visage dans le miroir : au moment où tu regardes le miroir tu "deviens" ton visage, comme si ton "toi" (ton identité par le visage) allait s'installer dans le miroir. Mais en fait tout se déroule dans ta perception, immuable. Et cette perception n'est pas Souleimane qui perçoit, mais ce en quoi Souleimane, et le reste, est perçu.
Donc, le boulot est de revenir à la perception neutre, le plus en amont possible de toute qualification.

Est-ce que jusque-là tu es ok ?

Avec toi,

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Re: Devant la porte avec Souleimane

Postby sulius » Sun Mar 03, 2013 8:50 am

Bonjour Iprian

Merci de partager un bout de mon chemin.

Tu dis:
"Et cette perception n'est pas Souleimane qui perçoit, mais ce en quoi Souleimane, et le reste, est perçu."

J'ai cette impression bizarre, en lisant cette phrase, que tu viens de me faire changer d'angle de vue sans trop savoir où je me retrouve. Cette notion de "perception" et de "glissement" m'interpelle. Peux-tu m'en dire plus.

Affectueusement
Souleimane

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Re: Devant la porte avec Souleimane

Postby iprian » Sun Mar 03, 2013 9:27 am

sans trop savoir où je me retrouve
Le point fondamental, que tu touches intuitivement, est de ne pas chercher à te retrouver. La perception neutre en laquelle tout se déroule, y compris tout ce qui est conscientisé par Souleimane, n'est pas localisable. C'est la vraie nature humaine, non personnelle et pourtant totalement intime. C'est cette combinaison d'intimité et d'impersonnalité qui fait que la recherche existe, oscillant entre une perception de l'intime qui accentue le je-moi, et une réalisation de l'impersonnel où le je-moi n'est plus propriétaire de quoi que ce soit...
Pour faire simple, le je-Souleimane est perçu. Il n'est donc pas ce qui perçoit. Ce qui perçoit ne peut pas être perçu, sinon ce serait à nouveau un objet de perception. Il y a donc un abandon à cette "prise" de conscience que tu ne pourras jamais faire l'expérience de ce qui perçoit. Ainsi, tu ne peux pas "savoir" où "tu" te trouves... En fait, tu es trouvé, tout le temps, non-stop ; et lorsque tu cherches à objectiver ce vécu, tu arrêtes le "trouvé" (en première approximation) car un je-Souleimane se crée instantanément, qui veut expérimenter.
La vraie nature est un vécu, pas une expérience (qui suppose quelqu'un qui expérimente). La nuance est là. Le vécu se révèle lorsque la recherche d'expérience est abandonnée ; tu te relaxes dans ton fauteuil et tu quittes l'identification aux expériences qui apparaissent dans le film...

Avec toi, Iprian

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Re: Devant la porte avec Souleimane

Postby sulius » Sun Mar 03, 2013 10:18 pm

Bonsoir Iprian

Désolé pour le retard de réponse mais j'ai une connexion hotspot wifi, donc pas terrible.

Merci pour ta réponse que j'ai lu et relu.

Tu dis:
"La vraie nature est un vécu, pas une expérience"
"Le vécu se révèle lorsque la recherche d'expérience est abandonnée"
et enfin
"quittes l'identification aux expériences qui apparaissent"

Deux koans et une recommandation ... ça m'a l'air cohérent et plein de bon sens et pourtant j'ai la désagréable impression qu'il me manque une (ou des) clé comme par exemple la subtilité vécu/expérience.

En te relisant des choses viennent à moi mais ................. je ne suis pas doué pour ecrire, décrire bref.
Je vais te relire et essayer de voir ou ressentir car je n'y arrive pas en tentant de comprendre.

Je vais donc suivre ton conseille "tu te relaxes dans ton fauteuil" et reviendrais te voir si tu me le permet.

J'apprecie le "Avec toi" quand tu signes et je t'en remercie infiniment.
Bonne soirée
Souleimane

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Re: Devant la porte avec Souleimane

Postby iprian » Mon Mar 04, 2013 7:05 am

La subtilité entre vécu et expérience c'est l'absence de commentaires dans le premier cas : les choses sont comme elles sont, au moment où elles se produisent ; pas de propriétaire de ce qui se passe, pas de futur. Cela vaut aussi pour la sensation du moi : pas de rejet, simple constatation neutre. Et en même temps, chercher la réalité, concrète, de ce moi : où est-il, quelle forme, quelle couleur... etc. Le moi, Souleimane, est une idée. Et cette idée a le droit d'être là, comme l'idée qu'il y a quelque chose à trouver. Simples mouvements énergétiques dans le cerveau. Tout ce bal se déroule sans qu'il soit nécessaire de croire en un moi.

Toujours avec toi, IprianIprian

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Re: Devant la porte avec Souleimane

Postby sulius » Tue Mar 05, 2013 7:44 am

Bonjour Iprian

Tu dis :
« C’est l'absence de commentaires »

Depuis enfant, j’ai toujours discuté avec moi même (repli sur soi) car mon vécu m’a amené à subir beaucoup de changement que je ne maitrisais pas toujours et j’ai donc adopté des stratégie pour m’en sortir, une certaine capacité de résilience. Très tôt dans mon enfance je me suis attaché au moi (ou plutôt la petite voix qui était toujours là).
Issu d’une double culture, j’ai appris à m’adapter très vite, même si cela sonnait faux et je m’en accommodais.

Depuis quelques jours, j’expérimente le « voir les choses » sans rejet, sans jugement à chaque instant, à chaque fois que j’en prends conscience. C’est un exercice très difficile dans ce sens que la petite voix est devenue beaucoup plus bavarde et omniprésente.
Je m’attendais à une bataille féroce que je ne souhaitais pas avec pertes et fracas contre ce qui quelque part m’a été fidèle et m’a accompagné dans tous mes moments de ma vie.
Et contre toute attente, juste un combat qui dure mais ou je ne vois ni vaincu, ni vainqueur, ni tristesse, ni douleur … seulement beaucoup d’énergies engagées, ce qui se ressent dans tout mon corps : nœuds au ventre, fatigue intérieur … Mais rien d’existentiel.

Tu dis :
« Et cette idée a le droit d'être là, comme l'idée qu'il y a quelque chose à trouver »

Combat ou « jeu de je », cela m’accapare dans ma totalité. Je continu cette exercice avec assiduité même si par moment cela se fait tout seul, en effet quand je fatigue je relâche tout malgré moi mais comme il n’y a pas de coup à recevoir, je me laisse faire puis je reprend le JEU.

A une époque pas très lointaine, j’aurais dis « je commence à m’aimer, à avoir de la compassion pour moi même » mais ce qui découle de mon jeu c’est plutôt « il y a compassion ».

Je continu le jeu et je reviens à toi.

Affectueusement
Souleimane

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Re: Devant la porte avec Souleimane

Postby iprian » Tue Mar 05, 2013 8:37 am

Pousse au bout, tranche avec l'épée de la discrimination. Questionne constamment l'observateur du cinéma qui se déroule en toi : qui constate la petite voix ?, qui répond à la petite voix ?, qui ressent la boule au ventre, ou la compassion ? Où se localise Souleimane ? Remonte fermement à la source, le plus «en arrière» possible. Et en même temps réalise que tout ça ne sont que des idées, qui passent, et il n'y a aucun problème à ça..., juste ne pas les croire. Prends plaisir à cette recherche, prends plaisir à débusquer l'identification, amuse-toi avec Souleimane... La détente est le vestibule du coeur, et le coeur c'est chez toi.

De coeur avec toi, et avec Souleimane.

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Re: Devant la porte avec Souleimane

Postby sulius » Wed Mar 06, 2013 6:03 pm

Bonjour Iprian

Quelques nouvelles de ma partie de jeu avec Souleimane.

Tu dis :

« Questionne constamment l'observateur »
« Remonte fermement à la source »

Dés que les questions sont posées, les pensées disparaissent et donc plus moyen de remonter à la source : il n’y a plus rien.
La fraction de seconde suivante, une autre pensée et ça recommence … pensée/question/pensée… et personne au bout du fil.

Je me sens par moment vidé de mon énergie, une fatigue s’installe. C’est un jeu d’usure.
Ce qui a commencé par une détente se transforme en une obsession.
J’essai de ne pas être dans le vouloir et pourtant j’ai l’impression que c’est le cas.

Il n’y a rien de violent ou douloureux dans que je vis là, mais une énorme dépense d’énergie.

Dois-je insister ou y a-t-il une mauvaise démarche ?

Affectueusement
Souleimane

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Re: Devant la porte avec Souleimane

Postby iprian » Wed Mar 06, 2013 8:26 pm

Dés que les questions sont posées, les pensées disparaissent et donc plus moyen de remonter à la source
Qu'est-ce que tu entends par "les questions" ?
Il n’y a rien de violent ou douloureux dans que je vis là, mais une énorme dépense d’énergie.
S'il y a "énorme dépense d'énergie" c'est qu'il y a conflit quelque part, qui immobilise l'énergie. Une sorte de bras de fer.

Vois si tu ne remplaces pas en fait une pensée par une autre pensée qui prend la forme d'une question. La pensée ne peut pas éliminer la pensée. C'est ce mécanisme qui donne vie au moi, qui n'est qu'une pensée comme une autre. La présence des pensées n'est pas un problème en soi, tu peux leur donner de l'espace, un droit de vie ; juste ne pas les croire. Il y a une forme d'équilibre à trouver entre le laisser-aller des pensées et une distanciation qui te fait ressentir que tu n'es pas dupe. Si tu es débordé par le mécanisme des pensées, et j'y inclus la dynamique pensée-question-pensée, donne-toi des moments où tu autorises complètement le jeu des pensées, où tu l'encourages délibérément. Une autorisation au cinéma intérieur, totale et sans frein. Cela refera circuler l'énergie.

Un partage : dans ma démarche, étant très intellectuel et parasité par la pensée de trouver le moyen de ne plus avoir de pensées..., je me suis fabriqué un mantra qui était : "et alors ?" (en fait, en vérité, c'était "rien à foutre", mais ça ne se dit pas !), que je collais à toute pensée qui s'imposait. Petit à petit, cela a sapé la structure même de la pensée, qui se vidait de sa substance et de son attractivité par la non-adhésion à son contenu.

Chacun sa route. Mais ce qu'il faut saisir, c'est qu'il y ait pensée ou pas ne change strictement rien au regard dans lequel cette présence ou cette absence se déroule. Ce regard inclut toute perception que tu peux avoir, ressenti de présence du moi, ressenti d'absence du moi, pensée ou pas pensée, tout. Y compris la frustration de ne pas pouvoir saisir ce regard, qui n'est pas un objet. S'installer dans ce regard, c'est l'acceptation de ce qui est, dans un éternel immédiat, un présent permanent, une absence de futur continuelle, un "tout-le-temps jamais après". Le moi disparaît dans l'instant, car il faut un futur pour que le moi soit. Et l'instant, c'est ce qui se passe au moment où cela se passe, non-stop. Il y a abandon de l'idée de l'après, une noyade dans ce qui est, immédiatement maintenant. Et ce qui est, c'est tout ce que tu expérimentes : sensations, pensées, émotions, Souleimane, pas Souleimane, tout.
J’essai de ne pas être dans le vouloir
Essayer de ne pas être (quoique ce soit) permet de bien ressentir l'idée du moi. Le moi est fabriqué par le refus. Car le refus crée le temps, donc le futur (où ce qui est refusé sera conforme à mon désir : je ne serai plus dans le vouloir), et donc le moi. Si tu ressens un "vouloir", eh bien veut ! c'est ta vérité du moment, et ce qui compte c'est le moment, quoiqu'il y ait dedans. C'est dans l'adhésion sans réserve à ce qui passe au moment où cela se passe que tu trouveras ta liberté.

Garde à l'esprit que le moi est une pensée, une idée ; non pas une entité, mais un fonctionnement. Et ce fonctionnement n'a pas besoin de disparaître, juste ne pas être cru. On peut appeler ça la garde du coeur...

En amitié et unité, de tout coeur avec toi, avec ou sans Souleimane,
Iprian

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Re: Devant la porte avec Souleimane

Postby sulius » Thu Mar 07, 2013 6:40 am

Bonjour Iprian

Tu me demande:
"Qu'est-ce que tu entends par "les questions" ?"

Et je te cite:
"qui constate la petite voix ?, qui répond à la petite voix ?, qui ressent la boule au ventre, ou la compassion ? Où se localise Souleimane ?"

Quelques reglages s'impose car en effet:
"le moi est une pensée, une idée ; non pas une entité, mais un fonctionnement."

Je crois que j'étais dans le jeu avec une entité et non un fonctionnement.
Je poursuis avec "la garde du coeur..." et reviendrais à toi.

Toute ma gratitude
Souleimane

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Re: Devant la porte avec Souleimane

Postby iprian » Thu Mar 07, 2013 7:16 am

Tôt bonjour, Souleimane

Les questions ne sont pas une élaboration, mais un ressenti. Un peu comme quand tu cherches un mot, tu vois ? Une dynamique.

Oui, le moi est un fonctionnement. Il n'existe que par son fonctionnement. Il disparaît s'il n'est pas alimenté. Et il n'est plus alimenté lorsqu'il n'est pas cru. Juste une pensée, une idée, comme une autre. Ça fait joli dans le paysage..., mais le paysage existe très bien sans lui. Le moi est inutile. Il te donne l'impression d'exister, mais c'est parce que tu existes que tu le perçois. Négligé, il s'inscrit dans le spectacle qui se déroule en toi.

Bonne journée, avec toi

Iprian

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Re: Devant la porte avec Souleimane

Postby sulius » Fri Mar 08, 2013 9:01 pm

Bonsoir Iprian

Je suis toujours là mais je ne sais quoi dire, quoi demander, quelles questions ...
Je suis un peu désorienté mais toujours en mode observation. C'est une autoroute de pensée que je découvre et je suis en plein milieu.

J'ai le sentiment qu'elle a (l'autoroute) toujours existé ... et que je ne m'en rendais pas compte, absorbais par elle.
Beaucoup de "passé/futur" et trés peu de présent.

De petit pas en petit pas, je poursuis l'observation.. et la transformation continue.

Merci pour ta présence à mes côtés
Souleimane


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