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paulrenoie
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Re: J'aimerai tant être libre

Postby paulrenoie » Fri Jun 28, 2013 10:33 pm

Bonsoir Thierry,
Quelle illusion ? Qu'entends-tu par là ?
Comment perçois-tu qu'il y a illusion ?
Bein l'illusion pour moi, c'est par exemple quand je joue un rôle, et que je suis pris dans un engrenage de compulsions et de comportement automatiques. Par exemple au boulot, être complètement immergé dans une activité mentale sans aucun recul, sorte de victime consentante noyé dans diverses émotions. Et sortir de l'illusion signifie voir que c'est un jeu, qui n'est pas si réel que ça. C'est des moments d'apperception, où quelquechose de plus vaste que moi regarde la sçène...
Il y a une intuition profonde que la vie n'est pas qu'un enchainement de causes et d'effets, ou d'évènements qui arrivent "par hasard". L'illusion du JE qui, joue désespérément, compulsivement, névrotiquement, pour exister instant après instant. Ce Eric-JE qui passe son temps à courir vers l'instant d'après, et qui est vu, mais pas suffisamment encore pour être laché définitivement...
C'est épuisant à la longue, tous les matins de se réveiller dans le corps du personnage, et d'y croire furieusement, tout en sachant que quelquepart c'est un simple costume.
Oui un peu désespéré là...
Tout en souriant intérieurement de la désespérance de personne...

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sulawesi
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Re: J'aimerai tant être libre

Postby sulawesi » Sat Jun 29, 2013 12:38 am

Bonjour Éric :-)
Bein l'illusion pour moi, c'est par exemple quand je joue un rôle, et que je suis pris dans un engrenage de compulsions et de comportement automatiques. Par exemple au boulot, être complètement immergé dans une activité mentale sans aucun recul, sorte de victime consentante noyé dans diverses émotions. Et sortir de l'illusion signifie voir que c'est un jeu, qui n'est pas si réel que ça. C'est des moments d'apperception, où quelquechose de plus vaste que moi regarde la sçène...
Finalement, il n'y a pas vraiment illusion...
Et en quoi être immergé dans une activité mentale est un problème ? C'est ce qui est, ce qui a besoin d'être, d'émerger, l'expression de l'état des lieux. Pourquoi le refuser et le déplorer ?
Ne serais-ce pas plus apaisant d'accepter cet état de fait ? et ce n'est pas s'y complaire ; et tu restes libre d'interroger cette situation, en temps réel si c'est possible, ou après coup. Pas de douleur dans tout ça.
Ton refus de cette situation est plus "tensionnel", source de stress, contrariété.
Et de même pour les émotions qui passent. Où est le problème ? C'est ainsi ; l'état des chose à un instant T ; la juste expression de ce qui est.
C'est réel : c'est juste une expression de croyances inconscientes (qui elles sont fausses, irréelles). C'est réel mais on n'en meurt pas :-) C'est juste de l'énergie qui passe, qui s'exprime, s'actualise dans des pensées, des émotions, des actes.

Mais si tu ne l'accueilles pas, si tu considères que c'est "mauvais", un mauvais Éric à effacer, si tu le rejettes, le censures, le regrettes, comment pourrais-tu le comprendre ? être à l'écoute ? t'ouvrir à une compréhension ?
Il n'y a pas d'écoute, d'amour, de compréhension dans cette attitude. Tu te retrouves dans l'attitude d'un père sévère, crispé et tendu par ce petit enfant qui ne veut pas se comporter comme il voudrait et qui voudrait le dresser :-)
C'est de l'apaisement, de la joie, ou de la colère ?

Regarde ces étiquettes négatives que tu colles à cette expression (et je pourrais t'en ressortir des tas de tes messages précédents :-) :
L'illusion du JE qui, joue désespérément, compulsivement, névrotiquement
Qualifier cette expression d'illusion fait partie de la vision péjorative (Non non non ! ce n'est pas vrai !)
Ben si c'est vrai : c'est une expression tout à fait réelle qui se manifeste à travers le corps Éric :-)
Et ce n'est pas "mauvais", "névrotique", "désespéré"... Pas plus qu'un petit enfant qui pleure de frustration ne l'est.
Ces étiquettes servent juste à dévaloriser et justifier un rejet.
C'est juste l'expression logique d'un ensemble de croyances, conditionnements qui sont à écouter, entendre avec attention, interroger.
Et le rejet ce n'est pas de l'accueil et de l'attention...

Bien sûr que tu ne te réduis pas à cette expression. Cette expression est l'expression de tes croyances inconscientes, ton passé imprimé, intériorisé. Tu en es à la fois l'acteur, l'interprète plutôt, tant que ces croyances sont en toi, et le témoin, la présence dans laquelle s'exprime ces croyances et leurs conséquences.

Tant que tu n'auras pas accueilli (et pour ça il faut que tu prennes conscience du rejet que tu appliques) et interrogé ces croyances, elles se revivront en toi à l'infini. Tout contrôle est vain. Écouter et questionner suffit. Laisse les réponses vivre en toi ; n'étouffe pas ces réponses par des conclusions hâtives et stéréotypées.
Ce Eric-JE qui passe son temps à courir vers l'instant d'après, et qui est vu
Mais est-il écouté ? compris ?
Voir, ce n'est pas voir pour épingler et juger. C'est écouter, embrasser, questionner avec empathie, chercher à comprendre. Il ne s'agit pas de pointer un coupable.
...et qui est vu, mais pas suffisamment encore pour être laché définitivement...
"Lâché"...
encore du rejet. Perçois-tu ce rejet ? Ben c'est aussi l'expression d'une croyance, comme l'autre. Les 2 fuient si tu regardes bien. Les 2 fuient, refusent ce qui est.
Il n'y a pas de lâchage : celui qui lâcherait est le même que celui qui serait lâché : juste des expressions de rejets de ce qui est, de croyances que les choses devraient être autrement (pour le Éric qui court après : "Les choses devraient être autrement", "Je serais heureux si... (dans un futur)" et pour celui qui refuse ça : "Éric ne devrait pas se comporter comme ça"))
Prends le temps d'observer et méditer ça :-)

On ne lâche pas un comportement "dommageable", compulsif ; il n'y a personne pour faire ça, personne qui a ce contrôle : il disparait, se détache quand il est compris, quand la croyance inconsciente qui est derrière cette expression est perçu, quand il est perçu qu'elle est fausse (là, je te renvoie encore à Byron Katie ; toutes les vidéos que tu as sur youtube illustrent ce mécanisme)
C'est épuisant à la longue, tous les matins de se réveiller dans le corps du personnage, et d'y croire furieusement, tout en sachant que quelquepart c'est un simple costume.
Ben oui c'est un costume. Et alors ? C'est la vie sociale. Personne n'est à poil. Tu es encore dans le jugement, la vision péjorative, le bien le mal.
Ce qui est épuisant c'est de refuser ça, c'est ta lutte contre cet état de fait, ton rejet de ce qui est. Cette division du réel que tu fais entre approprié et inapproprié. Cette division n'existe que dans ta tête.

Aborde ta vie avec compréhension, ouverture, empathie ; c'est nettement moins épuisant. À tester... :-)
Oui un peu désespéré là...
Étiquette... :-)
Cette étiquette exprime encore un rejet de ce qui est. Elle est une forme de jugement.
Il y a juste une émotion, une tension. Écoute-là, ouvre-toi à sa signification. Qu'exprime-t-elle ?
==> Les choses devraient être autrement. Je voudrais exercer un contrôle. Je crois pouvoir contrôler...etc
Est-ce vrai ?
Ben non, les choses sont ainsi, elles sont l'expression parfaitement juste de ce qui est et tu n'as pas vraiment de contrôle sur ça...etc... questionne...
À toi de sonder en te gardant des conclusions et des jugements


À bientôt,

Thierry

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Aller à l'essentiel - Fil pour Freddi

Postby paulrenoie » Mon Feb 23, 2015 10:21 pm

Bonjour Freddi,

Voici ma nouvelle demande de guidance, et très heureux de démarrer l'investigation avec toi :-)

Eric

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Re: Aller à l'essentiel - Fil pour Freddi

Postby Freddi » Tue Feb 24, 2015 11:37 am

Bonjour Eric !

Abandonne l'idée que tu es un "cas difficile'". Ce n'est qu'une idée, basée sur des souvenirs, du contenu de pensée. Il n'y a que CECI, ici et maintenant. Il n'y a personne pour être un cas difficile, donc pas de cas difficile ;-)

Allons donc droit à l'essentiel:

Pourrais-tu commencer par me dire quelles sont tes attentes (si tu en as) pour notre dialogue?

Qu'est-ce que l'éveil, selon toi?

Changera-t-il ta vie?


Merci !

Fred
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Re: Aller à l'essentiel - Fil pour Freddi

Postby paulrenoie » Tue Feb 24, 2015 9:55 pm

Bonsoir Fred,
Pourrais-tu commencer par me dire quelles sont tes attentes (si tu en as) pour notre dialogue?
Mes attentes sont de voir clairement l'inexistence du moi, de réaliser tranquillement que je suis déjà ce que je recherche.
Qu'est-ce que l'éveil, selon toi?
Pour moi l'éveil c'est de réaliser ma vraie nature et celà de manière durable.
Par exemple en méditation, la joie apparait. L'éveil pour moi serait de pouvoir emporter cette joie au travail, ou dans les moments difficiles, sans être collé en permanence aux pensées.
Il y a 2 ans, j'aurai dit "l'éveil c'est être libéré de la souffrance". Aujourd'hui c'est davantage "accueillir tout ce qui surgit", quelquesoit la coloration de l'instant.
Changera-t-il ta vie?
Oui et non. Oui car il me permettra de vivre sans les montagnes russes, avec peut-être une peur moins paralysante au coeur de l'émotion. Non, car ma vie continura exactement comme avant, mais avec une perspective légèrement différente. Un peu comme une douce présence que j'ai l'impression de ressentir un peu plus par moments dans ma vie.

Bien à toi,

Eric

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Re: Aller à l'essentiel - Fil pour Freddi

Postby Freddi » Wed Feb 25, 2015 11:40 am

Bonjour Eric,
Aujourd'hui c'est davantage "accueillir tout ce qui surgit", quelquesoit la coloration de l'instant.
Et si 'tout ce qui surgit' comprenait un moment difficile, sans aucune joie ? Pourrait-il être accueilli avec équanimité ? Tu dis que tu voudrais pouvoir emporter cette joie de la méditation au travail, dans les moments difficiles. Cela revient à vouloir reproduire un état, mais tout état est passager. Ce que nous regardons ensemble est au-delà de tout état, qu'il soit joie, bonheur, tristesse ou deuil.

Pourrait-on laisser de côté toute attente, le temps de cette investigation ? Une attente est comme un petit voyage dans ce qui n'est pas ("un jour peut-être", "après avoir lu ce livre", "lors de cette satsang"). Or il n'y a que ce qui est, ici et maintenant. Tout le reste est projection mentale. Et une attente renforce l'idée qu'il y a une personne qui peut atteindre un état, une 'joie profonde', un nirvana. Or il n'y a personne pour atteindre quoi que ce soit ;-)

Laisse de côté tout ce que tu as pu lire et apprendre au cours de tes années de recherche. Abstiens-toi de lire un autre livre, visionner un nouvelle vidéo sur la non-dualité pendant ce dialogue. Pour aller droit au but, nous utilisons la vision directe, nous nous fions à notre expérience immédiate et intime de l'instant, à ce qui est vu, entendu, touché etc, bref ce qui est ressenti, ici et maintenant.

Je voudrais que tu répondes à mes questions non pas en regardant dans les pensées, mais depuis cette expérience directe de l'instant, avant toute interprétation. Les pensées font certes partie de l'expérience directe, elles vont et viennent, certaines sont persistantes, mais leur contenu n'est jamais ce qui est. Est-tu d'accord de continuer dans ce sens ?

Prends le temps d'aller t'asseoir dans un endroit calme, quitte le flux des pensées, reviens à la respiration et à l'expérience des sens. Observe ce qui est vu, entendu, senti, touché, en deçà des étiquettes appliquées par le mental. Observe aussi le fait même de voir, d'entendre, de sentir, de toucher.
Vois-tu comme tout bouge, tout danse, tout est vivant et change sans arrêt ? C'est comme un mouvement unique, perpétuel et miraculeux.

Maintenant décris-moi, dans l'expérience directe, ce que tu entends par les mots 'je', 'Eric', 'moi', etc. Vers quoi pointent ces étiquettes, ici et maintenant ? Que vois-tu ?

Merci !

Fred
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Re: Aller à l'essentiel - Fil pour Freddi

Postby paulrenoie » Wed Feb 25, 2015 9:36 pm

Bonsoir Fred,
Et si 'tout ce qui surgit' comprenait un moment difficile, sans aucune joie ? Pourrait-il être accueilli avec équanimité ?
Ben ce serait plus difficile, mais c'est tout à fait possible, si je suis vraiment présent, et non dans mes pensées.
Je voudrais que tu répondes à mes questions non pas en regardant dans les pensées, mais depuis cette expérience directe de l'instant, avant toute interprétation. Les pensées font certes partie de l'expérience directe, elles vont et viennent, certaines sont persistantes, mais leur contenu n'est jamais ce qui est. Est-tu d'accord de continuer dans ce sens ?
Oui, tout à fait d'accord pour utiliser mes perceptions directes, plutôt que mon mental agité.
Prends le temps d'aller t'asseoir dans un endroit calme, quitte le flux des pensées, reviens à la respiration et à l'expérience des sens. Observe ce qui est vu, entendu, senti, touché, en deçà des étiquettes appliquées par le mental. Observe aussi le fait même de voir, d'entendre, de sentir, de toucher.
Aujourd'hui, j'ai profité de ma pause repas vers 14h pour aller dans un refectoire tranquille, et prêter attention aux objets de la pièce, à la nourriture que je mange, à la lumière un peu éblouissante du néon blanc etc...
Il y avait par moments à la fois un calme et une intensité des sensations. Comme si l'attention faisait un focus sur tout ce qui était perçu dans la pièce. Et les pensées étaient aussi présentes, par ex : "j'ai vraiment envie de regarder comme jamais, et de vraiment observer tout ce qui m'entoure pour ne pas être happé par le mental". Et je crois avoir perçu que cette pensée "de bien faire" rajoutait à nouveau une pression supplémentaire. Bénéfique parce qu'elle modifie un peu la vision, qui s'élargit, mais rajoutant un nouvel objectif à atteindre pour le mental...
Vois-tu comme tout bouge, tout danse, tout est vivant et change sans arrêt ? C'est comme un mouvement unique, perpétuel et miraculeux.
Non, ce n'est pas ma perception habituelle, seuls certains rares états de grâce ou de légèreté ressemblent à ce que tu décris.
Maintenant décris-moi, dans l'expérience directe, ce que tu entends par les mots 'je', 'Eric', 'moi', etc. Vers quoi pointent ces étiquettes, ici et maintenant ? Que vois-tu ?
Je = pronom identitaire qui permet de me désigner comme acteur
Eric = nom de naissance, label pour me désigner dans la société, et pour communiquer avec d'autres
Moi = Comme le Je, ça désigne ce corps qui tape sur le clavier en ce moment, Moi est aussi ressenti comme une personnalité qui semble exister en apparence, mais qui disparait si je ne m'identifie plus à elle.
En fait je suis dans le paradoxe avec le Moi, qui est tantôt bien tangible en tant que corps avec une personnalité. Mais en y regardant de plus prêt , c'est un simple avatar, une étiquette, très commode pour désigner ce corps biologique, qui vit sa vie...
Je ne suis pas au clair avec ça...

Bien à toi,

Eric

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Re: Aller à l'essentiel - Fil pour Freddi

Postby Freddi » Thu Feb 26, 2015 11:32 am

Bonjour Eric,
Je = pronom identitaire qui permet de me désigner comme acteur
Eric = nom de naissance, label pour me désigner dans la société, et pour communiquer avec d'autres
Moi = Comme le Je, ça désigne ce corps qui tape sur le clavier en ce moment, Moi est aussi ressenti comme une personnalité qui semble exister en apparence, mais qui disparait si je ne m'identifie plus à elle.
Voici un bel exemple de réponse dictée par la pensée. Ne pense pas, regarde.
Je t'invite à observer une nouvelle fois, dans le vivant de l'instant, et à me dire exactement ce qui est expérience directe. Regarde bien, tout autour, peux-tu faire l'expérience directe de 'naissance', de 'société', d''acteur', d''autres' ? Il y a des formes, des couleurs, des sons, des sensations, et puis il y a les étiquettes, les pensées. Celles-ci ne sont pas à éviter (le 'mental' a souvent mauvaise presse, mais il fait aussi partie de ce qui est), mais à distinguer, tout simplement.
Pointe le doigt vers ce que tu appelles 'je', 'moi', 'Eric'. Décris-moi ce que tu vois avec les mots les plus simples et dénués de tout jargon, comme si tu étais né il y a cinq minutes (avec le don de la parole ;-))
Non, ce n'est pas ma perception habituelle, seuls certains rares états de grâce ou de légèreté ressemblent à ce que tu décris.
Regarde à nouveau. Cette réponse est aussi une réponse mentale. Il n'y a que maintenant. Le passé et le futur n'existent que dans la pensée. Quelle réalité désignent les mots 'habituelles', 'rares' ? Ces éléments sont-ils présents, ici et maintenant, où font-ils appel à l'histoire, aux souvenirs ?
Qui serais-'tu' sans 'ton' histoire ?
Mais en y regardant de plus prêt , c'est un simple avatar, une étiquette, très commode pour désigner ce corps biologique, qui vit sa vie...
Ici on se rapproche de la vision directe. Tu vois une simple étiquette pratique qui désigne un corps :-)
Que veux-tu dire par 'un corps qui vit sa vie' ? Ce corps, observé sous l'étiquette, vit-il une vie séparée du reste, de tout ce qui se déroule autour ?
En quoi est-ce sa vie plutôt que la Vie ?

Laisse ces questions infuser. Réponds toujours avec la vision directe. Si une pensée se présente, encadre-la avec les mots 'une pensée qui dit ...', et laisse-la passer.

Merci !

Fred
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Re: Aller à l'essentiel - Fil pour Freddi

Postby paulrenoie » Thu Feb 26, 2015 8:28 pm

Bonsoir Fred,
Voici un bel exemple de réponse dictée par la pensée. Ne pense pas, regarde.
Merci beaucoup pour cet éclaircissement:-) Je n'avais pas vu à quel point mes réponses pouvaient être "pensées" plutôt que vécues.
Regarde bien, tout autour, peux-tu faire l'expérience directe de 'naissance', de 'société', d''acteur', d''autres' ?
Non, je ne peux pas, ce sont des concepts.
Pointe le doigt vers ce que tu appelles 'je', 'moi', 'Eric'. Décris-moi ce que tu vois avec les mots les plus simples et dénués de tout jargon, comme si tu étais né il y a cinq minutes (avec le don de la parole ;-))
JE = Là ça devient très embétant, car mon envie naturelle est d'aller chercher dans un coin de ma mémoire pour raconter une histoire, MON histoire ;-)
En fait j'ai bien essayé à 13h pendant ma pause déjeuner de répondre à cette question. Et ce qui est venu, c'est un blanc, ou RIEN. Parceque il m'a alors semblé que dans l'expérience directe, il n'y avait plus de mots pour répondre à cette question.
En fait le JE pointait vaguement vers quelquechose de flou, sans contour défini.
Et ce qui viens là, c'est que je suis déjà peut-être en train de re-raconter une histoire...
Et comme j'ai décidé de voir LA VÉRITÉ telle qu'elle est...
Bon, je reviens au moment présent, et je prends une grande respiration...
JE = ??
Pour l'instant, je ne peux pas m'empêcher d'aller chercher dans mes souvenir, et de baisser les yeux au sol comme pour mieux interroger mon mental. Et toi, tu me parles de vision directe, donc il y a à nouveau un agacement là, comme si le mental n'arrivait pas à trouver une réponse.
Je me lève, je marche dans la pièce, et je réessaye...
...........
Bon, là je marchais, les mains dans les poches, le front plissé, et les yeux fixés au sol avec un effort de concentration.
Je suis à nouveau devant le clavier, les yeux qui alternent de l'écran au clavier, puis les 2 mains se rejoignent et caressent les lèvres avec une légère tension, et une impression de perplexité...
Il y a la pensée qui apparait "que ça doit être comme un problème d'échec à résoudre", mais je sais que ce n'est pas celà que je recherche.
Maintenant apparaissent de très légères sensations de froid (le radiateur est éteint) et une vague excitation, comme un os à ronger.
STOP !
nouvel agacement...
Dans l'expérience directe, là, ya rien à part un JE nommé ERIC qui essaie de voir s'il existe vraiment, et à nouveau je sens la prise de tête qui surgit...
Je brule de raconter l'histoire de ce JE, mais je sent bien que ce n'est pas juste, et que ce n'est pas encore une expérience directe...
Je suis fatigué de taper tous ces caractères sur le clavier, je ressent une impuissance à progresser là...
Il est 20h26 et je décide de faire une PAUSE...

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Re: Aller à l'essentiel - Fil pour Freddi

Postby Freddi » Fri Feb 27, 2015 2:00 pm

Bonjour Eric,
Il y a à nouveau un agacement là, comme si le mental n'arrivait pas à trouver une réponse.
Tu cherches, tu fais 'un effort de concentration' et tu te sens frustré, car tu ne trouves rien.
Détends-toi. Il n'y a absolument rien à chercher, rien à trouver.
L'évidence n'est pas à chercher, juste à voir. C'est le contraire de l'effort.
Dans l'expérience directe, là, ya rien à part un JE nommé ERIC qui essaie de voir s'il existe vraiment
Où est ce 'je' nommé 'Eric', dans l'expérience directe ? Peux-tu le voir, le toucher, le sentir, l'entendre ?
Peux-tu en faire l'expérience ? Ou est-il uniquement un personnage dans la pensée ?

Pour être sûr que nous nous entendons sur le sens de 'vision directe' :

Voici un exercice qui t'aidera. N'imagine pas que tu le fais, fais-le vraiment, sinon la réponse sera mentale.
Prend le temps de regarder autour de toi, tout ce qui est.
Pointe du doigt divers ‘objets’ dans la pièce (ou dans la nature, en promenade). Prononce les noms de ces objets et observe la part de réalité désignée par ces étiquettes.
Tu vois les jeux de formes, de couleurs, de mouvement ?
Vois-tu comme le tout est découpé par la langue et ces étiquettes ?
Prends un exemple : ‘arbre’, observe la part de réalité désignée par ce mot, ensuite tout ce qui se présente, sans discrimination ni sélection, ‘chemin’, ‘sol’, ‘fenêtre’, ‘mains’, ‘pieds’, 'corps' etc.

Les étiquettes représentent-elles fidèlement la réalité telle qu’elle se présente, ici et maintenant ?

Après avoir pointé le doigt vers différentes expressions de la réalité, pointe le doigt vers "moi".
Que vois-tu ? Quelle portion de la Vie se cache derrière ce concept ?

Prends bien le temps de répondre à toutes les questions.

Merci !

Fred
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Re: Aller à l'essentiel - Fil pour Freddi

Postby paulrenoie » Sun Mar 01, 2015 12:54 am

Bonsoir Fred,

Petit coup de blues depuis 24h. Rien de grave...
Tu cherches, tu fais 'un effort de concentration' et tu te sens frustré, car tu ne trouves rien.
Détends-toi. Il n'y a absolument rien à chercher, rien à trouver.
L'évidence n'est pas à chercher, juste à voir. C'est le contraire de l'effort
Oui, et plus je trouve des occasions dans ma journée de pratiquer la vision directe, plus je contacte les pensées qui s'affolent. Je vois un automatisme qui dure depuis des années et des années, c'est à dire que je "filtre tout le réel" avec des idées ou des concepts, et ceci en permanence. C'est dérangeant de me surprendre dans les pensées en permanence, car je sens bien que je ne suis pas prêt à lacher mon fonctionnement.
Et j'arrête immédiatement le discours ici.
Je vais sortir dans un parc dimanche et pratiquer au calme, comme tu me l'as demandé.
Voilà, rien à rajouter. Je passe aux exercices pratiques. A très vite...

Eric

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Re: Aller à l'essentiel - Fil pour Freddi

Postby paulrenoie » Sun Mar 01, 2015 11:22 pm

Bonsoir Fred,
Pointe du doigt divers ‘objets’ dans la pièce (ou dans la nature, en promenade). Prononce les noms de ces objets et observe la part de réalité désignée par ces étiquettes.
Ce matin j'ai été me ballader au bois de Boulogne. Adossé à un arbre je regarde ce qui m'entoure : je caresse la mousse verte fraiche et très douce au toucher. Le mot "mousse" est bien pâle pour désigner l'expérience sensorielle de cette matière végétale légèrement spongieuse. Je ramasse une pomme de pin au sol et j'observe sa densité son épaisseur son poids dans la main, et sa complexité conique. Idem ici, le mot "pomme de pin" ne peux pas retranscrire toute la richesse d'informations et les sensations procurées. Je refais l'exercice avec le mot "arbre" : il s'agit d'un grand pin maritime qui monte assez haut dans le ciel et qui m'impressionne par sa taille. Je caresse l'écorce lentement, et ramasse un peu de résine que je porte à mes narines : odeur forte qui rappelle l'eucalyptus. A nouveau l'expérience de l'arbre n'a rien à voir avec le mot "arbre". Je continue avec "feuille" "terre" et mes "pieds" dont je perçois la souplesse l'agilité et les torsions au contact du sol.
Puis je prononce le mot "Moi" à haute voix : ce qui vient c'est un corps en mouvement qui saute sur un tronc d'arbre et se déplace un peu au hasard. "Moi" observe 1 écureuil perché à 10m de hauteur sur un Pin et "Moi" est fasciné par le spectacle de l'écureuil qui mange une sorte de coque pleine entre ses doigts/griffes.
Bon, j'ai bien du mal à définir ce qu'est "Moi". et "Moi" n'a pas beaucoup de sens, sinon une localisation d'un corps qui s'amuse à observer la forêt.
Voilà, je suis impressionné par le vide de sens des mots, qui sont le pâle reflet des objets qu'ils désignent.

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Re: Aller à l'essentiel - Fil pour Freddi

Postby Freddi » Mon Mar 02, 2015 2:06 pm

Merci, Eric, là on se rapproche bien de la vision directe :-)
Le mot "mousse" est bien pâle pour désigner l'expérience sensorielle de cette matière végétale légèrement spongieuse. Je ramasse une pomme de pin au sol et j'observe sa densité son épaisseur son poids dans la main, et sa complexité conique. Idem ici, le mot "pomme de pin" ne peux pas retranscrire toute la richesse d'informations et les sensations procurées.
Contemple la question suivante pendant un moment : Sans les étiquettes, les divisions établies par le mental, que reste-t-il ? Un mélange d'expériences, d'informations, de sensations. Ces expériences diverses sont-elles séparées ou font-elles partie d'un seul et même mouvement ?
Autrement dit, sans les divisions de la pensées, y a-t-il de la 'mousse', une 'pomme de pin', un 'arbre' etc, ou est-ce plutôt un flux d'expérience tantôt spongieuse, tantôt conique, tantôt épaisse, complexe, odorante etc, etc. ?
Fais le même exercice là où tu es, ici et maintenant, si cela peut aider, par exemple avec l'écran d'ordinateur, la sensation de la chaise, du sol, les sons, les odeurs.
ce qui vient c'est un corps en mouvement qui saute sur un tronc d'arbre et se déplace un peu au hasard. "Moi" observe 1 écureuil perché à 10m de hauteur sur un Pin et "Moi" est fasciné par le spectacle de l'écureuil qui mange une sorte de coque pleine entre ses doigts/griffes. Bon, j'ai bien du mal à définir ce qu'est "Moi". et "Moi" n'a pas beaucoup de sens, sinon une localisation d'un corps qui s'amuse à observer la forêt.
Vois comme le mental applique rapidement une petite interprétation à ce qui est. Dans la vision directe, tu vois effectivement un corps qui se déplace au hasard, qui observe. C'est tout. Puis l'interprétation ajoute 'fasciné par ce spectacle de l'écureuil'. Cela est de la pensée ...

Voyons si ce "moi" est effectivement un corps.
Après avoir lu ces lignes, ferme les yeux. Observe ce que te donne l'actualité de l’expérience, sans l’interprétation de la pensée.
Peux-tu détecter une limite entre le ‘moi’ et le ‘non-moi’. Est-ce la peau ?
Que te donne l'expérience ?
Observe, sans discriminer, ce qui est entendu, touché, senti. Par exemple un bruit qui semble venir de loin, une voix, une pression dans le dos.
Où a lieu l’expérience de tout cela ? Y a-t-il différents lieux de l’expérience ?

Peux-tu dire qu’il y a, en réalité, un 'ici' et un 'là', dans l’actualité de l’expérience ?
Ou est-ce un seul et même espace ? Y a-t-il un intérieur et un extérieur ?
Observe bien, ne te fie qu'à ton expérience première et brute, et dis-moi ce que tu trouves.

Merci !

Fred
"To come to your senses you have to go out of your mind" - Alan Watts

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paulrenoie
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Re: Aller à l'essentiel - Fil pour Freddi

Postby paulrenoie » Mon Mar 02, 2015 11:48 pm

Bonsoir Fred,
Contemple la question suivante pendant un moment : Sans les étiquettes, les divisions établies par le mental, que reste-t-il ? Un mélange d'expériences, d'informations, de sensations. Ces expériences diverses sont-elles séparées ou font-elles partie d'un seul et même mouvement ?
Autrement dit, sans les divisions de la pensées, y a-t-il de la 'mousse', une 'pomme de pin', un 'arbre' etc, ou est-ce plutôt un flux d'expérience tantôt spongieuse, tantôt conique, tantôt épaisse, complexe, odorante etc, etc. ?
Oui, on dirait bien qu'il n' y a qu'une seule réalité, d'energie en action. Et c'est bizarre, car mon mental n'est pas d'accord, comme si il avait encore besoin de modéliser le monde pour se rassurer. Quelquechose en moi "tient à ces concepts, ces mots qui décrivent, même faiblement, la réalité".
Bref, j'ai donc refait l'exercice au boulot, à ma pause en nommant "la table" : Et ce qui est apparu, c'est la texture de cette table de réfectoire avec une belle imitation de bois sur le contreplaqué, avec des stries douces au toucher. Et en regardant sous la table, j'ai aperçu les cornières qui fixent les pieds métalliques avec de grosses vis et écrous. j'ai donc vu la complexité de cette table, à nouveau faiblement représentée par le mot "table". Puis j'ai poursuivi l'exercice avec "la chaise" en observant la texture du dossier bleu en mousse très confortable, et les accoudoirs plastiques noirs rigides, et les roulettes circulaires pivotantes en tous sens, et les manettes de réglage en hauteur et en arrière... toujours le même constat que le nom de l'objet NE PEUX PAS décrire l'objet lui-même. à peine l'évoquer ou le désigner. J'ai observé également mes chaussures avec 3 niveaux de matière : semelles noires très rigides en matière plastique crantée avec bouts arrondi et renforcés par une coque rigide antichoc et les fines coutures latérales qui relient les morceaux de simili cuirs à la langue centrale qui accueille les lacets. En bref j'avais l'impression d'être un enfant qui découvre ses jouets avec une attention décuplée :-)
Voyons si ce "moi" est effectivement un corps.
Après avoir lu ces lignes, ferme les yeux. Observe ce que te donne l'actualité de l’expérience, sans l’interprétation de la pensée.
Peux-tu détecter une limite entre le ‘moi’ et le ‘non-moi’. Est-ce la peau ?
Bon, je ferme les yeux et la notion d'espace change. Les picotements et micro mouvements du corps semblent tracer une limite que je pourrai appeller "mon corps". En même temps cette limite devient très floue une fois les yeux fermés, car c'est comme si le corps "s'aggrandissait".
Là, le bruit d'une voiture qui passe vient d'arriver à mes oreilles. C'est à la fois lointain, et très présent. Je ne sais pas trop comment l'analyser... (Et PAF !! pris en flagrand délit de penser l'expérience).
Le bruit de la voiture qui passe, est extérieur à mon corps, mais il est perçu par mes oreilles, donc il semble faire partie intégrante de ma réalité.
!?
Là ya la main qui tape toute seule avecs les ongles sur la partie plate du clavier, en signe de perplexité.
Ya aussi la voix dans la tête qui parle en échafaudant des stratégies "Y-a-t-il vraiment deux réalités distinctes ? ou simplement, un tout mélangé ?"
Peux-tu dire qu’il y a, en réalité, un 'ici' et un 'là', dans l’actualité de l’expérience ?
Ben non, il semble bien n'y avoir qu'une seule et même expérience...
(((( Mais ma tendance naturelle est de séparer les expériences, car j'ai toujours fait comme ça, bla bla bla ...)))))))

Bon je vais aller me coucher là... (les ongles, à tour de rôle, tapent la partie plate du clavier en donnant l'impression d'un cheval au galop... Perplexité...)

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Freddi
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Re: Aller à l'essentiel - Fil pour Freddi

Postby Freddi » Tue Mar 03, 2015 1:19 pm

Bonjour Eric,
Oui, on dirait bien qu'il n' y a qu'une seule réalité, d'energie en action. Et c'est bizarre, car mon mental n'est pas d'accord, comme si il avait encore besoin de modéliser le monde pour se rassurer.
Bien sûr que le mental n'est pas d'accord, il argumente, tergiverse, conteste, il ergote, tout pour conserver sa suprématie !
toujours le même constat que le nom de l'objet NE PEUX PAS décrire l'objet lui-même.
Tout à fait. Les mots, les étiquettes ne peuvent pas décrire ce qui est donné par l'expérience. Ils peuvent découper la réalité pour l'appréhender et pour communiquer, mais, en vérité, quand on regarde, de plus près, CE QUI EST, aucune description n'est valable, pertinente.
En bref j'avais l'impression d'être un enfant qui découvre ses jouets avec une attention décuplée :-)
Merci pour ce regard dans ton expérience directe :-)
Les picotements et micro mouvements du corps semblent tracer une limite que je pourrai appeller "mon corps". En même temps cette limite devient très floue une fois les yeux fermés, car c'est comme si le corps "s'aggrandissait".
Le mot-clef que tu utilises ici est 'semblent'. C'est bien ce que nous dit notre conditionnement sans cesse renforcé par la pensée. Mais tu vois aussi que, sans l'apport de ces interprétations des données sensorielles, les limites sont floues.
Le bruit de la voiture qui passe, est extérieur à mon corps, mais il est perçu par mes oreilles, donc il semble faire partie intégrante de ma réalité.
Le bruit de la voiture contient peut-être des 'indices' (son faible, diminuant, etc) qui sont interprétés comme lointains. Quand tu te penches sur ce que te donne l'actualité de ton expérience de première main, avant toute interprétation, dirais-tu que l'expérience des picotements et micro-mouvements est ici, et l'expérience du bruit de la voiture est là-bas ?
Ou est-ce que toutes ces expériences prennent place dans un seul et même espace, très proche, intime même ?

Un autre exercice : voyons si ce 'je' est 'observateur'.
Choisis un objet à regarder. Disons l’écran de l’ordinateur. Appelons-le l’« observé ». Disons que tu es l’« observateur ».
Prends le temps de bien regarder, avec honnêteté, sans les étiquettes du mental.
Peux-tu tracer une ligne de séparation entre l’observateur et l’observé ?
L’espace entre l’observateur et l’observé est-il observateur ou observé ? Et les autres objets ?
Tes mains sont-elles « observateur » ou « observé » ?
Le bout de ton nez est-il observateur ou observé ?
Où est cet « observateur » ? Est-il possible d’en faire l’expérience ?
Quand les pensées commentent « Eric regarde l’ordinateur », que nous donne l’actualité de l’expérience ? La vision directe nous donne-t-elle un 'sujet' et un ‘objet’ ou un seul mouvement ?

Merci !

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