Suis-je une machine sans âme ?
Posted: Sat May 09, 2015 3:00 pm
Bonjour,
Ce qui m'a frappé pendant mes études de médecine, c'est à quel point tout fonctionnait très bien sans moi. En étudiant la physiologie, on constate que les mécanismes du corps humain comme la digestion, la coagulation, la respiration par exemple sont extrêmement complexes et automatiques.
Mon cœur bat sans moi. Mes ongles poussent sans moi, mes cheveux aussi.
Le sang circule et les muscles se contractent mais je n'y suis pour rien.
La plupart d'entre nous ne savent même pas comment tout cela fonctionne, et pourtant, nous avons tous la conviction de contrôler le corps et d'agir par son intermédiaire.
Mais qui a cette conviction ? C'est cette question qui m'a amené ici.
En parcourant le forum LU, j'ai compris qu'on ne peut pas désigner une partie du corps, une pensée, un souvenir, une émotion ou tout autre constituant de la personnalité et dire : " ça y est ! J'ai trouvé : ça, c'est moi ". Tout se rapporte à moi mais rien ne me désigne exclusivement.
Pourtant, je n'arrive pas à comprendre ce que je suis finalement. Rien ? Une simple illusion crée par le cerveau pour permettre au corps de survivre parmi les autres ?
Je suis dans une impasse. J'ai beau chercher celui qui agit, perçoit ou pense, je ne tombe que sur des actions, des perceptions et des pensées. Je vois bien qu'il n'y a aucun endroit dans le cerveau où un je existerait en plus des pensées, en plus des perceptions, en plus des émotions.
Je suis introuvable, d'accord, mais j'ai conscience d'être introuvable. Qui voit donc l'absence de je ?
Cette conscience d'être là, d'être soi, d'être unique, semble être une illusion. Mais je n'arrive pas à l'accepter. Car, alors, je devrais accepter de voir souffrir quelqu'un et de me dire " En réalité, il n'y a personne qui souffre, ce n'est donc pas si grave..."
Car, alors, où serait la différence entre un homme et une machine, si nous ne sommes que des illusions sans je ?
Voilà où j'en suis.
J'ai compris que le sentiment d'être un sujet stable, vivant à l'intérieur d'un corps en perpétuel changement, ne peut être qu'une illusion. J'ai compris qu'aucun noyau stable et durable, aucune âme, aucun moi fixe ne peut être trouvé et qu'il n'y a donc d'au-delà pour personne.
Mais ai-je passé la porte sans porte ?
Merci.
Yan
Ce qui m'a frappé pendant mes études de médecine, c'est à quel point tout fonctionnait très bien sans moi. En étudiant la physiologie, on constate que les mécanismes du corps humain comme la digestion, la coagulation, la respiration par exemple sont extrêmement complexes et automatiques.
Mon cœur bat sans moi. Mes ongles poussent sans moi, mes cheveux aussi.
Le sang circule et les muscles se contractent mais je n'y suis pour rien.
La plupart d'entre nous ne savent même pas comment tout cela fonctionne, et pourtant, nous avons tous la conviction de contrôler le corps et d'agir par son intermédiaire.
Mais qui a cette conviction ? C'est cette question qui m'a amené ici.
En parcourant le forum LU, j'ai compris qu'on ne peut pas désigner une partie du corps, une pensée, un souvenir, une émotion ou tout autre constituant de la personnalité et dire : " ça y est ! J'ai trouvé : ça, c'est moi ". Tout se rapporte à moi mais rien ne me désigne exclusivement.
Pourtant, je n'arrive pas à comprendre ce que je suis finalement. Rien ? Une simple illusion crée par le cerveau pour permettre au corps de survivre parmi les autres ?
Je suis dans une impasse. J'ai beau chercher celui qui agit, perçoit ou pense, je ne tombe que sur des actions, des perceptions et des pensées. Je vois bien qu'il n'y a aucun endroit dans le cerveau où un je existerait en plus des pensées, en plus des perceptions, en plus des émotions.
Je suis introuvable, d'accord, mais j'ai conscience d'être introuvable. Qui voit donc l'absence de je ?
Cette conscience d'être là, d'être soi, d'être unique, semble être une illusion. Mais je n'arrive pas à l'accepter. Car, alors, je devrais accepter de voir souffrir quelqu'un et de me dire " En réalité, il n'y a personne qui souffre, ce n'est donc pas si grave..."
Car, alors, où serait la différence entre un homme et une machine, si nous ne sommes que des illusions sans je ?
Voilà où j'en suis.
J'ai compris que le sentiment d'être un sujet stable, vivant à l'intérieur d'un corps en perpétuel changement, ne peut être qu'une illusion. J'ai compris qu'aucun noyau stable et durable, aucune âme, aucun moi fixe ne peut être trouvé et qu'il n'y a donc d'au-delà pour personne.
Mais ai-je passé la porte sans porte ?
Merci.
Yan