Postby Fuhioresa » Tue Nov 01, 2022 3:42 am
Bonjour Marie-Gabrielle,
Mon expérience n’évolue pas pour l’instant. La croyance en un “moi” indépendant n’est pas revenue, elle ne reviendra pas, comme je ne croirai plus jamais au Père-Noël. Mais les mécanismes de pensées sont toujours là, ils reviennent en force: comparer, juger, analyser, critiquer, dramatiser... Je sais qu’il n’y a rien à trouver, mais ma tête cherche quand même, mes pensées me disent encore que je devrais être autrement, que je devrais faire plus, être plus productive, que je devrais prendre le contrôle de ma vie. Quand j’investigue, c’est évident que je ne peux pas prendre le contrôle de quoi que ce soit, mais dans le quotidien l’impression est toujours là, de plus en plus. Les pensées m'entraînent et semblent réussir à me faire peur, comme avant.
Il me semble que le fait de savoir que les pensées ne sont pas réelles ne suffit pas à faire tomber toutes les croyances et constructions mentales.
Par contre, je ne suis pas plus motivée à faire quoi que ce soit. J’ai passé ma vie à être motivée par la peur et je n’en peux plus. Alors même si les pensées me disent: “Vite!! Tu dois être efficace, créer ta vie, une carrière, des projets, la sécurité etc…”, je refuse d’agir par peur. Je n’y arrive plus de toute façon. Tant que quelque chose ne montera pas naturellement de l’intérieur, je ne bougerai pas! Même si j’ai peur de ce qui va m’arriver, ou de ce qui ne m’arrivera pas, même si je me sens parfois coupable, je sais que la peur est une illusion et je ne veux plus jouer à ça. Je trouve cela difficile d’entendre les pensées crier sans arrêt, sauf que je sais aussi que de faire ce qu’elles disent ne les calmera pas non-plus. C’est presque comme une guerre! Les pensées sont comme un tyran qui me manipule depuis des années, et là, je décide de ne plus me laisser faire, alors il sort toute sa force, sa rage, ses dernières armes pour essayer de m’effrayer et de me soumettre comme avant.
Ma stratégie est d’ignorer le tyran, je ne sais pas quoi faire d’autre. C’est désagréable de l’entendre sans cesse, mais c’est la solution qui me semble la plus simple pour le moment.
Flavie