Bonsoir Gérard
(préfères-tu Sue ou Suyin ?)
Arf, un choix !:)
Cela n'a pas d'importance, mais Suyin est mon prénom de naissance alors prenons celui-là.
Ça brasse fort depuis que j'ai lu tes questions ! Beaucoup de larmes ce matin, comme si je faisais un double deuil : celui de l'attachement à l'expérience d'identification et celui de l'attachement à l'expérience de la Présence. Je vois que j'étais bel et bien identifiée à la conscience. En fait, je constate que voir qu'il n'y pas de faiseur ne suffit pas à dissoudre l'idée d'un moi, car il peut rester le sentiment d'un moi « perceveur », d'un moi qui vit l'expérience... Je ne m'étais pas rendu compte de cette récupération... C'est vraiment subtil tout ça...
Depuis hier soir, il y a des moments de clarté avec le rire qui monte, et des moments où ça retombe et où je me sens toute embrouillée (dès que le mental essaie de comprendre en fait!)
1. Tu écris : Dans mon expérience, "il n'y a pas d'auteur" est su, mais pas vécu en permanence. Il faut que je me le rappelle régulièrement.
Peux-tu préciser stp ?
Est-l évident pour toi qu'il n'y a pas d'auteur, qu'il n'y en a jamais eu, qu'il n'y en aura jamais ? Que l'organisme Suyin en aie conscience ou non à l'instant t.
Ce n'est pas évident dans mon ressenti ni dans ma vie quotidienne, mais oui ça l'est intellectuellement. Et depuis le déclic toutes croyances en un Créateur, en un plan divin et un but de l'existence ont été balayées.
2. L'attachement à l'EXPERIENCE de la présence est une "histoire" liée à une ou des pensées crues.
Tu (ce que tu es) ES Présence que tu (l'organisme corps mental) en fasses l'expérience ou non. Evident, non ?!
Oui !
3 et 4. Dépose tout cela. Ce sont des pensées. Et pose le regard, la conscience sur tous ces phénomènes.
La cosncience se prend-elle pour qu'elqu'un, s'identifie-t-elle ?
Non, je réalise en te lisant que la conscience ne s'identifie pas. La conscience perçoit. S'il y a identification, c'est à dire pensée d'appropriation, la conscience perçoit cette pensée. En fait il n'y a pas identification ou des-identification. C'est juste le regard qui se tourne vers l'objet corps-mental, ou qui se tourne vers lui-même. Une pensée crue, c'est comme si le regard se collait à la pensée, comme mon corps est « collé » à la Terre par la force d'attraction. Il n'y a pas « quelqu'un qui croit », que ce soit de la conscience ou non. Il y a une force qui fait que ça colle, c'est tout.
Soit le regard se pose sur un objet de perception (objet matériel ou pensée/émotion/sensation), soit le regard se pose sur le regard. Quand le regard se pose sur un objet, il y a le mécanisme d'interprétation (le mental) qui se colle au regard.
Il m'est venu régulièrement ce questionnement depuis hier : quand toi, Gérard, tu me dis « Regarde », à qui t'adresses-tu ? Qui pourrait bien regarder ? Cette question semble avoir trouvé sa réponse : le mot « regarde » renvoie à l'acte de poser l'attention sur. C'est un stimulus, et l'attention y répond. L'attention n'est pas quelqu'un.
Il y a le sentiment que "je" conscience fait l'expérience de cette forme appelée Suyin, que c'est un point de focus. est-ce exactement cela ? La cosncience ne perçoit-elle qu'à travers cet organisme ? Est-elle l'expérience ? Crée-t-elle quelque chose ?
En tant que conscience, que constates-tu directement ?
Dans ma perception, il semble que la conscience ne perçoit qu'à travers cet organisme. Je sais que c'est faux puisqu'elle perçoit à travers tous les organismes, mais c'est une croyance, non une évidence ressentie.
Non elle n'est pas l'expérience, elle est ce qui perçoit l'expérience. Elle ne crée rien.
6. En Réalité, ce ce vers quoi pointe la question : "Qu'est-ce qui connaît tout ce qui peut être connu ?", tu n'es pas la cosncience.
Je ne comprends pas cette phrase... ? Je ne suis pas la conscience ?
Il peut y avoir "croyance en des pensées", ce que tu appelles identification, ET pas de sentiment d'un moi : il n'y en a pas. Souvent, il est CRU que s'il y a croyance en des pensées, il y a sentiment d'un moi, ce qui renforce l'idée d'un moi.
Le mot même "identification" induit en erreur. Il est automatiquement associé à l'idée de quelqu'un qui s'identifie à quelque chose. Mais la conscience est-elle un quelqu'un ? Et à quoi ou à qui pourrait-elle bien s'identifier ?
Je pense avoir répondu plus haut. Merci, cela n'était pas clairement vu...
Au sein de quoi apparaît tout ce qui apparaît : les pensées, émotions, sensations, événements, etc. ?
Je pourrais dire : au sein de la présence, mais ce qui est ressenti là tout de suite c'est : cela apparaît. Au sein de rien. Ça apparaît, et c'est perçu.
7. Pourrait-on transcrire sans te trahir : "Quand la conscience reconnait que cet organisme corps-mental est le grand amour de la conscience, comme tous les autres organisems, tout se réunifie" ?
Oui... Mais quelque chose de nouveau est en train d'arriver, et je ne sais pas si c'est juste. C'était très clair dans ma perception hier soir mais ça ne l'est plus autant à présent. Je l'ai noté ainsi quand cela m'est apparu :
La conscience c'est le fait d'être, c'est ce qui est, c'est tout ce qui se manifeste. C'est donc à la fois ce qui perçoit et ce qui est perçu. C'est tout ce qui apparaît, ce qui jaillit dans l'instant, que ce soient des objets matériels ou des pensées. Il n'y a pas de centre, nulle part.
Je regarde un objet, c'est la conscience (je regarde = le fait de percevoir, un objet = ce qui est perçu). Une pensée arrive, c'est ce qui est, c'est conscientisé, c'est de la conscience. La pensée « je tiens le truc, comment faire pour ne pas le perdre ? » apparaît, c'est juste une pensée, une manifestation, donc la conscience ! Dans cette vision, la conscience revient toujours à la conscience, le mental n'a pas le temps de raconter une histoire.
Suis-je dans le juste ?? Dans cette perspective, il n'y a plus de séparation sujet-objet. Et ce serait peut-être plutôt ça, la réunification...
9. Oui, il est cru que nous sommes Je Suis, le fait d'être. C'est ce que j'appelle "la première réalisation".
Et oui, personne ne crée rien. Va au bout de cela.
C'est comme faire un deuil... Pourtant cela a été vu aussi, que nous ne sommes pas le "Je suis"... Car la réalisation "Je suis" s'est produite il y a 13 ans, et depuis je croyais que cela était "Dieu". Mais l'année dernière ma perception est allé au-delà du "Je suis" car l'idée d'un "Je" s'est dissoute et j'ai compris que je m'étais trompée au sujet de ce qu'est "Dieu".
Il me revient que lorsque s'est produit le déclic (il y a un an donc), tout ce qui pouvait me définir s'est effondré, et il y a eu un grand vide pendant quelques minutes. Puis soudain, depuis ce vide, cette pensée a surgit, sur le ton de l'inquiétude : « pourtant j'existe bien, quand même ? » Cela m'a fait rire. Comme si ne plus être quelqu'un ou quelque chose, c'était ne plus être... J'ai donc rassuré cette petite voix en lui disant « bien sûr qu'il y a existence. Seulement cela, le fait d'être ». Serait-ce à ce moment-là que l'identification s'est déplacée sur le fait d'être ?... hummmmm....
(j'espère que ce que je dis est clair)
PPS : Tu sais très bien ce qu'il en est de ceux qui disent qu'on a le choix, etc. que ces dires proviennent d'enseignants non duels, du cours en miracle ou d'ailleurs.
Le semblant n'est pas la réalisation.
La cosncience a-t-elle la liberté d'interpréter quoi que ce soit d'une manière ou d'une autre ? Regarde ce qu'il en est en réalité.
Oui, la vision change d'elle-même, autrement dit, les situations sont interprétées d'une manière neuve et sans dualité (ou pas, selon les cas)... sans personne pour le faire.
La conscience n'est pas un "moi" auteur, décideur, pilote... Regarde :)
Ben oui... La récupération a recréé l'impression qu'il y a un auteur... fort !!!
La conscience n'interprète pas, la conscience voit ce qui est. Les interprétations changent, la conscience le constate.
(à ce sujet, je trouve que le mot constater peut sous-entendre qu'il y a un faiseur, car constater c'est « faire un constat ». La conscience fait-elle des constats ? Non, la conscience voit. Bien sûr ce sont des mots, mais peut-être est-ce utile de le souligner)
Voilà, voilà...
Bien à toi, avec toute ma gratitude pour cet accompagnement de qualité :)
Suyin