What brings you to Liberation Unleashed?:
Bonjour
Suite à l'apparition de symptômes physiques, j'ai recherché les moyens de m'en défaire. J'ai ainsi croisé la route de certaines sagesses, en particulier la voie d'Arnaud Desjardins.
C'est sur un forum dédié à cette Voie que j'ai appris l'existence de LU via Michel (Chronophonix).
Quelques sites parlant aussi de certaines guérisons physiques, je garde un espoir pour voir disparaitre mes symptômes (mais je pense que cet espoir peut être dépassé par l'acceptation totale de ceux-là).
What do you expect of the conversation on this forum?:
Je souhaite passer de l'étape "savoir" (ma compréhension intellectuelle de l'illusion de l'ego) à "voir". Je suis dans la phase où c'est mon mental qui essaie de comprendre. La discussion ici doit me permettre de casser cette croyance (ou cette erreur de compréhension).
What is your background in terms of seeking and inquiry?:
Depuis un an, je fais presque quotidiennenemnt de la méditation (après avoir suivi un cycle MBSR).
Cela fait deux ans que je suis les propositions d'A. Desjardins (débuté par une retraite dans un ashram lié à son enseignement).
Sur l'échelle ci-dessous, je mets 8, car une partie de moi a quand même peur de se perdre...
Ne plus etre en desaccord avec mon corps
- Chronophonix
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Re: Ne plus etre en desaccord avec mon corps
Bonsoir Vincent
Parfait, parfait. Voici un exercice qui vise précisément à «casser» le fonctionnement discursif du mental et de t'amener à la vision. Bien entendu, ça ne marchera sans doute pas du premier coup, mais ça devrait semer la graine d'où pourrait germer une intuition illuminatrice ! Je plaisante, mais tu vas voir que c'est en fait très sérieux...
Alors voilà :
Tu poses une boite en carton (en tout cas, aux parois opaques) et un stylo sur une table. Tu les observes un moment. Puis, tu places le stylo dans la boite et tu fermes celle-ci afin de ne pas voir ce qu'il y a dedans. Tu observes à nouveau : y a-t-il un stylo dans la boite ?
1 Tu réponds en te fiant à l'intellect. Que dit le mental ? Pas de commentaire superflu, juste la réponse spontanée à la question.
2 Tu réponds en te fiant à l'expérience directe : que vois-tu ? Une boite posée sur une table, et puis tout autour, des éléments de décor, mais vois-tu le stylo ? Existe-t-il encore ? Si la pensée «mais je sais qu'il est dans la boite puisque c'est moi-même qui viens à l'instant de l'y placer» apparait, ou toute autre pensée en rapport avec la question, peux-tu observer cette pensée comme également un élément du décor, tout comme le sont la boite, la table, et le reste ? Un élément dont la nature semble être différente de celle de la boite, certes, mais un simple élément du décor. Observe à présent le fait suivant : il y a juste maintenant de nombreux «objets» qui peuplent ta conscience; objets physiques (la table, la pièce, le sol, etc...), objets mentaux (des pensées), peut-être même objets sensoriels (une démangeaison, une douleur, une tension, etc...) Mais qu'est-ce qui permet de «voir» tous ces objets ? Ce qui voit, est-ce aussi un objet ? Et là, aucune pensée ne peut répondre à cette question, car toute réponse pensée sera elle-même un objet. Si tu réponds «c'est moi qui voit», cette réponse est une pensée, donc un nouvel objet. Si tu te dis «c'est moi qui voit, parce que je le sais et je le sens», à nouveau, il s'agit encore de nouveaux objets : pensée + ressentis. Mais ce n'est toujours pas la réponse à la question. Observe «ce qui voit» sans en faire un objet de conscience. Impossible, n'est-ce pas ? Un véritable «koan» zen !
Et pourtant, c'est là que se trouve la «sortie». Le mental ne pourra jamais résoudre cette énigme, mais l'intuition le peut. Et c'est en restant résolument avec la question «Ce qui voit, est-ce aussi un objet ?» que l'intellect va finir tôt ou tard par capituler et que l'intuition de l'évidence va se déployer sans mots, sans pensées, juste avec un grand sourire...
Reviens me dire tes premières impressions après avoir tenté cet exercice...
Bien à toi
Michel
Je souhaite passer de l'étape "savoir" (ma compréhension intellectuelle de l'illusion de l'ego) à "voir". Je suis dans la phase où c'est mon mental qui essaie de comprendre. La discussion ici doit me permettre de casser cette croyance (ou cette erreur de compréhension).
Parfait, parfait. Voici un exercice qui vise précisément à «casser» le fonctionnement discursif du mental et de t'amener à la vision. Bien entendu, ça ne marchera sans doute pas du premier coup, mais ça devrait semer la graine d'où pourrait germer une intuition illuminatrice ! Je plaisante, mais tu vas voir que c'est en fait très sérieux...
Alors voilà :
Tu poses une boite en carton (en tout cas, aux parois opaques) et un stylo sur une table. Tu les observes un moment. Puis, tu places le stylo dans la boite et tu fermes celle-ci afin de ne pas voir ce qu'il y a dedans. Tu observes à nouveau : y a-t-il un stylo dans la boite ?
1 Tu réponds en te fiant à l'intellect. Que dit le mental ? Pas de commentaire superflu, juste la réponse spontanée à la question.
2 Tu réponds en te fiant à l'expérience directe : que vois-tu ? Une boite posée sur une table, et puis tout autour, des éléments de décor, mais vois-tu le stylo ? Existe-t-il encore ? Si la pensée «mais je sais qu'il est dans la boite puisque c'est moi-même qui viens à l'instant de l'y placer» apparait, ou toute autre pensée en rapport avec la question, peux-tu observer cette pensée comme également un élément du décor, tout comme le sont la boite, la table, et le reste ? Un élément dont la nature semble être différente de celle de la boite, certes, mais un simple élément du décor. Observe à présent le fait suivant : il y a juste maintenant de nombreux «objets» qui peuplent ta conscience; objets physiques (la table, la pièce, le sol, etc...), objets mentaux (des pensées), peut-être même objets sensoriels (une démangeaison, une douleur, une tension, etc...) Mais qu'est-ce qui permet de «voir» tous ces objets ? Ce qui voit, est-ce aussi un objet ? Et là, aucune pensée ne peut répondre à cette question, car toute réponse pensée sera elle-même un objet. Si tu réponds «c'est moi qui voit», cette réponse est une pensée, donc un nouvel objet. Si tu te dis «c'est moi qui voit, parce que je le sais et je le sens», à nouveau, il s'agit encore de nouveaux objets : pensée + ressentis. Mais ce n'est toujours pas la réponse à la question. Observe «ce qui voit» sans en faire un objet de conscience. Impossible, n'est-ce pas ? Un véritable «koan» zen !
Et pourtant, c'est là que se trouve la «sortie». Le mental ne pourra jamais résoudre cette énigme, mais l'intuition le peut. Et c'est en restant résolument avec la question «Ce qui voit, est-ce aussi un objet ?» que l'intellect va finir tôt ou tard par capituler et que l'intuition de l'évidence va se déployer sans mots, sans pensées, juste avec un grand sourire...
Reviens me dire tes premières impressions après avoir tenté cet exercice...
Bien à toi
Michel
«Pas ce qui devrait être, ce qui est» (Swami Prajnanpad)
Re: Ne plus etre en desaccord avec mon corps
Bonjour Michel
Merci de ce petit exercice si facile à mettre en place. Tu as bien évoqué tout ce qui m'est passé par la tête... Je ferai une liste à la Prévert de ce qui s'est présenté :
"Je sais que le crayon est là...", "je me vois...", "mais il est où cet observateur à la noix?...", "si je ne ressens pas cet observateur, c'est qu'il n'existe pas...", "la pensée n'est pas un objet puisque c'est moi, et que je n'en suis pas un"...
Le seule chose que je peux affirmer (même si c'est encore une pensée), c'est que je suis incapable de trouver l'origine de mes pensées, excepté, peut-être, quand je réfléchis (mais là encore j'ai un doute...).
Pour ce qui est de mes symptômes, je précise qu'ils sont non douloureux (vitiligo, acouphènes,...).
Bien à toi
Vincent
Merci de ce petit exercice si facile à mettre en place. Tu as bien évoqué tout ce qui m'est passé par la tête... Je ferai une liste à la Prévert de ce qui s'est présenté :
"Je sais que le crayon est là...", "je me vois...", "mais il est où cet observateur à la noix?...", "si je ne ressens pas cet observateur, c'est qu'il n'existe pas...", "la pensée n'est pas un objet puisque c'est moi, et que je n'en suis pas un"...
Le seule chose que je peux affirmer (même si c'est encore une pensée), c'est que je suis incapable de trouver l'origine de mes pensées, excepté, peut-être, quand je réfléchis (mais là encore j'ai un doute...).
Pour ce qui est de mes symptômes, je précise qu'ils sont non douloureux (vitiligo, acouphènes,...).
Bien à toi
Vincent
- Chronophonix
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Re: Ne plus etre en desaccord avec mon corps
Bonsoir Vincent
Il convient de distinguer entre deux possibilités :
1 Jaillissement de l'intuition première, non pensée, qui peut être suivie d'une description verbale qui elle, est donc pensée. Là, ça fonctionne bien, c'est fluide.
2 Déploiement de la pensée première qui va tenter de se faire passer pour une intuition. Là, tout va très vite aller de travers !
Le fonctionnement sain, c'est d'abord tu «vois», ensuite, si cela vient, tu mets la vision en mots pour la communiquer. Lorsque tu écris que tu es incapable de trouver l'origine de tes pensées, je sens que tu le «vois» avant de le dire. «Je suis incapable de trouver l'origine de mes pensées»: voilà une évidence indubitable; y a-t-il une autre intuition qui peut se déployer à partir de là ? Pas une autre pensée, nous sommes bien d'accord, une évidence vécue, directe. Regarde, observe, vois où ça te conduit. Et reviens sur la question du message précédent, trouve la réponse, sachant que cette réponse ne peut pas être une pensée. Et toujours par la vision directe, trouve la réponse à cette autre question : y a-t-il vraiment une entité séparée et autonome appelée ordinairement «moi» ou «je» ?
Nous aborderons plus tard la question des symptômes physiques; il faut un peu de temps pour évaluer si le travail que nous faisons ici va avoir une interaction avec ceux-ci.
Bien à toi
Michel
PS : dans ce travail, nous évitons habituellement de nous référer à des textes quels qu'ils soient. Mais là, je vais faire une exception, car ce petit extrait de Nietzsche vient tout à fait à propos !
Le seule chose que je peux affirmer (même si c'est encore une pensée), c'est que je suis incapable de trouver l'origine de mes pensées
Il convient de distinguer entre deux possibilités :
1 Jaillissement de l'intuition première, non pensée, qui peut être suivie d'une description verbale qui elle, est donc pensée. Là, ça fonctionne bien, c'est fluide.
2 Déploiement de la pensée première qui va tenter de se faire passer pour une intuition. Là, tout va très vite aller de travers !
Le fonctionnement sain, c'est d'abord tu «vois», ensuite, si cela vient, tu mets la vision en mots pour la communiquer. Lorsque tu écris que tu es incapable de trouver l'origine de tes pensées, je sens que tu le «vois» avant de le dire. «Je suis incapable de trouver l'origine de mes pensées»: voilà une évidence indubitable; y a-t-il une autre intuition qui peut se déployer à partir de là ? Pas une autre pensée, nous sommes bien d'accord, une évidence vécue, directe. Regarde, observe, vois où ça te conduit. Et reviens sur la question du message précédent, trouve la réponse, sachant que cette réponse ne peut pas être une pensée. Et toujours par la vision directe, trouve la réponse à cette autre question : y a-t-il vraiment une entité séparée et autonome appelée ordinairement «moi» ou «je» ?
Nous aborderons plus tard la question des symptômes physiques; il faut un peu de temps pour évaluer si le travail que nous faisons ici va avoir une interaction avec ceux-ci.
Bien à toi
Michel
PS : dans ce travail, nous évitons habituellement de nous référer à des textes quels qu'ils soient. Mais là, je vais faire une exception, car ce petit extrait de Nietzsche vient tout à fait à propos !
«Pour ce qui est de la superstition des logiciens, je ne me lasserai jamais de souligner un petit fait que ces esprits superstitieux ne reconnaissent pas volontiers à savoir qu’une pensée se présente quand « elle » veut, et non pas quand « je » veux ; de sorte que c’est falsifier la réalité que de dire : le sujet « je » est la condition du prédicat « pense ». Quelque chose pense, mais que ce quelque chose soit justement l’antique et fameux « je », voilà, pour nous exprimer avec modération, une simple hypothèse, une assertion, et en tout cas pas une « certitude immédiate ». En définitive, ce « quelque chose pense » affirme déjà trop ; ce « quelque chose » contient déjà une interprétation du processus et n’appartient pas au processus lui-même. En cette matière, nous raisonnons d’après la routine grammaticale : « Penser est une action, toute action suppose un sujet qui l’accomplit, par conséquent... » C’est en se conformant à peu près au même schéma que l’atomisme ancien s’efforça de rattacher à l’« énergie » qui agit une particule de matière qu’elle tenait pour son siège et son origine, l’atome. Des esprits plus rigoureux nous ont enfin appris à nous passer de ce reliquat de matière, et peut-être un jour les logiciens s’habitueront-ils eux aussi à se passer de ce « quelque chose », auquel s’est réduit le respectable « je » du passé.»
NIETZSCHE, Par delà le bien et le mal (1886).
«Pas ce qui devrait être, ce qui est» (Swami Prajnanpad)
Re: Ne plus etre en desaccord avec mon corps
Bonjour Michel
Je ne sais si Nietzsche m'a éclairé durant cette fête de Noël ! Je suis en période de turbulence depuis deux jours et j'ai donc un mental bien ancré et puissant.
Voici néanmoins ce que je peux dire de ces quelques jours de ressentis/réflexions...
Tout d'abord, à chaque début de réflexion, j'ai ressenti comme une vague peur, comme si "je" ne voulait investir cette question (mais ce n'est pas totalement clair pour moi).
Le "Ce qui voit" ne me semble pas douer d'émotions mais juste d'acceptations. Ne voulant reprendre la classique image de l'écran de cinéma, je me suis intéressé à un miroir qui ne reflète que ce qu'il voit/sent/ressent avec une neutralité totale. Quand le stylo est dans la boite, il n'y a pas de stylo à refléter...
Par contre, difficile pour moi de voir une unité entre ce miroir et moi.
D'un autre côté, je me suis posé la question : puis-je ne pas ressentir? La réponse m'apparait double. A la fois non : quand je ressens le vent sur mon visage, je ne peux pas ne pas le sentir... Mais quand mon mental prend toute la place, je me demande s'il y a ressenti...
Pour l'origine des pensées, je suis un peu perplexe car cela peut être une simple création biochimique cérébrale, auto-démarrée (que d'ailleurs, certains psychotropes savent bloquer non?).
Voilà où j'en suis...
Bien à toi
Vincent
Je ne sais si Nietzsche m'a éclairé durant cette fête de Noël ! Je suis en période de turbulence depuis deux jours et j'ai donc un mental bien ancré et puissant.
Voici néanmoins ce que je peux dire de ces quelques jours de ressentis/réflexions...
Tout d'abord, à chaque début de réflexion, j'ai ressenti comme une vague peur, comme si "je" ne voulait investir cette question (mais ce n'est pas totalement clair pour moi).
Le "Ce qui voit" ne me semble pas douer d'émotions mais juste d'acceptations. Ne voulant reprendre la classique image de l'écran de cinéma, je me suis intéressé à un miroir qui ne reflète que ce qu'il voit/sent/ressent avec une neutralité totale. Quand le stylo est dans la boite, il n'y a pas de stylo à refléter...
Par contre, difficile pour moi de voir une unité entre ce miroir et moi.
D'un autre côté, je me suis posé la question : puis-je ne pas ressentir? La réponse m'apparait double. A la fois non : quand je ressens le vent sur mon visage, je ne peux pas ne pas le sentir... Mais quand mon mental prend toute la place, je me demande s'il y a ressenti...
Pour l'origine des pensées, je suis un peu perplexe car cela peut être une simple création biochimique cérébrale, auto-démarrée (que d'ailleurs, certains psychotropes savent bloquer non?).
Voilà où j'en suis...
Bien à toi
Vincent
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Re: Ne plus etre en desaccord avec mon corps
Bonsoir Vincent
Voilà une piste intéressante : une vague peur... Au niveau de la sensation corporelle, où se trouve donc ce ressenti pointé par ces deux mots ? Comment se manifeste-t-il ? Peux-tu tenter une description, à faire bien entendu au moment même où ce ressenti apparait ? Sans commentaire, juste une description «scientifique» ! Un phénomène se produit, je l'observe, je le décris, point final...
Parfait ! Dans ce miroir, il y aura donc tout ce qui apparait, y compris l'idée difficile pour «moi» de voir une unité entre ce miroir et moi. Ce «moi» évoqué à l'instant, apparait-il aussi dans le miroir ? Et le miroir apparait-il lui-même dans un miroir encore plus vaste ?
Là, il s'agit d'observer avec une attention fine et acérée : tu ressens le vent sur ton visage, bien. Cette sensation est-elle continue (dans l'hypothèse où il n'y a pas de changement dans la situation : il y a du vent et tu es là, face à ce vent) ? Avec un peu de persévérance, tu vas découvrir que pendant le temps (souvent très bref, parfois plus long) où une pensée occupe ta conscience, la sensation semble ne plus être là. Le vent est toujours là, mais pendant quelques secondes, ou plus, tu ne le sens pas. Vérifie cela par toi-même; tu vas même découvrir que c'est valable pour toutes les sensations : lorsque tu penses, la pensée occupe tout le champ de conscience pendant le temps qu'elle se déploie et te coupe des ressentis. Si cette pensée génère des émotions, tu vas à nouveau être en contact avec le ressenti physique, cette fois-ci celui de l'émotion, jusqu'à ce qu'une autre pensée (un refus, par exemple) vienne à son tour envahir le champ de conscience, te couper de ce ressenti émotionnel, en générer un autre, et ainsi de suite. Et la pensée «moi» en est un exemple remarquable : «moi» envahit le champ de conscience, génère l'émotion «moi-je», si convaincante qu'elle éclipse tout le reste. Et cette pensée «moi», c'est comme le père Noël: tant que tu y crois, cela existe, parce que cette pensée s'accompagne d'une émotion tellement convaincante...et pourtant, nous avons tous dû un jour ou l'autre faire le deuil de ce père Noël que nous chérissions tellement!
Donc, Vincent, il me faut te poser les questions fondamentales : crois-tu au Père Noël ? Crois-tu à «moi-je» ?
Bien à toi
Michel
PS Au fait, quel est l'origine de la pensée «simple création biochimique cérébrale, auto-démarrée» ?
Tout d'abord, à chaque début de réflexion, j'ai ressenti comme une vague peur, comme si "je" ne voulait investir cette question (mais ce n'est pas totalement clair pour moi).
Voilà une piste intéressante : une vague peur... Au niveau de la sensation corporelle, où se trouve donc ce ressenti pointé par ces deux mots ? Comment se manifeste-t-il ? Peux-tu tenter une description, à faire bien entendu au moment même où ce ressenti apparait ? Sans commentaire, juste une description «scientifique» ! Un phénomène se produit, je l'observe, je le décris, point final...
un miroir qui ne reflète que ce qu'il voit/sent/ressent avec une neutralité totale.
Parfait ! Dans ce miroir, il y aura donc tout ce qui apparait, y compris l'idée difficile pour «moi» de voir une unité entre ce miroir et moi. Ce «moi» évoqué à l'instant, apparait-il aussi dans le miroir ? Et le miroir apparait-il lui-même dans un miroir encore plus vaste ?
quand je ressens le vent sur mon visage, je ne peux pas ne pas le sentir... Mais quand mon mental prend toute la place, je me demande s'il y a ressenti...
Là, il s'agit d'observer avec une attention fine et acérée : tu ressens le vent sur ton visage, bien. Cette sensation est-elle continue (dans l'hypothèse où il n'y a pas de changement dans la situation : il y a du vent et tu es là, face à ce vent) ? Avec un peu de persévérance, tu vas découvrir que pendant le temps (souvent très bref, parfois plus long) où une pensée occupe ta conscience, la sensation semble ne plus être là. Le vent est toujours là, mais pendant quelques secondes, ou plus, tu ne le sens pas. Vérifie cela par toi-même; tu vas même découvrir que c'est valable pour toutes les sensations : lorsque tu penses, la pensée occupe tout le champ de conscience pendant le temps qu'elle se déploie et te coupe des ressentis. Si cette pensée génère des émotions, tu vas à nouveau être en contact avec le ressenti physique, cette fois-ci celui de l'émotion, jusqu'à ce qu'une autre pensée (un refus, par exemple) vienne à son tour envahir le champ de conscience, te couper de ce ressenti émotionnel, en générer un autre, et ainsi de suite. Et la pensée «moi» en est un exemple remarquable : «moi» envahit le champ de conscience, génère l'émotion «moi-je», si convaincante qu'elle éclipse tout le reste. Et cette pensée «moi», c'est comme le père Noël: tant que tu y crois, cela existe, parce que cette pensée s'accompagne d'une émotion tellement convaincante...et pourtant, nous avons tous dû un jour ou l'autre faire le deuil de ce père Noël que nous chérissions tellement!
Donc, Vincent, il me faut te poser les questions fondamentales : crois-tu au Père Noël ? Crois-tu à «moi-je» ?
Bien à toi
Michel
PS Au fait, quel est l'origine de la pensée «simple création biochimique cérébrale, auto-démarrée» ?
«Pas ce qui devrait être, ce qui est» (Swami Prajnanpad)
Re: Ne plus etre en desaccord avec mon corps
Bonjour Michel
Je tente de donner une réponse directe et rapide à tes questions...
Et cela rejoint une réflexion que j'ai eu hier à propos de la question "qui croit à mes pensées?" : je ne pus répondre autre chose que "mes pensées". Donc ma croyance repose sur rien puisque les pensées proviennent de rien. C'est encore au stade intellectuel mais ça chemine aussi dans le corps.
Je dois ajouter un autre événement. J'ai été me balader sur l'archivage du site et j'ai lu la confession d'Anne-Gaëlle. C'était dans un moment de forte angoisse que je ressentais par une tension dans le corps. Elle a écrit qu'elle a tenté de refuser et nier le réel ce qui s'est avéré bien inutile... Et là, ça a ouvert une vanne en moi, une espèce d'acceptation que nier/refuser était vain. Ça a éclairci (momentanément) mon horizon.
Comme je te l'ai exprimé, je vois (ou je pense voir!) la mangue mais je n'y goute pas :)
Pour le "moi-je", je lui fais encore crédit car... j'allais écrire "comme le Père Noël, je le vois toujours"...
Bien à toi
Vincent
Je tente de donner une réponse directe et rapide à tes questions...
Il est mental... Comme une petite voix disant non.Au niveau de la sensation corporelle, où se trouve donc ce ressenti pointé par ces deux mots ? Comment se manifeste-t-il ?
Et bien non! Et là, c'est une surprise... Comme mon mental a de la ressource, la réflexion s'est poursuivie autour de "c'est quoi "moi" ?". Sont apparus le corps (mais puis-je affirmer que mon corps pense?), l'électrobiochimie du cerveau (si, si... quand même!)...Ce «moi» évoqué à l'instant, apparait-il aussi dans le miroir ?
Et cela rejoint une réflexion que j'ai eu hier à propos de la question "qui croit à mes pensées?" : je ne pus répondre autre chose que "mes pensées". Donc ma croyance repose sur rien puisque les pensées proviennent de rien. C'est encore au stade intellectuel mais ça chemine aussi dans le corps.
Je dois ajouter un autre événement. J'ai été me balader sur l'archivage du site et j'ai lu la confession d'Anne-Gaëlle. C'était dans un moment de forte angoisse que je ressentais par une tension dans le corps. Elle a écrit qu'elle a tenté de refuser et nier le réel ce qui s'est avéré bien inutile... Et là, ça a ouvert une vanne en moi, une espèce d'acceptation que nier/refuser était vain. Ça a éclairci (momentanément) mon horizon.
Oui, mais j'ai l'impression que c'est le mental qui s'empare de cela... Si je vois le miroir, c'est que le "je vois" fait aussi partie d'un panorama plus large qui est vu (donc un nouveau miroir)... and so on à l'infini.Et le miroir apparait-il lui-même dans un miroir encore plus vaste ?
Comme je te l'ai exprimé, je vois (ou je pense voir!) la mangue mais je n'y goute pas :)
Complètement d'accord avec toi. Parfois, je ne le ressens pas puisque je suis dans mes pensées. Mon mental est donc un filtre puissant contre le ressenti de l'instant... Mais cela m'amène toujours dans une impasse (mentale) : peut-on avoir des émotions (au sens large) en étant dans l'instant? Toujours cette idée que l'observateur est neutre, donc sans émotions... Mais là, je conçois que je me réfère à ma propre définition des émotions et que je ne sais quel goût a la mangue....le vent ...
Pour le Père Noël, c'est bon, j'ai fait mon deuil... chaque année confirmé par la forte décroissance de mon niveau bancaire !Père-Noël et "moi/je"
Pour le "moi-je", je lui fais encore crédit car... j'allais écrire "comme le Père Noël, je le vois toujours"...
Bien à toi
Vincent
Si je savais répondre à cette question, je résoudrais l'origine du monde et je publierai dans Science et Nature !PS Au fait, quel est l'origine de la pensée «simple création biochimique cérébrale, auto-démarrée» ?
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Re: Ne plus etre en desaccord avec mon corps
Bonsoir Vincent
Un ressenti mental ? Hmmmmm... Bon, une peur a toujours une composante de ressenti physique, sinon, ce n'est qu'une pensée de peur : est-ce le cas ? Si oui, va au bout de cette pensée : peur de quoi ?
Voilà une «bonne» question ! L'idée est de trouver «moi» directement : si la pensée dit «le corps», ok, trouve donc où est localisé «moi» au niveau du corps. Si la pensée évoque l'électro-biochimie du cerveau, tu n'auras aucun moyen direct de vérifier cela, à moins de prendre conscience directement des interactions électriques entre neurones, et ça, je ne connais personne pour l'instant qui en rapporté l'expérience concrète !
Excellent ! Je t'invite à faire passer chaque croyance par cette «moulinette», tu vas découvrir où cela t'amène. Il faut le faire de manière résolue, se montrer impitoyable avec chaque croyance mise au grand jour. Pour info, la première version de ce forum s'appelait «ruthless truth»...
Excellent également ! Je peux témoigner par ma propre expérience que c'est vrai à 100% !
Oui, dès que le mental s'empare de cela, il crée un miroir plus vaste, qui étant vu mentalement à son tour, en crée encore un, etc...c'est ce qu'on appelle une régression infinie et c'est un excellent moyen de faire capituler l'intellect, car il est incapable de résoudre cette énigme. Tu peux aussi la formuler ainsi : je pense - je me vois penser - je me vois en train de me voir penser - je me vois me voyant en train de me voir penser - et ainsi de suite.
L'intellect va tôt ou tard déclarer forfait. Un autre moyen de faire capituler l'intellect est de pratiquer l'expérience psychologique de Gregory Bateson à propos de la différence :
Tu ne pourras «goûter» la mangue que lorsque le mental aura réellement capitulé ! Tant qu'il croit savoir, le goût n'est pas là.
Il convient de distinguer émotion de sentiment; et là, je me réfère à la définition de Swami Prajnanpad: l'émotion est en général réactionnelle, monte vite, et disparait vite : une colère, par exemple, ne dure pas pendant des heures. Le sentiment est souvent moins intense dans l'instant, mais dure dans le temps. Une émotion est aussi associée à une contraction sensorielle (les expressions la gorge serrée, le souffle coupé, un nœud à l'estomac en disent long sur le sujet) alors qu'un sentiment est associé à une détente, une dilatation, une expansion (on parlera d'ouverture du cœur, de sensation de paix ou de joie, d'impression océanique devant un beau paysage, etc...) Donc, lorsque tu es dans l'instant, dans le «oui à ce qui est», il y a des chances qu'émotionnellement, ce soit neutre, mais que tu éprouves un sentiment dont la manifestation corporelle sera de prime abord une détente, du bien-être. Tu peux observer cela sur toi-même, dans les situations de la vie quotidienne.
La pensée ou le ressenti, lorsqu'ils se produisent, occupent tout l'espace conscient. Ils sont exclusifs l'un de l'autre, ce qui fait que soit tu ressens, soit tu penses, mais pas les deux en même temps. Là encore, je t'invite à le vérifier par toi-même. C'est ce qui fait que revenir inlassablement au ressenti de l'instant est impératif pour avancer...
Bien à toi
Michel
Il est mental... Comme une petite voix disant non.
Un ressenti mental ? Hmmmmm... Bon, une peur a toujours une composante de ressenti physique, sinon, ce n'est qu'une pensée de peur : est-ce le cas ? Si oui, va au bout de cette pensée : peur de quoi ?
c'est quoi "moi" ?
Voilà une «bonne» question ! L'idée est de trouver «moi» directement : si la pensée dit «le corps», ok, trouve donc où est localisé «moi» au niveau du corps. Si la pensée évoque l'électro-biochimie du cerveau, tu n'auras aucun moyen direct de vérifier cela, à moins de prendre conscience directement des interactions électriques entre neurones, et ça, je ne connais personne pour l'instant qui en rapporté l'expérience concrète !
Donc ma croyance repose sur rien puisque les pensées proviennent de rien.
Excellent ! Je t'invite à faire passer chaque croyance par cette «moulinette», tu vas découvrir où cela t'amène. Il faut le faire de manière résolue, se montrer impitoyable avec chaque croyance mise au grand jour. Pour info, la première version de ce forum s'appelait «ruthless truth»...
ça a ouvert une vanne en moi, une espèce d'acceptation que nier/refuser était vain
Excellent également ! Je peux témoigner par ma propre expérience que c'est vrai à 100% !
Oui, mais j'ai l'impression que c'est le mental qui s'empare de cela... Si je vois le miroir, c'est que le "je vois" fait aussi partie d'un panorama plus large qui est vu (donc un nouveau miroir)... and so on à l'infini.
Oui, dès que le mental s'empare de cela, il crée un miroir plus vaste, qui étant vu mentalement à son tour, en crée encore un, etc...c'est ce qu'on appelle une régression infinie et c'est un excellent moyen de faire capituler l'intellect, car il est incapable de résoudre cette énigme. Tu peux aussi la formuler ainsi : je pense - je me vois penser - je me vois en train de me voir penser - je me vois me voyant en train de me voir penser - et ainsi de suite.
L'intellect va tôt ou tard déclarer forfait. Un autre moyen de faire capituler l'intellect est de pratiquer l'expérience psychologique de Gregory Bateson à propos de la différence :
Je vous invite à une expérience psychologique, ne serait-ce que pour montrer la fragilité de l'ordinateur humain. Remarquons pour commencer, que les différences de texture sont différentes (a) des différences de couleur. Observons, ensuite, que les différences de taille sont différentes (b) des différences de forme. Pareillement, les rapports sont différents (c) des différences soustractives.
Et, à présent, je vous invite à définir les différences entre : "différentes (a)", "différentes (b)", et "différents (c)", telles que ces expressions apparaissent dans le paragraphe précédent.
Nous nous apercevrons vite que l'ordinateur du cerveau humain rechigne à la tâche !
Tu ne pourras «goûter» la mangue que lorsque le mental aura réellement capitulé ! Tant qu'il croit savoir, le goût n'est pas là.
Toujours cette idée que l'observateur est neutre, donc sans émotions..
Il convient de distinguer émotion de sentiment; et là, je me réfère à la définition de Swami Prajnanpad: l'émotion est en général réactionnelle, monte vite, et disparait vite : une colère, par exemple, ne dure pas pendant des heures. Le sentiment est souvent moins intense dans l'instant, mais dure dans le temps. Une émotion est aussi associée à une contraction sensorielle (les expressions la gorge serrée, le souffle coupé, un nœud à l'estomac en disent long sur le sujet) alors qu'un sentiment est associé à une détente, une dilatation, une expansion (on parlera d'ouverture du cœur, de sensation de paix ou de joie, d'impression océanique devant un beau paysage, etc...) Donc, lorsque tu es dans l'instant, dans le «oui à ce qui est», il y a des chances qu'émotionnellement, ce soit neutre, mais que tu éprouves un sentiment dont la manifestation corporelle sera de prime abord une détente, du bien-être. Tu peux observer cela sur toi-même, dans les situations de la vie quotidienne.
Mon mental est donc un filtre puissant contre le ressenti de l'instant...
La pensée ou le ressenti, lorsqu'ils se produisent, occupent tout l'espace conscient. Ils sont exclusifs l'un de l'autre, ce qui fait que soit tu ressens, soit tu penses, mais pas les deux en même temps. Là encore, je t'invite à le vérifier par toi-même. C'est ce qui fait que revenir inlassablement au ressenti de l'instant est impératif pour avancer...
Bien à toi
Michel
«Pas ce qui devrait être, ce qui est» (Swami Prajnanpad)
Re: Ne plus etre en desaccord avec mon corps
Bonjour Michel
Cette peur est ce qui m'accompagne depuis longtemps, même si je n'en trouve pas l'origine. Je ressens (en pensées) une peur du changement qui me conduit à la peur de la mort.
La réflexion sur le moi ne m'as pas emmené loin. J'y vois une forte complexité ne pouvant se résumer à "un corps", "un système biochimique",... Ce qui est vrai, c'est que je ne peux définir ce moi, puisqu'il apparait comme une réponse à une question que je me pose (donc séparation).
Sur l'expérience de G. Bateson, mon esprit scientifique a très vite réagi : il est impossible de comparer les différences puisqu'elles n'ont pas les mêmes référents.
Mes croyances sont encore plus impitoyables avec moi que je ne le suis avec elles! Et elles m'entrainent. Je vais m'appuyer sur mon expérience actuelle. Je suis "bouffé" par ma peur d'évolutions de symptômes physiques. Depuis plus d'un an, j'ai l'impression que je commence à perdre des poils dans la barbe, signe d'une pelage à venir. Cette angoisse m'envahit totalement et peut, parfois, trouver sa justification dans l'agrandissement de zones imberbes.
Depuis quelques temps, je combats cela avec le ressenti que nier le présent est vain... mais je voudrais certainement (encore une pensée) que cela balaie la croyance.
D'ailleurs, quand le calme interne revient, je sens bien que je m'y accroche!
Un dernier point. Je me suis posé la question de ce que c'était que revenir au réel... Et j'avais l'impression que ce "déclic" se faisait par une autre pensée disant : "tiens, tu n'étais plus là"... Mon intuition est que le déclic est l'observateur mais que la pensée prend très rapidement le relai pour donner sa version des faits.
Voilà l'état actuel!
Bien à toi
Vincent
Cette peur est ce qui m'accompagne depuis longtemps, même si je n'en trouve pas l'origine. Je ressens (en pensées) une peur du changement qui me conduit à la peur de la mort.
La réflexion sur le moi ne m'as pas emmené loin. J'y vois une forte complexité ne pouvant se résumer à "un corps", "un système biochimique",... Ce qui est vrai, c'est que je ne peux définir ce moi, puisqu'il apparait comme une réponse à une question que je me pose (donc séparation).
Sur l'expérience de G. Bateson, mon esprit scientifique a très vite réagi : il est impossible de comparer les différences puisqu'elles n'ont pas les mêmes référents.
Mes croyances sont encore plus impitoyables avec moi que je ne le suis avec elles! Et elles m'entrainent. Je vais m'appuyer sur mon expérience actuelle. Je suis "bouffé" par ma peur d'évolutions de symptômes physiques. Depuis plus d'un an, j'ai l'impression que je commence à perdre des poils dans la barbe, signe d'une pelage à venir. Cette angoisse m'envahit totalement et peut, parfois, trouver sa justification dans l'agrandissement de zones imberbes.
Depuis quelques temps, je combats cela avec le ressenti que nier le présent est vain... mais je voudrais certainement (encore une pensée) que cela balaie la croyance.
D'ailleurs, quand le calme interne revient, je sens bien que je m'y accroche!
Un dernier point. Je me suis posé la question de ce que c'était que revenir au réel... Et j'avais l'impression que ce "déclic" se faisait par une autre pensée disant : "tiens, tu n'étais plus là"... Mon intuition est que le déclic est l'observateur mais que la pensée prend très rapidement le relai pour donner sa version des faits.
Voilà l'état actuel!
Bien à toi
Vincent
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Re: Ne plus etre en desaccord avec mon corps
Bonsoir Vincent
A propos de la peur : je ne connais pas d'autre façon de traiter cette émotion que de la vivre pleinement, il n'y a aucune échappatoire. Regarde directement ce qu'est la peur, quel est le ressenti que le mental nomme peur, où est-ce qu'elle se manifeste corporellement parlant, explore la peur au lieu de la refuser. Il n'y a vraiment aucune autre solution. Le travail que nous faisons ici ne te seras pas d'un grand secours tant que tu n'affrontes pas directement cette peur; néanmoins, si cela s'avère radicalement impossible, il faut certainement envisager un processus psycho-thérapeutique complémentaire. Sinon, nous allons tourner en rond, le mental trouvera sans cesse des portes de secours pour échapper justement à ce qui lui fait le plus peur : sa propre mort, ou plus exactement, la mort de l'identification...
Les peurs liées au problèmes physiques ne sont que l'apparence de surface de cette peur plus viscérale d'anéantissement, que nous connaissons tous à un degré ou un autre. Je reviens donc encore à la charge, c'est le fondement même de la peur qu'il faut toucher. Et en attendant, accepter - ne pas résister - que ce qui est soit. Nier le présent est vain, voilà un bon «mantra» !
Toujours la même réponse : laisse l'angoisse t'envahir, pour voir où ça t'amène, sans pour autant perdre pied, car il n'est aucunement question dans ce processus de sombrer dans la déréalisation et l'abandon des repères qui permettent de rester en cohérence avec le monde.
J'aimerais que tu développes ce point plus en détail, car bien que je ne sois pas sûr de te comprendre, j'ai l'intuition qu'il y a là une piste à explorer.
Bien à toi
Michel
A propos de la peur : je ne connais pas d'autre façon de traiter cette émotion que de la vivre pleinement, il n'y a aucune échappatoire. Regarde directement ce qu'est la peur, quel est le ressenti que le mental nomme peur, où est-ce qu'elle se manifeste corporellement parlant, explore la peur au lieu de la refuser. Il n'y a vraiment aucune autre solution. Le travail que nous faisons ici ne te seras pas d'un grand secours tant que tu n'affrontes pas directement cette peur; néanmoins, si cela s'avère radicalement impossible, il faut certainement envisager un processus psycho-thérapeutique complémentaire. Sinon, nous allons tourner en rond, le mental trouvera sans cesse des portes de secours pour échapper justement à ce qui lui fait le plus peur : sa propre mort, ou plus exactement, la mort de l'identification...
Les peurs liées au problèmes physiques ne sont que l'apparence de surface de cette peur plus viscérale d'anéantissement, que nous connaissons tous à un degré ou un autre. Je reviens donc encore à la charge, c'est le fondement même de la peur qu'il faut toucher. Et en attendant, accepter - ne pas résister - que ce qui est soit. Nier le présent est vain, voilà un bon «mantra» !
Cette angoisse m'envahit totalement
Toujours la même réponse : laisse l'angoisse t'envahir, pour voir où ça t'amène, sans pour autant perdre pied, car il n'est aucunement question dans ce processus de sombrer dans la déréalisation et l'abandon des repères qui permettent de rester en cohérence avec le monde.
Un dernier point. Je me suis posé la question de ce que c'était que revenir au réel... Et j'avais l'impression que ce "déclic" se faisait par une autre pensée disant : "tiens, tu n'étais plus là"... Mon intuition est que le déclic est l'observateur mais que la pensée prend très rapidement le relai pour donner sa version des faits.
J'aimerais que tu développes ce point plus en détail, car bien que je ne sois pas sûr de te comprendre, j'ai l'intuition qu'il y a là une piste à explorer.
Bien à toi
Michel
«Pas ce qui devrait être, ce qui est» (Swami Prajnanpad)
Re: Ne plus etre en desaccord avec mon corps
Bonsoir Michel
D'ailleurs, la lecture du livre d'Arnaud Desjardins (Une mort sans peur) m'a déjà ouvert des pistes intéressantes... sur cette fameuse angoisse d'anéantissement et de mort. "Nier le présent est vain" !
Je voulais néanmoins en parler que cela fait partie de mon environnement interne, qui joue sur mon ouverture au monde. Je représente toujours ces périodes comme une carapace (camisole) fortement serrée autour de moi (emprisonnement).
J'étais donc dans des pensées en conduisant (la tente à monter à l'arrivée... les courses à faire...) et je suis passé à une autre pensée (j'étais absent de ma conduite). Je ressens le fait que le passage d'une pensée à l'autre se produit par un très rapide retour au réel, retour que je n'ai pas le temps de conscientiser car la pensée "j'étais ailleurs, je suis de retour" a déjà fait surface.
Voilà ce que je voulais exprimer, en espérant être plus clair ce coup-ci ! Et si je n'étais pas clair, ce n'est pas grave, car nier le présent est vain :)
Bien à toi et bonne soirée
Vincent
Oui, je suis complètement d'accord que c'est un processus à vivre pleinement... Et je trouve que j'y arrive de mieux en mieux. C'est en effet un travail qui m'amène à cette idée que "moi" ne veut pas apparaitre différent d'une certaine image (et le vitiligo est source de perturbation d'image). Je me rends compte que, plus que le regard des autres, c'est mon propre regard qui agit... Et depuis le début de mon aventure sur la Voie, je sens bien que l'acceptation est la seule clé.La peur...
D'ailleurs, la lecture du livre d'Arnaud Desjardins (Une mort sans peur) m'a déjà ouvert des pistes intéressantes... sur cette fameuse angoisse d'anéantissement et de mort. "Nier le présent est vain" !
Je voulais néanmoins en parler que cela fait partie de mon environnement interne, qui joue sur mon ouverture au monde. Je représente toujours ces périodes comme une carapace (camisole) fortement serrée autour de moi (emprisonnement).
Je vais prendre la situation du conducteur. Parfois, je conduis en mode automatique et tout d'un coup, un déclic me ramène au volant et je ressens mon environnement. Et là, je me dis : "tu étais ailleurs"... Cela me semble être une pensée.Revenir au réel
J'étais donc dans des pensées en conduisant (la tente à monter à l'arrivée... les courses à faire...) et je suis passé à une autre pensée (j'étais absent de ma conduite). Je ressens le fait que le passage d'une pensée à l'autre se produit par un très rapide retour au réel, retour que je n'ai pas le temps de conscientiser car la pensée "j'étais ailleurs, je suis de retour" a déjà fait surface.
Voilà ce que je voulais exprimer, en espérant être plus clair ce coup-ci ! Et si je n'étais pas clair, ce n'est pas grave, car nier le présent est vain :)
Bien à toi et bonne soirée
Vincent
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Re: Ne plus etre en desaccord avec mon corps
Bonsoir Vincent
Absolument, c'est un point sur lequel nous sommes parfaitement en accord ! Il me faut tout de même te demander une précision : quelle est l'importance, quantitativement parlant, des zones dépigmentées liées au vitiligo ? En observant directement cela, que peux-tu en dire, sans faire intervenir de jugement ou de projection de ton propre regard sur un prétendu regard des autres ? Peux-tu en faire une description scientifique, en somme? Et peux-tu dire que ce problème dermatologique est accepté à 100% ?
Avec cet exemple, je comprends tout à fait ce que tu veux dire. Effectivement, «tu étais ailleurs» est une pensée jaillissant comme l'éclair à l'instant même de cette prise de conscience que tu appelles «un très rapide retour au réel». Mais cette pensée apparait, et disparait. Si à partir d'elle, la moulinette mentale se remet en route, c'est fichu !
Mais il y a une alternative : tu es donc perdu dans tes pensées en conduisant, et tout à coup, un déclic se produit et tu reviens au réel, à l'ici et maintenant. Tu laisses passer l'inévitable pensée «tu étais ailleurs» et tu observes : il y a le contact des mains sur le volant, des pieds sur les pédales, du dos et des fesses sur le siège, tu regardes consciemment la route qui défile, les panneaux de circulation, le paysage devant toi qui se rapproche progressivement derrière le pare-brise, tu écoutes le bruit du moteur, celui des autres véhicules si tes fenêtres sont ouvertes, bref, tu restes présent autant que possible à ce qui est, ici et maintenant, instant après instant. Pas besoin de penser ou d'interpréter ce que tu perçois, puisque même sans en avoir conscience, c'était perçu : tu n'as écrasé aucun piéton ou animal, ni percuté un quelconque véhicule pendant tout le temps où apparemment, tu n'étais pas là !
Rien n'a donc changé, sauf qu'à présent, tu es là, conscient de toutes tes perceptions. Bien entendu, tu vas à nouveau sombrer dans les pensées, puis revenir : à chaque «retour», reste en présence, juste en observant systématiquement, même si ce n'est que pour une dizaine de secondes. Cette observation est de la plus haute importance, car le contraste entre cette vague inconscience mentale endormie d'une part, et cet état vigilant, bien réveillé et bien vivant d'autre part, va pouvoir te servir de diapason pour savoir à tout moment comment tu es situé : endormi dans le monde mental, où réveillé dans le monde réel, ici et maintenant ? Mort (métaphoriquement parlant), ou vivant ?
Bien à toi
Michel
je sens bien que l'acceptation est la seule clé.
Absolument, c'est un point sur lequel nous sommes parfaitement en accord ! Il me faut tout de même te demander une précision : quelle est l'importance, quantitativement parlant, des zones dépigmentées liées au vitiligo ? En observant directement cela, que peux-tu en dire, sans faire intervenir de jugement ou de projection de ton propre regard sur un prétendu regard des autres ? Peux-tu en faire une description scientifique, en somme? Et peux-tu dire que ce problème dermatologique est accepté à 100% ?
Parfois, je conduis en mode automatique et tout d'un coup, un déclic me ramène au volant et je ressens mon environnement. Et là, je me dis : "tu étais ailleurs"... Cela me semble être une pensée.
Avec cet exemple, je comprends tout à fait ce que tu veux dire. Effectivement, «tu étais ailleurs» est une pensée jaillissant comme l'éclair à l'instant même de cette prise de conscience que tu appelles «un très rapide retour au réel». Mais cette pensée apparait, et disparait. Si à partir d'elle, la moulinette mentale se remet en route, c'est fichu !
Mais il y a une alternative : tu es donc perdu dans tes pensées en conduisant, et tout à coup, un déclic se produit et tu reviens au réel, à l'ici et maintenant. Tu laisses passer l'inévitable pensée «tu étais ailleurs» et tu observes : il y a le contact des mains sur le volant, des pieds sur les pédales, du dos et des fesses sur le siège, tu regardes consciemment la route qui défile, les panneaux de circulation, le paysage devant toi qui se rapproche progressivement derrière le pare-brise, tu écoutes le bruit du moteur, celui des autres véhicules si tes fenêtres sont ouvertes, bref, tu restes présent autant que possible à ce qui est, ici et maintenant, instant après instant. Pas besoin de penser ou d'interpréter ce que tu perçois, puisque même sans en avoir conscience, c'était perçu : tu n'as écrasé aucun piéton ou animal, ni percuté un quelconque véhicule pendant tout le temps où apparemment, tu n'étais pas là !
Rien n'a donc changé, sauf qu'à présent, tu es là, conscient de toutes tes perceptions. Bien entendu, tu vas à nouveau sombrer dans les pensées, puis revenir : à chaque «retour», reste en présence, juste en observant systématiquement, même si ce n'est que pour une dizaine de secondes. Cette observation est de la plus haute importance, car le contraste entre cette vague inconscience mentale endormie d'une part, et cet état vigilant, bien réveillé et bien vivant d'autre part, va pouvoir te servir de diapason pour savoir à tout moment comment tu es situé : endormi dans le monde mental, où réveillé dans le monde réel, ici et maintenant ? Mort (métaphoriquement parlant), ou vivant ?
Bien à toi
Michel
«Pas ce qui devrait être, ce qui est» (Swami Prajnanpad)
Re: Ne plus etre en desaccord avec mon corps
Bonsoir Michel
C'est une pensée... une croyance... et je la scrute avec de plus en plus de finesse...
Scientifiquement parlant : mains à 80% blanchies. Tâches sur les pieds (10%) en progression forte depuis l'été dernier. Quelques tâches par ci par là souvent à des endroits de frictions (genous, coudes, avant bras à cause de la souris, autour des yeux).
Sur le global, ca doit pas dépasser les 10%. Je suis encore loin de Mickael Jackson... et plus en vie que lui :)
J'ai d'ailleurs eu à un moment l'impression que "Je" n'étais pas forcément les mains et le haut du corps que je voyais... comme si j'étais un observateur de ce qui était vu... Bon, je me suis dit que mon mental fantasmait car, peut-être, c'est ce qu'il (mon mental) souhaitait atteindre... Encore une pensée... Il a / J'ai tellement l'envie de Voir...
L'inévitable pensée «j'étais ailleurs» est d'ailleurs observée, non?
Bonne soirée
Vincent
Avant la description scientifique, je dois exprimer une forte croyance (donc, non vérifiable). J'ai débuté le vitiligo peu de temps après avoir vu en vacances qqun en avoir (et je ne savais pas ce que c'était). J'ai entendu des acouphènes après avoir entendu qqun qui en avait... Je me dis que je suis hyper fort pour choper les maladies de mes semblables!Peux-tu en faire une description scientifique, en somme? Et peux-tu dire que ce problème dermatologique est accepté à 100% ?
C'est une pensée... une croyance... et je la scrute avec de plus en plus de finesse...
Scientifiquement parlant : mains à 80% blanchies. Tâches sur les pieds (10%) en progression forte depuis l'été dernier. Quelques tâches par ci par là souvent à des endroits de frictions (genous, coudes, avant bras à cause de la souris, autour des yeux).
Sur le global, ca doit pas dépasser les 10%. Je suis encore loin de Mickael Jackson... et plus en vie que lui :)
J'ai bien pu observer cela au volant aujourd'hui car j'ai fait de la route.... AiIleurs / ici ...
J'ai d'ailleurs eu à un moment l'impression que "Je" n'étais pas forcément les mains et le haut du corps que je voyais... comme si j'étais un observateur de ce qui était vu... Bon, je me suis dit que mon mental fantasmait car, peut-être, c'est ce qu'il (mon mental) souhaitait atteindre... Encore une pensée... Il a / J'ai tellement l'envie de Voir...
L'inévitable pensée «j'étais ailleurs» est d'ailleurs observée, non?
Bonne soirée
Vincent
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Re: Ne plus etre en desaccord avec mon corps
Bonsoir Vincent
Bon, c'est une croyance, mais relativement anodine, oserais-je dire, en regard de toutes les croyances qui génèrent l'identification à «moi-je»...
Pour ta description «scientifique», c'est ok, tu ne ressembles donc pas encore à Elephant Man et tu peux survivre normalement en société ! Je plaisante, mais il me fallait le savoir, pour évaluer le bien-fondé de tes peurs liées au regard des autres. Là, c'est clair, ces peurs sont les peurs que tout le monde ressent tant que perdure l'identification, et particulièrement la peur d'être jugé, liée comme tu l'as fait remarquer au propre jugement que tu portes sur toi-même. A explorer...
Excellent ! Ça part d'un ressenti préalable aux mots que tu as ensuite mis dessus. Que le mental fantasme, soit, mais avant, il y a eu l'impression et c'est cette impression qui est à observer, sans l'interpréter, juste se plonger dedans. L'impression «je ne suis pas le corps». Mais encore une fois, ce ne peut être le fruit d'un raisonnement, lorsque cette impression est là, elle n'est tout simplement pas discutable. Lorsque l'impression d'être l'observateur de ce qui est vu apparait, reste avec, car c'est au moment précis où tu plonges dans cette impression que tu «vois» vraiment. «Voir», ce n'est rien de plus que ça, c'est très terre à terre, «voir» prend toujours la forme d'une impression qui se passe complètement d'explication intellectuelle. Dans un second temps, l'intellect peut en parler, mettre des mots dessus, mais ce ne sera pas une interprétation, juste une simple description. Savoir décrire sans juger, c'est tout un art lorsque l'on sort de la sphère scientifique...
Bien à toi
Michel
Je me dis que je suis hyper fort pour choper les maladies de mes semblables!
Bon, c'est une croyance, mais relativement anodine, oserais-je dire, en regard de toutes les croyances qui génèrent l'identification à «moi-je»...
Pour ta description «scientifique», c'est ok, tu ne ressembles donc pas encore à Elephant Man et tu peux survivre normalement en société ! Je plaisante, mais il me fallait le savoir, pour évaluer le bien-fondé de tes peurs liées au regard des autres. Là, c'est clair, ces peurs sont les peurs que tout le monde ressent tant que perdure l'identification, et particulièrement la peur d'être jugé, liée comme tu l'as fait remarquer au propre jugement que tu portes sur toi-même. A explorer...
"Je" n'étais pas forcément les mains et le haut du corps que je voyais
Excellent ! Ça part d'un ressenti préalable aux mots que tu as ensuite mis dessus. Que le mental fantasme, soit, mais avant, il y a eu l'impression et c'est cette impression qui est à observer, sans l'interpréter, juste se plonger dedans. L'impression «je ne suis pas le corps». Mais encore une fois, ce ne peut être le fruit d'un raisonnement, lorsque cette impression est là, elle n'est tout simplement pas discutable. Lorsque l'impression d'être l'observateur de ce qui est vu apparait, reste avec, car c'est au moment précis où tu plonges dans cette impression que tu «vois» vraiment. «Voir», ce n'est rien de plus que ça, c'est très terre à terre, «voir» prend toujours la forme d'une impression qui se passe complètement d'explication intellectuelle. Dans un second temps, l'intellect peut en parler, mettre des mots dessus, mais ce ne sera pas une interprétation, juste une simple description. Savoir décrire sans juger, c'est tout un art lorsque l'on sort de la sphère scientifique...
Bien à toi
Michel
«Pas ce qui devrait être, ce qui est» (Swami Prajnanpad)
Re: Ne plus etre en desaccord avec mon corps
Bonjour Michel
Je ne sais si tu as vu le film "Dans la peau de John Malkovitch"... Ça reflète bien mon impression de voir à travers.
Cette impression ne vient pas naturellement; je dois y penser. Et ça me demande une grosse concentration pour essayer de rester avec...
L'approche métaphorique de mort vs vie me pose question. J'ai l'impression d'être bien quand je ne pense pas à mes maux. Quand cette idée apparait, et qu'elle prend le dessus, c'est là que je pédale et c'est là que j'ai l'impression d'être présent... Et c'est là que je préfèrerai me remettre en mode "auto".
Ce qui me perd aussi un peu, c'est cette hypothèse que le "moi/je" n'existe pas alors que quelque chose (ou rien?) est bien inquiet de l'évolution des symptômes, quelque chose me transporte dans l'imaginaire et je ne ressens plus le vent sur mon visage,...
Bref, je ne sais comment avancer en ce moment (à part être impitoyable avec mes croyances, tenter de démasquer la prise de contrôle du mental,...)
Bien à toi
Vincent
Je ne sais si tu as vu le film "Dans la peau de John Malkovitch"... Ça reflète bien mon impression de voir à travers.
Cette impression ne vient pas naturellement; je dois y penser. Et ça me demande une grosse concentration pour essayer de rester avec...
L'approche métaphorique de mort vs vie me pose question. J'ai l'impression d'être bien quand je ne pense pas à mes maux. Quand cette idée apparait, et qu'elle prend le dessus, c'est là que je pédale et c'est là que j'ai l'impression d'être présent... Et c'est là que je préfèrerai me remettre en mode "auto".
Ce qui me perd aussi un peu, c'est cette hypothèse que le "moi/je" n'existe pas alors que quelque chose (ou rien?) est bien inquiet de l'évolution des symptômes, quelque chose me transporte dans l'imaginaire et je ne ressens plus le vent sur mon visage,...
Bref, je ne sais comment avancer en ce moment (à part être impitoyable avec mes croyances, tenter de démasquer la prise de contrôle du mental,...)
Bien à toi
Vincent
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