Voici les "questions finales » :
Si tu sens que le temps est arrivé pour toi d'y répondre, lance-toi !
1) Existe-t-il une entité séparée « moi », ou «je », ou encore « moi-je » où que ce soit, de quelque forme que ce soit ?
Non, bien sûr que non.
C’est une création mentale, un conte auquel nous avons appris à croire. Utile en société pour interagir mais n’ayant pas d’existence.
Nous avons appris à croire en l’existence d’un invariant doté de caractéristiques et d’une identité définie. Il n’y a pas d’invariant, tout est mouvement, changement. C’est comme prendre une photo de quelqu’un en mouvement pour en avoir une image immobile et dire, c’est lui. Mais à l’instant même ou la photo est prise ce n’était déjà plus ça car le mouvement est permanent. Il n’existe pas de « moi-je », c’est un concept, une idée, un ensemble de pensées qui n’ont pas d’existence réelle.
2) Explique en détail ce qu'est l'illusion de l'entité séparée, quand est-ce qu'elle commence, et comment elle fonctionne, à partir de ta propre expérience, telle qu'elle est ici et maintenant.
Peut-être déjà chez le petit enfant. Il voit la maman toucher sa couverture, puis sa main. Quand elle touche la couverture il n’a pas de sensation, quand elle touche sa main il éprouve la caresse. Peut-être est-ce le début d’une identification au corps, d’une élaboration des limites entre le corps et le reste du monde. Puis il pleure et maman vient, jusque-là, tout est bien. Enfin il a beau pleurer et elle ne vient pas, il se positionne alors en sujet et la maman devient l’objet sur lequel il ne peut (ou il peut) agir, il éprouve une forme de détresse, de manque, de solitude donc d’individuation.
Ensuite il apprendra son nom, il s’identifiera à lui. Ses parents constateront ses goûts alimentaires, il deviendra celui qui aime ceci, qui n’aime pas cela. « Il a son caractère », il s’identifiera à la fierté de ses parents qui l’encouragent à se définir ainsi et pas autrement. Le conditionnement est en train de s’établir.
Et puis il ressemblera à celui-ci, il sera bien le digne héritier du caractère de celle-là, il s’inscrira dans une famille, dans des liens, dans une histoire.
« Comment elle fonctionne, à partir de ta propre expérience, telle qu'elle est ici et maintenant. »
Elle fonctionne par la croyance en une entité séparée. La croyance en un « contrôle » de sa vie. C’est s’imaginer être le décideur des évènements qui se déroulent dans la vie. Cela génère des hauts et des bas, « je suis formidable » ; « je suis minable », « si j’avais fait autrement » « c’est ma faute » « c’est à cause de lui, ou de ceci ou de cela » etc. Cela génère de la culpabilité et une vision d’un monde virtuel idéal où le choses devraient être ainsi, ou ne devraient pas être ainsi. Cette tension permanente entre les choses telles qu’elles sont, et telles qu’elles devraient être génère beaucoup de souffrances, d’inconfort, d’insatisfactions.
3) Qu'est-ce que tu ressens en voyant cela ? Quelle est la différence par rapport à ce que tu vivais avant de commencer ce dialogue ?
Raconte un peu de ton vécu de ces derniers jours.
Ce corps est observé en train d’agir.
Il sait ce qu’il faut faire, il n’a besoin de personne pour lui dire quoi faire et comment le faire, c’est une évidence.
Il fait ce qu’il y a à faire, il dit ce qu’il y a à dire.
Il n’y a vraiment personne. Juste cela agit, cela fait. Et c’est observé.
Tout devient facile, tout roule facilement sans efforts.
Le sentiment que la conscience des choses est en prise directe avec la réalité, sans intermédiaire, comme si on avait enlevé la protection en plastique à notre perception des choses.
Par moment un sentiment de joie et de calme. « Je » me consacre maintenant à être ok avec ce qui se présente. Quand la joie est là c’est ok, quand elle n’est pas là c’est ok, c’est ainsi que sont les choses sur lesquelles personne n’a aucune prise. Du conflit nait la souffrance, les choses sont exactement ce qu’elles doivent être, et tout est bien ainsi.
"Je" continue à me comporter, à communiquer comme s’il y avait un « je », mais sans y accorder de crédibilité, parce que c’est vu, et que l’on ne peut pas faire comme si cela n’avait pas été vu.
C’est finalement beaucoup plus simple et naturel que la « perception de sa propre nature » romantisée dans certains écrits anciens.
3) Quel a été le déclic qui t'a fait basculer, qui t'a fait voir cela ?
Il y en a eu plusieurs.
D’abord la constatation que nous n’avons accès qu’à des sensations. Et la nécessité de « ne pas croire un mot » des pensées ont commencé à ébranler la structure mentale faite d’habitudes de pensées.
Enfin le dernier « coup d’épaule » :
« PAS DE "TOI".
REGARDE. EST-CE VRAI ? »
5) Est-ce toi qui décides, as des intentions, choisis, contrôles les événements de la vie ? Es-tu à l'origine de ce qui arrive ?
Non, bien sûr que non.
Les décisions, les intentions, les choix, le contrôle sont juste des pensées. Il n’y a rien de tout ça, si ce n’est un cirque de pensées les unes sur les autres, les unes contradictoires aux autres.
Il arrive ce qu’il doit arriver, la vie n’est pas un jeu informatique interactif que l’on joue bien où mal, ce serait plutôt comme assister au déroulement d’un film dont nous ne connaissons pas les péripéties à l’avance et dont nous savons pertinemment qu’il n’y a personne pour écrire le scénario.
6) Quelque chose à ajouter ?
Merci à Yas, mon guide, et merci à tous ceux qui participent à cette magnifique entreprise de Libération Unleashed, qui donnent généreusement de leur temps aux gens qui veulent accéder à la réalité. C’est une très belle initiative et une grande chance que cela existe.