Hello Fred,
Fred vient aussi du plat pays, tu sais, mais ça c’est de l’histoire …
Pour l'histoire, je viens du sud lux donc du pays "pas du tout plat" où l'on peut y skier l'hiver (694 m). ;o-))
1) Existe-t-il une entité séparée «moi», ou «je», ou encore «moi-je» où que ce soit, de quelque forme que ce soit ?
Non, là maintenant, je n'en vois pas. Je n'en perçois pas.
2) Explique en détail ce qu'est l'illusion de l'entité séparée, quand est-ce qu'elle commence, et comment elle fonctionne, à partir de ta propre expérience, telle qu'elle est ici et maintenant.
L'entité séparée croyait encore être limitée à un corps/mental. Lorsqu'elle refait surface, elle commence avec la pensée "je" ou "moi". Lorsque je m'amuse à sortir de l'expérience directe pour aller fouiner dans le mental (passé/futur).
Difficile, Fred, de dire comment elle (l'illusion de l'entité séparée) fonctionne à partir de ma propre expérience telle qu'elle est ici, à l'instant. Il me faut "faire un effort de projection". Dois-je te raconter une histoire, comme supra avec un pays d'où "je" proviendrais?
3) Qu'est-ce que tu ressens en voyant cela ? Quelle est la différence par rapport à ce que tu vivais avant de commencer ce dialogue ? Raconte un peu de ton vécu de ces derniers jours.
Ce que je ressens en voyant quoi, Fred? Que je ne suis pas une entité séparée?
Si telle est ta question, ma réponse est: rien. Il n'y a pas de moi ici pour ressentir quoi que ce soit. Ici, juste maintenant, il y a sensations dans et sur le corps, il y a perception d'un morceau de clavier, d'un écran coloré et lumineux, de bouts de touches, de doigts qui galopent légèrement, de bruit de moteur, de bruit de ventilateur, de pas dans le couloir...
Quant à mon vécu des derniers jours, Fred, il y a plus de paix. Moins de projections dans le futur, moins de ressassements du passé, moins de peurs, moins de prises de tête avec tel ou tel, voire plus du tout. Il y a plus souvent une sorte de "rappel" de ce que je ne suis pas: une entité séparée. Plus (+) de perception directe. Dans la file du super marché, en discussion avec des amis, en relation avec ma famille...
4) Quel a été le déclic qui t'a fait basculer, qui t'a fait voir cela?
Je ne peux pas dire qu'il y ait eu un déclic qui m'a fait basculer. Au fur et à mesure de nos échanges, Fred, une profondeur s'est installée. Comme si une évidence d'une sorte de "savoir", l'évidence de ce qui EST s'ancrait davantage. Ce sont les mots qui me viennent.
5) Pourrais-tu décrire ce que sont la décision, l’intention, le libre arbitre, le choix, le contrôle ? Comment les évènements de la vie se déroulent-ils ? Es-tu responsable de quoi que ce soit ?
Donne des exemples à partir de ton expérience.
Non, je ne peux pas décrire ce que sont la décision, l'intention, le libre arbitre ou encore le contrôle. Car il n'y a pas de moi, pas d'entité séparée qui puisse avoir une quelconque prise de décision, une intention, un libre arbitre, un contrôle sur quoi ou qui que ce soit.
Les événements de la vie se déroulent: c'est une hypothèse, je n'en sais rien. Je ne sais pas dire, là dans l'instant, s'il y a des événements qui se déroulent. Ça bouge, ça vibre, ça remue, dans le corps, dans la pièce à côté. Profonde respiration. Une autre. Encore une. Yeux qui se posent sur le clavier puis se relèvent vers l'écran. Lettres qui s'inscrivent l'une après l'autre dans un cadre...
Il n'y a pas de moi, ici, Fred, pour être responsable de quoi que ce soit. Cela se fait... comme cela se fait.
6) As-tu quelque chose à ajouter ?
Oui, j'ajoute: gratitude, merci, belle fin de journée, bisous, Fred.
Vuurtoren.