comment dépasser certains blocages ?

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vincent rudra
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comment dépasser certains blocages ?

Postby vincent rudra » Sun Dec 29, 2013 3:04 pm

Bonjour,
Je ressens le besoin d’une aide extérieure afin de pouvoir résoudre certains blocages.
Je médite assez régulièrement depuis une trentaine d’année, ce qui m’a permis d’identifier la « Présence » à l’intérieur, cette sensation d’être habité par une vibration continue, ce quelque chose fait d’une paisible énergie qui raisonne doucement dans la tête et les oreilles, sans début ni fin.
Suivant les situations, cette sensation s’intensifie ou s’estompe, voire disparait quand elle est recouverte par les pensées ou les émotions (le trac ou la colère par exemple). Dans certains cas, si je suis dans une situation inconfortable, je peux me tourner vers cette Présence afin de ne pas tomber dans une réaction égotique.
Aussi, pendant les weekends ou les vacances, je peux quelques fois me croire arrivé au but, dans un état de sérénité et d’énergie rayonnante.
Mais cet état ne dure pas. Par exemple à la maison, si ma compagne de mauvaise humeur m’agresse, je vais pouvoir sur le moment encaisser sans réagir, mais quelques temps après je vais me fermer en ruminant mes griefs. Au boulot (je suis prof en collège), je vais laisser éclater ma colère contre quelques garnements et en subir les contrecoups pendant le reste de la journée.
En fait, je suis toujours animé par le « j’aime/je n’aime pas », je n’aime pas les contraintes, les adolescents bruyants, les reproches de ma femme, etc., surtout si je suis un peu fatigué.
Comment dépasser ce stade, ne plus vivre ces situations aliénantes ?
Merci d'avoir lu ce message.
Vincent

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Re: comment dépasser certains blocages ?

Postby iprian » Sun Dec 29, 2013 4:27 pm

Hello Vincent,

Si tu es ok, on travaille ensemble.

Je suis assez conceptuel, donc mes phrases sont à lire soigneusement (et tranquillement...). D'autres sont plus directifs. J'aime assez utiliser l'intellect comme outil, mais il faut être ok sur la règle du jeu : il n'y a pas de jeu, et il n'y a pas de je. L'objectif ici est de se passer du je en utilisant le jeu de l'intellect... C'est ma façon de faire.

Entre la question posée et l'objectif, il y a le cheminement (en première approximation), la levée des obstacles.

Ce que je note dans ton post, c'est qu'il y a une opposition entre ce qui est agréable et ce qui ne l'est pas. Ce sera le point de départ si on travaille ensemble.

Dis-moi si c'est ok pour toi.

Avec toi, Iprian.

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vincent rudra
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Re: comment dépasser certains blocages ?

Postby vincent rudra » Sun Dec 29, 2013 7:32 pm

Bonjour Iprian,
merci pour ta proposition, même si elle recèle certaines contradictions; en effet je dois être d'accord avec une règle du jeu, tout en sachant qu'il n'y a pas de jeu, mais que malgré tout nous allons utiliser le jeu de l'intellect ?
Cependant je suis partant pour le cheminement, ainsi que pour le point de départ. Donc, c'est ok pour moi.
Bien à toi, Vincent

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Re: comment dépasser certains blocages ?

Postby iprian » Sun Dec 29, 2013 8:54 pm

Ok. L'intérêt de la contradiction, tu l'auras noté, est de renforcer le sens du "je" (ce qui remarque la contradiction) et ainsi de mieux l'objectiver.
Il est habituel de considérer qu'il y a des choses agréables (une méditation réussie) et des choses désagréables (une friction dans la relation par exemple), mais dans le cheminement qui nous concerne ici, les deux sont équivalents.
Que ce soit une contradiction, un événement malheureux ou un événement heureux, tout est "repéré" par une instance qui se l'approprie après. Sur le moment, en l'instant, le moi-je est inexistant ; il n'apparaît qu'après et par un rembobinage de la séquence il nous fait croire qu'il est à la racine de ce qui survient. Cela va très très vite... ce qui donne cette impression de "vrai" lorsqu'on dit : il "m"'est arrivé ceci ou cela. Mais, en vérité, ce qui arrive, arrive ; qu'il y ait un moi n'y change rien, tout se fait très bien tout seul. Le problème vient de la croyance en l'existence de cette instance qui s'approprie... tout. Elle s'approprie tellement tout qu'elle est en train de le faire en cet instant, en te faisant réagir à la lecture de ce texte (quelle que soit la réaction).
Donc, pour commencer, il est nécessaire de mettre en cause cette impression de réalité du moi-je, à qui tout semble arriver, à un point tel qu'on n'imagine même pas que cela soit à discuter.
Tout d'abord, quel effet cela te fait-il d'imaginer que tout fonctionne sans un moi aux commandes ? Tu réponds avec tes tripes, svp. Prends le temps qu'il faut pour sentir que ta réponse est 100% honnête.

Avec toi, Iprian.

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Re: comment dépasser certains blocages ?

Postby vincent rudra » Mon Dec 30, 2013 12:08 pm

Dans un premier mouvement, je suis tenté de répondre que justement, quand je réagis à une situation désagréable, j'ai l'impression qu'il n'y a personne aux commandes, que je me laisse embarquer dans cette émotion de rejet (colère ou ressentiment) sans rien pouvoir faire. Je sens parfois qu'il suffirait de prendre les choses comme elles sont, mais mon ego, celui qui juge les autres, ne peut l'accepter. Je suis aussi parfois dépassé par un ras le bol qui me met littéralement hors de moi.
Dans d'autre cas, la situation est tellement incontrôlable (élèves qui se battent entre eux par exemple) que je ne fais rien, je suis désarmé, ce qui n'est pas non plus une attitude juste dans un rôle de responsable.
En effet ce genre d'événement marque mon psychisme qui me le repasse ensuite le reste de la journée, de la nuit, voire pendant plusieurs jours avec un arrière goût amer. Comment éviter cette empreinte sur le mental qui perturbe le calme intérieur (le rembobinage) ?
Merci,
Vincent

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Re: comment dépasser certains blocages ?

Postby iprian » Mon Dec 30, 2013 2:58 pm

On peut commencer par là.
quand je réagis à une situation désagréable
C'est tout le problème : la qualification puis le refus ; la qualification qui fait que la situation est considérée comme désagréable, et le refus qui fait que tu y réagis. Ce sont des mécanismes dont le fondement est de vouloir que les choses soient autrement que ce qu'elles sont, ce qui est impossible. Les choses sont ce qu'elles sont, comment pourraient-elles être autrement que ce qu'elles sont ! Mais nous voyons les choses comme on voudrait qu'elles soient, avec les conséquences comportementales que ce blocage entraîne. La sensation du désagréable est un premier refus, qui traduit ce vouloir que la situation soit autrement que ce qu'elle est. Ensuite apparaît le refus du refus : rejet de l'intolérable vérité que la situation ne peut pas être autrement que ce qu'elle est, même si je le veux. La colère (ou toute autre émotion négative) en est le corollaire ; un peu comme si on hurlait au ciel d'arrêter de pleuvoir parce qu'on veut du soleil. La suite est une cascade, alimentée par l'histoire personnelle : cela peut donner de l'immobilisme, des ruminations, un sentiment d'impuissance, ou aller jusqu'au meurtre... Le premier pas vers la paix est d'admettre, intellectuellement d'abord (ensuite cela se transforme en évidence vécue) que les choses sont ce qu'elles sont et que, dans l'instant, on n'y peut rien. C'est un constat. Certains parlent d'acceptation, mais je préfère le mot constat. Je constate que c'est comme ça, et pas autrement. Puis l'action vient. Et elle est aussi constatée, non jugée ; je fais ce que j'ai à faire, et cela fait aussi partie du constat. Et ainsi de suite, toute la vie ! Dans ces successions de moments, crois-moi, il n'y a pas de place pour autre chose que ce qui est ; c'est ça la paix. C'est la première approche. C'est un exercice vers le mieux-être,le mieux-vivre.
Mais ce qui nous intéresse ici, c'est le sujet à qui tout cela arrive. Il faut quelqu'un pour refuser. S'il n'y a personne, la situation se déroule tout aussi bien, comme un film au cinéma : que le fauteuil soit vide ou rempli, c'est la même histoire sur l'écran. Alors qui refuse ? Où est celui qui refuse ?
Dis-moi Vincent : où se trouve celui qui se croit être Vincent ? Quelles sont les caractéristiques objectives de ce moi (couleur ? texture ? forme ? sensation physique ?) ?

Fais ton enquête et dis-moi ce que tu trouves.

Avec toi, Iprian

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Re: comment dépasser certains blocages ?

Postby vincent rudra » Mon Dec 30, 2013 10:09 pm

Je veux bien croire que ce mécanisme (qualification, refus, réaction) est tellement automatique que pour le moment je n'ai pas de distance avec cela quand je me trouve dans une situation vraiment éprouvante. Je vais mieux observer ce qui se passe dans les situations moins stressantes, moins prenantes, pour essayer ce point de vue.
Je trouve également cette notion de refus du refus assez juste pour qualifier mon vécu de chercheur qui échoue.
Pour ce qui est du sujet à qui cela arrive, je le retrouve dans le regard des autres, mes proches qui me supportent de mauvais poil quand la journée s'est mal passée, ou mes collègues qui m'apprécient pendant un moment de détente, bref je suis ce type pour les autres d'abord, et ce sont eux qui me renvoient cette identité. Et en premier lieu mes parents, qui sont à l'origine de la construction de cette identité.
La question du moi est une question d'identification, j'ai un peu lu Ramana Maharshi, et je crois avoir déjà mis en pratique le "neti-neti", je ne peux être le corps qui change et décline inéluctablement, ou les pensées qui passent et se bousculent si vites, ou les émotions si peu contrôlables, la seule chose vraiment stable et permanente est cette Présence pleine et silencieuse que nous retrouvons pendant la méditation.
Où se trouve celui qui refuse ? Où se trouve l'ego concrètement ? Bonne question pour une prise de conscience dans l'instant, reste en effet à vivre dans cette conscience au jour le jour ...
Merci pour tes réponses,
Vincent

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Re: comment dépasser certains blocages ?

Postby iprian » Tue Dec 31, 2013 12:14 pm

Où se trouve celui qui refuse ? Où se trouve l'ego concrètement ? Bonne question pour une prise de conscience dans l'instant, reste en effet à vivre dans cette conscience au jour le jour ...
Tu as raison : la sortie est dans l'instant. L'instant est sans "moi", pas d'espace pour un "moi" dans l'instant ; et tout se déroule très bien sans lui. C'est s'oublier qui permet de se retrouver.

Mais attention à ne pas échapper dans une forme d'attentisme... Démasquer l'illusion du moi suppose une certaine intensité dans la recherche, une intensité certaine, fondée sur ton expérience vécue : où est le "je" qui est supposé être le chef d'orchestre de tes réactions, et qui est supposé subir le regard des autres ? Cherche+++, vois si tout ce que tu perçois, y compris le vécu de la présence en méditation, a besoin d'un moi pour être validé, pour être là ? Que se passe-t-il sans un moi référent ? Qu'est-ce qui disparaît s'il n'y a pas de moi ? Y a-t-il une différence entre moi et la pensée moi ? Cherche, Vincent, utilise ton intellect et ne te laisse pas piéger par le chant des sirènes (le plaisir de la conceptualisation), reviens encore et toujours à ton vécu. S'il y a un moi réel, où est-il ? La vie s'arrête-t-elle sans un moi pour la commenter ? Dis-moi ce que tu ressens.

Avec toi, Iprian

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Re: comment dépasser certains blocages ?

Postby vincent rudra » Wed Jan 01, 2014 3:19 pm

Ce que je ressens, c'est que dans la conscience de l'instant, il n'y a rien, aucun commentaire, d'ailleurs je ne sais plus quoi écrire. Seulement le cœur ouvert et le calme intérieur.
Mais je sais d'expérience que l'agitation des tâches quotidiennes va me reprendre, la tension de l'obligation d'être à l'heure, la perte d'énergie de parler toute la journée à plein de gens, la concentration sur ce que je fais, ce que je dis pour communiquer à une classe de 25 ou 30 adolescents. Donc la vie ne va pas s'arrêter, mais le fait d'être centré va s'estomper.
Quand j'écris cela, je suppose toujours qu'il y a un moi centré qui va se décentrer, mais sans moi aux commandes, qui pourrait mener toutes ces activités ? Puis-je devenir un automate qui agirait sans maitre à bord, ou plutôt puis-je laisser faire cet automate sans diriger son action ? Je suis bien obligé de prendre des décisions, de réfléchir à ce que je vais faire. C'est bien ce "moi" qui acculé à l'action doit penser à ce qu'il va falloir faire...
Quelques fois je rêverais de faire un métier manuel que je pourrais mener sans réfléchir, à chaque situation une réponse déjà connue, simplement appliquer des solutions toutes faites, pas besoin de faire des choix, de se prendre la tête. Laisser la tête libre, seulement agir.
En résumé, ce que je perçois n'a pas besoin d'un moi référent, je peux rester longtemps en pure contemplation assis sur une chaise, mais la nécessité d'agir implique un égo qui décide. Autrement, qui décide ?
Merci pour ton aide,
Vincent

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Re: comment dépasser certains blocages ?

Postby iprian » Thu Jan 02, 2014 7:10 am

Ce que je ressens, c'est que dans la conscience de l'instant, il n'y a rien, aucun commentaire, d'ailleurs je ne sais plus quoi écrire

Exactement ! tu goûtes là à ta vraie nature. C'est. Mais ce "c'est" est insaisissable : si tu veux le conscientiser, le saisir en tant qu'expérience, il s'évapore et laisse place à une pensée-moi-je, elle-même à l'origine de toute autre pensée. Note que personne ne fait l'effort de maintenir cette conscience de l'instant ; il y a un laisser faire, un laisser être.
Mais je sais d'expérience que l'agitation des tâches quotidiennes va me reprendre
Exactement ! tu go^tes là à l'irruption de la mémoire, qui vient prendre le devant de la scène. Aucun problème avec la mémoire, c'est une pensée, et cette pensée est vue puisque tu en parles. Ce qui la voit est ce que tu es ; ce que tu es est ressenti quand cette pensée n'est plus crue, qu'elle soit là ou pas. Négligée. Comme une séquence de film qui ne t'intéresse pas. C'est simple : tout est vu, tout passe, rien n'est cru, tout est négligé... Ce qui "reste" est ta vraie nature, ce qui voit sans appropriation. Un pas en arrière. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, cet abandon au laisser faire ou laisser être développe la sensibilité ; ce n'est pas un refuge, c'est une ouverture à ce qui est, qui passe et te traverse, sans résidus...
mais sans moi aux commandes, qui pourrait mener toutes ces activités ?
Fais l'expérience. Ce moi est-il nécessaire ? Quand tu dis cette phrase, tu ne parles pas d'une expérience, tu parles d'une croyance, d'une conviction. Tout simplement parce que cette phrase est issue de ce moi. Pas de moi, pas de phrase, et les activités se déroulent tout aussi bien (et généralement bien mieux !). Ce moi-je est-il nécessaire pour que tu digères, respires, dormes, penses... ? Enquête. Tout se fait, et on rajoute un moi-je qui s'approprie l'action et donne l'impression d'être indispensable. C'est une croyance, une habitude introjectée vers l'âge de 2 ans, inutile.
ce que je perçois n'a pas besoin d'un moi référent, je peux rester longtemps en pure contemplation assis sur une chaise
Parfait ! le goût de l'être...
mais la nécessité d'agir implique un égo qui décide. Autrement, qui décide ?
Non. L'action se fait. Vois que l'action ne peut pas ne pas se faire quand elle doit se faire. Ca se fait, et un moi se surajoute qui dit : "c'est moi qui l'ai fait, qui le fait, qui le fera" ; et pas dans l'autre sens : je décide de faire puis cela se fait. Cette mainmise sur l'action est un facteur de confusion très fort. Laisse tomber. Laisse agir, détends-toi dans le spectacle de l'action.

Ta réponse transparaît dans chaque question. Tu es la solution, le moi-je surajoute un problème.

Va faire un tour et observe autour de toi ce qui se passe ; regarde le monde en oubliant le moi-je. Et reviens me dire.

Avec toi, Iprian

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Re: comment dépasser certains blocages ?

Postby vincent rudra » Fri Jan 03, 2014 6:10 pm

Je suis frappé par le fait que la vue est le plus souvent le type de perception sollicité dans cette démarche ("regarde le monde"); est-ce un raccourci (pour tous les sens de perception) ou le sens de la vue est-il vraiment le plus important ?
Pour ce qui est de laisser agir, en vacances c'est encore assez facile, on verra dans quelques jours comment je mets en pratique dans le boulot.
Cela dit j'ai expérimenté ce clivage entre vouloir maitriser et laisser agir dans la pratique d'un instrument de musique: il y a toujours un moment quand je joue où il me faut choisir entre faire des efforts pour contrôler ou me détendre en laissant aller les automatismes. Si je me concentre trop je finis par faire des erreurs, aussi je finis par laisser faire en restant attentif sans tension.
Merci à toi,
Vincent

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Re: comment dépasser certains blocages ?

Postby iprian » Fri Jan 03, 2014 7:15 pm

Le mot voir doit être compris dans le sens global de perception. Le regard n'a rien à "voir" avec l'organe oeil. C'est une intimité avec ce qui est. Même chose pour l'écoute et les autres sens. La "vision" est lorsque le sensoriel coule librement, sans moi qui interfère pour s'approprier ces ressentis. Comme lorsque tu laisses aller la musique. Ca se fait. Et tu savoures, dans le silence de la non-interférence, dans ton absence. Tout se fait très bien sans un "toi" qui veut, fait, décide... Ton exemple de la musique est parfait. Applique la même attitude dans ta vie de tous les jours, instant après instant... et tu es libre, libre de toi, donc ouvert au monde, "attentif sans tension". Parfait. Simplement, en parallèle, sentir que le moi est une pensée que tu n'es pas obligé de croire, mais qui a le droit d'être là, ou pas...

Continue... Il n'y a pas de "toi". Tu poses les valises...

Avec "toi", Iprian

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Re: comment dépasser certains blocages ?

Postby vincent rudra » Sat Jan 04, 2014 12:04 pm

Eurêka, j'ai passé l'épreuve du blocage à la caisse du supermarché avec succès (un avec, pas de réaction négative). Je commence à identifier mes "phrases intérieures de refus", par exemple "ça me rase de faire ça", "qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça", etc.
Ce dialogue commencé il y a quelques jours commence à s'infuser dans mon existence, comme un arrière-plan qui me rend plus vigilant. En relisant un livre d'Arnaud Desjardins, je me rends compte que toutes ces notions déjà connues sont plus faciles à mettre en pratique dans le cadre d'un échange au jour le jour qui permet de les intégrer vraiment dans le vécu quotidien.
Merci pour tes réponses,
Vincent

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Re: comment dépasser certains blocages ?

Postby iprian » Mon Jan 06, 2014 6:58 am

Ok, vivre mieux sa vie quotidienne est précieux. Tu saisis que tes pensées de refus proviennent du refus. Le refus est le refus de constater que les choses sont comme elles sont, dans l'instant. L'effort de transformer le non (je refuse) en oui (je constate) est précieux. Mais c'est toujours quelqu'un qui... Le sujet principal, c'est ce qui en toi perçoit tes actions. Cela est libre. Vois que toute tes pensées dérivent d'une pensée-racine, la pensée moi. Une pensée ne pense pas, n'a pas de réalité autre que celle qu'on lui donne. Si la pensée-racine moi n'est pas investie, crue, qu'elle soit là ou pas n'a pas d'importance, et la vie se déroule comme elle le fait toujours, que le moi soit pris pour une réalité ou pas.

Continue l'interrogatoire, le suspect-moi va finir par craquer...

Avec toi, Iprian

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Re: comment dépasser certains blocages ?

Postby vincent rudra » Tue Jan 07, 2014 6:46 pm

Oui, c'est encore l'égo qui est satisfait de ce qu'il considère comme un succès; cela dit cette situation m'a fait rire, et ne peut-on considérer le rire comme ayant un pouvoir libérateur ?
A vrai dire je viens de lire le dialogue de Carole et je suis un peu découragé. Je mesure le poids de cet égo qui est satisfait de lui-même, même si le prix à payer est une souffrance épisodique. Certaines formules me laissent inerte: je ne vois pas de pensée-racine "moi", et je me sens englué dans l'impact que les situations peuvent avoir sur mon humeur, sur mes pensées. En relisant notre échange, je suis impressionné par la densité des messages reçus, il me faudrait les relire régulièrement afin de m'en imprégner d'avantage.
Merci pour tes réponses,
Vincent


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