Bonjour Éric :-)
Bein l'illusion pour moi, c'est par exemple quand je joue un rôle, et que je suis pris dans un engrenage de compulsions et de comportement automatiques. Par exemple au boulot, être complètement immergé dans une activité mentale sans aucun recul, sorte de victime consentante noyé dans diverses émotions. Et sortir de l'illusion signifie voir que c'est un jeu, qui n'est pas si réel que ça. C'est des moments d'apperception, où quelquechose de plus vaste que moi regarde la sçène...
Finalement, il n'y a pas vraiment illusion...
Et en quoi être immergé dans une activité mentale est un problème ? C'est ce qui est, ce qui a besoin d'être, d'émerger, l'expression de l'état des lieux. Pourquoi le refuser et le déplorer ?
Ne serais-ce pas plus apaisant d'accepter cet état de fait ? et ce n'est pas s'y complaire ; et tu restes libre d'interroger cette situation, en temps réel si c'est possible, ou après coup. Pas de douleur dans tout ça.
Ton refus de cette situation est plus "tensionnel", source de stress, contrariété.
Et de même pour les émotions qui passent. Où est le problème ? C'est ainsi ; l'état des chose à un instant T ; la juste expression de ce qui est.
C'est réel : c'est juste une expression de croyances inconscientes (qui elles sont fausses, irréelles). C'est réel mais on n'en meurt pas :-) C'est juste de l'énergie qui passe, qui s'exprime, s'actualise dans des pensées, des émotions, des actes.
Mais si tu ne l'accueilles pas, si tu considères que c'est "mauvais", un mauvais Éric à effacer, si tu le rejettes, le censures, le regrettes, comment pourrais-tu le comprendre ? être à l'écoute ? t'ouvrir à une compréhension ?
Il n'y a pas d'écoute, d'amour, de compréhension dans cette attitude. Tu te retrouves dans l'attitude d'un père sévère, crispé et tendu par ce petit enfant qui ne veut pas se comporter comme il voudrait et qui voudrait le dresser :-)
C'est de l'apaisement, de la joie, ou de la colère ?
Regarde ces étiquettes négatives que tu colles à cette expression
(et je pourrais t'en ressortir des tas de tes messages précédents :-) :
L'illusion du JE qui, joue désespérément, compulsivement, névrotiquement
Qualifier cette expression d'illusion fait partie de la vision péjorative (Non non non ! ce n'est pas vrai !)
Ben si c'est vrai : c'est une expression tout à fait réelle qui se manifeste à travers le corps Éric :-)
Et ce n'est pas "mauvais", "névrotique", "désespéré"... Pas plus qu'un petit enfant qui pleure de frustration ne l'est.
Ces étiquettes servent juste à dévaloriser et justifier un rejet.
C'est juste l'expression logique d'un ensemble de croyances, conditionnements qui sont à écouter, entendre avec attention, interroger.
Et le rejet ce n'est pas de l'accueil et de l'attention...
Bien sûr que tu ne te réduis pas à cette expression. Cette expression est l'expression de tes croyances inconscientes, ton passé imprimé, intériorisé. Tu en es à la fois l'acteur, l'interprète plutôt, tant que ces croyances sont en toi, et le témoin, la présence dans laquelle s'exprime ces croyances et leurs conséquences.
Tant que tu n'auras pas
accueilli (et pour ça il faut que tu prennes conscience du rejet que tu appliques) et interrogé ces croyances, elles se revivront en toi à l'infini. Tout contrôle est vain. Écouter et questionner suffit. Laisse les réponses vivre en toi ; n'étouffe pas ces réponses par des conclusions hâtives et stéréotypées.
Ce Eric-JE qui passe son temps à courir vers l'instant d'après, et qui est vu
Mais est-il écouté ? compris ?
Voir, ce n'est pas voir pour épingler et juger. C'est écouter, embrasser, questionner avec empathie, chercher à comprendre. Il ne s'agit pas de pointer un coupable.
...et qui est vu, mais pas suffisamment encore pour être laché définitivement...
"Lâché"...
encore du rejet. Perçois-tu ce rejet ? Ben c'est aussi l'expression d'une croyance, comme l'autre. Les 2 fuient si tu regardes bien. Les 2 fuient, refusent ce qui est.
Il n'y a pas de lâchage : celui qui lâcherait est le même que celui qui serait lâché : juste des expressions de rejets de ce qui est, de croyances que les choses devraient être autrement (pour le Éric qui court après : "Les choses devraient être autrement", "Je serais heureux si... (dans un futur)" et pour celui qui refuse ça : "Éric ne devrait pas se comporter comme ça"))
Prends le temps d'observer et méditer ça :-)
On ne lâche pas un comportement "dommageable", compulsif ; il n'y a personne pour faire ça, personne qui a ce contrôle : il disparait, se détache quand il est compris, quand la croyance inconsciente qui est derrière cette expression est perçu, quand il est perçu qu'elle est fausse (là, je te renvoie encore à Byron Katie ; toutes les vidéos que tu as sur youtube illustrent ce mécanisme)
C'est épuisant à la longue, tous les matins de se réveiller dans le corps du personnage, et d'y croire furieusement, tout en sachant que quelquepart c'est un simple costume.
Ben oui c'est un costume. Et alors ? C'est la vie sociale. Personne n'est à poil. Tu es encore dans le jugement, la vision péjorative, le bien le mal.
Ce qui est épuisant c'est de refuser ça, c'est ta lutte contre cet état de fait, ton rejet de ce qui est. Cette division du réel que tu fais entre approprié et inapproprié. Cette division n'existe que dans ta tête.
Aborde ta vie avec compréhension, ouverture, empathie ; c'est nettement moins épuisant. À tester... :-)
Oui un peu désespéré là...
Étiquette... :-)
Cette étiquette exprime encore un rejet de ce qui est. Elle est une forme de jugement.
Il y a juste une émotion, une tension. Écoute-là, ouvre-toi à sa signification. Qu'exprime-t-elle ?
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Les choses devraient être autrement. Je voudrais exercer un contrôle. Je crois pouvoir contrôler...etc
Est-ce vrai ?
Ben non, les choses sont ainsi, elles sont l'expression parfaitement juste de ce qui est et tu n'as pas vraiment de contrôle sur ça...etc... questionne...
À toi de sonder en te gardant des conclusions et des jugements
À bientôt,
Thierry