Bonjour Olivier,
Je vais séparer ma réponse en deux.
Maintenant je répond à certains points qui ne nécessitent pas le tapis.
Et puis, ensuite, j'irais sur le tapis.
Ce qui sera l'occasion d'une deuxième vague de réponse.
Est-ce différent entre "le non contrôle de la manière dont les choses se déroulent" et "cela se déroule tout seul" ?
Pas du tout. Aucune différence.
Ce que je voulait dire, c'est que les choses se déroulent bien en fonction de quelque autres choses (donc pas véritablement "toute seule"), même si ce n'est pas dans mon contrôle ou ni même de ma conscience.
Je te propose un petit exercice : Tu vas me raconter ce que tu perçois précisément lorsque tu tapes sur le clavier une réponse à une de mes questions.
Tu vas écrire une phrase avec le clavier puis tu me raconte ce que tu perçois en détail. Tu peux "ralentir" jusqu’à te concentrer sur le mouvement du doigt qui vient frapper une touche. Que perçois-tu dans l'expérience directe SANS faire appel aux pensées ? As tu décidé que le doigt frappe cette touche ou perçois-tu le contact du doigt sur la touche et la lettre qui apparaît sur l’écran, le toucher des coudes sur le bureau, les pieds au sol, perçois tu une décision ou fais tu un constat après coup ? regarde bien sans faire appel aux pensées que vois tu ?
D'abord, pour répondre à ta question, je la lis.
Je vois l'écran.
Je déchiffre.
Je comprend les mots que tu écrits.
Je me dis que c'est une bonne idée.
Je me met à écrire la réponse.
Jusque là, j'ai essentiellement fait appel aux pensées, même si j'ai déjà clipoté sur le clavier.
Si je ne fais appel à aucune pensée, il ne se passe rien.
Je n'ai pas besoin de te répondre.
Mon bras ne va jusqu'au clavier pour te répondre que pour te répondre.
Il y a donc bien une pensée qui me dis : "Répondre", qui initie le mouvement des mes bras, mains, doigts, yeux, ...
Sinon mes bras restent là, sur la table, avec ma main, mes doigts, les yeux fermés.
Il n'y a aucune volonté naturelle spontanée pour répondre à ta question.
Quand même, à un moment, mes bras, mains, doigts se mettent en mouvement pour te répondre.
Ou ne pas te répondre.
Ca peut durer assez longtemps de ne pas te répondre.
Pourquoi, à un moment, je te répond ?
Tu m'as posé une question, je l'ai lue, interprétée, et elle me fait agir à te répondre (plutôt qu'à aller acheter un jet-ski, ou téléphoner à un ami pour aller au cinéma).
Qu'est ce qui a décidé que je devais te répondre ? Ou ne pas te répondre.
Le fait que tu aies posé la question.
J'ai bu trop de thé.
Pause.
Qui décide ?
Ma vessie, une sensation qui me dit : "Stop avant innondation"
Je reviens.
Il fait froid.
Je met une couverture sur les épaules.
Je vais ralentir et pianoter la réponse.
Je vois la touche "L".
Mon doigt se dirige toute seule vers la touche "L".
L. Sais pas pourquoi j'ai mis une majuscule.
Mon doigt frôle la touche "Enter". J'appuie sans m'en rendre compte.
Ma joue me gratte. Ma main se lève. Je me suis frotté la joue du bout d'un doigt. Je ne sais pas lequel.
Je me "force" à répondre.
Instantanément, ayant vu la touche, je n'ai absolument rien à faire, rien à décider pour que le doigt aille à la touche et tape sur la touche.
Ce qui se passe dans la réalité, au moment même ou cela se passe, n'est pas le résultat de ma pensée.
Je ne décide pas non plus du mouvement de mon doigt et de mon bras si je ne tape pas sur la touche.
Croisant les bras sur la table, je ne décide en rien de la manière dont se mettent les doigts. Ils se mettent.
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Ce que mes doigts ont écrit, sans pensée.
La chaleur des touches.
Le résistance à l'enfoncement des touches.
La touche qui cède soudain et qui s'enfonce.
Les lettres qui apparaissent sur l'écran
Le froid sur les mains.
Le talon sur une tongue.
la chaleur de l'ordinateur sous la paume de la main
Un cheveu qui me démange.
Mes mains qui s'arrêtent.
Qui recommencent.
Aucune pensée pour effectivement écrire "Qui recommencent".
Je prend un stylo pour écrire sur un bout de papier.
Aucune pensée pour formée les lettres.
J'écris "stylo" à la main.
Ma main n'a besoin d'aucune pensée pour effectivement écrire "stylo".
Elle écrit "stylo".
Elle peut s'exprimer librement, non "contrôlée" par la pensée.
Je ne peux pas "penser au tapis". Je ne sais pas penser le tapis tel qu'il est vraiment. La pensée ne fait qu'imaginer le concept de tapis que j'ai moi-même créé. Par la pensée, je crée à la fois le tapis pensé et le "moi" pensé, qui tout deux n'existe pas réellement ! J'ai donc créé "l'histoire du tapis". Je n'ai aucun moyen, par exemple, de connaitre par la pensée la réalité de l'enveloppe extérieure du tapis, que j'ai imaginé comme étant "le tapis". Il me faudrait pour cela corréler le tapis "pensé" avec la réalité, sentir et percevoir cette enveloppe. Ce qui ajusterais "l'histoire du tapis" avec la "réalité du tapis" mais qui reste cependant une "histoire ajustée". Je ne pourrais jamais penser "la vraie histoire du tapis", qui sera toujours différente de la réalité, même si je l'ajuste constamment. Pour appréhender le tapis tel qu'il est, je ne peux que l'accepter tel qu'il est, sans le simplifier par une pensée qui ne le voit jamais tel qu'il est.
Reviens à l'expérience directe encore et encore qu'est-ce qui est de l'ordre de la perception des sens ? qu'est-ce qui de l'ordre de la pensée ? Regarde ce que tu as écris et décompose le texte pour distinguer les deux (perçu avec les sens et perçu par la pensée)
La seule perception des sens dans ce que j'ai écrit est le fait que je reconnais le pensée "pensée du tapis".
L'habitude de ce qui est "surajouté" par la pensée. Prenons un exemple : lorsque tu manges quelques chose que se passe-t-il, il y a la perception du goût : c'est doux, dur, acide, etc ... puis il y a "c'est bon", "c'est mauvais", "c'est sucré", "c'est salé" ... etc. La perception du goût te dit-elle "c'est bon" ou "c'est mauvais", fait l'expérience ?
Mise en pratique de haute voltige.
Avec de la pâte de coing faite maison (pensées poids-lourds, donc !)
D'abord la vue, la couleur le grain, le brillant, puis le son (quand je coupe) et le le toucher, la résistance et le moelleux de la pâte en coupant un morceaux à la fourchette, puis en la piquant, le poids, puis l'odeur, (parfois une pensée arrive - bien cuite - mieux que la dernière fois - moulinée c'est bien - demander à maman de ne pas trop la sécher au four - me voir en train de tourner la pâte à la cuisine - désolé d'avoir fondu la tête du mixeur de maman), le toucher à nouveau, la texture, la résistance sous la langue, les morceaux sur les dents, le sucre qui se colle au palais, les grains, puis le goût, acidulé, sucré, et par le nez de nouveau, le parfum, le toucher quand la pâte se dissoud et descend dans la gorge, le goût et le parfum qui restent là, les derniers morceaux (Ah pensée : accompagné d'une tasse de thé - j'y vais ). En restant sur les sensations, absolument rien ne dit: "c'est bon" ou "c'est mauvais".
Avec le thé, idem. Viens s'ajouter une certaine âcreté, le côté liquide. Et, surtout, la chaleur, avec laquelle apparait un signal: "ça brûle". Le début d'une pensée (je ne veux pas me brûler, et me faire du mal, => Attention, danger ! => STOP boire, laisser refroidir !)
Allez hop !
Pause "tapis"
A tout à l'heure,
Frédéric