Cette impression ne vient pas naturellement; je dois y penser. Et ça me demande une grosse concentration pour essayer de rester avec...
Peux-tu décrire avec plus de détails cette impression ? Comment l'invoques-tu ?
(J'ai vu le film dont tu parles, mais n'en ai qu'un souvenir confus)
Et c'est là que je préfèrerais me remettre en mode "auto".
Aller vers plus de conscience est tout sauf confortable. Parfois, ça peut ressembler à la traversée d'un fourré de ronces, mais ces ronces, ce sont ta propre production, et il n'y a aucun moyen de les contourner si tu veux un jour pouvoir t'élever au dessus. Abandonner l'illusion de l'ego revient à abandonner l'illusoire confort du mental. Car même si en apparence, le mode «auto» est plus agréable, le fait même de chercher à en sortir prouve, si besoin est, qu'il n'est ultimement pas satisfaisant.
Ce qui me perd aussi un peu, c'est cette hypothèse que le "moi/je" n'existe pas alors que quelque chose (ou rien?) est bien inquiet de l'évolution des symptômes, quelque chose me transporte dans l'imaginaire et je ne ressens plus le vent sur mon visage
L'idée d'être un «moi-je» qui ne contrôle rien te parait-elle séduisante ? Car enfin, si tu observes bien, crois-tu avoir le moindre pouvoir sur ce qui se produit ? Peux-tu décider de ne pas être inquiet ? Peux-tu décider de ne pas te laisser embarquer dans l'histoire que te racontes tes pensées ? Le seul pouvoir que tu as réellement, c'est le pouvoir d'attention à ce qui est. Tu ne peux pas contrôler tes inquiétudes, mais tu peux les observer, voir comment tu fonctionnes à tout instant. Ça, tu peux le faire ! Être impitoyable avec tes croyances, c'est simplement les voir pour ce qu'elles sont, des pensées, suivies ou non d'émotions. Quant à démasquer la prise de contrôle du mental, c'est en revenant à toi-même, à ton environnement immédiat, à tes perceptions sensibles, ici et maintenant, que tu échappes pour un instant à ce brouhaha de pensées qui tournent sans cesse, ce qu'Eckhart Tolle appelle «le petit homme dans la tête qui parle tout le temps.» Mais comme ce n'est pas une façon de fonctionner à laquelle nous sommes habitués, il faut donc s'entrainer, et chaque instant de la vie quotidienne est une opportunité pour cela...
Bien à toi
Michel

