C’est ça. Quelque chose qui serait de l’ordre d’un état naturel, notre nature profonde, faite de calme et d’ouverture, qu’on peut percevoir dans certains moment, dans la nature notamment.Je dirais qu'il me semble naturel, que ça coule de source, qu'il y a comme un élan calme (aujourd'hui, car ça n'était pas pareil il y a encore quelques années) et de fond (d'aussi longtemps que je m'en souvienne dans l'enfance), un appel vers quelque chose que je ne sais nommer.
Oui, ça appartient à l’inconnu, c’est donc insaisissable par la pensée qui elle ne peut gérer que le connu. De ce fait, on ne peut y aller parce qu’on ne peut en définir le trajet, on ne peut projeter un but (qui ne pourrait être que faux car projeté depuis le connu).Le fait d'y aller me semble être une d'une certaine façon une tension et une contrainte vers quelque chose que je n'arrive pas à saisir.
Mais en fait, on n’y va pas.
C’est déjà là, comme en arrière-plan (et ce n’est pas un état. Les états vont et viennent. C’est au-delà, dans une sorte d’espace toujours présent en arrière-plan dans lequel les états apparaissent et disparaissent).
C’est juste masqué par un ensemble de croyances, d’identifications, d’affects, de pensées qui font une sorte de bruit de fond et qui en voilent la présence.
Bah non, en quoi ? Tu as raison, tout ça est informatif et significatif pour moi…Pardon, je me suis égaré toutefois je préfère te l'écrire quand même.
C’est quoi le mental pour toi ? De quelle façon intervient-il ? (Essaie de répondre depuis une observation réelle, pas une idée à propos du réel). En quoi quand il est concerné il tient à distance « l’évidence » ?C'est lorsque le mental n'est pas concerné je dirais.
Précise-moi ce mécanisme stp. Pensée -> histoires, attachementJe dirais que c'est une illusion tenace ! Effectivement il y a des pensées qui arrivent et parfois (souvent) des histoires qui se créent et auxquelles il y a un attachement.
Qu’entends-tu par attachement à des histoires ? Comment décrirais-tu le mécanisme ?
Tu me parles du corps, et on a vu que ce corps est un objet de perception, comme les autres objets, qu’il a constamment changé. Même les habitudes ont constamment changé… Chez moi, depuis l’enfance les préférences alimentaires ont constamment changé…Et puis cette voix, cette odeur corporelle, ces mains et ces pieds, ce rythme de marche, cette démarche et ce goût vestimentaire, ces habitudes et ces préférences musicales, alimentaires... J'agglomère tout ça en l'idée d'un "moi".
Et serais-tu moins « je suis » si tu perdais un bras ?
Une certaine persistance de la mémoire crée une illusion de continuité, mais il y a plutôt une réorganisation constante à chaque instant selon les circonstances. À un moment tu es le père de tel enfant, à un autre moment le père de l’autre parce que la relation est différente. À un moment tu es avec les adhérents des assos et c’est un nouveau Jérémy.
Le « je suis » de fond lui, est toujours là, inchangé derrière le ballet des identités.
L’idée d’un moi. Précisément…Effectivement il semble qu'il ne s'oppose qu'à une autre idée qui serait de dire qu'il n'a rien à faire là. Or il n'y a pas à en vouloir à l'idée d'un moi.
Sans recours à la pensée et à la mémoire, y a-t-il un moi ? Ou bien ce que tu agglomères pour faire un moi n’est en fait qu’un ensemble de perceptions mémorisées, cristallisées dans une forme sur laquelle tu mets l’étiquette « moi », mais qui en fait n’est en rien une constante. Juste une succession d’images, perceptions mémorisées…
Et du coup Van Damme faisant le grand écart est toujours là ? L’image traduit-elle quelque chose de réel…
Thierry

