Pour en finir avec je

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Pour en finir avec je

Postby NALF » Mon May 07, 2012 11:00 am

Bonjour,

J'ai eu le temps de lire plusieurs messages et je suis surpris de voir la rapidité et la facilité de certaines personnes à réaliser leur vrai nature. Je me penche pourtant sur la question depuis 3 ans sans résultat! Oh oui j'ai vécu nombres d'expériences mystiques mais rien de permanent... :(

Je suis dans le yoga jusqu'au cou. Ces temps-ci j'ai l'impression qu'aucun yoga, aucune méditation ne pourra m'amener vers cet Absolu, cette vérité tant recherchée. Je n'ai plus le goût de grand chose, tout me semble insignifiant. Je me demande même si toute cette quête est vaine, si je suis fou, si je suis dans l'illusion de l'illusion... Je cherche un sens à ma vie, je suis désespéré, etc, etc....

Joyeux comme intro hein? Je suis ici dans l'espoir d'une quelconque libération de ma "misérable" condition.
Merci de me montrer le chemin que "je" en finisse! ;)

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Re: Pour en finir avec je

Postby NALF » Mon May 07, 2012 11:01 am

Ah oui et on m'appelle Jean-Etienne...

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Re: Pour en finir avec je

Postby GG1 » Mon May 07, 2012 1:00 pm

Bonjour Jean-Etienne,

Merci pour ton post et sa franchise qui me va droit au cœur.

Si tu me le permets, je vais commencer par te poser quelques questions :
Et si rien ne pouvait te conduire là où tu désires aller ?
Et s’il n’y avait rien à atteindre ?
Tu veux en finir avec ta « misérable condition ». Rien que de très normal ! Mais de quoi est-elle faite exactement ?
Que crois-tu qu’est « l’Absolu, cette vérité tant recherchée » et que crois-tu qu’il va t’apporter ?

De tout cœur
Gérard
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Re: Pour en finir avec je

Postby NALF » Mon May 07, 2012 4:36 pm

Salut Gérard,
Content que tu t'occupes de mon cas! Surtout ne te gêne pas pour me brasser! :)
Que crois-tu qu’est « l’Absolu, cette vérité tant recherchée » et que crois-tu qu’il va t’apporter ?
L'Absolu, Brahman, le Soi, la Joie, l'Éternité, etc, etc. Le but ultime de tout yogi étant, selon Hatha Yoga Pradipika, de "mettre fin de manière définitive et radicale aux souffrances terrestres sous toutes ses formes". Pas une mince affaire! ;)
J'ai vécu une fois une sorte d'expérience d'unité qui me laisse croire que tout cela est vrai. Mais, ayant lu des tonnes de livres et suivant actuellement un "teacher training" avec un maître yogi (je fais une indigestion de théorie...et de yoga!), je sais très bien que dès qu'il y a sujet, objet, observation, enfin dès qu'il y a quelconque sentiment de "moi", je n'y suis pas. Enfin pour répondre à ta question en peu de mot (pas facile!) je dirais que je crois que cela va m'apporter la paix et la liberté. (en même temps je sais qu'il n'y aura plus de "je" pour en "profiter", pour le constater...argggg! C'est à s'arracher les cheveux!)
Et si rien ne pouvait te conduire là où tu désires aller ?
On dirait que je n'y crois pas. Le yoga, ce qu'ont écrit les sages, ne serait qu'une imposture? J'ai souvent l'impression qu'on joue avec les mots mais au final, petit "je" doit "faire" quelconque action, ne serait-ce que de lâcher prise, ce qui est paradoxal oui. (Argggg! Encore les cheveux!)
Et s’il n’y avait rien à atteindre ?
Il me semble que c'est contradictoire à tout ce que j'ai lu, à toute la théorie du yoga! Même mon maître yogi commence à me répéter cela! Une minute elle nous parle de bonheur inconditionnel, l'autre minute elle nous dit qu'il n'y a rien à atteindre! Ça m'énerve royallement si tu veux savoir! ;)
Tu veux en finir avec ta « misérable condition ». Rien que de très normal ! Mais de quoi est-elle faite exactement ?
J'ai vécu tant d'expériences mystiques, j'ai lu, j'ai "vu" que toute ma vie n'était qu'une illusion. Malgré tout, les expériences passent, ne dure pas, j'en ressort relativement inchangé. Conscient de l'illusion mais pas encore libéré, tout me semble tellement insignifiant, futile, sans intérêt. Après l'extase, la déprime! En plus ces derniers temps, je perds la foi, comme si je ne croyais plus à toutes ces promesses de libération. Mais que me reste-t-il si je n'ai même plus ce "but"? C'était le centre de ma vie, ma raison de vivre. Désespéré, j'ai parfois peur de ce que je pourrais faire...
C'est cela ma misérable condition. Ah mais vu de l'extérieur tout paraît super bien hein! Je suis en superbe forme, j'ai du succès en affaire, avec les femmes, etc.

Voilà. Merci encore de ton aide, de ton temps.

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Re: Pour en finir avec je

Postby NALF » Mon May 07, 2012 4:40 pm

Il y a 2 semaines j'étais devant le miroir et j'ai vu un inconnu devant moi, ce n'était plus moi. J'ai senti un IMMENSE sentiment de LÉGÈRETÉ, comme si je mourrais. C'était tellement beau que j'en ai pleuré. Après l'extase, la déprime.

Puisse nos échanges me faire retrouver ma liberté. Amen.

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Re: Pour en finir avec je

Postby GG1 » Mon May 07, 2012 10:22 pm

Bonjour Jean-Etienne,

D’une façon générale, je vais te demander d’oublier tout ce que tu as appris et aussi de répondre aux questions à partir de ton vécu, de ton expérience personnelle. Que ce que l’on t’a dit soit vrai ou faux importe peu. Le plus souvent cela ne peut pas t’aider tant que tu n’en as pas le vécu intérieur. Et cela ne peut pas non plus nous aider ici.

En te lisant, je crois remarquer une certaine confusion « à s’arracher les cheveux », comme tu dis. Un jour, tout cela te fera rire ;-).
Mais aujourd’hui, peux-tu simplement constater qu’il y a confusion et l’accueillir ? « Oui, il y a confusion ; je ne sais pas, je ne comprends pas, je me sens impuissant… Oui, c’est bien ainsi que cela est ; c’est bien là que j’en suis. » Mets tes propres mots, bien sûr. Ceux que je pose là sont seulement là pour te dire que c’est habituel et tout à fait normal de passer par là. Tu peux te détendre Jean-Etienne, tu ne fais rien « de travers ».

J’ai en effet aussi le sentiment d’une grande tension en toi. Comment finirais-tu la phrase : « je veux que… » ?

Et d’une incompréhension. Comment finirais-tu la phrase : « je ne comprends pas… » ?

Et puis j’aimerais savoir, qu’est-ce qui te fait passer de l’extase à la déprime après une expérience de non soi ou mystique ? Quel est le processus, les pensées, « l’histoire » que tu te racontes ? D’où provient l’insatisfaction qui génère la déprime ? Regarde cela d’aussi près que possible, veux-tu ?

Enfin, oui, réponds à ta question : Que te reste-t-il si tu n’as plus ce but (l’éveil, l’absolu, la libération) ? Que reste-t-il ?

Et s'il te plait, appuie toi sur l'IMMENSE sentiment de LEGERETE plus que sur la déprime ;-)

De tout cœur, en Namasté
Gérard
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Re: Pour en finir avec je

Postby NALF » Tue May 08, 2012 10:14 pm

J'ai pensé à ce que tu as écris, ok pour oublier ce que j'ai appris. J'aime beaucoup tes questions.
Comment finirais-tu la phrase : « je veux que… » ?
Je veux que la souffrance prenne fin.
Comment finirais-tu la phrase : « je ne comprends pas… » ?
Je ne comprends pas le but de ma vie, de la vie.
Et puis j’aimerais savoir, qu’est-ce qui te fait passer de l’extase à la déprime après une expérience de non soi ou mystique ? Quel est le processus, les pensées, « l’histoire » que tu te racontes ? D’où provient l’insatisfaction qui génère la déprime ? Regarde cela d’aussi près que possible, veux-tu ?
Je pense que le processus est le suivant: Je vis une expérience transcendante, de retour dans mon état de conscience "normal" je suis déçu que ça prenne fin, j'essaie de reproduire bien sûr mais ça ne fonctionne pas souvent. Quelque chose en moi aimerait se reposer à tout jamais dans cet état/transcendance et oublier tous les soucis de la vie. Enfin je me mets à penser au fait que je n'ai aucun but (ce qui me déprime le plus), à mes obligations insignifiantes, au quotidien, etc, et ça me déprime.
Que te reste-t-il si tu n’as plus ce but (l’éveil, l’absolu, la libération) ? Que reste-t-il ?
J'ai réfléchi longuement à la question et je me rends compte qu'en réalité ça ne change rien. Cette Libération n'étant qu'un scénario de mon mental. Un scénario que mon mental espère réel. Si ce but/ce scnario n'existe pas mon mental va en trouver un autre un jour ou l'autre. En fait c'est un peu déjà enclenché depuis que j'ai "perdu la foi". J'ai l'impression que mon mental attend une bonne occasion, un plan plausible vers un but quelconque qui m'apporterait une bonne et belle raison de vivre. C'est étrange ce besoin capital d'avoir un but pour être heureux. Dans les faits, but ou pas, les oiseaux chantent, la terre est ronde, le soleil brille...
C'est la première fois que je remets en question l'idée même d'avoir un but. Mon mental panique à évoquer cette idée! Pas juste le mental, le corps aussi, palpitations, chaleur. Wow, intéressant!

Donc que me reste-t-il si je n'ai pas ce but? Je dirais tout ce qui se passe dans le présent, tout ce que j'avais avant en fait.

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Re: Pour en finir avec je

Postby GG1 » Wed May 09, 2012 7:24 am

Gérard

Bravo Jean-Etienne !

Voilà des réponses claires, pleines de sincérité et de ce regard qui permet de mettre fin à l’illusion d’un moi, séparé et souffrant ☺
Oui, ça peut donner des palpitations ;-)

Relis tes réponses si tu le veux bien, et tu constateras une première chose : les pensées sont ta seule torture. Autrement dit, ta souffrance est uniquement liée à des pensées, au « mental ».

Je te propose d’imaginer que tu ne puisses pas penser « Sans but, la vie n’a pas de sens, pas d’intérêt », ou quelque chose du même genre (choisis tes mots).
Que se passe-t-il ? Comment te sens-tu alors ?

Fais de même avec tout le reste. Si tu ne pouvais pas penser « je veux que la souffrance prenne fin » ou « je ne comprends pas… et je devrais/voudrais comprendre ». Si tu cessais d’essayer de reproduire (c’est impossible au passage ! Le passé est passé et manger une autre pomme ne reproduira pas l’expérience précédente) dans le but de « trouver le repos éternel » ?
Etc.
Dans tous les cas, constate qu’il y a refus. Refus de ce qui arrive à la seconde précise. Parfois même, refus du refus ;-). Le refus est aussi une pensée : « ça devrait être autrement ».

Puis imagine que tu aies ces pensées, mais que tu n’y crois pas. Ce sont simplement des pensées qui passent. Personne ne s’y accroche plus.
Que se passe-t-il ? Comment te sens-tu alors ?

Ce ne sont que des pensées, vois-tu, et tu les laisses gouverner ta vie !

Peux-tu le constater ?
Peux-tu de même constater que tout ce que tu vis, penses, ressens, éprouve, etc. peut être constaté ? Et cela qui constate, est-il affecté par ce qui est constaté ?

Et si c’était beaucoup plus simple que ce que l’on croit ? Et si tout était déjà là mais, comme l’écran de cinéma, oublié tant l’on est captivé par les images ?
Être captivé par les images équivaut à croire aux pensées ; regarder les images pour ce qu’elles sont équivaut à regarder les pensées pour ce qu’elles sont, de simples pensées. Nous avons aussi tendance à croire que la vie sera bien morne si l’on ne croit plus à ces pensées, tout comme un film devient inintéressant si l’on ne « rentre » pas dans « l’histoire » du film. A toi de vérifier si c’est vrai ;-)
As-tu besoin de croire aux « histoires » que perçoit ou invente le mental pour être heureux ? Sans oublier de tenir compte du prix que le payes (la souffrance) ! Que se passe-t-il, que ressens-tu si tu restes conscient du fait que les pensées sont des « histoires » ? L’histoire de « moi » ;-) La vie devient-elle ennuyeuse ? Sinon quoi d’autre ?

Voici une histoire à laquelle tu crois, que je caricature, volontairement. A toi de mettre les mots justes : Tu penses que tu dois faire certaines choses pour atteindre l’Absolu, la Libération, et alors, enfin, tu pourras te reposer, reposer au sein d’un océan de béatitude. Alors, tout sentiment, expérience positive atteinte grâce à ces choses faites dans le but de… (atteindre l’éveil) crée une satisfaction : je suis sur le bon chemin, je vais y arriver ! Et toute cessation desdites expériences te renvoie à un sentiment d’impuissance, d’insuffisance ou je ne sois quoi d’autre et s’accompagne de déprime : je n’y arriverai jamais !
Et tu passes ainsi de la joie à la dépression. La roue du samsara. Ca donne un intérêt et du sens à la vie : je suis un chercheur ! Ou quelque chose du même genre.

Tu le dis très bien : si tu lâches une histoire, ton mental va en créer une autre très vite. C’est sa fonction ! Comme c’est celle du corps de ressentir et de percevoir. Impossible que cela s’arrête ! Mais il y a deux bonnes nouvelles : 1. C’est NORMAL 2. Tu n’es pas ton mental et tu n’as pas à te soumettre à ces histoires ☺

Alors si tu ne croyais à aucune de ces pensées ? Ne serais-tu pas simplement plus tranquille ?
Si tu laissais toute histoire de côté, que ressentirais-tu ? De quoi serait faite ta vie ?
Et cela qui constate cette histoire ?

Puis répond à cette question si tu veux bien :
Qu’est-ce qui apparaît en toi si je te dis qu’il n’y a pas et qu’il n’y a jamais eu de « moi », qu’il n’y a pas et qu’il n’y a jamais eu d’entité séparée ?

A la joie de te lire ;-)
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Re: Pour en finir avec je

Postby NALF » Fri May 11, 2012 1:52 am

Bonsoir!
Puis imagine que tu aies ces pensées, mais que tu n’y crois pas. Ce sont simplement des pensées qui passent. Personne ne s’y accroche plus.
Que se passe-t-il ? Comment te sens-tu alors ?
Ce ne sont que des pensées, vois-tu, et tu les laisses gouverner ta vie !
Depuis que j'ai réalisé qu'il n'y avait pas à avoir de but, que c'était le jeu du mental, l'agoisse a fait place à une certaine paix. Quand je surprends le mental à angoisser avec l'avenir ou tout autre obligation futur, je me dis "lie lie lie". C'est ma petite phrase pour en finir avec le jeu du mental. Ça marche, aussitôt dis, aussitôt l'angoisse fait place à la paix, au moment présent. Sans tambour ni trompette mais au moins ce n'est pas la déprime.
Peux-tu le constater ?
Peux-tu de même constater que tout ce que tu vis, penses, ressens, éprouve, etc. peut être constaté ? Et cela qui constate, est-il affecté par ce qui est constaté ?
Je suis en mesure de constater que je me laissais entrainer dans des histoires qui ne sont que fabulations du mental. Je constatce aussi que la pensée précède l'émotion. Par exemple ce soir je me suis mis à penser à lundi soir prochain où j'aurai un cours de yoga à donner, tout de suite le stress est apparu. Et puis je me suis dis la phrase magique "lie lie lie". J'ai court-circuité le mental. Je réalise que si je suis en mesure de faire ce processus à CHAQUE fois jusqu'à lundi soir par exemple, il n'y aura plus de stress!
Et si c’était beaucoup plus simple que ce que l’on croit ? Et si tout était déjà là mais, comme l’écran de cinéma, oublié tant l’on est captivé par les images ?
Le concept est simple mais l'appliquer est plus dur. Le mental souvent m'hypnotise avec des belles histoires avant d'en arriver aux drames! C'est un charmeur, un illusioniste, son attraction est vraiment forte!
Dis-moi, devrais-je aussi me dire "lie lie lie" quand il me fait rêvasser (de beaux rêves)?
Être captivé par les images équivaut à croire aux pensées ; regarder les images pour ce qu’elles sont équivaut à regarder les pensées pour ce qu’elles sont, de simples pensées. Nous avons aussi tendance à croire que la vie sera bien morne si l’on ne croit plus à ces pensées, tout comme un film devient inintéressant si l’on ne « rentre » pas dans « l’histoire » du film. A toi de vérifier si c’est vrai ;-)
Ce n'est pas inintéressant au contraire, c'est paisible. J'ai le sentiment par contre que j'y goûte seulement en superficie encore.
As-tu besoin de croire aux « histoires » que perçoit ou invente le mental pour être heureux ? Sans oublier de tenir compte du prix que le payes (la souffrance) ! Que se passe-t-il, que ressens-tu si tu restes conscient du fait que les pensées sont des « histoires » ? L’histoire de « moi » ;-) La vie devient-elle ennuyeuse ? Sinon quoi d’autre ?
C'est ce que je croyais... le moment présent est amplement suffisant pour mon bonheur donc je devrais fuir aussi les belles histoires du mental. C'est ce que je tente de faire depuis hier d'ailleurs, c'est plus facile ignorer toutes ses histoires que trier et ça me permet d'être "présent" plus souvent.
Si tu laissais toute histoire de côté, que ressentirais-tu ? De quoi serait faite ta vie ?
Je pense que ma vie n'aurait plus de stress, plus de déprime. Par contre jusqu'ici je vois que ma vie serait plutôt "neutre".
Puis répond à cette question si tu veux bien :
Qu’est-ce qui apparaît en toi si je te dis qu’il n’y a pas et qu’il n’y a jamais eu de « moi », qu’il n’y a pas et qu’il n’y a jamais eu d’entité séparée ?
Je me le suis souvent dis, cette affirmation de non-moi. C'est étrange, ça ne me fait rien, aucune émotion. Comme si je n'y croyais pas, comme si c'était impossible. J'ai beau me le répéter de toutes les manières, rien.

Je continue mon enquête, au plaisir...

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Re: Pour en finir avec je

Postby GG1 » Fri May 11, 2012 7:27 am

Bonjour Jean-Etienne,

Oui, effectivement, on peut cesser de croire à toutes les histoires du mental, belles ou moins belles. Ce ne sont que des histoires !
Ce qu’il reste, comme tu le dis, c’est cette « neutralité » (peut-on dire qu'elle est bienveillante ?), cette paix, cette tranquillité qui se suffisent à elles-mêmes : besoin de rien (peut-on parler d’équanimité ?).

Comme tu le dis, le mental hypnotise comme les sirènes attirent les marins et les font se noyer.

Je te propose maintenant de regarder d’aussi près que possible ce mécanisme d’attraction. Il est vu ou su que les pensées sont des histoires et que ne pas y croire est bien plus confortable que d’y croire et cependant, l’attraction demeure. Comment cela se fait-il ? Qu’est-ce qui est si attirant ?

Regarde aussi ta réaction à l’aspect « neutre ». Il semble que tu sois surpris et peut-être déçu. A quoi t’attendais-tu ? Ces attentes sont-elles autre chose que des pensées, une histoire ?

Creuse enfin l’impression qu’il est impossible qu’il n’y ait pas de moi. Que cache cette pensée ? Y aurait-il une peur là derrière ?

Bon regard ;-)
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Re: Pour en finir avec je

Postby NALF » Sat May 12, 2012 6:04 pm

Salut Gérard,
Je viens ici donner signe de vie pour t'assurer que je continue mon enquête. Je trouve extrêmement intéressant les questionnements que tu me proposes, ils m'entrainent très profondément dans mes conditionnements. Cette fois-ci par contre cela me semble moins évident, plus subtil, plus dur à voir. Je persévère bien sûr...
À bientôt!

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Re: Pour en finir avec je

Postby GG1 » Sat May 12, 2012 6:47 pm

Bonjour Jean-Etienne,

Prends tout ton temps ;-)
Bon WE
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Re: Pour en finir avec je

Postby NALF » Wed May 16, 2012 2:42 am

Ces temps-ci je vais bien et je me rends compte que quand je vais bien, ma recherche, mon enquête est moins intense. C'est dommage puisque je sais très bien que la dualité me tient toujours, que le bonheur n'est qu'un espace entre 2 malheurs et vice versa.
J'apprécie le moment et je continue mon enquête tranquillement... ;)

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Re: Pour en finir avec je

Postby GG1 » Wed May 16, 2012 5:35 am

Bonjour Jean-Etienne,

Heureux que tu ailles bien ;-)
"C'est dommage..." est une pensée.
"Le bonheur n'est qu'un espace entre 2 malheurs" est une pensée.
Laisse les passer. Ne t'y accroche pas, ne te laisse pas happer (Et si c'est déjà fait, regarde la pensée, regarde le fait d'être happer, etc).

Que reste-t-il ?
Tu es cela.
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Re: Pour en finir avec je

Postby NALF » Thu May 17, 2012 10:24 am

Que reste-t-il ?
Tu es cela.
Je suis sur une piste... Si la pensée "moi n'existe pas" ne crée aucune émotion c'est parce que même si j'admets que le corps n'existe pas, que Jean-Etienne n'est qu'une idée, il y a toujours cette présence en arrière plan, cette présence qui est en elle-même une identité si l'on peut dire. Donc ok, "moi" n'existe pas mais il y aura toujours un Moi? J'imagine que c'est l'égo qui récupère cette présence pour en faire sienne? Où est-ce que cette présence est l'égo même?? Je ne sais pas. Que je sois l'égo ou une autre présence quelconque, le sentiment d'avoir une identité demeure et n'est pas ébranlable à ce jour.

Je me rends compte aussi que dans toutes les expériences mystiques que j'ai vécu, il y avait toujours ce sentiment d'avoir une identité...même quand une fois "j'étais devenu tout".

Hier je me suis surpris à me laisser emporter par de belles histoires du mental... pendant des heures! C'est tellement dur de s'en extraire quand elles semblent innofensives ces belles rêveries. Misère! :(

Au niveau corporel ces temps-ci j'ai souvent l'impression que ma "conscience se détache de mon cerveau", comme si un étau était desseré de ma tête. Vraiment bizarre. Mais dis-moi, dans notre contexte de recherche de non-moi, toute manifestation physique n'est-elle pas non pertinente, inintéressante?


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