Bonjour Marie Gabrielle,
1) Existe-t-il une entité séparée «moi», ou «je», ou encore «moi-je» où qui que ce soit, de quelque forme que ce soit ?
Non. Pas de "moi", "je" réel, ce ne sont que des pensées conceptuelles et des impressions / sensations.
2) Explique en détail ce qu'est l'illusion de l'entité séparée, quand est-ce qu'elle commence, et comment elle fonctionne, à partir de ta propre expérience, telle qu'elle est ici et maintenant.
L'illusion de l'entité séparée est produite par des pensées contenant "moi", "je", "mon", "mien", qui viennent étiqueter en permanence des situations, des objets, des personnes, des sensations, etc, prétendant une appartenance à une entité séparée, à quelqu'un, à "moi-je". Cette illusion est renforcée par l'apparition de sensations en réaction à ces pensées "moi-je", sensations qui sont toujours les mêmes (à peu près), qui donnent l'impression qu'il y a bien quelque chose dans le corps, quelque chose qui perçoit et qui pense : ça conclue donc que c'est une entité séparée et autonome. Chaque fois que c'est cru il y a perte de recul comme si le regard collait à ce qui est perçu, il y a une sur-importance accordée à l'objet associé à l'idée "moi".
Cette illusion commence avec la croyance que Moi est ce que je suis (croyance résultant du conditionnement, notamment "c'est mon corps"), alors qu'en réalité je suis le regard qui perçoit ou champ de perception et de conscience.
Cette prétendue entité "moi", cette illusion génère une recherche permanente de confirmation de l'existence réelle du "moi" et des peurs (peur d'être moins : quand ce qui a été qualifié de moi/mon/mien est perdu ou disparait, notamment la peur que le corps soit diminué ou meurt).
3) Qu'est-ce que tu ressens en voyant cela ? Quelle est la différence par rapport à ce que tu vivais avant de commencer ce dialogue ?
Raconte un peu de ton vécu de ces derniers jours.
C'est tellement apaisant et content de se rappeler de ce que je suis vraiment et de revenir à cet essentiel.
Avant de commencer ce dialogue je cherchais continuellement autre chose que ce qui était là, proposé comme expérience par la vie. J'étais tour à tour absorbé par les pensées (jugements, refus, commentaires. ...), les émotions, parfois bloqué pendant des heures dans la cogitation et l'inaction, plongé dans un mal-être récurrent.
Ces derniers jours ça colle encore, c'est aspiré dans certaines situations à cause de certaines croyances très réactives, mais c'est relativement vite vu car il y a un nouveau ressort intérieur, une sorte d'alarme intérieure qui me ramène au regard que je suis, ça devient à nouveau présent et ça relativise. Et finalement cela a peu d'importance que ça colle car il est vu que le regard est toujours là (sécurité infinie), qui perçoit et vit l'expérience, quelle qu'elle soit.
Ce qui perçoit est plus important que ce qui est perçu, simplement parce que c'est ce que je suis, tout le reste n'est que mouvement : des manifestations qui apparaissent et disparaissent - la vie qui danse. C'est secondaire mais néanmoins c'est vécu avec plus d'intensité et de joie car c'est tellement surprenant et incroyable cette complexité et intelligence qui crée tout cela.
4) Quel a été le déclic qui t'a fait basculer, qui t'a fait voir cela?
je ne sais pas exactement quel a été le déclic : j'ai vu l'illusion de l'entité séparée "moi" quand j'ai pris conscience que le regard a toujours été là qui perçoit, tout le reste ne faisant qu'apparaître et disparaître. j'ai vu que les sensations dans la tête et le front que je prenais pour la preuve qu'il y a quelqu'un n'étaient que des sensations. j'ai vu que les pensées étiquetées "moi" n'étaient que des pensées comme celles qui sont neutres (sans l'étiquette moi/je/mon/mien).
5) Est-ce toi qui décides, as-tu des intentions, choisis-tu, contrôles-tu les évènements de la vie ? Es-tu à l'origine de ce qui arrive ?
Donne des exemples à partir de ton expérience.
Non. Ce qui est délicieux c'est de percevoir et goûter ce qui est là et qui se déroule dans ma perception, expériences différentes à chaque instant.
Tout apparaît et disparaît, se déroule de lui-même, sans aucun contrôle ou choix.
il y a maintenant à réapprendre à vivre à partir de cette nouvelle "position", à observer et laisser être ce qui est là, notamment les tensions emotionnelles et les croyances conditionnées qui agissent encore.
6) Quelque chose à ajouter ?
Oui.
GRATITUDE du coeur de m'avoir conduit à revenir à ce que je suis, après m'être égaré pendant si longtemps. C'est très simple en réalité mais tant que ce n'est pas vu ça cherche autre chose en permanence dans une course effrénée, cause de souffrance.
MERCI Marie Gabrielle de m'avoir aidé à sortir de cette folie.
Régis