Ce moi entre parenthèses embrassées

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YaPasKua1111
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Ce moi entre parenthèses embrassées

Postby YaPasKua1111 » Thu Apr 11, 2024 2:29 am

PREMIER MESSAGE
Bonjour,

J’ai en main les 2 livres de LU.
Et le livre Awake de Angelo Dilullo!
Je souhaite être accompagnée d’un ou d’une guide pour m’aider à me détacher de ce virus du je-

Si j’ai bien compris ce seront des échanges par courriel?
Où je serai appelé à répondre et faire une investigation sur la non existence du moi, du concept du je.
Qui demeure pour le moment solidement ancré dans mon expérience malgré les nombreuses feuilles de Byron Katie que je remplie depuis plusieurs années maintenant.

J’écoute plusieurs podcasts à ce sujet principalement ceux de Angelo Dilullo Mais aussi ceux de Pernille Damore.

Je comprends bien que ce n’est pas une recette pour être en état de nirvâna perpétuel. Je comprends bien que je peux avoir hâte aux prochaines tempêtes de pensées. Si je hâte dans les fait ? Non! Car il semble que ça soit un jour ou un moment sur 5 que je ne sois aux prises de tempêtes, migraines et doutes.

Je le comprends et en même temps je ne me sens pas avoir traversé le voile de l’illusion. Je le comprends mais je réagis encore très fortement aux accusations de mon partenaire et surtout je réagis encore fortement à mes propres pensées. De dire que ce ne sont que des pensées ne semble pas m’aider à dissoudre mon identification à celles ci.

Je vous bien reconnaissante si une personne m’accompagnerait dans ce processus.

Merci
yaPasKua


Je maintient cet être entre deux parenthèses embrassées Ce moi est une fiction, une entité fabriquée depuis aussi longtemps que le concept du temps et de l’espace ?

J’éprouve un vertige à l’idée d’abandonner le concept d’une puissance supérieure que j’ai mis des années à développer sur laquelle je pourrais (fiction) m’appuyer plutôt que sur ma volonté déchaînée (instinct de survie)

Cesser de carburer à l’impulsion de mes pensées le plus souvent fruits d’une peur qui semble fondée sur la protection de cette entité oh si fragile!
Une entité qui en plusse m’appartiendrais?


Je le comprends intellectuellement mais je veux le sentir, le vivre, le voir, le palper.

(par défaut)
l’illusion de contrôle que j’exerce dans chaque petite crevasse de vie qui semble être la mienne. Ce contrôle dont j’ai perdu la maîtrise ( l’ai-je déjà eu? )
Les peurs, l’os de saumonette qui grossit dans ma gorge a tout bout de champs !

je goutte à de petits aperçus de présence! ils sont si petits (mais oh combien délicieux) à côté des grandes vagues émotives que me présente l’ego. Je suis assaillie d’émotions, je pleure, je retourne toutes les projections que je porte sur ceux et celles qui semblent être séparés de moi. Que je perçois comme des adversaires. Les prises de conscience sont douloureuses!
Cette douleur est-elle aussi une fabrication,une fiction ?

J’entrevois l’illusion de mes projections puissantes sur le “monde”! sur mon corps! sur mes attentes de moi-même! Ce miroir, ce leurre, l’illusion que je peux contrôler la vie - ça me fait fondre d’humilité tant je perçois l’arrogance de cet instinct plus fort que moi-

je suis fatiguée je ne veux plus me battre.

Est ce moi qui décide ?


Je veux juste voir le cornichon, le cornichon ne redeviendra jamais un concombre! une fois pour toute pour que je puisse enfin relâcher les pensées même juste un petit peu! de grâce !

- cesser de prendre ces pensées pour du cash !

Mais je suis plus réactive que jamais. Plus selfishe et arrogante que jamais!
Tout me saute aux yeux, mes peurs surtout apparaissent comme des monstres qui ont besoin d’amour inconditionnel!

je dis un petit non à quelqu’un et HOP une pensée d’apparence solide POP quelque part d’où elle est venue ? N’en sais rien !

apparemment ce quelqu’un séparé de moi va m’assassiner!pour avoir dit un simple petit NON
C’est fort comme fiction !

s’il y a quelqu’un.e dans ce forum qui sent qu’elle peut me tendre la main pour me guider à travers ce voile je vous en serait bien reconnaissante!
On m’a donné comme nom spirituel Shanti Seetal 2 fois peace peace

Merci

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sulawesi
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Re: Ce moi entre parenthèses embrassées

Postby sulawesi » Mon Apr 15, 2024 4:20 pm

Bonjour yaPasKua

Je me propose pour t'accompagner...
Si j’ai bien compris ce seront des échanges par courriel?
Par échange ici, sur ce forum. (penser à cocher dans les options en-dessous de l'éditeur "Notify me when a reply is posted")
Où je serai appelé à répondre et faire une investigation sur la non existence du moi, du concept du je.
À la base, oui. C'est l'objet de ce forum de questionner cette croyance de base. Mais les questions peuvent sembler s'en écarter à certains moments.
J’ai en main les 2 livres de LU.
Et le livre Awake de Angelo Dilullo!
malgré les nombreuses feuilles de Byron Katie que je remplie depuis plusieurs années maintenant.
Je ne connais pas les 2 premiers. Je connais bien Byron Katie (pas personnellement :-) )
Mais laisse de côté toute autre information que ton expérience présente, ton ressenti, la perception actuelle.
Où je serai appelé à répondre et faire une investigation sur la non existence du moi, du concept du je.
Qui demeure pour le moment solidement ancré dans mon expérience malgré les nombreuses feuilles de Byron Katie que je remplie depuis plusieurs années maintenant.
En quoi constates-tu la réalité d'un moi, d'un "Je" dans ton expérience ?

Thierry

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YaPasKua1111
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Re: Ce moi entre parenthèses embrassées

Postby YaPasKua1111 » Tue Apr 16, 2024 9:13 pm

Cher Thierry,

D'abord merci infiniment de me proposer de me guider. Je me suis sentie impatiente et à nouveau invisible.

Bien que je passe de nombreuses journées à réfléchir sur ces questions- je dois admettre que de nombreuses heures passent où je demeure collée aux pensées qui flottent par milliers et arrivent de je ne sais où. en réaction à elles!

Autrement dit:
ELLES continuent d'avoir un pouvoir monumental sur "moi". Pour répondre à ta question

En quoi constates-tu la réalité d'un moi, d'un "Je" dans ton expérience ?

pendant les moments passés allongée, quand le "moi" est activement cherché, il n'est pas trouvé. mais ça reste une constatation purement cérébrale. Le "moi" est oublié pour céder toute la place à l'identification aux pensées qui dictent
"la réalité".

Quand je cherche le "moi" il ne peut pas être ciblé, ni pointé, ni cerné, MAIS les sensations dans le corps qui accompagnent cette quête sont vives et désagréables: le sont-elles réellement? Sont elles réellement désagréables? seulement quand l'esprit se referme sur elles et résiste la douleur, les tensions.
Une boule brulante logée dans la gorge, apparait instantanément, comme là maintenant de l'avoir mentionné ici, la boule reprend de plus belle, sensation d'obstruction, qui s'apparente à de la peur, de la tristesse, de la résistance à ce qui est. Aujourd'hui durant une marche sur la montagne, je suis souvent surprise d'être complètement absorbée par les pensées tenaces et envahissantes. Je suis comme en transe avec elles. Ça m'empêche d'absorber, les nuages, les arbres, la verdure, les sons, mon corps marche comme un automate et les pensées font le cinéma, la trame de la soit disante réalité.

Ces pensées créent un combat et une tension dans le corps. (je n'ose pas dire mon corps) Où plutôt c'est mon identification aux pensées et à la narration qu'elles produisent, qui rend le corps tendu. Très tendu.

Beau savoir que ce ne sont que des pensées, le désir de contrôler redouble d'intensité. Les larmes soulagent. Les sessions de yoga pour réduire le ressentiment et la colère aident au relâchement, le chant soulage, la méditation aide mais souvent c'est de l'anxiété qui mène les pensées. Peut-être? Je ne sais pas...

L'argumentation est puissante souvent une voix dans la tête, qui n'a pas de voix comme tel, pas de son, mais qui présente des pensées et des situations qui paraissent solides, vérifiables, elles sont accompagnées souvent d'une ribambelles d'autres pensées, issues de la honte? la peur? la colère? l'impuissance? la désillusion? l'acharnement?

Donc le "moi" ne se trouve nul part à part comme une abstraction logée dans le croisement ou l'interstice entre le corps et sa matérialité et l'esprit, celui qui invisible insuffle la vie.

Mais les monstres de la peur surgissent momentanément et ces monstres semblent très réels, tangibles, accaparants, obstruction à ce qui est, à ma capacité de contempler, de simplement être dans le moment présent. Toutes les pensées se chevauchent dans la conscience pour prendre leur spotlight.

Il m'est venu à l'esprit récemment que ces peurs, ces pensées obsessives qui me gardent dans la perspective de victime, manquent d'amour. Qu'elles ne sont que des mendiants qui quêtent à la porte éphémère de cette unité de conscience, ce regroupement d'expériences, de blessures, de fabrication narrées pour solidifier le sens du "moi" si impossible à cerner quand je m'arrête pour le trouver. S'arrêter, ça il le faut comment faire autrement?

les voix reprennent de plus belle, comment vais je arriver à trouver du travail avec des voix pareilles, si je trouve du travail comment vais je arriver à réaliser le travail à accomplir sans renforcer cette identité de faiseuse, de celle qui provoque qui agis, qui décide, etc...

Voilà une longue réponse à ta courte question.

Merci Thierry

Pascaline

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sulawesi
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Re: Ce moi entre parenthèses embrassées

Postby sulawesi » Thu Apr 18, 2024 10:18 am

Bonjour Pascaline,
Je me suis sentie impatiente et à nouveau invisible.
En quoi est-ce un problème ?
Où plutôt c'est mon identification aux pensées et à la narration qu'elles produisent, qui rend le corps tendu.
Qu'entends-tu précisément par identification aux pensées ?
Quand je cherche le "moi" il ne peut pas être ciblé, ni pointé, ni cerné, MAIS les sensations dans le corps qui accompagnent cette quête sont vives et désagréables
Tu pourrais me détailler ça stp ? D'où viennent ces sensations ? Quelles pensées (éventuellement latentes) en sont la cause ? Il n'y a pas d'affects, de sensations sans pensées les déclenchant.

Thierry

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YaPasKua1111
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Re: Ce moi entre parenthèses embrassées

Postby YaPasKua1111 » Mon Apr 29, 2024 6:50 pm

Bonjour Thierry,

je me suis sentie à nouveau impatiente et invisible
en quoi est-ce un problème?

Cette question trotte dans ma tête depuis que l’ai lue:

en quoi est-ce un problème?


impatience? c’est inconfortable
en quoi est-ce un problème?

Cette question fait une sorte d’arrêt à toutes réponses qui pourraient tenter de répondre. Je me sens impatiente,

en quoi est-ce un problème?



Je ne trouve rien, ça a tout à voir avec l’égo qui se pointe pour ériger le mur, l’illusion du problème: La petite de 5 ans qui se sent invisible, pas choisie, pas importante. en quoi est-ce un problème?
Au niveau de l’égo c’est extrêmement anxiogène que de n’avoir aucune importance. Les taux d’anxiétés redoublent tant dans leur ardeur, que dans leur apparence solide. en quoi est-ce un problème?

Si en partie ça suspend les pensées, la douleur existentielle s'ensuit.


Qu'entends-tu précisément par identification aux pensées ?

les pensées semblent si convaincantes, qu'il est difficile de les laisser passer sans y réagir, sans y croire. Il me semble avoir passé tant d’années dissociée du corps, avec une propension à être envahie de pensées. Surtout depuis 2021 ayant reçu le diagnostic de désordre de stress post-traumatique, suite à une séquestration et une menace de mort à main armée. Le défi de constater qu’il n’y a pa de soi m’apparait comme un mur insurmontable, de même que après des années à tenter de cesser de contrôler et de m’en remettre à plus grand que moi, le saut est grand et impénétrable. Le mental semble solide, tout puissant, envahissant, le corps ne se dépose pas, insomnies maux de corps, migraines, etc… (et la question qui revient… en quoi est-ce un problème?

Quand je cherche le "moi" il ne peut pas être ciblé, ni pointé, ni cerné, MAIS les sensations dans le corps qui accompagnent cette quête sont vives et désagréables

Tu pourrais me détailler ça stp ?

D'où viennent ces sensations ?

Elles viennent partiellement d’une croyance que je ne suis pas importante, que je ne compte pas, je n’existe pas, je suis invisible, je dois prouver mon existence, me battre pour prouver que j’en vaut la peine, même à moi-même.

Ce “moi” qui est maintenant remis en question, ce “moi” que je ne localise pas quand je le cherche, comme les douleurs corporelles que je sonde, elles sont bien là , à première vue elles semblent solides, mais dès que je fais une investigation sur leur lieu géographique elles bougent, n’ont pas de frontière.


Quelles pensées (éventuellement latentes) en sont la cause ? Il n'y a pas d'affects, de sensations sans pensées les déclenchant.


Affect: Se dit d'un caractère virtuel qui pourra se manifester lorsque les causes qui font obstacle à sa manifestation auront disparu.

Disposition affective élémentaire (p. oppos. à intellect) que l'on peut décrire par l'observation du comportement, mais que l'on ne peut analyser.

J'ai besoin de temps pour que cette définition fasse son chemin à ma conscience.

Merci,
Pascaline

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Re: Ce moi entre parenthèses embrassées

Postby sulawesi » Tue Jun 04, 2024 10:43 pm

Bonsoir Pascaline,
Au niveau de l’égo c’est extrêmement anxiogène que de n’avoir aucune importance.
1) "n'avoir aucune importance" 'est une pensée ou du réel observé, perçu ?

2) Où vois-tu un égo ?

D'où viennent ces sensations ?
Elles viennent partiellement d’une croyance que je ne suis pas importante, que je ne compte pas, je n’existe pas, je suis invisible, je dois prouver mon existence, me battre pour prouver que j’en vaut la peine, même à moi-même.
"ne pas être importante", "ne pas compter", être invisible" "valoir la peine" : Tout ça n'est pas du réel, ce sont des jugements, pensées, que les autres peuvent avoir à ton sujet. Et les autres sont nombreux et divers, autant de diversités d'avis à ton sujet, selon leur propre grille de lecture, leurs croyances, leurs conditionnements...

Est-ce tes affaires ?

Déjà, à la base, tu existes, c'est évident (à moins que ce soit une intelligence artificielle qui me réponde :-) ). Ça c'est du réel, pas un avis, un jugement...

Thierry
PS : pour me citer et que mon texte apparaisse dans un cadre orangé, comme je le fais, il suffit de choisir "quote" (comme tu choisis le i de italique) et le texte apparaitra comme ça :

Code: Select all

[quote]texte cité texte cité texte cité[/quote]
et dans un cadre orangé au final. Tu peux vérifier en preview avant de soumettre le texte final.

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Re: Ce moi entre parenthèses embrassées

Postby YaPasKua1111 » Wed Jun 05, 2024 5:15 pm

Bonjour Thierry,

Merci de reprendre cet accompagnement, j'ai cru que tu avais abandonné.

Je traverse une situation qui me fait vivre un grand écart entre comment je devrais agir (ce que je pense que je devrais savoir et ce que je pense que je devrais faire).

Ça me rappelle quand j'avais 20 ans au chevet de ma mère mourante, j'avais cette même impression, pourquoi ne nous prépare t-on pas en grandissant à la mort, la souffrance, la perte, la maladie etc...

La vie me démontre à nouveau que je ne sais rien, mais je résiste à cela. Il y a un attachement à ce que je connais et une répulsion pour l'inconnu. Je suis attachée à mon identité. Je vis de grands moments de panique, perte de sommeil, fabrications de scénarios catastrophiques.

Je ne me sens pas à la hauteur des défis auxquels je fais face, et pourtant j'y fais face, donc il est évident, que je suis à la hauteur. Mais il y a sans cesse un pensée critique convaincante qui dit "tu dois faire mieux, tu n'es pas assez intelligente, tu dois prendre des décisions et ça presse! ton logement et le logement de ta fille est en jeu."

L'insomnie exagère la sensation de catastrophe qui m'envahi par vague quotidiennement depuis que j'ai entrepris des travaux majeurs sur un vieil édifice menacé par l'humidité.
1) "n'avoir aucune importance" est une pensée ou du réel observé, perçu ?
c'est une pensée, à 100% une pensée je n'ai aucun doute là dessus. Quand je répond à cette question ça m'apparait clairement, ce n'est pas du réel observé. quand j'arrive à me détacher des enjeux qui me font paniquer, et je suis allongée sur la pelouse et que je regarde le ciel, les nuages, les branches des arbres, je devient comme un élément faisant partie d'un tout. Mais quand l'autre ne me choisi pas, ça devient de l'observation. Il ne me choisit pas. J'interprète cela comme étant que je n'ai aucune importance pour lui, donc je ne compte pas, ce scénario se répète dans mon expérience à plusieurs reprises.

Quand la peur, l'effroi, la panique, s'empare il y a un réel effet physiologique sur mon corps pour lequel je n'ai aucun contrôle. Je réalise que ce ne sont pas nécessairement les conditions extérieures qui provoquent ces sensations, et c'est pour cela que je trouve cela très difficile à communiquer mon expérience ne serait-ce qu'à mon médecin de famille qui insiste à me mettre sur des antidépresseurs.
2) Où vois-tu un égo ?
je n'en vois pas. quand je cherche la forme de l'égo, il n'est trouvable nul part. Mais, et il y a un mais, toujours un mais, comment utiliser mon imagination qui fabrique si bien des catastrophes dans l'avenir basé sur le passé, comment l'utiliser pour visualiser de beaux scénarios paisibles, doux, remplis de contentement, de joie, et d'appréciation. N'est-on pas doté de cette imagination? d'où vient-elle? sinon de l'égo, de cette capacité à imaginer?
Est-ce tes affaires ?
le sentiment de n'être pas assez ... provient avant tout d'une croyance que j'ai acheté enfant.
Cette identité rattachée à cette croyance achetée est solidement ancrée et se manifeste dans toutes sortes de circonstances.
J'entends beaucoup ces paroles autour de moi

" il faut te battre..."

me battre alors que je suis en survie, alors que je ne sais plus sur quoi compter, alors que la réalité semble si peu prévisible, atteignable, si peu solide?

sur quoi puis je m'accrocher?

merci encore Thierry, le coeur battant,

Pascaline

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sulawesi
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Re: Ce moi entre parenthèses embrassées

Postby sulawesi » Wed Jun 05, 2024 8:16 pm

Bonjour Pascaline,
Merci de reprendre cet accompagnement, j'ai cru que tu avais abandonné.
Oui, je ne sais pas si tu as vu le message perso, comme tu avais répondu tardivement, j'ai cru que tu avais abandonné et comme j'avais dû oublié de cocher "Notify me when a reply is posted", je n'ai pas vu que tu avais fini par répondre.
sur quoi puis je m'accrocher?
Je dirais plutôt qu'il s'agit de te décrocher de :-)

Je traverse une situation qui me fait vivre un grand écart entre comment je devrais agir (ce que je pense que je devrais savoir et ce que je pense que je devrais faire).
La phrase n'est pas claire (relis : le entre... n'a pas de conclusion :-) ), mais je te dirais qu'il n'y a pas d'écart. Ou plutôt que l'écart que tu mentionnes est purement imaginaire, car "comment je devrais agir", "ce que je devrais savoir", "ce que je devrais faire" sont de l'imaginaire, de la pensée.
Donc, tu agis comme tu devrais agir, tu sais ce que tu devrais savoir, tu fais ce que tu devrais faire, vu que la réalité concrète en est la preuve. Là, c'est le réel...
Je ne me sens pas à la hauteur des défis auxquels je fais face, et pourtant j'y fais face, donc il est évident, que je suis à la hauteur.
Exactement, c'est bien que tu le constates.

Et une grande partie de ce que tu écris témoigne d'une souffrance reposant sur de la croyance, des pensées auxquelles tu accordes foi (d'où ma semi-blague : "Je dirais plutôt qu'il s'agit de te décrocher de")

Regarde le rôle de la croyance dans tes pensées :
Il y a un attachement à ce que je connais et une répulsion pour l'inconnu.
Tu connais Byron Katie. Tu connais cette citation ? "Les enfants n'ont pas peur du noir, ils ont peur de ce qu'ils imaginent dans le noir"
Ta répulsion ne concerne pas l'inconnu, elle concerne ce que tu imagines dans l'inconnu.

ici aussi :
fabrications de scénarios catastrophiques.
Pensées crues : croyances... imaginaire...
L'insomnie exagère la sensation de catastrophe qui m'envahit par vague quotidiennement depuis que j'ai entrepris des travaux majeurs sur un vieil édifice menacé par l'humidité.
L'insomnie, la sensation de catastrophe, concernent-elles vraiment les travaux ? ou plutôt tes pensées, auxquelles tu accordes foi, à propos des travaux ?
1) "n'avoir aucune importance" est une pensée ou du réel observé, perçu ?

c'est une pensée, à 100% une pensée je n'ai aucun doute là dessus.
J'interprète cela comme étant que je n'ai aucune importance pour lui, donc je ne compte pas, ce scénario se répète dans mon expérience à plusieurs reprises.
J'interprète cela...
Aussi de la pensée crue...

Quand la peur, l'effroi, la panique, s'empare il y a un réel effet physiologique sur mon corps pour lequel je n'ai aucun contrôle.
Bien sûr... Tu n'as aucun contrôle sur l'émergence des réactions de ton corps...
Tous ces affects qui te perturbent proviennent des pensées auxquelles tu accordes foi. Rien ne t'oblige à les croire, à y accorder foi, les prendre pour du réel, sans les questionner.

Là, dans cette possibilité de questionner tes pensées plutôt que d'y accorder foi automatiquement, tu as une liberté qui est une forme de contrôle (sinon, tu es contrôlée par tes croyances).
Ton corps suivra. Imagine ce que serait ta vie si tu ne croyais pas tous les scénarios catastrophes, les pensées négatives te concernant ou que tu projettes chez d'autres, qui te passent par la tête ?
Ton corps aurait-il des raisons de manifester du stress ??
comment utiliser mon imagination qui fabrique si bien des catastrophes dans l'avenir basé sur le passé, comment l'utiliser pour visualiser de beaux scénarios paisibles, doux, remplis de contentement, de joie, et d'appréciation. N'est-on pas doté de cette imagination?
Le pb n'est pas dans le fait d'imaginer des scénarios catastrophe, le pb est dans le fait d'y accorder foi, de les croire, de ne pas les questionner. (et c'est facile, ils sont toujours faux car purement spéculatifs. Le réel est là, maintenant, jamais dans un futur imaginé)
Imaginer des scénarios paisibles, doux... sera le même problème de te placer dans de l'imaginaire, hors du réel, et donc te mettra en porte à faux avec le réel (qui n'a rien à faire de tes projections...)
Sans croyance, les pensées sont inoffensives, comme des nuages qui passent dans le ciel. Pas besoin d'en inventer selon tes désirs.
N'est-on pas doté de cette imagination? d'où vient-elle? sinon de l'égo, de cette capacité à imaginer?
Pensée/interprétation ? ou observation/perception ?
Dans mon expérience, je perçois des pensées. rien de plus, pas un truc qu'on appellerait "égo" et qui aurait une action. Je note tout au plus que ces pensées s'appuient sur un connu, une mémoire (qu'on pourrait appeler égo, mais il ne s'agit en rien d'une entité active, avant un pouvoir. Juste un substrat.)

D'ailleurs, tu parles d'utiliser ton imagination. Réponds à cette question stp :
As-tu un contrôle sur l'émergence de tes pensées ? Peux-tu choisir tes pensées ? peux-tu arrêter durablement de penser ? 10 mn avant, savais-tu quelle pensée allait s'inviter ? Sais-tu quelle pensée va émerger dans 10 mn ?

Pensées crues, croyances encore :
le sentiment de n'être pas assez ... provient avant tout d'une croyance que j'ai acheté enfant.
Cette identité rattachée à cette croyance achetée est solidement ancrée et se manifeste dans toutes sortes de circonstances.
J'entends beaucoup ces paroles autour de moi
" il faut te battre..."
Quelqu'un t'oblige à croire cette pensées ?
"Il faut" c'est du réel ou de la pensée ?
alors que la réalité semble si peu prévisible
Bien sûr, c'est purement sa nature :-)
En quoi est-ce un pb ?

Regarde : la réalité est imprévisible, mais ça ne t'empêche pas d'agir en fonction des circonstances (c'est ce qu'on fait tous d'ailleurs, on est tous logés à la même enseigne... :-) ) =>
Je ne me sens pas à la hauteur des défis auxquels je fais face, et pourtant j'y fais face, donc il est évident, que je suis à la hauteur.

sur quoi puis je m'accrocher?
Prends déjà note, prend conscience -c'est l'essentiel du contenu de ma réponse- de l'effet des pensées crues, des croyances sur ta vie.

Ce ne sont pas tes pensées, ton imaginaire qui sont un problème (comme je te l'ai écrit, ce ne sont que nuages passant dans le ciel), c'est le fait d'y accorder foi sans les questionner. Et tu l'as déjà plus ou moins vu : "Je réalise que ce ne sont pas nécessairement les conditions extérieures qui provoquent ces sensations"
Les pensées ne sont pas le réel. Mais ne pas les questionner et y accorder foi crée en toi une identité modelée sur ces croyances, et ceci crée ta réalité : les émotions, le retentissement sur le corps...

Observe déjà tout ça dans ton expérience, ton quotidien. Prends le temps de mettre de l'observation neutre, de la curiosité dans ce qui se passe en Pascaline. Et si tu es débordée à un moment par ton mécanisme de croyance, des peurs, ce n'es pas un pb, ça finit toujours par passer et tu peux reprendre un peu plus tard, à froid, une méditation sur ce qu'il s'est passé.
Tu verras que dans ces moments d'observation, même s'ils ne durent pas au début, tu n'es plus la Pascaline stressée. Être "observation" "Questionnement" te sort de l'identité liée à tes croyances, tes spéculations. C'est un espace neutre.

Thierry

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Re: Ce moi entre parenthèses embrassées

Postby YaPasKua1111 » Thu Jun 06, 2024 5:03 pm

Bonjour Thierry,

Je te remercie pour cette réponse rapide, le processus est peut-être enclenché??

mais il y a des résistances, surtout quand mes pensées me disent que je vais perdre, que je perd, que j'ai perdu...


"à quoi puis-je m'accrocher?"
Je dirais plutôt qu'il s'agit de te décrocher de :-)
Cette semi blague m'a donné une sensation de relâchement considérable, depuis quelques années je me rend compte que je m'accroche aux choses que je connais que ce soit des personnes, des situations, des lieux. Je suis propriétaire d'un immeuble avec locataires depuis l'âge de 18 ans. Je n'ai jamais connu autre chose. Avec ces travaux je suis devant la balance décisionnelle d'envisager de vendre. Donc la phrase:
Je dirais plutôt qu'il s'agit de te décrocher de :-)
est appropriée pour moi et ce depuis plusieurs années.

Ce que je décrivais concernant les attentes que j'ai envers moi-même et la réalité de ce qui se dévoile à moi à fur et à mesure que les événements se révèlent me démontrent; mon IMPUISSANCE. C'est de cet écart dont je parlais, l'attente de comment je devrais être, ce que je devrais savoir, comment je devrais agir face aux courtiers en immobilier, aux ingénieurs, aux entrepreneurs, aux courtiers en hypothèque, planificateurs financiers, médecins de famille, psychothérapeute toujours acculée à une idée gonflée et reçue de ma surpuissance. Comme si tout cela reposait sur mes épaules uniquement.

C'est à l'humilité que je touche entre ces contractions douloureuses de peurs. Je ne suis pas un être tout puissant, qui a la capacité de décider, mener, gérer, agir, etc... je me sens toute petite, comme une enfant et en même temps, les jours avancent, les informations sont accumulées, les rdv sont pris, etc...
ces affects qui te perturbent proviennent des pensées auxquelles tu accordes foi. Rien ne t'oblige à les croire, à y accorder foi, les prendre pour du réel, sans les questionner.
en m'assoyant ici pour te répondre mon coeur battait la chamade, ce seraient mes pensées conscientes qui créent cette panique? aalors qu'il ne se passe rien dans le moment présent, les oiseaux piaillent, la fine pluie tombe, les doigts tapent le clavier, la gorge est obstruée, la tension demeure dans le cou. le mal de tête est passé. sans que "je" n"y sois pour quelque chose?
Ton corps suivra. Imagine ce que serait ta vie si tu ne croyais pas tous les scénarios catastrophes, les pensées négatives te concernant ou que tu projettes chez d'autres, qui te passent par la tête ?
Ton corps aurait-il des raisons de manifester du stress ??
En effet non mon corps n'aurait pas de raiosn de manifester du stress- mon corps pourrait se déposer, recevoir les cadeaux infinis du moment présent, les sons parfois si agréables et parfois si désagréables, les odeurs parfois agréables parfois désagréables. La chaleur, la température si élevée pour un début de juin au Canada. Cela fait des années que j'essaie de déprendre l'hyper-vigilance de mon corps. Même ça! me parait aléatoire. Ça ne marche pas, parfois ça marche, le vecteur général reste dans la direction de l'amélioration, mais il y a de grands pas en arrière qui ont lieu.

As-tu un contrôle sur l'émergence de tes pensées ?


Non pas de contrôle, aucun contrôle, mais une forte réaction à cette réalisation. Il y a parfois un effort conscient envers les pensées, mais l'effort est impossible à soutenir.
Parfois il y a l'observation pour voir quelle prochaine pensée va émerger, une curiosité, mais très vite la voix critique amène l'impulsion à agir, que sans cette action tout sera perdu, après tout je suis responsable de ma survie, de la survie de ma fille non? Aussi les pensées entrainent d'autres pensées et sans m'en rendre compte je suis à nouveau happée, par leur apparence réelle tangible. Avec leur apparence de conséquences lourdes, alors que si je me ramène (encore faut-il que j'y arrive) ce qui n'est pas non lus de mon ressort. Suis-je assez puissante pour mener cette aventure de voir à travers le moi? si je n'ai aucun contrôle?


Peux-tu choisir tes pensées ?


J'ai parfois l'illusion que je peux les choisir et je m'en porte mieux quand j'arrive à choisir des pensées rassurantes qui me donne une sensation de sécurité par rapport à cet inconnu béant qui m'attends. L'inconnu m'attend-il vraiment? non c'est plutôt moi qui l'anticipe. Il y a une partie de moi (le soldat, le chevalier critique qui crie, ce n'est pas le temps d'observer tout ça, nous avons d'autres chat à flatter, des appels à faire, des rendez-vous et des décisions très importantes à prendre!
il s'agit après tout de notre survie!

peux-tu arrêter durablement de penser ?


absolument pas, aucunement. Je suis chanceuse si pour une fraction de seconde un vide de pensée se présente.

10 mn avant, savais-tu quelle pensée allait s'inviter ?


Sais-tu quelle pensée va émerger dans 10 mn ?


Non plus aucune façon d'anticiper les pensées à venir, parfois j'ai des intuitions, je sens certaines choses qui vont avoir lieu, ou sinon je sens les autres, ce qu'ils me disent, ce qu'ils pensent, ou lorsqu'ils ne disent pas la vérité.

Un grand sentiment de lassitude et de fatigue m'envahit,

Merci encore pour cet accompagnement, c'est précieux.

Comment me détendre?

Bonne soirée,

Pascaline

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sulawesi
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Re: Ce moi entre parenthèses embrassées

Postby sulawesi » Fri Jun 07, 2024 11:03 am

Bonjour Pascaline,
mais il y a des résistances, surtout quand mes pensées me disent que je vais perdre, que je perd, que j'ai perdu...
Ta pensée appose cette étiquette, mais elle est fausse, "perdre" ça n'existe pas. Ça s'appelle apprendre. C'est une information neutre, que toi tu traduis par "perdre", qui t'indique seulement qu'il fallait s'y prendre autrement, qu'il faut changer de stratégie, revoir les choses. C'est simplement de l'apprentissage.

Je ne suis pas un être tout puissant, qui a la capacité de décider, mener, gérer, agir, etc...
Est-ce vrai ? Est-ce juste une pensée ou la réalité ? Tu n'as pris aucune décision ? Tu n'as rien géré ? Tu n'as pas agi ?
(prendre des décisions, gérer, agir, ce n'est pas être tout puissant, c'est juste prendre des décisions, gérer, agir...)

ce seraient mes pensées conscientes qui créent cette panique?
Déjà, tu l'as écrit toi-même :
je réagis encore fortement à mes propres pensées
Observe : n'y-a-t-il pas des émotions en lien avec ces pensées ? (je te cite) :
Je me suis senti invisible.
Où plutôt c'est mon identification aux pensées et à la narration qu'elles produisent, qui rend le corps tendu. Très tendu.
"croyance que je ne suis pas importante, que je ne compte pas, je n’existe pas, je suis invisible, je dois prouver mon existence" et la pensée associée, implicite "J'ai besoin d'être importante, de compter, d'être visible, de prouver mon existence"
"Je ne me sens pas à la hauteur des défis auxquels je fais face" qu'on pourrait traduire par la pensée "Je devrais être à la hauteur des défis auxquels je fais face"
"tu dois faire mieux, tu n'es pas assez intelligente, tu dois prendre des décisions et ça presse! ton logement et le logement de ta fille est en jeu."
je suis en survie
je ne sais plus sur quoi compter,
Tout ceci sont des pensées que tu as exprimées (ce n'est pas du réel observé, ce sont des pensées à propos du réel).
Ne sont-elles pas à l'origines d'émotions ? De réactions du corps ? (contractions, tensions...), d'autres pensées en cascades ? Tu ne pourrais pas les lister ?

Observe le mécanisme en toi au fil de la journée : les pensées auxquelles tu accordes foi ne sont-elles pas le déclencheur d'émotions, réactions du corps ?


As-tu un contrôle sur l'émergence de tes pensées ?
Non pas de contrôle, aucun contrôle, mais une forte réaction à cette réalisation.
Qu'entends-tu par là ? Peux-tu expliciter stp ?

Suis-je assez puissante pour mener cette aventure de voir à travers le moi? si je n'ai aucun contrôle?
Voir n'est pas de l'ordre d'un contrôle. Voir n'a rien à voir avec un contrôle. Il s'agit juste de voir ; distinguer ce qui est réel, observable, de ce qui est pensée. C'est ce qu'on fait ici.
J'ai parfois l'illusion que je peux les choisir et je m'en porte mieux quand j'arrive à choisir des pensées rassurantes
... mais manifestement ça n'empêche pas des pensées stressantes de s'inviter...
Comment me détendre?
Comme on a questionné le contrôle sur le mécanisme de la pensée, on peut aussi questionner le contrôle sur le corps.
As-tu un contrôle sur l'émergence des réactions du corps ? (je parle bien d'émergence, a posteriori on a un contrôle partiel)


Tu ne peux trouver la paix, tu n'as pas ce contrôle. Le but de l'enquête qu'on fait ensemble est de délimiter les illusions de contrôle que tu peux avoir afin d'abandonner cette quête vaine, et donc stressante. Déjà, tu constates que tu ne contrôles pas tes pensées...
Mais par contre tu as la possibilité d'observer, de comprendre comment la tension nait. Il s'agit surtout d'essayer de comprendre d'où vient la "non-détente", la tension, le stress. Comment s'invite-t-ils dans ta vie ? Qu'est-ce qui les fait naitre ? Comment les entretiens-tu ?
D'où mon questionnement t'incitant à observer l'effet des pensées, en particulier des pensées crues, des croyances dans ta vie. C'est une enquête qui prend un minimum de temps et dépend de ton implication active dans cette observation et ce questionnement. Au début, quand on est très "agi" par ses croyance et plus ou moins noyé dans le stress qui en résulte, il est difficile de prendre le recul de l'observation neutre. Il y a un temps "d'assainissement" de la situation nécessaire, quantité de croyances à questionner...

Ta liberté, ce sur quoi tu peux t'appuyer est là : dans cette possibilité d'observer, de questionner, d'enquêter. Tu as le choix de croire aveuglément sans questionner et en subir l'effet, les conséquences ou bien de questionner, de reconnaitre le faux en tant que faux, et les pensées reconnues comme fausses n'ont plus de pouvoir.

Je reviens sur ça :
1) "n'avoir aucune importance" est une pensée ou du réel observé, perçu ?

c'est une pensée, à 100% une pensée je n'ai aucun doute là dessus. Quand je répond à cette question ça m'apparait clairement, ce n'est pas du réel observé. quand j'arrive à me détacher des enjeux qui me font paniquer, et je suis allongée sur la pelouse et que je regarde le ciel, les nuages, les branches des arbres, je devient comme un élément faisant partie d'un tout. Mais quand l'autre ne me choisi pas, ça devient de l'observation. Il ne me choisit pas. J'interprète cela comme étant que je n'ai aucune importance pour lui, donc je ne compte pas, ce scénario se répète dans mon expérience à plusieurs reprises.
Comme tu l'as écrit :
Mais quand l'autre ne me choisit pas, ça devient de l'observation. Il ne me choisit pas. J'interprète cela comme étant que je n'ai aucune importance pour lui, donc je ne compte pas, ce scénario se répète dans mon expérience à plusieurs reprises.
tu interprètes. Il s'agit de pensée... Le comportement observé chez l'autre est interprété. Tu prêtes à l'autre une intention qui est purement de ta fabrication, ta pensée, ce n'est plus une simple observation du réel.
Derrière cette souffrance que tu exprimes il y a une croyance implicite : "J'ai besoin d'avoir de l'importance pour les autres, j'ai besoin de compter pour les autres"
Elle mériterait d'être questionnée vu son effet sur toi. On prendra un temps pour ça (on peut se servir du Travail de Byron Katie pour ça)

Thierry

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Re: Ce moi entre parenthèses embrassées

Postby YaPasKua1111 » Fri Jun 07, 2024 9:20 pm

Bonjour Thierry,

Je veux d'abord réitérer la reconnaissance que je ressens pour le temps que tu alloue si généreusement pour me répondre aussi minutieusement. Ça me touche profondément.
Tu ne peux trouver la paix, tu n'as pas ce contrôle. Le but de l'enquête qu'on fait ensemble est de délimiter les illusions de contrôle que tu peux avoir afin d'abandonner cette quête vaine, et donc stressante.
Depuis que j'ai lu ta réponse un vague douloureuse résiste à cette constatation, je ne décide rien, et pourtant des décisions sont prises, des appels sont faits, des conversations concernant le sinistre se sont déroulées, les marches à suivre, et pourtant à la base, les pensées continuent d'apparaitre sans que je ne décide de les avoir.

C'est évident, je constate que tout existe ensemble, aucun contrôle d'une part mais de l'autre, la vie avance, l'immeuble arraché de sa base, attend patiemment. Le refinancement va-t-il être accordé? si oui si non, ça change quoi?. On me demande souvent depuis quelques temps

"tu veux quoi toi, Pascaline?" depuis la séquestration je n'ose plus vouloir. je n'ose plus chasser des rêves. La réalité est pleine, abondante, quand j'arrive à me tenir dans le moment présent. Mais cela n'est pas forcément naturel, la fuite dans le faire, dans la dissociation surtout quand les émotions sont fortes, ou que les pensées font mal. Ça aide de respirer, de faire des exercices de respirations.
As-tu un contrôle sur l'émergence de tes pensées ?
Non pas de contrôle, aucun contrôle, mais une forte réaction à cette réalisation.
Qu'entends-tu par là ? Peux-tu expliciter stp ?
Quand j'observe le déroulement des pensées, je ne peux pas anticiper quelle prochaine pensée apparaitra, ni dans quel train d'images je vais embarquer jusqu'à ce que je me rende compte que je suis montée dans le train et que j'y suis restée. je descend de ce train, puis un autre train de pensée arrive, parfois je manque le train, puis un autre train pas rapport arrive. Ainsi de suite...
J'ai prend conscience depuis le sinistre à quel point je suis attachée à mon logis. Les trains de pensées à ce sujet sont douloureux.
As-tu un contrôle sur l'émergence des réactions du corps ? (je parle bien d'émergence, a posteriori on a un contrôle partiel)
Ça non plus je n'ai aucun contrôle, mais j'ai développé depuis longtemps des mécanismes de survie pour me couper du corps.
Si le corps éprouve de la faim ou de la soif encore faut-il que je sois en mesure de lire ses messages. Un désordre de Stress Post Traumatique Complexe a été diagnostiqué depuis 2021. Je peux voir certains signaux qui montrent que mon système nerveux est activé, mais je ne peux pas les anticiper de la même manière que je ne peux pas anticiper les événements à venir.
les pensées auxquelles tu accordes foi ne sont-elles pas le déclencheur d'émotions, réactions du corps ?
C'est exactement à cette identification que j'ai mentionné au début de notre conversation, quand une tempête de pensées noires arrivent, je n'arrive pas à décrocher. Je n'ai pas de contrôle sur cette tempête non plus. Tout au mieux, je peux attendre qu'elle passe, elle fini toujours par passer mais pas par ma décision. Je n'ai pas le contrôle non plus d'y croire ou non. Ces pensées font mal, la douleur est là, logée dans une partie ou autre du corps. Le corps est là aussi il existe, lui non?
Ta liberté, ce sur quoi tu peux t'appuyer est là : dans cette possibilité d'observer, de questionner, d'enquêter. Tu as le choix de croire aveuglément sans questionner et en subir l'effet, les conséquences ou bien de questionner, de reconnaitre le faux en tant que faux, et les pensées reconnues comme fausses n'ont plus de pouvoir.
Oui dès que je questionne ça s'allège un peu, j'ai enquêté la croyance qui dicte que j'aurais dû mieux m'informer avant de m'avancer dans ces travaux. J'aurais pu mieux faire, toujours arriver en dessous des attentes que j'ai envers moi. Je réalise que j'ai fais ce que j'ai pu avec le mieux de mes connaissances. Mon intention était de régler un problème d'humidité grave qui empirait sous mon nez, ça c'est du réel. Je m'y suis prise avec les moyens que j'avais. Je m'y prend du mieux que je peux.
Il y a tellement de croyance qui m'empêchent de vivre! qui me donne tant de tensions! Maintenant le poids de cet immeuble se fait sentir sans relâche.

merci encore,

Pascaline

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Re: Ce moi entre parenthèses embrassées

Postby sulawesi » Sun Jun 09, 2024 7:29 pm

Bonjour Pascaline,
des décisions sont prises, des appels sont faits, des conversations concernant le sinistre se sont déroulées, les marches à suivre, et pourtant à la base, les pensées continuent d'apparaitre sans que je ne décide de les avoir.
C’est ça. Des décisions sont prises, autrement dit, des pensées apparaissent, mais tu as constaté que tu n’as aucun contrôle sur leur émergence.
Pour autant, les pensées ne sortent pas au hasard d’un chapeau magique… Elles émergent à partir des données que tu entres (connaissances), de tes observations…
D’où l’importance de la clarté, de l’importance de distinguer le vrai, tangible, prouvé, du faux, de la croyance non questionnée. Ceci conditionnera le résultat des décisions… Dans tous les cas, il n’y a jamais d’erreur, d’échec, il y a apprentissage : la décision était favorable ou des données manquaient. Après, c’est plus ou moins confortable :-)
Non pas de contrôle, aucun contrôle, mais une forte réaction à cette réalisation.
Ce n’est pas un pb. C’est juste le résidus d’une croyance dans un contrôle.
Il n’y a pas de contrôle dans le sens que les pensées émergent comme tu respires : d’elles-mêmes… Mais elles viennent d’un fond de clarté ou de confusion. Et là, il est dans ton pouvoir de questionner (ou croire, et donc subir…)

Quand j'observe le déroulement des pensées, je ne peux pas anticiper quelle prochaine pensée apparaitra, ni dans quel train d'images je vais embarquer jusqu'à ce que je me rende compte que je suis montée dans le train

Je répète : les pensées n’ont un pouvoir (t’embarquent dans le train) que si tu les crois. Si cette habitude d’accorder foi à ce qui se passe dans ta tête est tenace, l’habitude contraire qui consiste à douter et questionner se construit tout aussi bien. C’est juste un entraînement.

quand une tempête de pensées noires arrivent, je n'arrive pas à décrocher. Je n'ai pas de contrôle sur cette tempête non plus.
Tu n’as pas de contrôle sur l’arrivée, l’émergence, le surgissement. Oui.
As-tu la possibilité de questionner ces pensées ? (Comme dans le Works de Byron Katie… Peux-tu terminer ces pensées par un point d’interrogation comme elle dit).

Ces pensées font mal, la douleur est là, logée dans une partie ou autre du corps. Le corps est là aussi il existe, lui non?
Oui, le corps a des réactions, qui vont refléter tes croyances effectivement, tu peux le constater (note que l’affirmation « Ça non plus je n'ai aucun contrôle, mais j'ai développé depuis longtemps des mécanismes de survie pour me couper du corps. » est contredite là. Elle méritait d’être questionnée).
Ce ne sont pas les pensées qui font mal, c’est le fait d’y accorder foi. Observe-le, vérifie-le par toi-même . Sans croyance, une pensée est neutre.

Je réalise que j'ai fais ce que j'ai pu avec le mieux de mes connaissances
C’est ça. C’est la réalité.
C’est très simple : les « j’aurais dû » sont toujours de la fiction, de l’imaginaire (vu que ce n’est pas ce qui c’est passé).
Maintenant le poids de cet immeuble se fait sentir sans relâche.
Est-ce vrai ? Es-tu sûre que cette pensée est vrai ?

Thierry

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Re: Ce moi entre parenthèses embrassées

Postby YaPasKua1111 » Tue Jun 11, 2024 10:50 pm

Bonsoir Thierry,

Je me demande si je vais réussir à voir à travers le moi dans les conditions dans lesquelles je me retrouve en ce moment.
Je traverse un boute rough comme on dit en Québécois. Merci de ta patience.

L'immeuble doit être vendu? L'immeuble doit être réparé avant la fin juin selon l'ingénieur...? l'immeuble s'écroule?
je n'ai pas les moyens de m'occuper de l'immeuble? L'immeuble se vendra rapidement seulement à un prix très bas?
Il n'y a pas de perte seulement des apprentissages?
As-tu la possibilité de questionner ces pensées ? (Comme dans le Works de Byron Katie… Peux-tu terminer ces pensées par un point d’interrogation comme elle dit).
J'ai souvent la pensée, ça va trop vite, que des grosses décisions doivent être prises et je ne veux pas les prendre dans un état de panique. Pour les questions de Byron Katie, j'ai toujours eu l'habitude de faire les 6 questions avec d'autres personnes. Plutôt qu'à questionner mes propres pensées.
ça va trop vite?
des grosses décisions doivent être prises?
je ne veux pas les prendre dans un état de panique?
Ai-je le contrôle sur comment prendre ces décisions?
Ai-je le contrôle sur les différents scénarios que proposent tous et chacun?
Si je n'ai pas le contrôle même sur ma prochaine pensée? comment prendre des décisions dans ce cas? comment utiliser ces facultés que tout le monde renvoit comme étant des décisions qui sont à prendre et qu'il y a urgence.
Il y a urgence?
L'immeuble pourrait être laissé à l'abandon?
Difficile de ne pas peindre des scénarios catastrophiques"

D’où l’importance de la clarté, de l’importance de distinguer le vrai, tangible, prouvé, du faux, de la croyance non questionnée. Ceci conditionnera le résultat des décisions… Dans tous les cas, il n’y a jamais d’erreur, d’échec, il y a apprentissage : la décision était favorable ou des données manquaient. Après, c’est plus ou moins confortable :-)
le vrai? l'immeuble a un enjeu de fondation qui va couter cher à réparer, je dois vendre? je n'ai pas le loisir de vendre en prenant mon temps? Je constate que quand je ne respecte pas mes limites tout se met à spinner et la panique et la peur embarque. Les pensées qui disent que c'est trop, que ça va trop vite sont plus fortes, que les pensées qui calment et qui font état de la réalité, qu'il n'y a pas de moi, et que l'immeuble ne m'appartient pas vraiment et que tout cela devient bien abstrait. Et si je prenais du recul que je cessais de me vautrer dans l'oeil du cyclone?
Est-ce vrai ? Es-tu sûre que cette pensée est vrai ?
je dois décider immédiatement? je n'ai pas de temps pour réfléchir? me détendre? Je suis une victime dans cette situation?

Besoin d'aller dormir, ça tourne en rond?

Je me suis exercée un matin dans mon bain à répéter mes pensées à voix haute, en effet , ça met l'accent sur l'absurdité de croire en eux. Mais quand il y a une croyance sur laquelle je me suis reposée pendant si longtemps. Le processus de laisser partir un bien qui valait tant un jour qui soudainement vaut moins que la moitié l'autre jour. OUCH c'est pour le moins qu'on puisse dire ça fait mal. Si ce n'est pas une perte, c'est un apprentissage douloureux?

est ce un apprentissage douloureux? à première vue il semblerait que oui, mes pensées vont toutes dans ce sens, mais dès que je la questionne, ça se détend. Apprendre à composer avec ce qui est. ëtre en paix avec chaque jour des propositions qui ouvrent des portes encore plus grandes sur l'inconnu et l'incertitude.

Je te remercie encore pour le temps de me lire, même si je me sens si tendue,

Pascaline

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Re: Ce moi entre parenthèses embrassées

Postby sulawesi » Wed Jun 12, 2024 8:57 am

Bonjour Pascaline,
Je me demande si je vais réussir à voir à travers le moi dans les conditions dans lesquelles je me retrouve en ce moment. Je traverse un boute rough comme on dit en Québécois. Merci de ta patience.
Effectivement, on peut se demander si la période de stress que tu traverses est le bon moment pour faire cette enquête.
J'aurais tendance à répondre oui et non. Oui car il y a justement là une suractivation de l'activité du moi, avec tous les effets secondaire : stress, peur, anxiété, toutes manifestations somatiques... et ça te permet justement de bien observer cet aspect de l'expérience humaine.
En même temps, tu parait tellement noyée dans les questions anxieuses à propos de ton immeuble, le sentiment d'urgence de décisions à prendre, qu'il est difficile pour toi de s'extraire de tout ça et d'être dans une position d'observation.

Quand je perçois que la personne en face est assez noyée dans différentes sources de stress (qui sont toujours l'effet secondaire de l'identification au moi), dû à de nombreuses croyances non questionnées, j'ai l'habitude d'apaiser le "terrain" en questionnant certaines de ces croyances.

Vu le flot d'interrogations stressantes qui t'envahissent, je te propose de questionner celles qui me paraissent être les principales.
Pour moi, les pensées les plus importantes à questionner seraient la notion de survie que tu attaches à cet immeuble.
Je te cite :
me battre alors que je suis en survie, alors que je ne sais plus sur quoi compter, alors que la réalité semble si peu prévisible, atteignable, si peu solide?
après tout je suis responsable de ma survie, de la survie de ma fille non?
il s'agit après tout de notre survie!

Je pense que le mieux serait de sortir momentanément du forum et passer par mail pour plus de fluidité (et on sort un peu de ce qui est central dans ce forum).

Si tu accèdes à un profil en cliquant sur le nom de celui-ci tu as des options de communication hors forum.
Par exemple pour moi en cliquant sur YaPasKua1111, je vois :

Email address:
Send email to YaPasKua1111
PM: Send private message

Le mieux serait d'utiliser le mail. Ça évite des notifications intermédiaires.
Je te contacte par là.

Thierry

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Re: Ce moi entre parenthèses embrassées

Postby YaPasKua1111 » Fri Jun 14, 2024 9:51 pm

Merci Thierry, j'ai répondu au courriel que tu m'as envoyé, mais je n'ai pas reçu de réponse.

L'as tu reçu?

merci infiniment pour ta réponse, je suis d'accord communiquons par courriel

Pascaline


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