"je" vient ici rendre les armes!

User avatar
zinzin
Posts: 72
Joined: Fri Apr 20, 2012 11:54 pm

"je" vient ici rendre les armes!

Postby zinzin » Sun May 06, 2012 5:14 pm

Tout d'abord merci pour votre site et le temps que vous consacrez aux interventions. Tous les soirs depuis une quinzaine de jours, je lis "une histoire" dont certains extraits me sont vraiment "lumineux" dans le genre: "Mais bon sang.., Mais c'est bien sûr!"

Aussi loin que je remonte, j'ai toujours "cherché" quelque chose qui me manquait. A 11 ans j'étais une inconditonnelle de "kung fu" (avec David Carradine) dont je passais mon temps à retranscrire les dialogues entre les moines et petit scarabée!
Puis comme tout le monde, j'ai passé des années a faire mon shopping spirituel: Sogyal Rinpoché, Eckart Tolle, Reïki,... Tous ont éclairé des parcelles d'ombre.

Et puis "Cela" a eu l'élégance de se manifester de temps à autre!
Sous la forme d'une simple phrase tout d'abord: "Quand allez vous enfin cessez de passer votre vie à prouver que vous valez quelque chose? Il n'y a rien à prouver, vous êtes DEJA parfaite et depuis toujours...". Mon Dieu, l'effet de cette phrase... Physiquement, j'ai senti "quelque chose"de visqueux s'en aller pour faire place à "Cela" qui occupait également quasi 1 mètre de part et d'autre de mon corps durant 24h. Bien sûr, à un moment une petite voix s'est demandée comment opérait ce phénomène afin de pouvoir le reproduire si nécéssaire. Aussitôt pensé, aussitôt... envolé le "phénomène"!

Une autre fois, ce fut cette absence totale de peur et de jugement. Comme le chat de Chester d'Alice au pays des merveilles, les contours de ce corps semblaient disparaître pour faire partie d'un Grand Tout. Seul le sourire, ce fin fil me rattachait à cette réalité.

Je ne cherche pas à reproduire ces états, mais il est bon d'expérimenter que cette réalité existe aussi.

A présent, suite à la lecture de votre site, je me demande qui est ce "Je" apparement usurpateur.
D'abord, je lui suis reconnaissante de m'avoir protégée de tant de choses: du besoin, et par extension de la faim et du froid et il m'a très certainement protégée de tout les autres "je".
Son agressivité, sa séduction et ses petits intérêts cachés m'ont été souvent bien utiles et sans aucun doute, le mérite du confort de ma situation actuelle lui revient de plein droit. (Quoi que...)

Cependant, son bavardage incessant occupe tout l'espace et je le perçoit alors comme "les Vamps", ce duo (humoristique) de mégères médisantes.Il se fait continuellement la conversation changeant de visage à une allure supersonique défendant en même temps une chose et son contraire. Moins impliquée, j'applaudirais l'habilité de la performance.
C'est également un nourrison monstrueux et exigeant, tel ces bébés coucous squattant le nid de passereaux, ejectant leurs propres oisillons hors du nid et épuisant les parents adoptifs par leur appétit gargantuesque.
En ce moment, il est comme une fine ligne de démarcation coupant la petite goutte d'huile flottant sur l'eau de la grande étendue d'huile juste à coté.

Et lorsque parfois "le silence qui regarde" s'élève, le "je" se fait tout petit et silencieux.
Cela me fait penser à cette scène de "Bambi" où son père le roi de la forêt, altier, s'avance au milieu de la harde. Il s'arrête et regarde son fils(Bambi): Profondément, mais sans jugement. Et bambi qui n'a rien fait de spécial, intimidé, se ratatine littéralement. Hé bien, c'est exactement ca: "je" est incroyablement intimidé en présence de ce silence attentif.

Et "je" est en même temps fatigué, épuisé de ce contrôle permanent et c'est sans doute volontiers qu'il confierait les rênes à...
Mais on ne lache pas 48 ans de pouvoir sur un claquement de doigts!
A ce titre, un petit radio guidage serait le bienvenu..."je" pense!

Cette situation me fait penser a cette petite blague courte:
Un alpiniste isolé a fait une chute et ne tient au bord d'un ravin que par la force de ses 10 doigts. Il hurle, appelle au secours, en vain bien sûr...
Une voix s'élève alors: "Je suis Dieu. Laisse-toi tomber, je te rattraperai en bas"
Silence.
Et l'alpiniste d'une petite voix: "Est-ce qu'il y a quelqu'un d'autre...?!"

Je vais vraiment avoir besoin de vous pour décrocher mes doigts un à un et...!

Je sais que vous avez de nombreuses demandes d'aide. Après tout ce temps de recherche, je n'en suis plus à quelques semaines près et j'ai encore beaucoup de lecture sur le site.
Donc, c'est vraiment à votre convenance.

Déja, merci de m'avoir lu.
Zinzin

User avatar
GG1
Posts: 269
Joined: Fri Jan 27, 2012 2:38 pm
Contact:

Re: "je" viens ici rendre les armes!

Postby GG1 » Sun May 06, 2012 8:00 pm

Bonjour « Zinzin », en attendant de connaître ton vrai prénom ;-)

Il est vrai que nous sommes tous un peu zinzin dans le fond. Et puis permets-moi de rappeler ces paroles de la Bible : Ce qui est sage aux yeux des hommes est folie aux yeux de Dieu ; ce qui est sage aux yeux de Dieu est folie aux yeux des hommes. Alors soyons fous ;-)

Merci pour ton post qui te présente bien, toi et ton parcours. Si tu le veux bien, nous allons faire un petit bout de chemin ensemble.

Le but ici est de réaliser que « je » n’a jamais existé. Il n’y en a jamais eu. Par conséquent, si cette optique est vraie (ne nous crois pas sur parole) il n’a donc pas pu te protéger. De même, il ne peut pas s’accrocher à la falaise ni lâcher prise, ni…

Alors, le réflexe de beaucoup est de demander : Mais QUI a fait tout cela dans ce cas ?
Et s’il n’y avait pas besoin qu’il y ait quelqu’un pour faire les choses ?
Et si, simplement, tout arrivait « de soi-même » ?

Regarde de près : est-ce toi qui respire ou la respiration se fait-elle sans toi ?
Plus difficile : est-ce toi qui sent, ressent, pense, ou cela se fait-il « de soi-même » ?
Bien sûr, le « mental » l’étiquette… après-coup.

En accord avec nos conditionnements, notre culture, nos habitudes, nous avons tendance à penser que « moi » est réel, que « je » ressens, que « je » pense, que « je » choisis… Mais est-ce vrai ? Peut-on en être sûr à 100% ?

Alors s’il te plait, prends le temps de répondre à ces questions :
Peux-tu tout simplement être absolument certaine, sans l’ombre du moindre doute, que « moi », « je » existe bel et bien ?
Peux-tu trouver une seule preuve de l’existence d’un « moi » ? Et si oui, laquelle ou lesquelles ?

Que se passe-t-il en toi lorsque je te dis qu’il n’y a pas de « moi », pas « d’entité » séparée ?

Au plaisir de te lire
Gérard
Everything is That

User avatar
zinzin
Posts: 72
Joined: Fri Apr 20, 2012 11:54 pm

Re: "je" vient ici rendre les armes!

Postby zinzin » Mon May 07, 2012 4:04 pm

Hello!
Alors soyons fous ;-)
Je confirme qu'il faut être fou pour faire cette démarche.
Après avoir lu ta réponse si rapide (merci!), J'ai passé une nuit infecte peuplée de questions sans réponses, de bouffées de haine pour ce site, de cauchemars d'accouchement imminent dans des endroits incongrus.
Là, je suis triste: j'ai le sentiment de devoir quitter quelque chose d'assez sûr, d'être devant une porte a franchir en n'ayant absolument aucune idée de ce qu'il y a derrière. Et impossible de faire demi-tour à présent. Ce ne serait de toute façon plus la même chose.
Quand faut y aller, faut y aller! GO!
Le but ici est de réaliser que « je » n’a jamais existé. Il n’y en a jamais eu. Par conséquent, si cette optique est vraie (ne nous crois pas sur parole)...
Ok. On va commencer dès le début. Même si j'admet "cérébralement" que vous avez surement raison, Clair que j'ai du mal à vous croire.
Dans ma réalité, aujourd'hui, le "je" est bien présent: c'est une entité bien distincte des autres et autonome qui fonctionne à 100% pour son propre profit. C'est un agglomérat d'avidité, d'intérêts cachés déguisés en bons sentiments, d'encodage de bonnes et mauvaises expériences superposées, noyé dans de la viande archi innervée, avec une peau qui fait tenir tout le bazar en ensemble.Toute l'énergie mobilisée par ce "je" vise au mieux au bonheur et en tout cas à éviter la souffrance à tout prix. Et ce fonctionnement névrosé ne s'arrête que avec le décès ou l'absence absolue de menaces.
Et si, simplement, tout arrivait « de soi-même » ?
J'ai du mal avec cette notion. Ou alors, je dois mal la comprendre. Si la personne qui est là devant moi, se met a convulser et que au lieu d'intervenir, je préfère rester devant mon clavier parce que c'est plus intéressant de vous
écrire? C'est bien "je" qui se décide a un moment de se lever et de lui donner ce qu'il faut, non? Ca ne se fait pas de " soi-même". Si je préfère rester ici, je fait semblant de ne rien voir et je continue mon activité.
Regarde de près : est-ce toi qui respire ou la respiration se fait-elle sans toi ?
Ca, c'est facile! Sans moi! Et même malgré moi. Je serais incapable de l'arrêter par ma propre volonté.

Plus difficile : est-ce toi qui sent, ressent, pense, ou cela se fait-il « de soi-même » ?
Bien sûr, le « mental » l’étiquette… après-coup.
En ce moment c'est moi qui sent, pense ou ressent parce que un stimuli extérieur réel ou imaginaire me concernant a activé une pensée. J'ai passé l'après midi a guetter d'où sortent ces pensées: impossible. Elles déferlent à toute allure. Quand je me concentre sur une, 15 ont rappliqué en même temps: Ingérable! Par contre leur contenu me concerne toujours. Je n'arrive pas a arrêter leur flux plus de 40 secondes!
Déja que je n'arrive pas à les suivre, je ne sais même pas si le mental étiquette avant, après, ou pas.
Peux-tu trouver une seule preuve de l’existence d’un « moi » ? Et si oui, laquelle ou lesquelles ?
Ben déja, S'il n'existait pas, je ne me donnerais pas tout ce mal pour que "cela" puisse définitivement s'installer. C'est quand même bien ce "je" qui fait obstacle,non...? C'est une drôle de question, c'est comme si je demandais à un cancéreux si il pouvait me donner une seule preuve de l'existence de son cancer alors qu'il a métastasé tout azimut.
Le "moi" métastase toute les zones de mon existence 24h sur 24. ce n'est pas suffisant comme preuve?

Que se passe-t-il en toi lorsque je te dis qu’il n’y a pas de « moi », pas « d’entité » séparée ?
Un soulagement indescriptible....
Etrangement.

D'avance merci à toi GG1, c'est pas gagné: ca va ferrraillé dur...

User avatar
GG1
Posts: 269
Joined: Fri Jan 27, 2012 2:38 pm
Contact:

Re: "je" vient ici rendre les armes!

Postby GG1 » Mon May 07, 2012 9:54 pm

Veux-tu bien me donner ton prénom, stp ? Moi c'est Gérard

Je vois que ça brasse ! Bouffée de haine et sentiment de devoir quitter quelque chose d'assez sûr... de connu tout au moins.
Accouchement imminent (c'est plutôt une bonne nouvelle, non ?) dans des endroits incongrus : il faut dire que par forum internet, c'est un peu incongru au premier abord ;-)

Et puis il y a ce soulagement indescriptible à l’idée qu’il n’y a pas de moi. Quel cadeau ! Et si c’était vrai ?
Je te propose de partir à la découverte d’un nouveau monde. Comme nous tous, d’une façon métaphorique, disons que tu as appris que la terre était plate (le « moi » existe bel et bien). Mais elle ne l’est pas (« moi » n’est qu’une pensée comme une autre).
Le soulagement que tu as ressenti vient probablement simplement souligner qu’au plus profond de toi, cela est SU.
En tous cas, si tu le veux bien, je te propose de t’appuyer sur ce soulagement, de l’évoquer aussi souvent que nécessaire. C’est un soutien, une aide inconditionnelle ;-)

Cela dit, je vais te demander de regarder de plus près encore. Tu écris :
Dans ma réalité, aujourd'hui, le "je" est bien présent: c'est une entité bien distincte des autres et autonome qui fonctionne à 100% pour son propre profit. C'est un agglomérat d'avidité, d'intérêts cachés déguisés en bons sentiments, d'encodage de bonnes et mauvaises expériences superposées, noyé dans de la viande archi innervée, avec une peau qui fait tenir tout le bazar en ensemble.
Cela prouve-t-il qu’un « je » est au commandes ? Il y a sensation d’entité autonome, et sentiments d’avidité, d’intérêts cachés, etc. Mais un « je » ? Tout ce que tu décris sont des sensations, des pensées, des émotions. Mais es-tu cela ? Ou bien as-tu des sensations, des pensées, des émotions ? Regarde, veux-tu ?

Et puis, ce « je » que tu penses être, où se situe-t-il ? Dans quelle partie du corps ? Par quelle(s) sensation(s) indubitable(s) se manifeste-t-il dans le corps ? Comment sais-tu que ces sensations sont effectivement « moi » ? Sont-elles spécifiquement différentes des autres sensations ? Bref, de quoi est fait « moi », très concrètement ?

Puis regarde autrement, si tu le veux bien. Une chose nous est commune à tous : le sentiment d’être, d’exister. Si tu as doute ou si tu ne le repères pas, essaie de cesser d’être pendant quelques secondes. Impossible n’est-ce pas ?
Et ce sentiment d’être, varie-t-il avec le temps, selon les circonstances ? Il est plus ou moins conscient, certes, mais si on y porte attention, disparaît-il à certains moments de la journée ? Est-il avide, intéressé, etc. ou non ? Et si tu es malade ou si tu te coupes, es-tu moins pour autant, ce sentiment d’être s’amoindrit-il ?

Vois-tu, aujourd’hui tu sembles « collée » à tes sensations, à tes émotions, à tes pensées. Presque comme si tu croyais être elles. En fait, il n’en est rien, quelle que soit ta croyance. Alors dans un premier temps, je te propose de voir que tu ES, avec ou sans émotions, avec ou sans pensées, avec ou sans sensations, c’est à dire « avant », préalablement à toute sensation, à toute pensée ou à toute émotion ET lors de toute pensée, sensation, ou émotion.
Peux-tu être consciente du fait que ce sentiment d’être est antérieur à elles et n’est pas affecté par elles ?
A l’instant où tu te souviens du soulagement dont tu parles, as-tu toujours autant l’impression d’être « moi » : corps, pensées, sensations, émotions ? Sinon, quoi d’autre ?

Comme tu le dis si bien, les pensées déferlent. Tu n’as aucun contrôle sur elles. Alors peut-on affirmer : « je » pense ? Ne serait-il pas plus juste de dire : « des pensées apparaissent » ?
Tu affirmes :
c'est moi qui sent, pense ou ressent parce que un stimuli extérieur réel ou imaginaire me concernant a activé une pensée
Et s’il y avait stimuli, apparition d’une pensée, sensation, etc. spontanément, sans « moi » ? Est-ce envisageable ?

Nous avons été conditionnés à penser que « moi » existe. Le consensus fait force de loi et il devient incongru de le remettre en question, tout comme la forme de la terre à une autre époque.
Mais je te repose la question : Peux-tu trouver une seule preuve concrète de l’existence d’un moi ? Ta réponse à ce sujet est faite de présupposés, et ne constitue pas une preuve.
« S’il n’existait pas, je ne me donnerais pas tout ce mal… » Ce n’est pas une preuve. Don Quichotte se donnait bien du mal pour rien ;-) Et les enfants jouent bien des jeux, simplement par jeu.
« C’est ce « je » qui fait obstacle » : Et si c’était seulement la croyance en l’existence d’un « je » qui faisait obstacle ? Les premiers à avoir dit que la terre était ronde ont été brûlés pour avoir osé aller à l’encontre de la croyance la plus répandue à l’époque.
Si une personne se met à convulser à côté de toi, as-tu besoin d’un « moi » qui décide d’être là pour lui ou ce que tu es ne va-t-il pas spontanément lâcher l’ordinateur et prendre soin de lui, simplement parce que c’est dans ta nature ? Un « moi » est-il nécessaire ? Regarde les animaux : une chienne a récemment nourri un enfant abandonné au Brésil. Avait-elle besoin d’un « moi » pour le faire ? Il arrive même que des carnivores prennent soin de jeunes herbivores !

Je te souhaite une belle nuit, peuplée de Sérénité.
Amicalement
Gérard
Je vois que ça brasse ! Bouffée de haine et sentiment de devoir quitter quelque chose d'assez sûr... de connu tout au moins.
accouchement imminent (c'est plutôt une bonne nouvelle, non ?) dans des endroits incongrus : il faut dire que par forum internet, c'est un peu incongru au premier abord ;-)

Cela dit, je vais te demander de regarder de plus près encore.
Everything is That

User avatar
GG1
Posts: 269
Joined: Fri Jan 27, 2012 2:38 pm
Contact:

Re: "je" vient ici rendre les armes!

Postby GG1 » Mon May 07, 2012 9:56 pm

Désolé, le message s'arrête après "Gérard", oublie la suite qui répète le début
Everything is That

User avatar
zinzin
Posts: 72
Joined: Fri Apr 20, 2012 11:54 pm

Re: "je" vient ici rendre les armes!

Postby zinzin » Tue May 08, 2012 2:27 am

Hello!

Je suis au boulot, alors je réponds à deux, trois trucs qui me viennent direct et je verrai plus en détail après.
Veux-tu bien me donner ton prénom, stp ?
Joelle. Enchantée!

Le soulagement que tu as ressenti vient probablement simplement souligner qu’au plus profond de toi, cela est SU.
En tous cas, si tu le veux bien, je te propose de t’appuyer sur ce soulagement, de l’évoquer aussi souvent que nécessaire. C’est un soutien, une aide inconditionnelle ;-)
Oui. Je vais m'appuyer la-dessus. C'est une excellente base de départ très stable.
Cela prouve-t-il qu’un « je » est au commandes ? Il y a sensation d’entité autonome, et sentiments d’avidité, d’intérêts cachés, etc. Mais un « je » ? Tout ce que tu décris sont des sensations, des pensées, des émotions. Mais es-tu cela ? Ou bien as-tu des sensations, des pensées, des émotions ? Regarde, veux-tu ?
En fait, c'est un peu comme un banc de poissons ou un vol d'étourneaux? Cela semble avoir une cohérence (c'est même très beau), mais aucun des constituants n'a un pouvoir de décision et l'ensemble non plus. Ca vole pour voler, y a peut-etre un but...ou pas mais cela n'a aucune espèce d'importance.
C'est cela?
Et puis, ce « je » que tu penses être, où se situe-t-il ? Dans quelle partie du corps ?
Dans la tête. Dans le plexus et la machoire quand il a la rage.
Par quelle(s) sensation(s) indubitable(s) se manifeste-t-il dans le corps ? Comment sais-tu que ces sensations sont effectivement « moi » ?
Par une contraction, ou un coup de lance quand il est blessé.
En temps normal, faut que j'y réfléchisse.
Sont-elles spécifiquement différentes des autres sensations ?
Oui, mais je détaillerai plus tard.

On avance, je crois!

User avatar
GG1
Posts: 269
Joined: Fri Jan 27, 2012 2:38 pm
Contact:

Re: "je" vient ici rendre les armes!

Postby GG1 » Tue May 08, 2012 7:23 am

Super ! Oui le vol d'étourneaux ou le banc de poissons peuvent être de bons exemples.
Approfondis ton regard sur les sensations prouvant selon toi l'existence d'un moi.
Puis explique-moi selon toi comment il peut être une fois dans la machoire, une autre fois dans le plexus, puis devenir une contraction ou un coup de lance, etc. ?
Everything is That

User avatar
zinzin
Posts: 72
Joined: Fri Apr 20, 2012 11:54 pm

Re: "je", vient ici rendre les armes!

Postby zinzin » Wed May 09, 2012 11:16 pm

Hello!

Me revoilou!
2 jours bien chargés: une assez extraordinaire synchronicité par rapport au "je", un état assez sympa et beaucoup de réflexion.
On commence par le "je" et son existence:
je cale.
Cela prouve-t-il qu’un « je » est au commandes ? Il y a sensation d’entité autonome, et sentiments d’avidité, d’intérêts cachés, etc. Mais un « je » ? Tout ce que tu décris sont des sensations, des pensées, des émotions. Mais es-tu cela ? Ou bien as-tu des sensations, des pensées, des émotions ? Regarde, veux-tu ?
Est-ce qu'il y a UNE bonne réponse à ta question? J'ai l'impression que quoi que j'avance comme réponses, du moment que je ne réponds pas qu'il n'y a pas de je, rien ne sera bon.
Je ne sais où sur ce forum, je lisais que le je est "nécéssaire" dans les tous premiers temps au bébé pour communiquer et donc survivre jusqu'a l'age d'environ 4 ans (je n'arrive pas à retrouver la source).

Je pense que le "je" a une place bien à lui, petite, essentiellement pratique, mais nécéssaire à cette vie humaine. Le problème, c'est qu'il se croit obliger de prendre les commandes et on est parti pour le grand 8.
Un peu comme un cancer: a la base, c'est une cellule normale avec sa fonction modeste. Puis on ne sait pourquoi, elle se met a proliférer, forme une tumeur qui n'a plus rien a voir avec la cellule de départ qui elle-même a déja disparu. Tout le processus s'emballe devient monstrueux et incohérent.
Donc pour moi, oui le "je" existe pleinement au même titre que "Cela" . D'accord, il faut le remettre à sa juste place mais pourquoi nier son existence?

J'en arrive à mon cas de synchronicité.
Je travaille aux urgences. Il y a 2 nuits est arrivé un type en excellente forme physique mais qui sur 1h de temps avait totalement oublié qui il était, où habitait-il, s'il avait des enfants (2), un métier,une femme,... Tout ce qui le définissait avait disparu: Il n'avait plus de "je"...du tout.
A un moment, je le vois sortir des toilettes en pleurant: il ne s'est même pas reconnu dans le miroir.
C'était vraiment poignant. il était terrorisé par ce qui lui arrivait. Il était bien vivant, mais mort à lui-même. D'habitude, les gens se dégradent mais leur mental, leur "je" les maintient bien accroché à la vie. Ici, c'était exactement le contraire: vivant, mais en fait mort: plus de passé,ni présent (que de l'effroi) et pas de vision d'avenir. Il ne trouvait absolument rien de libérateur a cela.
Cela m'a énormément impressionnée: Si je me retrouve a ma falaise juste accrochée a mes dix doigts, j'ai fait tout ce qu'il fallait pour me retrouver dans cette situation et tant pis pour moi. Lui, c'est comme si on l'avait arraché de son fauteuil, poussé dans un avion, et on le jette dans le vide à 8000 mètres de hauteur sans parachute. Et l'expérience était infernale. (pour l'histoire, il a une encéphalite, il est traité et récupère ses souvenirs petit à petit).
La synchronicité m'a stupéfaite parce que: 1) ce sont des situations très rares, 2) je travaillais justement à ce moment là et 3) je me bat toutes les heures avec cette question du "je": où que je regarde, je ne vois rien de ce que je suis sensée voir.

Parallèlement à cela, dans l'après midi d'hier, une grande sérénité avec la nette impression que très profond, je ne sais où et pas chez "moi, personnellement, je" quelque chose commence à se gondoler, il y a un départ de fou rire avec la sensation très nette qu'il va tout faire voler en éclats au moment où "ca" va vraiment se lacher. puis ca s'est calmé...
Sympa, réconfortant.

User avatar
zinzin
Posts: 72
Joined: Fri Apr 20, 2012 11:54 pm

Re: "je" vient ici rendre les armes!

Postby zinzin » Thu May 10, 2012 1:00 am

Bon, continuons les questions/ réponses

Comment sais-tu que ces sensations sont effectivement « moi »? Parce qu'elles sont spécifiquement les conséquences de sa manifestation. Stimulation, pensée, sensation, action. cela engendre une réaction et on est reparti dans le circuit, stimulation,... C'est sans fin.

Sont-elles spécifiquement différentes des autres sensations ?
Quelles autres sensations?

Bref, de quoi est fait « moi », très concrètement ?
Le moi a la même nature que le "Cela", mais c'est sa forme cancérisée, anarchique.

Puis regarde autrement, si tu le veux bien. Une chose nous est commune à tous : le sentiment d’être, d’exister.
Et ce sentiment d’être, varie-t-il avec le temps, selon les circonstances ?
Non, il est tout au plus masqué
disparaît-il à certains moments de la journée ? Non, il ne disparait pas. les émotions prennent le pas dessus.
Est-il avide, intéressé, etc. ou non ? Non.Il est équanime. Un peu comme un vieil homme (ou femme) assis sur un banc au soleil regardant le jeux de chiots.
Et si tu es malade ou si tu te coupes, es-tu moins pour autant, ce sentiment d’être s’amoindrit-il ? Non. mais la douleur peut détourner l'attention de cet état;

Alors dans un premier temps, je te propose de voir que tu ES, avec ou sans émotions, avec ou sans pensées, avec ou sans sensations, c’est à dire « avant », préalablement à toute sensation, à toute pensée ou à toute émotion ET lors de toute pensée, sensation, ou émotion.
Ok.Je me concentre là dessus. Mais pour le peu que j'ai expérimenté, tout se calme et ralenti.
A l’instant où tu te souviens du soulagement dont tu parles, as-tu toujours autant l’impression d’être « moi » : corps, pensées, sensations, émotions ? Sinon, quoi d’autre ?
Oui, le moi est toujours là. mais proportionnellement parlant, s'il a la taille d'un éléphant en temps normal, il n'est pas plus grand qu'un lapin lorsque j'évoque le fait que l'on m'a dit que le moi n'existe pas.
Le moi est soulagé de cette nouvelle:"Enfin quelqu'un qui va diriger la boite! Marre de faire l'intérim depuis 48 ans!"
Tu te souviens de "l'apprenti sorcier" dans Fantasia? (J'ai de ces références culturelles: Bambi, Alice, Mickey...!).
Lorsque'il remet le chapeau de pouvoir au magicien et qu'il reprend son job de balayeur? Eh ben, pareil!
Donc, les 2 sont là: le moi et la sensation d'être.


Comme tu le dis si bien, les pensées déferlent. Tu n’as aucun contrôle sur elles. Alors peut-on affirmer : « je » pense ? Ne serait-il pas plus juste de dire : « des pensées apparaissent » ?
Je n'ai pas de contrôle sur le bavardage mental. Mais sur les pensées ciblées,oui. Mais pour le bruit de fond continuel, on peut dire qu'il apparait hors de mon controle, oui.

Et s’il y avait stimuli, apparition d’une pensée, sensation, etc. spontanément, sans « moi » ? Est-ce envisageable ?
Non, pas pour les pensées volontaires.Trop tôt. Faut d'abord que je clarifie le problème du moi.


Si une personne se met à convulser à côté de toi, as-tu besoin d’un « moi » qui décide d’être là pour lui ou ce que tu es ne va-t-il pas spontanément lâcher l’ordinateur et prendre soin de lui, simplement parce que c’est dans ta nature ? Un « moi » est-il nécessaire ?
Chiche! Ce sera le Baroud d'honneur du moi!
La prochaine fois qu'il y en a une qui convulse, j'attends 30 secondes pour me lever. Et je dirai à la dame: "ces 30 secondes de retard vous ont été offertes par la Maison "Gérard" qui me persécute présentement! Vous venez de griller définitivement 100.000 neurones en plus, mais comme vous n'avez pas de moi vous non plus, ca ne fera aucune différence!"

Bon! C'est ambivalent tout ça. Des choses évoluent, d'autres coincent et les contradictions s'en mêlent!
Pas découragé?

User avatar
zinzin
Posts: 72
Joined: Fri Apr 20, 2012 11:54 pm

Re: "je" vient ici rendre les armes!

Postby zinzin » Thu May 10, 2012 1:12 am


En fait, c'est un peu comme un banc de poissons ou un vol d'étourneaux? Cela semble avoir une cohérence (c'est même très beau), mais aucun des constituants n'a un pouvoir de décision et l'ensemble non plus. Ca vole pour voler, y a peut-etre un but...ou pas mais cela n'a aucune espèce d'importance.
C'est cela?
Je reviens sur l'exemple et les pensées;
Au même titre qu'il est vain d'essayer de poursuivre ou d'attraper un des millions de poissons d'un banc (tout au plus, la main se referme sur le vide, entourée de poissons qui vont reprendre ensuite leur place et continuer a tourner sans fin), il n'est pas intéressant de suivre les pensées. Les mouvements imprévisibles et harmonieux du banc sont une énigme. Peut-être que les pensées doivent être considérées de la même manière... comme un ballet. et il faut rester spectateur et juste regarder.

User avatar
GG1
Posts: 269
Joined: Fri Jan 27, 2012 2:38 pm
Contact:

Re: "je" vient ici rendre les armes!

Postby GG1 » Thu May 10, 2012 9:21 am

Bonjour Joëlle,

Alors tout d’abord, non, pas découragé. En plus j’aime beaucoup ton humour ;-)
Et, oui, le fou rire risque de te prendre à tout moment ;-)

Comme tu le vois, « moi » s’accroche à son existence. Aurait-il peur ce petit lapin qui se fait gros comme un éléphant ?

La pensée-moi est nécessaire en ce sens qu’elle permet de répondre à son nom lorsqu’on t’interpelle. Sinon, on peut s’en passer, sans cesser de prendre soin de ses enfants ni de la personne qui convulse à côté. Promis.

Ce qui est certain, vu d’ici, c’est que « moi » n’est qu’une pensée comme les autres qui prend le pouvoir… jusqu’à ce qu’il soit VU qu’elle n’est qu’une pensée qu’on peut regarder passer comme les poissons dont tu parles. Le but sur ce forum est donc de te permettre de le voir. Il n’y a pas de bonnes ni de mauvaises réponses, Joëlle. Tes réponses entrainent d’autres questions qui petit à petit vont te permettre de voir ce qui a toujours été là, mais occulté par l’apparent cancer appelé « moi » et que l’on peut aussi comparer à un ballon de baudruche. Je crois me souvenir d’une tête de chat dans Alice qui apparaît énorme puis disparaît, à tout moment…

Le phénomène de synchronicité que tu évoques est peut-être simplement là pour te montrer la peur ? « Que va-t-il m’arriver si je lâche mes dix doigts accrochés à la falaise ? N’y a-t-il pas quelqu’un d’autre que Dieu ? ». Et « Gérard » vient là te dire : je suis là, mais je ne vaux pas mieux que Dieu ;-)

Que vas-tu décider ? Regarder de plus près au risque de tomber dans le vide de l’absence de « moi » ou continuer à t’accrocher avec des doigts qui fatiguent à une falaise qui se fissure ?

Donc on part de : « Pour moi, oui, le ‘je’ existe au même titre que Cela. »
OK.
Partant de là, mes questions tournent autour de : qu’est-ce qui prouve son existence ?
Il ne s’agit en aucun cas de la nier. Mais de REGARDER au plus profond de toi-même si oui ou non ce que nous croyons être vrai par conditionnement et par consensus l’est réellement. La terre est-elle plate comme on le pensait autrefois et est-on toujours prêt à brûler ceux qui pensent qu’elle est ronde ; ou bien va-t-on regarder sa forme de plus près ?

Jusqu’à présent, tes réponses n’apportent pour moi aucune preuve. Si besoin, relis-les et vois-le par toi-même.
Tu as des pensées qui cherchent à maintenir la croyance en un « je » : « je pense que le ‘je’… ». Tu expliques. En fonction d’autres pensées-croyances du type : on a besoin d’un moi pour fonctionner. Mais comme tu le soulignes : il n’est pas intéressant de suivre les pensées ou d’essayer d’attraper un poisson parmi un banc.
Je te propose de REGARDER, intimement, et de lâcher tout ce que tu crois savoir (aïe, aïe, aïe ;-)). Bon allez, pose-le simplement de côté quelques minutes, tu pourras le reprendre après si tu en as le désir ;-).
Tu éprouves des sensations que, semble-t-il, tu ne sais pas distinguer des autres sensations que nous ressentons tous en permanence… Oui, je parle des sensations en général. Qu’est-ce qui distingue, au niveau de la sensation, une sensation « moi » et une sensation non représentative de l’existence de « moi ». Sont-elles franchement différentes et si oui, en quoi ?
Regarde par exemple le côté poignant ressenti face à ce malade. Quelles sont les sensations corporelles ressenties ? Par quelles sensations spécifiques, s’il y en a, reconnais-tu le « moi » parmi elles ? Qu’est-ce qui te permet d’affirmer, non par la pensée ou l’habitude, que ces sensations prouvent l’existence d’un moi ? En quoi sont-elles spécifiquement différentes de toute autre sensation ? Par exemple, les sensations corporelles étiquetées « poignant » prouvent-elles l’existence d’un moi ? Etc.
Je ne sais pas exactement quelle question va te permettre de rebondir vers quelque chose de plus intime et ressenti intérieurement.

Et puis je te propose de regarder la peur.
Surtout vu la manière dont tu parles de ce malade : « mort » ! Il n’était pas mort, seulement sans mémoire. ET conscient d’être sans mémoire ! Ce n’est pas rien. Conscient donc d’être. Mais apeuré. Pourquoi au fait ? Qu’est-ce qui fait si peur à ne pas se reconnaître dans le miroir ? Et le sentiment d’être, que devient-il alors ?
Et puis, son identité et sa mémoire ont disparu suite à une encéphalite et reviennent doucement avec sa guérison (rien à voir avec la Vision). La conscience d’être ne lui est pas liée puisqu’il est resté conscient d’être, à tout moment. Serait-il possible que l’identité se situe dans le cerveau mais pas la conscience d’être ?
Que se passe-t-il la nuit lorsqu’on dort ? Se souvient-on d’être un homme, une femme, d’avoir des enfants, de l’âge que l’on a ? Est-ce si dramatique ? Comment se fait-il que l’on puisse dire : « j’ai bien dormi », alors que l’on perd tous ces repères qui semblent si importants ?
Vois-tu, la plus grande peur du moi est celle de mourir. Pas en tant que corps, en tant que « moi ».

La conscience d’être a-t-elle besoin d’un moi ? Et oui, comme tu le dis, le moi provient de Cela. Mais dis-moi, si tu guéris ce que tu appelles la « forme cancérisée » de Cela, que va-t-il rester de « moi » ? La conscience d’être s’en inquiète-t-elle ? Sinon, qui ou quoi ?

N’hésite pas à y perdre ton latin ou à devenir le chapelier d’Alice, peut-être pas si fou que ça après tout ;-)
Everything is That

User avatar
zinzin
Posts: 72
Joined: Fri Apr 20, 2012 11:54 pm

Re: "je" vient ici rendre les armes!

Postby zinzin » Thu May 10, 2012 11:55 pm

Hello!

Merci pour cette réponse rapide.
Mais mauvais trip aujourd'hui: la même voix qui me disait: "Ouiii, ce site a l'air génial. c'est tout a fait pour toi! d'ailleurs, je t'accompagne!", me dit a présent:"bon, on se tire d'ici! on est occupé à se faire cerner avec ces questions/réponses. Ce type vendrait du sable à un bédouin! Surement une secte!"
Je me sens furieuse, obligée d'aller où je ne veux PAS aller, de devoir reconnaitre ce que je ne veux PAS reconnaitre.

Ce matin, je me balade en forêt: c'est juste la période où les feuilles ont une teinte lumineuse et d'habitude je m'en régale un maximum. Aujourd'hui? Nada! Au lieu de m'en mettre plein les mirettes et le coeur, je traque la pensée! But: voir d'où elles viennent.
Resultat:Impossible.
Je repars dans mes comparaisons: je suis dans une voiture (une pensée) sur une voie rapide et mon but est d'observer le déplacement des autres voitures (pensées). je les vois bien toutes me dépasser, mais comme je suis le même mouvement, impossible de voir d'où elles proviennent. Donc je me gare et sors de la circulation (du processus de pensée) et j'observe. Que vois-je? Rien! plus une bagnole, même pas un vélo.
Frustration: je ne vois pas d'ou viennent ces pensées et ce bavardage mental. Je râle. Et en plus, j'ai raté la forêt.

Enfin bon..., je suis quand même revenue.



Comme tu le vois, « moi » s’accroche à son existence. Aurait-il peur ce petit lapin qui se fait gros comme un éléphant ? Bien sûr.

La pensée-moi est nécessaire en ce sens qu’elle permet de répondre à son nom lorsqu’on t’interpelle. Sinon, on peut s’en passer, sans cesser de prendre soin de ses enfants ni de la personne qui convulse à côté. Promis.
CA c'est rassurant. On va peut-être quand même bouffer du lapin alors.


Que vas-tu décider ? Regarder de plus près au risque de tomber dans le vide de l’absence de « moi » ou continuer à t’accrocher avec des doigts qui fatiguent à une falaise qui se fissure?
Le résultat est le même, je vais me casser la figure, ou tout de suite ou dans 1 an.

Partant de là, mes questions tournent autour de : qu’est-ce qui prouve son existence?
Ca y est, Ca recommence!

Jusqu’à présent, tes réponses n’apportent pour moi aucune preuve.
Ca, j'avais compris! Mais je vais arrêter de polémiquer, on tourne en rond et je ne comprend pas plus. Donc, on va gagner du temps et momentanément, je concède que le moi n'a aucune existence et je passe direct à l'étape suivante de regarder.
Je te propose de REGARDER (ca tombe bien!) intimement, et de lâcher tout ce que tu crois savoir (aïe, aïe, aïe ;-)). Bon allez, pose-le simplement de côté quelques minutes, tu pourras le reprendre après si tu en as le désir ;-).

J'ai une question très bête à ce sujet. Oui, je vois bien qu'on parle dans tout les topics de regarder. Mais ca veut dire quoi? Analyser, ressentir,...?
Et regarder comment? Comme un film, passivement? ou scruter, comme quand on traque les poux sur la tete de son gosse? Ou silencieusement comme lorsqu'on tombe sur une harde de chevreuils qui ne nous a pas encore vu?


Qu’est-ce qui distingue, au niveau de la sensation, une sensation « moi » et une sensation non représentative de l’existence de « moi ». Sont-elles franchement différentes et si oui, en quoi ?
Qu'est ce que j'en sais...
Regarde par exemple le côté poignant ressenti face à ce malade. Quelles sont les sensations corporelles ressenties?
Compression thoracique, acceleration rythme cardiaque, écartillement des yeux, angoisse.
Par quelles sensations spécifiques, s’il y en a, reconnais-tu le « moi » parmi elles ? Qu’est-ce qui te permet d’affirmer, non par la pensée ou l’habitude, que ces sensations prouvent l’existence d’un moi ? En quoi sont-elles spécifiquement différentes de toute autre sensation ? Par exemple, les sensations corporelles étiquetées « poignant » prouvent-elles l’existence d’un moi ? Etc.
Parait qu'y a pas de moi. Que veux tu que je te réponde...?
Je ne sais pas exactement quelle question va te permettre de rebondir vers quelque chose de plus intime et ressenti intérieurement. Moi non plus! Dis donc, t'es pas aidé, hein!

Et puis je te propose de regarder la peur.
Surtout vu la manière dont tu parles de ce malade : « mort » ! Il n’était pas mort, seulement sans mémoire. ET conscient d’être sans mémoire ! Ce n’est pas rien. Conscient donc d’être.
Peut-etre a ton niveau, mais certainement pas au sien, ni au mien.La seule conscience, c'est celle d'une chute interminable.
Mais apeuré. Pourquoi au fait ? Qu’est-ce qui fait si peur à ne pas se reconnaître dans le miroir? Mais tout ses repères ont explosé! nulle part où se réfugier! d'ailleurs, qui se réfugie? Il ne sait même pas qui il est à ce moment là! Il est sinistré dans son propre corps! Y a plus rien, Un vide galactique.
Et le sentiment d’être, que devient-il alors? Hors sujet dans cette situation. Il eut fallu qu'il soit un grand méditant pour voir les choses sous cet angle à ce moment là. Et qu'il s'en souvienne...!

Serait-il possible que l’identité se situe dans le cerveau mais pas la conscience d’être?
Ok pour l'identité dans le cerveau. Mais la conscience d'être se trouve où alors?

Que se passe-t-il la nuit lorsqu’on dort ? Se souvient-on d’être un homme, une femme, d’avoir des enfants, de l’âge que l’on a ? Est-ce si dramatique ? Comment se fait-il que l’on puisse dire : « j’ai bien dormi », alors que l’on perd tous ces repères qui semblent si importants?
Ca n'a pas plus a voir avec les mécanismes du sommeil qu'avec la perception de soi?

Vois-tu, la plus grande peur du moi est celle de mourir. Pas en tant que corps, en tant que « moi ».
J'avais compris. Je suis en plein dedans!

La conscience d’être a-t-elle besoin d’un moi ? non

Et oui, comme tu le dis, le moi provient de Cela. Mais dis-moi, si tu guéris ce que tu appelles la « forme cancérisée » de Cela, que va-t-il rester de « moi »?
"La pensée-moi qui est nécessaire en ce sens qu’elle permet de répondre à son nom lorsqu’on t’interpelle"? C'est ca?
La conscience d’être s’en inquiète-t-elle ?
non
Sinon, qui ou quoi ?
je ne sais pas...

On récapitule:
L'état d'être: notions acquises.
les pensées: compréhension du mécanisme en progression. Travaux pratiques a approfondir.
La conceptualisation du moi: Echec sur toute la ligne. Manque d'étude. A représenter en Septembre.
Travaux de vacances: REGARDER.

Bon, demain je me met au vert. Tout ça me saoule!

Zinzin-qui-gamberge-fulmine-et-se-sent-encerclée!

User avatar
GG1
Posts: 269
Joined: Fri Jan 27, 2012 2:38 pm
Contact:

Re: "je" vient ici rendre les armes!

Postby GG1 » Fri May 11, 2012 8:58 am

Hello Joëlle,

La peur semble te prendre toute entière et t’agiter fortement aujourd’hui !
Tu te sens encerclée, traquée… Sensations désagréables qui donnent envie de fuir ! Et puis d’un autre côté, tu as la certitude que aujourd’hui ou dans un an, tout s’effondrera… Ce qui crée une tension supplémentaire.

Peur parce que encerclée, traquée ; et peur parce que la chute semble inévitable.

Alors une première chose : c’est N-O-R-M-A-L.

Nous sommes en train de remettre en question des centaines d’années de conditionnement, de mode de pensée. Sans compter les conséquences d’une autre vision de la réalité : peur de ne plus fonctionner correctement dans le monde, peur de perdre ses repères, ses amis…

Et puis, peur de la mort, peur du « rien », de ne plus avoir de sensations, d’émotions, de n’être plus vivante, vibrante de vie...

Comment pourrait-on ne pas avoir peur ? C’est tout simplement impossible !

La première chose que j’ai envie de te dire, Joëlle, c’est : sois douce avec toi.
Sois douce aussi avec ce qui s’exprime ici aujourd’hui. Avec la peur, l’envie de fuir, le doute, etc. C’est parfaitement OK.

Puis si tu te sens prête, je te propose de regarder la peur (je reviens plus loin sur : qu’est-ce que regarder ?). Laisse-là simplement être là. Regarde où elle se situe dans le corps, laisse-toi la ressentir, reste en contact avec les sensations, sans rien en faire d’autre que de les ressentir et, autant que possible, sans t’y identifier.
Fais-en une amie, une compagne, petit à petit. Autrement dit, ne lutte pas contre elle, ne cherche pas à l’éviter ni à l’éradiquer. Elle peut t’enseigner des choses merveilleuses !
Rencontre-là, à ta manière. Par exemple : bonjour la peur, comment vas-tu ce matin ? Hum, tu sembles te porter comme un charme ;-).
Si tu la regardes de près, tu verras que rien de dramatique n’est en train d’arriver.
D’ailleurs, les sensations physiques pures sont-elles réellement insupportables ? Sont-elles vraiment si douloureuses ?
Invite-là à partager sa sagesse : dis-moi, qu’as-tu à me dire ?
Puis regarde ce qui se cache derrière. Par exemple, quelles sont les pensées exactes qui la créent. Je t’ai donné quelques idées, je te propose d’écrire ta propre liste.
Note que ces pensées concernent toutes le futur. Pas de futur, pas de peur.
Note surtout que ce ne sont que des pensées. Aucune preuve qu’elles deviendront réalité. Et si tu cessais de croire « sur parole » à ces pensées ?

Et bien sûr, sens-toi complètement libre de tout laisser tomber. Ne va que là où tu sens d’aller, et de la manière dont tu le sens. Je ne suis pas là pour te forcer à faire quoi que ce soit. Alors surtout, ne te force à rien. Va à ton rythme, en ton âme et conscience ou/et en obéissant à la peur, ou je ne sais quoi d’autre.
Je te propose seulement de t’accompagner au travers de ce périple apeurant. Et si tu as l’impression que je vais trop vite ou trop loin, ou que je remets trop de choses en question, je m’en excuse, et s’il te plaît, n’hésite pas à me le dire. C’est toi qui décides de faire une pause, d’arrêter le voyage, te revenir sur tes pas, ou de continuer. Je ne suis là que pour te dire « regarde ici, regarde là » et je ne prétends pas le faire toujours de la manière la plus adaptée ;-).

« Qu’est-ce que regarder ? » me demandes-tu. Je n’ai pas le sentiment qu’il n’y ait qu’un seul regard. De plus, c’est un terme générique. On pourrait aussi parfois, ou selon les personnes, dire « Ecoute » plutôt que regarde, ou encore « Ressens », voire même « Accueille ». Chacun de nous à ses canaux privilégiés de perception, et de plus, ils peuvent changer selon les circonstances ou le sujet abordé.

Souviens-toi des réponses que tu as faites autour de la conscience d’être : très claires ! (postées le 10 mai à minuit)
D’où te sont-elles venues ? Là il y a vrai regard.

Lorsque tu regardes les pensées passer comme les voitures sur une route, il y a aussi vrai regard. Bon, elles jouent à cache-cache pour l’instant. Mais si tu continues, tu les verras apparaître. Accepte que, peut-être, elles proviennent de nulle part, apparaissent ex nihilo.

En fait, c’est l’une des caractéristiques principales du regard : il n’a aucun présupposé. Il est libre de tout conditionnement et de tout jugement. Donc parfait accueil. Il est toujours innocent, comme celui d’un enfant.

Parfois, le regard est facile, évident : tu portes le regard en direction de ce qui est proposé, et c’est vu ;
Parfois, il a besoin d’être plus concentré ; parfois totalement détendu ;
Parfois, on est surpris et immobilisé comme au passage d’une harde de chevreuils ;
Etc.
Le regard ne fait jamais appel à la réflexion, il ne cherche pas à comprendre, même s’il permet les « insight », les prises de conscience. Il regarde les pensées, le corps, les émotions, et ce qui précède tout cela telle la conscience d’être.

A propos de ta récapitulation. (Au passage, là aussi il y a regard)
Oui, tu « vois » bien ce qu’est la conscience d’être. Elle n’est pas identifiée au corps est tranquille, équanime.
Tu es train de prendre conscience de ce que sont les pensées.
Tu es train aussi, à ton corps défendant, de devoir laisser tomber l’idée d’un moi, faute de le trouver. Je te mets 15/20 ;-)
J’y ajoute une catégorie si tu le permets : Tu résistes « normalement » ;-)

Respire profondément, lentement, consciente du fait de respirer, encore et encore. Ca va aider !

Profite bien de la verdure !
Everything is That

User avatar
zinzin
Posts: 72
Joined: Fri Apr 20, 2012 11:54 pm

Re: "je" vient ici rendre les armes!

Postby zinzin » Sat May 12, 2012 5:22 pm

Salutations patiente compagnie!
Et si tu as l’impression que je vais trop vite ou trop loin, ou que je remets trop de choses en question, je m’en excuse, et s’il te plaît, n’hésite pas à me le dire. C’est toi qui décides de faire une pause, d’arrêter le voyage, te revenir sur tes pas, ou de continuer. Je ne suis là que pour te dire « regarde ici, regarde là » et je ne prétends pas le faire toujours de la manière la plus adaptée
Non, non! ne change rien! Et surtout ne t'excuse pas! J'ai relu ce que j'ai écris et je ris toute seule de mon pétage de cable! Désolée pour cette agression... il fallait que quelqu'un encaisse avec moi... Vraiment désolée.

La première chose que j’ai envie de te dire, c’est : sois douce avec toi.
Sois douce aussi avec ce qui s’exprime ici aujourd’hui. Avec la peur, l’envie de fuir, le doute, etc. C’est parfaitement OK.
Oui, tu as raison. Je met trop la pression. Je vais libérer ce cheval fou dans ma tête! on va l'apprivoiser petit à petit!

je te propose de regarder la peur. Laisse-là simplement être là. Regarde où elle se situe dans le corps, laisse-toi la ressentir, reste en contact avec les sensations, sans rien en faire d’autre que de les ressentir et, autant que possible, sans t’y identifier.
Fais-en une amie, une compagne, petit à petit. Autrement dit, ne lutte pas contre elle, ne cherche pas à l’éviter ni à l’éradiquer. Elle peut t’enseigner des choses merveilleuses !
Rencontre-là, à ta manière. Par exemple : bonjour la peur, comment vas-tu ce matin ? Hum, tu sembles te porter comme un charme ;-).
Si tu la regardes de près, tu verras que rien de dramatique n’est en train d’arriver.
Invite-là à partager sa sagesse : dis-moi, qu’as-tu à me dire ?
Puis regarde ce qui se cache derrière. Par exemple, quelles sont les pensées exactes qui la créent. Je t’ai donné quelques idées, je te propose d’écrire ta propre liste.
Note que ces pensées concernent toutes le futur. Pas de futur, pas de peur.
Note surtout que ce ne sont que des pensées. Aucune preuve qu’elles deviendront réalité. Et si tu cessais de croire « sur parole » à ces pensées ?
Oui. je crois que c'est plus a ma portée. je le sens assez bien et je sais regarder l'esprit vide. On verra bien ce qui se révèle...

D’ailleurs, les sensations physiques pures sont-elles réellement insupportables ? Sont-elles vraiment si douloureuses ?
En fait, non. Pas du tout..

Et bien sûr, sens-toi complètement libre de tout laisser tomber.
Mais non, je ne veux pas laisser tomber! C'est pour ca que c'est ambivalent. Je suis juste stressée de ne pas arriver a comprendre ce qu'on me dit ou voir ce qu'on me montre. Bref de ne pas être à la hauteur.
Et je me rend compte que si je loupe le coche ici, alors je n'ai aucune chance d'y arriver. Jamais. Et le temps passe...


Souviens-toi des réponses que tu as faites autour de la conscience d’être : très claires ! (postées le 10 mai à minuit)
D’où te sont-elles venues ? Là il y a vrai regard.
En fait, quand on regarde avec l'esprit vide il y a parfois une réponse intantanée qui surgit. Pas intellectuelle. Une compréhension évidente, toute faite, all inclusive.
Le problème est que ce type de compréhension est régi par la même logique que les transports en commun bruxellois: ils n'arrivent que lorsqu'on a réellement cesser de les attendre. Et faire semblant d'être détaché ne fonctionne pas!


Je te mets 15/20 ;-)
Trop généreux, Monseigneur!

J’y ajoute une catégorie si tu le permets : Tu résistes « normalement » ;-)
Oui, mais je vais calmer le jeu et aborder les choses plus en douceur. Je vais "regarder" pendant une semaine et je reviendrai alors pour un ti débriefing cool, relax, rien a carrer!.

Merci encore pour ce message très apaisant,
Zinzinzen

User avatar
GG1
Posts: 269
Joined: Fri Jan 27, 2012 2:38 pm
Contact:

Re: "je" vient ici rendre les armes!

Postby GG1 » Sat May 12, 2012 7:20 pm

Oui Joëlle, prends le temps, et ne t'inquiète pas :
Si tu veux vraiment voir, ça ne peut pas ne pas arriver.
Nous sommes nés pour cela, de même que les enfants sont nés pour savoir marcher un jour.

Et comme pour les transports bruxellois (que je ne connais pas) ils arrivent à point à qui cesse d'attendre ;-)

On ne peut pas faire semblant de cesser d'attendre ou d'être détachée, ça n'aide pas. Mais on peut reagarder l'attente, les sensations qu'elle crèe dans le corps et les pensées qui la soutiennent.

Tu vois, aujourd'hui ta réaction de l'autre jour te fait rire. Tu en es détachée. Pourtant ta souffrance te semblait bien réelle et intense ! En fait, ce n'était que du vent... (et toi aussi ne sois pas désolée, tout est parfaitement OK ;-))
C'est la magie du regard posé sur ce qui arrive : il transforme les choses.

Par exemple, tu écris :
"Je suis juste stressée de ne pas arriver a comprendre ce qu'on me dit ou voir ce qu'on me montre"
C'est une pensée ("je n'arrive pas à comprendre ou voir ce qu'on me montre") que tu crois vraie et le fait d'y croire génère du stress. Si tu ne pouvais pas avoir cette pensée ? Ou si tu l'avais mais ne pouvait pas y croire ? Tout serait plus tranquille, n'est-ce pas !?
Alors, à nouveau, je te propose de cesser de croire à tes pensées "sur parole" ;-)

De même pour : "Bref de ne pas être à la hauteur". Ce n'est qu'une banale pensée qui passe et repasse depuis des décennies comme un vieux disque rayé. Elle est saisie, par habitude, par conditionnement, ou pour je ne sais quelle autre raison, tu te l'appropries et tu la crois vraie.
Pour ton plus grand malheur.

En Réalité. Ce n'est qu'une pensée, et elle est erronée. Comme tu finiras par t'en rendre compte, et comme cela est déjà SU au plus profond de toi : Tu ne peux pas ne pas être à la hauteur ! :-)

Pas besoin de croire aux pensées. Ce ne sont que des pensées ! Et même si tu ne peux voir leur fausseté, rien ne prouve qu'elles soient réellement vraies, sans l'ombre du plus petit doute. Alors, au profit du doute, autant que tu le peux, remets-les à leur juste place : ce ne sont que des pensées ; nul besoin d'y croire, d'en faire une histoire personnelle.

Je t'embrasse et t'envoie un petit coeur ;-)
(je ne sais pas activer les émoticones sur le forum !)
Gérard
Everything is That


Return to “Français (archives)”

Who is online

Users browsing this forum: No registered users and 1 guest