Si je comprends bien il y a une sorte de détachement avec la peur ?Quand je m'assois et que je pense à cette peur, je ne ressens pas le sentiment de peur, je la vois effectivement comme un arbre.
Du point de vue d’un moi séparé cette affirmation a du sens mais du point de vue de l’absence d’un moi, elle n’en a pas. La peur n’a pas le pouvoir de saisir un ‘je’ car il n’y a pas de ‘je, à saisir. Il faut aussi faire une distinction entre la peur psychologique (celle dont il est question ici) et la peur instinctive qui est un mouvement de la vie qui aime la vie.Peut-être est-ce parce que c'est délibéré, parce que j'y pense. Le propre de la peur n'est-il pas de nous surprendre, de nous saisir sans qu'on s'y attende ?
Alors la question qui se pose est : dirais-tu que tu es la pensée ou tu es ce qui perçoit la pensée, ce qui ‘expérimente’ la pensée ? De la même manière, dirais-tu que tu es la peur ou tu es ce qui perçoit la peur ?Oui clairement quand je m'assois et que j'observe…Une pensée peut-elle être entendue de la même manière que le chant des oiseaux est entendu?
Qu’est-ce que ce ‘ICI’ ? Qu’est-ce que c’est ? Tu comprends que je ne parle pas d’un endroit dans l’espace puisque que ce ICI est toujours ICI. Où est le 'je' là dedans?Clairement aussi. C'est l'unique endroit, ni passé, ni futur…Est-ce que tout n'est pas expérimenté à la même place? Ici!
Oui, il y a une détente qui s’installe.Mes épaules se relâchent, mon corps se détend. Le calme s'installe.Que se passe-t-il si tu laisses l'expérience être comme elle est?...
J’aime bien comparer le ‘je’ à une contraction. Imagine toi un instant que tu serres le poing et que tu le garde fermé pendant 20 ans. Tu comprends qu’à un certain moment cela te semblera tout à fait normal et naturel. Par contre il s’agit bel et bien d’une contraction. Donc quand tu cesses de serrer le poing et commence à le desserrer, il se peut que tu le ressentes comme un effort mais en réalité ce n’est pas un, c’est une cessation ou une absence d’effort. Tu cesses de serrer le poing et alors il reprend tranquillement sa forme naturelle. C’est ce que je veux dire ici. Ne pas intervenir n’est pas quelque chose que tu fais, c’est quelque chose que tu cesses de faire. C’est plutôt dans le lâcher prise, le laisser être. Que se passe-t-il si tu laisses l'expérience être comme elle est? Et ce, sans chercher à comprendre.Si je prolonge cette expérience je sens comme une impatience dans le corps: ça bouge ou plutôt tente de bouger mais je le contrôle pour continuer l'expérience. Et puis comme le but est de de ne pas intervenir et de laisser les choses aller je laisse faire et l'expérience cesse :)
Pour revenir à ta réponse, l’impatience n’est pas une défectuosité…elle fait partie de l’expérience et elle n’est pas à contrôler.
Dans ton expérience, est-ce qu’une expérience permanente ça existe ? Nous ne sommes pas à la recherche d’un état, d’une expérience. Nous sommes à la recherche d’une vision claire du comment sont les choses, du qu’est-ce que le ‘je’.Hier, je pratiquais l'exercice en marchant dans la rue….Puis je me suis aperçu que je n'avais plus de pensées. Je me sentais bien, solide, centré, avec seulement quelques idées, sensations en périphérie... je me suis assis avant le cours de yoga je me sentais profondément ancré, calme avec seulement cette étincelle de joie…Puis la sensation à disparu durant la pratique. J'essaie de ne pas trop m'y attacher même si j'ai la tentation de vouloir retrouver cette sensation.
À plus
Daniel

