Delphine

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Chronophonix
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Delphine

Postby Chronophonix » Mon Oct 15, 2012 10:49 pm

Bonjour Michel,

Il y a quelques temps, j'ai vu disparaître des personnes que j'ai beaucoup aimées et lors de cette souffrance du devoir faire le deuil de ces disparitions, les grandes questions existentielles ont ressurgi. Que faisons-nous là, qui sommes-nous en réalité ?....... N' ayant aucune affinité pour les religions, mais, profondément incline au sentiment religieux, intuitif, voire mystique, j'ai commencé à lire des livres sur les sages, Ramana Maharashi, Nisargadatta, Krishnamurti, ainsi que sur des moines bouddhistes, puis Jean Klein , enfin des personnes plus proches de ma culture, sans pour cela y trouver une grande satisfaction, trop de dogmes que je ne comprends sans doute pas. C'est alors que via internet , j'ai découvert des sites sur la non-dualité et récemment celui de : liberationunleashed.com et l'approche m'a fortement impressionnée. Cela semble simple de voir par moment et totalement frustrant de ne pas voir, tout le temps.
C'est pourquoi, je m'y suis inscrite, mais, je constate que je n'ai pas de disponibilité pour écrire sur un chat.
Cela pourrait-il se faire par ici, par des questions-réponses directes, même si cela prend du temps, qu'importe ?....
En bref, depuis plusieurs mois je me suis penchée sur cette question du qui donc agit, il est compris que tout se fait tout seul. Ce corps n'a rien décidé, ni de venir au monde, ni d'être ici à écrire, ni de chercher qqch, ni d'être en santé, ni d'être malade, ni de manger, boire, dormir etc..... Les choses se font sans son contrôle et donc sans la personne.
Il semblerait que cela soit vu ?.....
Il n'y aurait donc qu'une machine à recevoir des renseignements qui seraient placés dans des cases , prêts à surgir lorsqu'une demande se présente.
Et, un contact se fait pour qu'une compréhension ait lieu sans ce je aux commandes.
La grande question est donc, qu'est-ce qui fait fonctionner tout cela et comment le comprendre puisqu'il n'y a personne là pour comprendre et donc personne également qui pourrait me le faire comprendre ?.....
À l'écoute de la suite............
Merci, si cela peut te convenir, autrement, bonne vie.......
Delphine


Bonsoir Delphine

J'avais bien reçu ton message, mais pas eu le temps d'y répondre. Si tu es inscrite sur "liberation unleashed", tu peux donc m'écrire directement sur la messagerie interne du forum (messages privés). En effet, les fonctionnalités du forum sont plus adaptées à ce genre d'échange. Par ailleurs, tu peux trés bien ouvrir un fil de discussion sur la section francophone, ça n'a pas d'importance si tu ne communiques que de temps en temps, au rythme qui te conviens. Il n'y a aucune obligation à ce sujet. Par contre, peut-être ne souhaites-tu pas que notre discussion soit publique, auquel cas, les messages privés conviendront très bien. Je t'invite donc à me faire signe, juste pour que je puisse te répondre, puisque je ne connais pas pour l'instant ton pseudo sur "liberation unleashed". La seule chose que je peux te dire tout de suite est la suivante : les théories au sujet de la libération sont une chose, la vivre en est une autre. Et la vivre, c'est maintenant, tout de suite, au moment même où tu lis ceci : la libération, c'est voir maintenant tout ce qui apparait dans la conscience. Et ce qui apparait, c'est quoi ? Des sensations physiques, des émotions, des sentiments, des pensées, des intuitions ? Voir tout cela sans porter le moindre commentaire, sans juger, juste voir. Et cela à chaque instant : c'est ça, la libération, être conscient de tout à chaque instant. Et la libération n'a rien à voir avec un état agréable ou désagréable : c'est simplement être définitivement en paix avec tout ce qui apparait. Ce qui est EST, ici et maintenant.

RV pour la suite sur le forum.
Namaste
Michel




Bonjour Michel,

Juste te donner des nouvelles :
J'ai lu quelques témoignages sur le forum.
Intellectuellement, c'est clair, mais, il y a encore un mais qui traîne quelque part... donc à moitié compris....
à la question existes-tu ?....... je ne peux pas répondre non et j'ai beau regarder , je vois un corps qui respire, qui vit.. qqch qui met en mouvement ce corps-mental, et quand ils disent c'est très simple , plus simple que simple ...... à voir..... regarde, car tu es regard.... ils veulent nous faire comprendre qu'il faut se détacher de ce corps-mental, que qqch voit et que ce n'est pas le corps-mental. C'est très net, lorsqu'un corps meurt, tout ce qui l'animait, disparaît aussi, n'est plus là, n'est plus vu. Donc, le corps n'est par responsable de ses gestes, pensées, émotions, sensations etc....... Néanmoins, il n'y a pas sensation d'espace, de vide.......
Bon , je continue l'investigation.
Merci de me soutenir.
Bien à toi.
Delphine



Bonjour Michel,

Tu me laisses ce texte :

"Il y a quelques critères simples pour déterminer si oui ou non, il y a encore une identification à un "moi-je" : s'il y a un "moi-je", alors, il y a un "autre" (une personne, un objet, une situation, etc...)

Or qu'est-ce que "l'autre" ? D'abord une pensée, suivie d'une émotion.
"L'autre" est ce qui a le pouvoir de me faire réagir, de me faire peur, de me mettre en colère, de me faire envie, de me rendre jaloux, "l'autre", c'est ce que je n'aime pas, ce que je refuse, ce que je rejette, ce qui me met mal à l'aise, ou au contraire ce que je désire plus que tout au monde, " l'autre", c'est aussi ce qui me fait rechercher un sentiment d'être spécial, d'être important," l'autre", c'est ce qui provoque en moi une demande insatiable d'être accepté, considéré, apprécié, reconnu, aimé. Toutes ces émotions sont plus ou moins faciles à repérer, mais dans tous les cas, elles m'indiquent s'il a un "autre" ou non, et donc un "moi-je" ou non; car lorsqu'il n'y a plus de séparation, lorsque le couple «moi et l'autre» s'est dissous, toutes ces émotions se dissolvent également.

A présent, observez : est-ce que vous ressentez une séparation ? Y a-t-il vraiment un "autre", nettement séparé de vous? Y a-t-il une émotion ?"



Je ressens l'essence de la Vie comme impersonnelle mais cela ne m'empêche pas d'aimer comme un être humain.
Il n'y a pas séparation dès lors où l'essence est la même.
Donc cette personne n'est pas ce qui est. Ce qui est , est ce qui vit, qui fait vivre ce corps-mental. Par conséquent lorsque la désidentification au corps-mental se produit, c'est l' expérience de la conscience qui apparaît et cette expérience permet le rapprochement des uns et des autres qui s'avèrent baigner dans cette même conscience.Ce regard, ce vu désidentifié, ne se voit pas mais, ce sait. Les caractéristiques, les conditionnements, les expériences de la personne tombent. Que reste-il alors ?......... Aujourd'hui l'idée de dire - je-delphine suis heureuse ou je-delphine suis triste, me dérange, c'est un arrêt, comme qqch qui ne colle plus. Si, j'y prête attention, je pourrais dire plutôt que lorsqu'il y a bonheur, le bonheur me traverse ou traverse ce corps-mental, idem pour la tristesse etc....... c'est pourquoi, l'être est libre de ce qui arrive à cette delphine-mental. Elle a mal à la tête, elle a des pensées-souvenirs ou des pensées-futures, des émotions, des sensations, mais ce n'est plus identifié à ce qu'elle est.
Cela me semble encore bien intellectuel, n'est-ce pas , Michel ?...
Je continue à lire les témoignages, merci pour ton aide.
Bien à toi.
Delphine



Bonsoir Delphine

En fait, la question qui se pose est la suivante : si l'être est libre de ce qui arrive à cette «delphine-mental», y a-t-il autre chose à chercher ? Cette liberté de l'être est la paix inconditionnelle, et à partir de cette paix, de cette conscience non identifiée, tout est vu, tout est accepté, chaque action nécessaire à chaque situation se fait d'elle même.
Cela, ce n'est pas intellectuel si c'est vraiment vécu ainsi d'instant en instant. Comment est-ce que tu te situes selon ces critères ? Es-tu en paix avec ce qui est ? Regarde, et dis-moi...
Bien à toi
Michel



Bonjour Michel,

Bien évidemment , je suis en paix avec ce qui est, puisque ce qui est ne provient pas de Delphine et qu'elle n'a pas le pouvoir de changer quoi que ce soit. Que reste-t-il alors que d'accepter ce qui est (les situations agréables, désagréables, les sautes d'humeur, les soucis, les joies, les peines, en un mot le courant de la vie.... ) Est-ce que cela signifie pour autant, que c'est vu ?....
Les pensées, si elles sont vues comme des objets, elles passent , viennent, repassent, mais il n'y a plus d'accroche,cela fait partie du manège du mental sans pour cela déranger la tranquillité de ce mouvement d'énergie, si le cinéma intérieur s'est tu , que reste-t-il ? L'évidence du vivant, présent ici dans l'instant, mais est-ce joyeux pour autant ?.......
Et, lorsqu'alors, toutes ces personnes ayant vu, éprouvent ce que c'est que cet amour inconditionnel, je reste dubitative à ce niveau , la guerre, les fléaux de l'humanité ne me révèlent pas que tout est amour, même si ça fonctionne, ça bouge, ça sent, ça dort etc....... tout seul. Ou, je ne suis pas dans le bon point de vue.
Quand on lit également les témoignages d'éveillés comme Yolande, Betty, Karl Renz, Tony Parsons etc.... .......... il semblerait qu'il y ait aussi quelque chose de vu ou de vécu que Delphine ne maîtrise pas.
Bien entendu , Delphine ne verra , ne maîtrisera jamais rien, néanmoins, c'est de cette manifestation que c'est vu. Finalement, c'est agaçant de comprendre sans comprendre, en fait.
Peut-être y trouveras-tu là, quelque chose à exprimer où m'indiquer quelques lectures supplémentaires ?
Merci, Michel pour le temps consacré à cette lecture.
Bien à toi.
Delphine



Bonsoir Delphine

Est-ce que cela signifie pour autant, que c'est vu ?....

Oui, le critère qui ne peut tromper est l'acceptation de chaque situation, dont le corollaire immédiat est la paix inconditionnelle avec ce qui est. Delphine n'a peut être pas le pouvoir de changer la situation, mais tout de même, si ta maison prend feu, OK, elle prend feu, et tu appelles les pompiers !

L'évidence du vivant, présent ici dans l'instant, mais est-ce joyeux pour autant ?.......

Comment vis-tu cette évidence ? Je préfère quant à moi employer le mot "paix" au mot "joie" : la paix sans condition, dont la joie peut ou non faire partie, car je vois la joie comme une "couleur" particulière de cette paix.
Tous ceux qui ont vu et qui éprouvent l'amour inconditionnel...certes, mais pour l'instant, ils ne sont peut-être pas assez nombreux sur cette terre pour que cessent les guerres, les haines, et plus généralement, la peur qui règne en maître entre les êtres humains...

Quand on lit également les témoignages d'éveillés comme Yolande, Betty, Karl Renz, Tony Parsons etc.... .......... il semblerait qu'il y ait aussi quelque chose de vu ou de vécu que Delphine ne maîtrise pas.

Là, peut-être qu'il y a encore une croyance en cette pensée, alors, laisse-la passer comme les autres, et vois par toi-même si vraiment il existe quelque chose que Delphine ne maîtrise pas. Les témoignages des personnes que tu cites pointent vers des moments bien précis de leur vie, mais si tu les interroges sur le quotidien, comment ils vivent, tu vois que simplement, ils ne sont plus du tout identifiés à une entité séparée et autonome; le reste n'est qu'anecdotique.

«Comprendre sans comprendre»
: parfait ! Il y a compréhension par l'intuition, non par le mental, et ce qui apparait comme agaçant ne l'est justement que pour le mental qui tente désespérément de résister. Fie-toi à ton intuition, pas à ta pensée...

Namaste, Delphine
Michel


Bonjour Michel,

"
L'évidence du vivant, présent ici dans l'instant, mais est-ce joyeux pour autant ?.......

Comment vis-tu cette évidence ? Je préfère quant à moi employer le mot "paix" au mot "joie" : la paix sans condition, dont la joie peut ou non faire partie, car je vois la joie comme une "couleur" particulière de cette paix."


Voilà, une réponse spontanée du moment à cette question " Comment vis-tu cette évidence ? "


L'évidence du vivant a toujours été là, latent. Petite fille j'adorais ma balader dans la nature et disais que je voyais pousser les fleurs ou les brins d'herbe ou les feuilles des arbres, de la même manière que je voyais ce corps grandir, ces cheveux pousser, ces ongles s'allonger.
J'y attachais une importance capitale, tout était vivant alors qu'on se moquait un peu de cette petite fille rêveuse et poète à loisir.
Il y a eu ensuite tout au long de cette vie, des expériences où quelque chose de palpable m'a été offert. J'ai été aidé, porté, protégé dans des moments difficiles, douloureux.
L'évidence, un jour, devant une sépulture, c'était une crémation, où les dernières paroles du pasteur : " Je bénis ce corps-matière fait de poussière, retournant à la terre et cet esprit libéré retournant à la vie éternelle..." J'ai alors ressenti comme un prolongement tangible, une brise qui me caressait délicatement le visage. Il était vu, là, que ce corps, transformé en cendres ne pouvait être ce que l'on est vraiment, cette poussière de cendres inertes, alors que quelques jours auparavant il y avait en elles , une énergie vibrante, parlante à travers ce corps en mouvement. Ainsi, ce qui ce voit et ce qui disparaît (le corps) n'est en aucun cas réel et qu'au contraire, c'est ce qui n'est pas vu qui prend toute sa dimension dans la réalité. Ce qui est vu là, n'est qu'une bulle de savon, certes, une bulle géniale, mais rien qu'une bulle. Ce qui n'est pas vu, c'est l'espace où elle se trouve et où elle ne peut que retourner lorsqu'elle éclatera...... Les cendres m'ont-elles fait comprendre qu'il n'y a que conscience, pas la conscience d'être consciente, mais conscience de n'être que conscience indubitablement?... Retournement de toutes les croyances, là, le raisonnement, s'arrête.
Et à la question qui me vient - Y a-t-il quelque chose plutôt que rien?.... Je ne peux que répondre qu'il y a quelque chose qui fait fonctionner tout cela, j'ignore quoi, je ne le sais pas, mais c'est bien quelque chose qui permet à tout cela d'exister. Cette lumière on fond des yeux ne peut être niée. Elle est, point. Cela pourrait ressembler à la paix, comme tu le sens.

Quelles sont tes impressions ?.... Dois-je démarrer le processus sur le forum, où cela semble-t-il bien se dérouler, ici ?.......
À toi de me dire.
Merci, Michel.
Delphine



Bonjour Delphine
Il est vrai que sur le forum, la rédaction des réponse, avec la fonction "quote" (citation) est beaucoup plus souple que sur cette messagerie. Par ailleurs, si tu avais par la suite l'intention de guider à ton tour des personnes sur LU, il faut impérativement passer par le forum. Ceci dit, à toi de sentir, nous pouvons aussi continuer ici. Et à la question que tu poses (y a-t-il quelque chose plutôt que rien?), l'intellect (en tout cas le mien) rechigne à répondre, et laisse la place à l'intuition. Et mon intuition est qu'il y a une évidence d'Être profonde et définitive qui n'est ni quelque chose, ni rien...
Namaste, Delphine
Michel



Bonjour Michel
Oui, cela chante très justement.
Quant à guider des personnes, il faudrait pour cela que tout soit clair de ce côté. J'aurais souhaité continuer l'investigation ici, afin que tu me guides vers ce " Voir " ce " Regard" débarrassé de ce qui voit et de ce qui est vu, de ce qui regarde et de ce qui est regardé.
Ne crois-tu pas que de questions comme sur le forum seraient les bienvenues ?......
Quitte à y aller par la suite........
Ainsi pourrions-nous voir si tout va bien , tout est ok, de ce côté là ?.......
Bonne soirée, Michel


Bonjour Michel,
Est-ce qu'il serait possible de démarrer quelques questions- clé au sujet du processus ?......
Merci, Michel.
Bonne soirée.
Delphine

Voici quelques questions préliminaires, Delphine.


Les cendres m'ont-elles fait comprendre qu'il n'y a que conscience, pas la conscience d'être consciente, mais conscience de n'être que conscience indubitablement?...
Qui pose la question ? Y a-t-il une "Delphine" qui pense «qu'il n'y a que conscience», ou ce fait est il indubitablement vécu tel quel : ici et maintenant, il n'y a que conscience.

Ne crois-tu pas que des questions comme sur le forum seraient les bienvenues ?......
Qui souhaite se voir poser ces questions, et dans quel but ? S'il y a un doute, qui est la personne qui doute ? Ou posé autrement, y a-t-il ici et maintenant une entité séparée appelée Delphine qui doute ? Car si être pure conscience est ressenti, est une intuition profonde, où y aurait-il de la place pour douter de cela ? Mais si ce n'est que pensé, alors, effectivement, la "penseuse" Delphine pense simultanément «je suis pure conscience» et «je ne suis pas sûre que c'est vrai» Alors, les questions peuvent aussi prendre cette forme, à la manière de Byron Katie :
«Je suis pure conscience.» Est-ce que c'est vrai ?
«Je ne suis pas sûre de le ressentir vraiment.» Est-ce que c'est vrai ?

Je te laisse avec ces questions; pour répondre, cliquer le bouton "post reply" en bas à gauche.

Namaste, Delphine
Michel
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Re: Delphine

Postby Delphine » Tue Oct 16, 2012 8:59 pm

Bonsoir Michel,
Qui pose la question ?
Plus personne devant l'évidence mais bien entendu le mental de Delphine est encore actif, donc il s'amuse et pose des questions, tout en sachant qu'il n'obtiendra pas de réponse. C'est un manège qui est vu et qui n'amuse plus personne, alors il peut continuer à tourner sans donner le tournis à qui que ce soit.
Quel est le but de ces questions ?
Ce serait encore une recherche sur le " qu'est-ce qui peut bien rendre heureux", le fait de voir que ce corps-pensées-émotions-sensations fonctionne de manière autonome. Une fois que cela a été mis à plat, que peut-on dire ? Il n'y a plus rien à en dire , seulement voir, que ça inter-agit, que ça existe sans les directives de la personne. Donc le fait de pouvoir sentir par exemple des parfums différents, des odeurs différentes, serait le déclencheur de la joie ?....... c'est peut-être une vérité !...... en tout les cas , c'est plaisant, ce ressenti là.
S'il y a un doute ?.....
Qui peut dire ce qu'il y a et ce qu'il n'y a pas ?.... c'est toujours le mental qui refait surface. Ce qui n'est peut-être pas compris, c'est cette entité séparée. Comment peut-il y avoir une entité séparée, de qui et de quoi ?....
L'association corps-conscience ne peut être dissociée, c'est un tout en inter-action : comment sentir, voir, marcher etc.....sans cette connexion ?
Néanmoins, lorsque ce corps termine son temps ici , il reste ce qui l'a fait fonctionner, invisible, indescriptible, insaisissable mais bien présent, c'est la conscience-vie qui continue.
Aucune connaissance approfondie de Byron Katie.
Bien à toi.
Delphine

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Re: Delphine

Postby Chronophonix » Wed Oct 17, 2012 8:49 pm

Bonsoir Delphine

Ce qui me fait te demander s'il y a un doute, c'est l'emploi fréquent du conditionnel dans tes réponses ou tes questions, par exemple :
Donc le fait de pouvoir sentir par exemple des parfums différents, des odeurs différentes, serait le déclencheur de la joie ?
ou bien
Ce serait encore une recherche...
.
le mental de Delphine est encore actif
Delphine est-elle identifiée à ce mental ? Jamais ? Parfois ? Souvent ? Tout le temps ?
Ce qui n'est peut-être pas compris, c'est cette entité séparée. Comment peut-il y avoir une entité séparée, de qui et de quoi ?....
Le processus ici en cours a justement pour issue (fatale pour le moi !) de faire prendre conscience de l'évidence qu'il n'y a pas d'entité séparée et autonome. Donc, la question qui doit revenir ici est la suivante : quand Delphine dit «je», vers quoi pointe ce pronom «je» ?
Néanmoins, lorsque ce corps termine son temps ici , il reste ce qui l'a fait fonctionner, invisible, indescriptible, insaisissable mais bien présent, c'est la conscience-vie qui continue.
Est-ce une belle idée intellectuelle, ou est-ce vraiment vécu de l'intérieur ? Delphine est-elle «la conscience-vie» ?

Namaste
Michel
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Re: Delphine

Postby Delphine » Thu Oct 18, 2012 7:06 pm

Bonsoir Michel,
Oui, le conditionnel est employé puisqu'il y a recherche. Si je suis là, c'est que tout n'est pas clair, n'est-ce pas ?..... mais en te lisant , il est vu l'absurdité de la chose.
- Delphine est-elle identifiée à ce mental ? jamais ? Parfois ? Souvent ? Tout le temps ?.
Elle n'est pas identifiée à ce mental, mais, elle ne peut s'empêcher de mentaliser parfois !...... de vouloir encore comprendre !...
- Donc, la question qui doit revenir ici est la suivante : quand Delphine dit «je», vers quoi pointe ce pronom «je» ?
Je, c'est encore le je manifesté appelé Delphine, l'égo que je ne peux nier qui pose des questions et qui par cette activité empêche de voir le vrai, la nature véritable qui maintient tout cela. Mais, je ne suis plus dupe. Les questions devraient s'effondrer sur elles-mêmes et pourtant elles reviennent toujours. Pourquoi ?.... alors que ce fonctionnement est vu dans son insécabilité.
- Est-ce une belle idée intellectuelle, ou est-ce vraiment vécu de l'intérieur ? Delphine est-elle «la conscience-vie» ?
Delphine est pour ma part la conscience-vie qui permet l'expérience de ce qui est vu par ce qui voit tout en réalisant que cela se passe à travers elle et non pas par elle. En fait, ça se colmate pour ne former qu'une vision. Sans Delphine pas de vision, sans conscience-vie pas de vision non plus. Je te laisse un exemple : Levée de bonne heure, regard à travers la baie vitrée, saisissement d'un lever de soleil splendide ; à quelques mètres au-dessus de la surface de la campagne environnante un voile léger, blanchâtre et le ciel zébré de lignes courbes orangées, jaunes et rouges, lumineux. Spectacle magique, communion complète de l'observateur et de l'observé, et soudainement, une pensée surgit "vite, faisons une photo", Le temps de trouver un appareil et le spectacle avait déjà changé d'allure et la magie de cette unité aussi..... Tout change d'instant en instant, le paysage comme Delphine-pensées-émotions-sensations, dans une totale simultanéité, mouvement continu , ça se produit tout seul, ça se fait tout seul. C'est ce qui se passe rien d'autre. Que dire de plus ?....... et le mental ferme son clapet.
Bonne soirée, Michel et grand merci.
Delphine

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Re: Delphine

Postby Chronophonix » Thu Oct 18, 2012 10:20 pm

Bonsoir Delphine

Spectacle magique, communion complète de l'observateur et de l'observé, et soudainement, une pensée surgit "vite, faisons une photo"
Là, nous touchons à l'essentiel. Il y a eu un instant où tout ce que tu décris était, n'est-ce pas ? Pas de pensée, la vision consciente et directe dans toute sa pureté originelle. Puis, la pensée surgit : la vision a disparu simultanément, n'est-ce pas ? Peux-tu te souvenir de ce qui s'est passé immédiatement après la pensée «vite, faisons une photo» Cette pensée peut soit avoir été vue immédiatement en tant que pensée et disparaître, soit t'entrainer dans son énergie, te faisant te lever, chercher l'appareil photo, etc...
Peux-tu dire quand est-ce que tu es revenue dans la vision consciente, cet espace inconditionnel où tu étais située pendant la vision directe du paysage ? Peux-tu voir comment la moindre pensée a le pouvoir de t'en faire sortir pour peu que tu la suives ? Et une pensée en entrainant une autre, puis une autre, et ainsi de suite, peux-tu voir comment le paysage mental créé par cette suite de pensées, en se faisant passer pour réel, vient se substituer au paysage sensible constitué de tes perceptions, sensations, sentiments, etc...Et le moi-Delphine fait partie de ce paysage mental, il n'est rien d'autre que ça, une pensée moi-Delphine qui se fait passer illégitimement pour réelle. Si tu vois cela, qu'y a-t-il d'autre à voir...

Les questions devraient s'effondrer sur elles-mêmes et pourtant elles reviennent toujours. Pourquoi ?....
Pendant encore plus ou moins longtemps, le mental reviendra à la charge, car il est tellement ancré dans le fonctionnement de l'organisme qu'il est doué d'une inertie importante. Seule la vision directe et implacable de son fonctionnement pourra, par érosion progressive, en venir à bout. J'avais écrit à une personne sur ce forum une sorte de "mantra" qui peut être utile à ce point : «Tout voir, ne rien juger, ne rien laisser passer»

Namaste
Michel
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Re: Delphine

Postby Delphine » Sat Oct 20, 2012 10:53 am

Bonjour Michel,
- " Il y a eu un instant où tout ce que tu décris était, n'est-ce pas ? " Oui, absolument.
- " Puis, la pensée surgit : la vision a disparu simultanément, n'est-ce pas ? " Oui, malheureusement.
- " Peux-tu te souvenir de ce qui s'est passé immédiatement après la pensée «vite, faisons une photo» Cette pensée peut soit avoir été vue immédiatement en tant que pensée et disparaître, soit t'entrainer dans son énergie, te faisant te lever, chercher l'appareil photo, etc..." En effet, je me suis mise en marche à la recherche d'un appareil et le charme fut rompu. Mais cette pensée pouvait-elle être vue et passer sans que le personnage ne s'active ?... L'idée de figer ce merveilleux tableau était légitime aussi. Si la pensée, "bouge un peu ou tu vas être en retard à tes rdv " était arrivée, (comme j'avais du temps) je ne l'aurais pas retenue ou suivie, elle serait passée..... bon, y a-t-il quelque chose d'incompris là ?....
- " Peux-tu dire quand est-ce que tu es revenue dans la vision consciente, cet espace inconditionnel où tu étais située pendant la vision directe du paysage ? " Ensuite, j'ai pris mon petit déjeuner tout en lisant les journaux , tranquillement , juste une sensation de manger et de lire (il y a de moins en moins de commentaires) à part si quelqu'un me parle et me demande mon avis sur tel ou tel événement. Etait-ce à nouveau dans une vision consciente, comme tu dis ?..... probablement, puisque les pensées ne tournoyaient pas.
- " Peux-tu voir comment la moindre pensée a le pouvoir de t'en faire sortir pour peu que tu la suives ? " Oui, je le vois, seulement, c'est inévitable. Les affaires se font sans pensée ou avec des pensées utiles " il ne faut pas rater le bus" ou des pensées parasites " j'aimerais bien être encore en vacances" tout en vivant, l'instant, être présence de l'instant " oh! un vol d'hirondelles qui se forme ".
- " Peux-tu voir comment le paysage mental créé par cette suite de pensées, en se faisant passer pour réel, vient se substituer au paysage sensible constitué de tes perceptions, sensations, sentiments, etc...Et le moi-Delphine fait partie de ce paysage mental, il n'est rien d'autre que ça, une pensée moi-Delphine qui se fait passer illégitimement pour réelle." Oui, les faits ne sont pas ce que Delphine- mental crée, mais sont ce qui se présente à elle, seulement et simplement. Mais, où est l'émerveillement dans cela, l'amour inconditionnel, la joie, la paix ?.... sans doute, y a-t-il encore quelque chose à équilibrer, là ?...
- " Si tu vois cela, qu'y a-t-il d'autre à voir..." alors Michel, je ne sais quoi répondre car j'ai l'impression de ne rien voir, vois-tu ?.... très drôle.
- " «Tout voir, ne rien juger, ne rien laisser passer»" Oui, d'accord pour tout voir ce qui se présente, ce qui est , là , maintenant. D'accord pour ne rien juger, ni si c'est bien, mal, beau, laid, ennuyeux, plaisant etc..... Donc, ne pas être emporté par ces pensées qui vont automatiquement construire un scénario à la Delphine-mental qui n'aura selon son bon vouloir, plus rien à voir avec la réalité. Bien entendu. Néanmoins il reste le rien laisser passer. Qu'est-ce à dire ?....... dès qu'une pensée survient, la stopper, la couper, l'empêcher de vagabonder, d'occuper le terrain, de voiler le paysage sensible ?.... une vigilance, une attention à chaque instant dirigées et observées par ce je-moi-Delphine ? C'est alors un fonctionnement intellectuel qui prend position et qui n'a rien à voir avec le déroulement réel de la vie, n'est-ce pas ? Enfin, peux-tu expliquer un peu ce - rien laisser passer -
Merci pour ces mots qui ouvrent une dimension bien palpable, c'est très clair ce paysage mental et ce paysage sensible, ça s'accorde à l'unisson.
Bon week-end.
Delphine

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Re: Delphine

Postby Chronophonix » Mon Oct 22, 2012 10:47 pm

Bonsoir Delphine

En effet, je me suis mise en marche à la recherche d'un appareil et le charme fut rompu. Mais cette pensée pouvait-elle être vue et passer sans que le personnage ne s'active ?... L'idée de figer ce merveilleux tableau était légitime aussi.
Tout à fait; il n'est pas question de porter le moindre jugement sur ce qui s'est passé, juste voir le mécanisme à l'oeuvre. Car cela fonctionne tout le temps de cette manière.

bon, y a-t-il quelque chose d'incompris là ?....

Tu as parfaitement compris ce qui s'est passé et il n'y a pas à y revenir...

Ensuite, j'ai pris mon petit déjeuner tout en lisant les journaux , tranquillement , juste une sensation de manger et de lire (il y a de moins en moins de commentaires) à part si quelqu'un me parle et me demande mon avis sur tel ou tel événement. Etait-ce à nouveau dans une vision consciente, comme tu dis ?..... probablement, puisque les pensées ne tournoyaient pas.
La prochaine fois que tu prends ton petit déjeuner tout en lisant le journal, essaie de voir si tu peux simultanément être attentive à ta lecture et à la sensation gustative de ce que tu es en train de manger (ou de boire). Il se pourrait que tu t'aperçoives que ce petit déjeuner à été pris en toute inconscience, mécaniquement, alors que l'attention était placée sur le contenu du journal. «Quand je mange, je mange», disait le maître zen Taisen Deshimaru. Prendre son petit déjeuner sans la radio, la télé, ou le journal, juste le petit déjeuner, est une très bonne pratique de vie consciente.

des pensées parasites " j'aimerais bien être encore en vacances"
Oui, et il y en aura encore, car le mental est doué d'une très forte inertie. Mais si la pensée parasite est vue immédiatement, elle n'aura pas le pouvoir de t'entraîner dans son histoire. Quand aux pensées fonctionnelles, utiles, pas de problème avec elles, elles sont là pour nous aider à fonctionner dans le monde.

Oui, les faits ne sont pas ce que Delphine- mental crée, mais sont ce qui se présente à elle, seulement et simplement.Mais, où est l'émerveillement dans cela, l'amour inconditionnel, la joie, la paix ?.... sans doute, y a-t-il encore quelque chose à équilibrer, là ?...
Mais n'est-ce pas merveilleux, cela ? N'est-ce pas joyeux, ou tout au moins paisible ? Lorsqu'il n'y a plus de résistance mentale à ce qui est, l'amour inconditionnel n'est-il pas là ? L'amour inconditionnel, c'est le Oui à ce qui est, rien d'autre. L'éveil, ce ne sont pas les feux d'artifices cosmiques, les sensations extraordinaires de fusion avec le tout, ça, ce sont des expériences d'éveil, qui peuvent se produire ou non, mais qui ne sont pas l'éveil vécu au quotidien. Ces expériences peuvent être le début d'une vie éveillée, oui, mais pas toujours. (Voir l'ouvrage de Jack Kornfield, «Après l'extase, la lessive»)

alors Michel, je ne sais quoi répondre car j'ai l'impression de ne rien voir, vois-tu ?....
Ce qui apparait comme le plus ordinaire, le quotidien, la vie de tous les jours est tout ce qu'il y a à voir instant après instant, ce qui est extraordinaire est de le voir ainsi, instant après instant. Ce qui est extraordinaire, et qui jour après jour me ravit sans faiblir, est d'être conscient, vraiment conscient à chaque instant de toutes les petites choses (et aussi des grandes, bien entendu !) de la vie. Quel peut bien être l'intérêt d'être un "moi", un "ego" identifié soucieux de sa «si belle personnalité», face à cette lumière consciente aussi simple et tranquille ?

«Ne rien laisser passer» : Le mental, comme je l'ai déjà écrit plus haut, exerce une forte résistance au processus conscient. Il s'agit donc d'exercer une vigilance sans faille pour détecter ce qui, dans notre vie, est encore piloté par nos zones d'ombre, et soit sûre qu'il y en aura encore, et encore, et que tu vas sans cesse découvrir des "paysages" que tu n'avais sans doute jamais vus jusque là...Pour rester dans le paysage sensible, il ne s'agit pas de bloquer mentalement les pensées, mais de maintenir son attention vers le ressenti, toujours revenir au ressenti, à l'intuition, à l'espace conscient inconditionnel; les pensées disparaissent alors d'elles-même.

Namaste Delphine
Michel
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Re: Delphine

Postby Delphine » Fri Oct 26, 2012 11:44 am

Bonjour Michel,
Tu as l'art de ne pas alimenter le mental et c'est parfait ainsi. En fait depuis un certain temps il n'y a plus guère à revenir vers ce paysage sensible, il s'impose de lui-même. Ce n'est pas un effort ni même une attention à s'en souvenir, ça se concrétise doucement, à chaque instant, sans transformation de quoi que ce soit, (ce n'est donc pas , ici, comme les récits de certains éveillés.) C'est juste plus calme, plus serein, apaisé.
Ce corps que l'on est qui n'est pas celui que l'on a, tout en l'étant un peu aussi, s'éclaire d'une lumière transparente.
La confiance totale, l'abandon à ce qui est , élimine l'opposition corps-âme pourrait-on dire, passage de l'être existentiel à cet être essentiel de manière naturelle. C'est comme l'eau de ces fontaines qui remplissent au fur et à mesure les récipients avec la même eau, cette même eau qui coule.....la vie.
Merci pour ce site qui permet cette perception directe sans avoir à passer par un enseignement quelconque qui alimente justement l'intellect et qui enfonce le chercheur dans un questionnement sans fin. À mon humble avis, le chercheur devrait d'abord venir ici et voir, regarder directement sans blablabla....... ensuite, lorsque c'est vu et bien vu, étudier un enseignement si cela le passionne.
Et, j'ajouterais que lorsque - je m'oublie - que ça se passe sans moi , étonnamment, c'est encore mieux. Après coup, c'est risible, joyeux, tout ce que tu veux, oui, vraiment........... la vie-Vie est un mystère, chaud et vibrant comme lorsqu'on s'amuse à se chatouiller joyeusement. C'est l'image qui vient à l'esprit pour t'expliquer ce ressenti naturel. Ce ne peut être que joyeux.
Prends soin de toi.
Delphine

PS : Un grand Miaouuuuu, aussi au petit chat noir qui n'a cessé de me le dire " Regarde, comme c'est, tout simplement, intensément, rien d'autre ! "

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Re: Delphine

Postby Chronophonix » Sun Oct 28, 2012 10:53 pm

Bonsoir Delphine

Arrivé à ce stade, je vais te demander si tu serais intéressée par aider sur ce forum, auquel cas je t'envoie les 5 questions rituelles posées à tous ceux qui semblent être arrivés au terme de ce processus. Les réponses seront lues par les autres guides, et si trois d'entre eux te "confirment", ta couleur passe en bleu et tu seras invitée sur le groupe facebook dédié au suivi et aux échanges entre membres actifs francophones. Il te faudra lire aussi quelques documents dont certains sont en anglais, car ils ne sont pas encore traduits en français. Prend ton temps pour répondre à ces questions, d'autant plus que je vais être absent une dizaine de jours, et je n'aurai pas d'accès internet pendant cette période. Je serai rentré au plus tard le mercredi 7 novembre.

Je précise que le fait d'aider n'est pas une condition pour participer au groupe FB, certains de ses membres ne guident pas sur le forum. Par contre, la validation est indispensable.
Voici les 5 questions :

1 Y a-t-il un moi, quelque part, de quelque manière ou forme que ce soit ?

2 Explique en détail ce qu'est l'illusion d'un moi séparé, comment elle apparaît et comment elle fonctionne.

3 Qu'est-ce que ça te fait de voir et ressentir cela ?

4 Comment décrirais-tu cela à quelqu'un qui n'en a jamais entendu parler ?

5 Quel a été le déclic qui t'a fait basculer, qui t'a fait voir cela?

Voilà, Delphine, à bientôt.
Namaste
Michel
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Re: Delphine

Postby Delphine » Mon Oct 29, 2012 6:19 pm

Merci Michel,
C'est un peu rapide tout ça, mais, si tu vois l'aboutissement de ce processus, la confiance est là. Je m'absente également une semaine et répondrai à ces questions tranquillement à mon retour.
Bien à toi.
Delphine

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Re: Delphine

Postby Delphine » Tue Nov 13, 2012 6:31 pm

Bonjour Michel,

j'ai pris le temps tout au long de mes pérégrinations de prendre des notes au fur et à mesure qu'elles se présentaient et je t'en laisse le contenu.

1 Y a-t-il un moi, quelque part, de quelque manière ou forme que ce soit ?

Le moi est une identité imposée dès l'enfance à laquelle on se réfère pour se désigner. La personnalité constituée de mémoire, de savoir accumulé tout au long de sa manifestation terrestre. C'est une chose impermanente en changement constant, se renouvelant d'instant en instant.
L'investigation concrète du corps-mental, cette relation au corps en y regardant de plus près a été un étonnement fantastique. Je sais que je ne suis pas ce corps-mental, mais qu'il y a un corps. Il n'y a donc pas mon corps, ni mes émotions, mes sentiments, mes désirs, mes peines, mes soucis. Il n'y a plus d'appropriation aux choses.
Pourquoi ceci n'est pas à moi, ou moi ? Tout simplement parce que c'est arrivé sans aucune intention de ma part. Cela s'est produit sans le moi-je, sans la personne et cela continue à se développer sans aucune intervention de sa part. Ce qui lui arrive est également totalement indépendant de son vouloir. Il est en bonne santé, il viellit, il est malade, il meurt, que peut faire la volonté de cette personne ?..
Oui, il est souhaitable qu'elle l'entretienne, lui donne à manger, à boire, le réchauffe, le lave quand ses systèmes lancent des sonnettes d'alarme. À part cela, son fonctionnement n'a besoin d'aucune aide extérieure.
Ce corps n'a pas résisté à son démantèlement . Cet objet magnifique ne voit pas, ne sent pas, n'entend pas, ne marche pas, ne parle pas, tous ses sens sont mis en fonction ainsi que tous ses organes vitaux. En fait, l'exemple de l'oeil (c'est l'objet le plus frappant) déposé sur la table m'a bien mise devant l'évidence que lui seul n'était qu'un objet parmi tous les autres et que la vision si elle se passait bien à travers lui, si, son fonctionnement n'était pas déficient, n'était en aucun cas le responsable de ce qui voyait.
La conclusion fut évidente : ce qui voyait , n'était pas visible. Une absence pourtant bien réelle.
Idem pour tous les autres sens, les sentiments, les pensées, les émotions.

2 Explique en détail ce qu'est l'illusion d'un moi séparé, comment elle apparaît et comment elle fonctionne.

C'est la vie qui se vit par cette forme là. Ce corps que l'on a, et, ce corps que l'on n'est pas.
L'illusion est de croire que les pensées proviennent de ce corps-mental, qu'il les fabrique, alors qu'elles arrivent comme elles partent sans se les approprier, elles ne lui appartiennent pas. C'est croire que ce corps-mental agit, fait, décide, a un libre-arbitre, non, il est agit, cela se fait, se décide, sans choix, c'est un fait qui est là, présent.
Le fonctionnement c'est la vie qui apparaît, ce n'est pas une personne séparée qui vit sa vie, cela est l'illusion, c'est la séparation. La vie entend, voit, sent, désire, touche, goûte, pense, parle, pleure, rit, souffre, aime se révélant à travers un corps. Mais personne dans ce corps ne peut décider d'entendre, de voir, de sentir, de penser etc...... c'est cela l'illusion , de croire que....... car il n'y a personne dans ce corps, rien que des objets en action.
Le personnage ayant été disséqué que reste-t-il ?.... plus rien, rien de ce corps-mental-pensées-émotions. Tout a été passé à la moulinette, et rien n'a été trouvé à part d'avoir compris que derrière ce personnage en mouvement, la vie était une évidence, une conscience d'être, essence de la vie avant cette manifestation.

3 Qu'est-ce que ça te fait de voir et ressentir cela ?

En fait cela permet une intégration au vivant présent dans l'instant.
Exemple : Je marche souvent accompagnée d'amis qui parlent, parlent et reparlent en oubliant toute la nature autour d'eux. Je dois sans cesse les ramener à la vue d'un arbre, aux canards dans la rivière....... J'étais tout le temps frustrée par ces marches sans conscience, sans véritable communication avec la nature, où on essaie plus de régler ses problèmes psychologiques.
La marche, est devenue vraiment conscience de marcher, de sentir les cailloux sous les chaussures, de humer l'odeur ambiante, d'entendre les bruits multiples, tous les sens sont exacerbés, c'est comme se fondre dans le paysage où je ne sais plus si je regarde la montagne ou si c'est la montagne qui me regarde ou si la totalité se regarde se regarder ou si le regard se regarde ,regarder. Cela se déroulait déjà ainsi, mais c'est devenu plus intense. Oui, il y a plus d'intensité.
Idem pour le petit déjeuner que je prends plus tôt,tranquille afin d' en apprécier le goût, de voir le jour se lever, d' entendre les gouttes de pluie sur le toit.....
C'est ce fonctionnement du corps qui avait été occulté, cela fonctionnait tout seul, d'accord, sans y réfléchir, y prêter attention. Alors que l'évidence est si simple en effet, il n'y a rien de plus proche que cette respiration-expiration intensément vibrante, vivante sans soi.
Il y a aussi une plus grand recherche de solitude , mais une solitude habitée, très douce, très légère, dirais-je, le contraire d'un poids.

4 Comment décrirais-tu cela à quelqu'un qui n'en a jamais entendu parler ?

Cela est très délicat. Faire ce bon en arrière dans la Conscience de toutes choses et comprendre ce soi spirituel, non-né et non-mortel, n'est pas facile, ni aussi simple. Lorsque c'est vu, bien sûr, mais lorsque ce n'est pas le cas, c'est bouleversant d'entendre de tels propos sans préparation.
Si cette personne cherche, oui, il sera possible d'aborder le sujet et encore très finement, car on ne sait pas, à partir d'où elle se situe, découvrir que ce corps avec lequel on vit depuis des années, n'est pas ce que nous sommes vraiment , est un véritable cataclysme. Et, il faut passer par de nombreuses étapes déstabilisantes, souffrantes, de refus et d'acceptation et encore de refus, pour enfin y rencontrer cette sérénité, la voir et l'apprécier dans toute sa splendeur.
Peut-être énoncerais-je cette phrase très poétique " Nous ne sommes pas des êtres humains vivants une expérience spirituelle, mais, des êtres spirituels vivants une expérience humaine " qui a été mon koan en quelque sorte et, qui m'a mise en chemin en me faisant rencontrer des personnes,partager des expériences, lire des livres, écrire des textes, visiter des sites et notamment celui-ci en dernier.
Peut-être indiquerais-je ce qui est bien permanent et ce qui ne l'est pas........
Peut-être lui décrirais-je, surtout ce qui se passe là, dans cet instant, le regard, l'ouïe, le langage, la marche, émotions, vibrations du présent-présence.
Peut-être lui parlerais-je de la sensation si particulière de la tranquillité d'être sans le fonctionnement du mental qui nous entraîne dans le passé ou le futur en nous faisant oublier ce moment unique qui est là, immersion du regard, de se voir regarder sans se voir.
Une désidentification aux événements : une douleur dans le corps, n'est plus ma douleur, j'ai mal, une peine à l'annonce d'une catastrophe, n'est plus ma peine ou j'ai de la peine, un événement heureux, n'est plus ma joie ou je suis heureuse, il y a douleur, peine, joie, etc......Tout cela ne m'appartient plus, c'est vu, venant- passant et c'est un grand changement, une immense différence.


5 Quel a été le déclic qui t'a fait basculer, qui t'a fait voir cela?

C'est un examen de l'état de veille à l'état de sommeil qui m'a propulsé dans ce voir qu'il n'y a personne, puisque cela disparaît pendant le sommeil. Plus de sensations-émotions-pensées et pourtant, ça vit, ça respire. C'est ainsi qu'il a été ressenti cette présence vécue dans l'absence de la personne et dans son retour.
Et puis soudainement ces questions lancinantes : Qui pense ?..... Qui voit ?...... ont provoqué un Stop-mental, comme court-circuité.
Impossible à trouver, encore une fois, cela n'appartient pas au personnage qui ne trouve rien de rien, et c'est pourtant bien là.
En dernier lieu, le site et les e-mail échangés avec toi, Michel. En relisant le fil de discussion, certaines phrases ont fini par venir à bout du personnage :
- " Spectacle magique, communion complète de l'observateur et de l' observé, et soudainement, une pensée surgit "vite, prenons une photo"
"Là, nous touchons à l'essentiel. Il y a eu un instant où tout ce que tu décris était, n'est-ce pas ? Pas de pensée, la vision consciente et directe dans toute sa pureté originelle. Puis, la pensée surgit : la vision a disparu simultanément, n'est-ce pas ? "
Un flash, si simple, si direct, scotchée devant l'évidence, c'était ça et bien ça. Oublie de la petite personne ; vision globale, puis retour de la petite personne ; moulin à pensées en marche.

- " La prochaine fois que tu prends ton petit déjeuner tout en lisant le journal........Il se pourrait que tu t'aperçoives que ce petit déjeuner a été pris en toute inconscience, mécaniquement , alors que l'attention était placée sur le contenu du journal."
Cela a fait "tilt" et me suis sentie prise au piège devant tous les actes de la journée exécutés sans vraiment d'attention, plutôt machinalement. Et, là, c'était vraiment flagrant. Je ne mange jamais ni ne bois sans lire , regarder la tv, répondre à des mails etc........ impressionnant. Depuis, il y a attention à ce qu'il se passe et j'apprécie cette pratique qui me permet de ressentir davantage tous les sens en éveil. Cela me relie au fonctionnement qui se déroule sans moi tout en étant présence à l'événement.
- " Quel peut bien être l'intérêt d'être un "moi", un "ego" identifié soucieux de sa «si belle personnalité», face à cette lumière consciente aussi simple et tranquille ?"“ L'amour inconditionnel, c'est le Oui à ce qui est, rien d'autre. “ En effet, plus rien à rajouter.
- “ Pour rester dans le paysage sensible, il ne s'agit pas de bloquer mentalement les pensées, mais de maintenir son attention vers le ressenti, toujours revenir au ressenti, à l'intuition, à l'espace conscient inconditionnel; les pensées disparaissent alors d'elles-mêmes.“ J'ai mis l'exercice sérieusement en pratique, sans peine, sans effort de manière quasiment automatique.
- Il y a eu aussi cette impermanence du corps. Le visible-mort, devenant inerte. Alors, où passe ce qui le fait vivre ? Et, si ce n'est plus là, c'est donc ailleurs, sans ce corps inutile. L'évidence que cela est avant toute cette manifestation, se révèle, joyeuse.
Et cette pensée que ce corps peut aussi s'arrêter dans la minute qui suit et, conscience que l' ego n'a aucune emprise là-dessus. Rien, que le constat de son impuissance à protéger ce qui lui semble le plus important. Echec total devant cette existence éphémère mais réjouissance suprême devant la vie se vivant à travers elle.
Si le personnage revendique son droit à exister, ce qui semble naturel, il est vu pour ce qu'il est, et surtout n'a plus le pouvoir de m'embarquer dans un questionnement métaphysique sur l' au-delà de l' au-delà de l' au-delà .
Il y a de manière certaine une acceptation du mystère, acceptation que la réponse n'est pas du ressort de Delphine, ni la libération, ni l'éveil puisqu'en effet ce qui est recherché est ce qu'elle est déjà. (phrase qui m' insupportait il y a peu et qui me semble si naturelle aujourd'hui)
La solution est de le reconnaître, la forme ne peut être sans la non-forme.
Reconnaître son impuissance devant ce qui est, le fait, que cela dépasse toutes formes d'existence et s'en remettre humblement à un non-savoir éclairé par la nature même du vivant.
Un grand saut s'est produit en acceptant de ne trouver aucune réponse, de lâcher l'idée d'en trouver une coûte que coûte et de vivre enfin, totalement à partir justement de cette non-réponse.
Je ne sais pas et je ne cherche plus à savoir, je vis, ou mieux , ça vit dans une confiance sans accroches, sans adhérences, sans rien sur quoi reposer et c'est infiniment bénéfique et salutaire. Il ne reste plus qu'à dire, MERCI.

Je terminerai en remerciant la providence de m'avoir amenée sur ce site où il n'y a pas de références, de dogmes religieux ou tendances new-age, où tout pointe vers l'essentiel débarrassé des fioritures ; le retour à soi-même.
Bien entendu, remerciement à Michel qui a su pointer juste exactement, là , où l'ombre empêchait la lumière de poindre.
La flamme de la bougie ne demande qu'à briller et grandir encore.
Et comme tu l'as si merveilleusement écrit " Seule la vision directe et implacable du fonctionnement du mental, pourra, par érosion progressive, en venir à bout. "
Tu me diras si tout cela va dans le bon sens.
Bien à toi. Très chaleureusement.
Delphine

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Re: Delphine

Postby Chronophonix » Tue Nov 13, 2012 11:04 pm

Bonsoir Delphine

Après avoir lu tes réponses, les seuls mots qui me viennent sont : en parfaite communion avec toi...

Dès que j'ai trois confirmations, ta couleur passera en bleu; il te faut donc un compte facebook pour participer au groupe F.UNleashed regroupant tous les guides et tous ceux qui ont terminé le processus. Outre ce que je t'en ai déjà dit, ce groupe nous sert pour toutes les questions d'ordre pratique concernant le forum. Il propose aussi un certain nombre de documents en français, dont certains sont très utiles pour ceux qui vont guider à leur tour.
Ce fil de discussion sera archivé ici : http://liberationunleashed.com/nation/v ... m.php?f=24

Voilà, Delphine, pour ce qui concerne facebook, tu peux m'envoyer ça par message privé.

Namaste
Michel
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