"je" vient ici rendre les armes!

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GG1
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Re: "je" vient ici rendre les armes!

Postby GG1 » Wed Jul 04, 2012 12:47 pm

Bonjour Joëlle,

Merci pour ton honnêteté !

Oui, la question "qui suis-je" n'a pas de réponse.
Et oui, comme tu le vois, "moi" passe à la vitesse de l'éclair de la colère à la tristesse, et ainsi de suite...

Ce que je retiens, c'est aussi les 10% qui constatent que le prétendu moi est une énergie rassemblée. Une simple énergie. Es-tu cette énergie, ou se produit-elle en toi ? Prends le temps de le ressentir veux-tu ?
Et puis cette respiration ample et calme.

je te propose de revenir à l'expérience directe. Respire une fleur, un parfum, écoute complètement un morceau de musique ou le chant d'un oiseau, regarde une feuille bouger au vent, reste avec l'une de tes sensations physiques... Juste l'expérience.
Par exemple : garde les narines grandes ouvertes tout contre une fleur et respire le parfum pendant 15, 20 secondes ou plus, et reste avec cette expérience directe. Après cette période de pur "sentir", sans aucune pensée, arrête-toi et passe à autre chose. Pas de mots, pas de conclusion, juste l'instant présent et l'expérience complète, vivante du "sentir".

Constate que toutes les pensées-commentaires, définition étiquetage, appréciation... viennent ensuite. Les sensations et les perceptions apparaissent. Ferme les yeux, plus rien n'est vu. Ouvre-les, le monde est perçu. Sans effort. Les pensées apparaissent elles aussi. Ne sont-elles pas neutres en elles-mêmes, tout comme tout ce qui est perçu ?

Prends la tristesse par exemple. Il y a des sensations. Puis un étiquetage : tristesse, puis un commentaire-jugement : désagréable. Mais les sensations en elles-mêmes, en dehors de toute pensée, comment sont-elles ? Et même le mot tristesse, sans sa connotation ? Ou toute pensée, non "crue" ?

Vois-tu, tu peux constater la colère, la peur, la tristesse, la sensation d'être un cadavre, etc. Tu ne sais pas ce que tu es. Mais tu ne peux pas être ce que tu constates. Cela qui constate se situe en amont de ce qui est constaté. Est-ce affecté par ce qui est constaté ? Cela qui constate la colère est-il en colère ? Lorsque tu reviens au sentiment d'être, à la conscience d'être (si tu as du mal à y revenir, essaie de ne pas être...) cette conscience d'être est-elle affectée par toutes ces émotions, ces pensées, ces sensations ?

Je te porte en moi avec Amour et douceur...
En Namaste
Gérard
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Re: "je" vient ici rendre les armes!

Postby zinzin » Wed Jul 04, 2012 1:56 pm

Re,
Nos posts se croisent.
Au moment où je voulais completer le précédent avec celui-ci, la connexion a laché. Donc tout recommencer!
Je lis attentivement ton post qui précède et y répond probablment ce soir.
________________________________________________________________________

Pour marquer l'épisode, je réponds aux questions à la lumière de ce nouvel éclairage


Comment se manifeste corporellement la peur de l'abandon ?
J'aurais répondu que c'était comme un tesson de verre dans le coeur et la formation d'un syphon qui m'aspire.
Actuellement, je dis" attendons déja qu'il se produise."


Qu'y a-t-il de si insupportable dans l'idée d'abandon ?
l'idée d'abandon (qui a eu lieu a un moment donnée et limité) nourrit la peur d'un recommencement et menace du même parcours si l'energie du moi n'est pas utilisée à mettre en place toutes une série de barrages a l'utilité hypothétique mais qui justifie certainement son existence. (je ne sais pas si c'est très clair)

Je veux dire, quelles sont les pensées qui maintiennent cette histoire, font croire à sa gravité ?
pensées de tristesse, de solitude, de rejet, d'incapacité.
Mais davantage vues comme des pensées aujourd'hui.
Beaucoup moins d'impact
.

Pourquoi l'idée de l'abandon te fait-elle si peur ?
Parce que je me repasse sans arrêt le même film en insistant bien sur les scènes pénibles.

N'oublie pas : c'est une pensée, "crue", qui a le seul pouvoir que la croyance lui apporte.
Oui, je l’ai bien vu hier. Mais je la vois plus comme une énergie que comme une pensée. Peut-être que cela pose un problème parce que cela lui donne de la consistance tandis qu’une pensée n’en a pas. Mais c’est bien comme cela que je l’aie perçue cette nuit.

Dépose-la, que reste-t-il ?
Rien, ni l’abandon, ni la peur, ni surtout le montage qui s’est mis en place autour.

Ou autrement dit : tu as peur, soit, et alors ? En quoi avoir peur est-il un problème ?
Non, ce n’est peut-être pas un problème. Mais je n’ai pas envie que cela recommence non plus.

La peur te protège-t-elle de l'abandon ? Pardon, du sentiment d'abandon.
Non.

As-tu réellement été abandonnée ?
Oui et non. Mais trop long a expliquer ici.

Par qui sinon par toi-même ?
Je comprends à présent très bien cette remarque. Effectivement, c’est effectivement moi-même qui « m »’a abandonnée à ce jeu cannibale.

Et puis, en l'absence de "moi", que devient la peur ?
Je crois qu’elle n’existe pas ou alors elle est bien vue comme une pensée, une énergie.
Si tu demeures avec le sentiment d'être ou te réfères à l'expérience que tu as décrite le 25 juin, la peur est-elle présente ?
Non. A ce moment là elle n’y avait pas sa place.
Et si oui, a-t-elle une emprise sur toi ?
Non ; je ne pense pas.
Et même possibilité d'un réel abandon ?
Ca, je n'en sais rien.

Amitiés,
Merci pour ta constance.
Je crois qu'on enlève des pièces du puzzlz petit à petit.
Jo.

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Re: "je" vient ici rendre les armes!

Postby GG1 » Wed Jul 04, 2012 7:21 pm

Bonsoir Joëlle,

Je suis heureux de constater que tu perçois les progrès :-)

Oui, on peut dire que les pensées sont énergie. Tout comme tout le reste d'ailleurs... De là à dire que l'énergie à de la consistance, c'est à regarder de plus près ;-)

Une remarque :
J'aurais répondu que c'était comme un tesson de verre dans le coeur et la formation d'un syphon qui m'aspire.
Reviens à la sensation pure stp. Tesson de verre dans le coeur. Mon Dieu, c'est une interprétation teintée de pensées ! Il y a sensation, au niveau de la poitrine. Juste la sensation.
Idem pour le syphon. Juste la sensation, où se situe-t-elle ? Quelle est sa nature ? Sans les pensées.
Tension, pression, piqûre, chaleur...
Ces sensations sont-elles si désagréables ?
Si tu imagines un tesson de verre dans le coeur associée à un syphon qui t'emporte dans les abysses de la mort lente, il est normal que tu aies peur, mais cette peur est construite de toutes pièces.

La peur de l'abandon est comme tu le dis liée à une pensée-souvenir du passé et à une pensée de futur : ça pourrait recommencer. Quel est le problème si tu n'y penses pas ?
Tu te repasses le même film... Qu'a-t-il de si attirant ? Sans rire ! Pour que tu te le repasses ainsi, il faut y trouver un certain plaisir.

"Je n'ai pas envie que cela recommence" est une pensée. Tu peux la déposer.
De plus, ce désir que ça ne recommence pas peut-il empêcher une nouvelle expérience de ce type ?
Alors à moins d'aimer te faire peur...

De tout coeur
Gérard
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Re: "je" vient ici rendre les armes!

Postby zinzin » Thu Jul 05, 2012 8:58 pm

Hello Gérard,

Oui, la question "qui suis-je" n'a pas de réponse.
Et la réponse « je ne sais pas » est tellement pleine et suffisante. Juste me la remémorer me fait monter les larmes aux yeux…, je dois faire attention où je me trouve ! Mais ce n’est peut-être pas une bonne idée de trop y revenir. Parce que je pourrais « fixer ». Je ne sais pas trop où est le juste milieu.

Et oui, comme tu le vois, "moi" passe à la vitesse de l'éclair de la colère à la tristesse, et ainsi de suite...
Oui, stupéfiant. Il faut vraiment se garder de ses émotions. Est-ce juste valable pour les émotions « négatives » ? Qu’en est-il des émotions telles que la joie, l’humour, l’empathie,… ? si on veut, c’est aussi une perception étiquetée.

Ce que je retiens, c'est aussi les 10% qui constatent que le prétendu moi est une énergie rassemblée. Une simple énergie. Es-tu cette énergie, ou se produit-elle en toi ? Prends le temps de le ressentir veux-tu ?
Bon, tout cela allait très vite, simultanément, et après il faut trouver les mots juste pour l’exprimer au mieux. Les 10% était de la stupéfaction choquée par ce déchainement de fureur, et quand s’est posée la question « qu’est ce donc que cela ? » et que la réponse « joelle » a suivi en surimpression sur cette énergie, vient alors la deuxième question, «Si joelle est cette chose, et que je ne suis donc pas joelle, mais alors qui suis-je… ? » A ce moment, il n’ y avait plus de notion de moi, juste de l’espace sans nom, un étonnement infini, et « je ne sais pas » qui était la seule réponse, la seule tolérance au mot « je ». Si c’était la phrase « je pense que c’est… » qui serait venue, alors le moi se serait engouffré dans la brèche et occupé tout l’espace en une nanoseconde. Donc a la question sur l’énergie, je crois que les 10% était d’une autre nature . Pour le reste et pour autant que je peux le voir, il me semble qu’elle est produite (en moi ?) et très certainement détournée et utilisée à d’autre fins que juste…je sais pas. Oui, cela certainement.

je te propose de revenir à l'expérience directe. Respire une fleur, un parfum, écoute complètement un morceau de musique ou le chant d'un oiseau, regarde une feuille bouger au vent, reste avec l'une de tes sensations physiques... Juste l'expérience.
Par exemple : garde les narines grandes ouvertes tout contre une fleur et respire le parfum pendant -----> vivante du "sentir".
Oui, je connais cette expérience. Et je la recommence quand l’occasion se présente. C’est ce qui permet de voir la vie qui se vit. ce matin, Je regardais sans le son un documentaire sur les animaux et cela se percevait bien. Puis, j’essaie en regardant les gens : mais ca ne marche pas du tout ! Trop de chaos ! Avec la nature, c’est si…simple.

Constate que toutes les pensées-commentaires, définition étiquetage, appréciation... viennent ensuite. Les sensations et les perceptions apparaissent.
Oui, je l’ai remarqué fugacement l’autre jour mais je ne peux pas le constater à tous les coups.
(26 JUIN 09.29) Une perception est survenue et s'est installée, mais la sentinelle de la pensée devait encore roupiller parce que il n'y a pas eu d'interprétation, d'étiquetage de cette perception et elle a pu occuper toute la place disponible et "harmoniser les lieux" a sa fréquence. Très rapidement, j'ai vu la pensée accourir pour l'étiqueter "tristesse". Et il est apparu tellement clairement que le système d'étiquetage boulonné à l'entrée de ce qui surgit naturellement est fait pour distordre, transformer la réalité et lui faire prendre un chemin tout tracé et bien connu. Ca devient une pensée, qui circule dans un courant de pensées, un vortex…
Ferme les yeux, plus rien n'est vu. Ouvre-les, le monde est perçu. Sans effort. Les pensées apparaissent elles aussi. Ne sont-elles pas neutres en elles-mêmes, tout comme tout ce qui est perçu ?
Oui, ok quand tu le dis comme ca. Mais trop rapide pour que je le voie au quotidien. Dommage qu’on ne puisse mettre en mode ralenti…

Prends la tristesse par exemple. Il y a des sensations. Puis un étiquetage : tristesse, puis un commentaire-jugement : désagréable. Mais les sensations en elles-mêmes, en dehors de toute pensée, comment sont-elles ?
Neutres, elles s’élèvent, Sont par elles mêmes, « occupent » l’espace offert, se vivent pour rien.
Et même le mot tristesse, sans sa connotation ?
Juste un mot.
Ou toute pensée, non "crue" ?
Pareil. Mais faut de la pratique pour voir une pensée avant son étiquetage.

Mais tu ne peux pas être ce que tu constates.
Oui, je comprends cela.
Cela qui constate se situe en amont de ce qui est constaté. Est-ce affecté par ce qui est constaté ? Cela qui constate la colère est-il en colère ? Lorsque tu reviens au sentiment d'être, à la conscience d'être (si tu as du mal à y revenir, essaie de ne pas être...) cette conscience d'être est-elle affectée par toutes ces émotions, ces pensées, ces sensations ?
Non, non, non
.
Reviens à la sensation pure stp. Tesson de verre dans le coeur. Mon Dieu, c'est une interprétation teintée de pensées ! Il y a sensation, au niveau de la poitrine. Juste la sensation.
Idem pour le syphon. Juste la sensation, où se situe-t-elle ? Quelle est sa nature ? Sans les pensées.
Tension, pression, piqûre, chaleur...
Ces sensations sont-elles si désagréables ?
En fait, tu veux dire qu’il faut chaque fois défaire le montage pour le ramener à la sensation la plus simple qui elle, n’est jamais dramatique ?

La peur de l'abandon est comme tu le dis liée à une pensée-souvenir du passé et à une pensée de futur : ça pourrait recommencer. Quel est le problème si tu n'y penses pas ?
Le problème est que j’y pense !

Tu te repasses le même film... Qu'a-t-il de si attirant ? Sans rire ! Pour que tu te le repasses ainsi, il faut y trouver un certain plaisir.
Comme ça, je reconnaitrai la mouche quand elle passera. Et aussi grande soit la pièce… tôt ou tard, elle atterrira dans ma toile.
Je plaisante. ou pas.


De plus, ce désir que ça ne recommence pas peut-il empêcher une nouvelle expérience de ce type ?
Ben oui ! la dernière fois que tu t’es brulé en sortant un truc du four, ça t’as quand même donné le désir que cela ne recommence pas... non ? En tout cas pas deux fois de la même manière. Hé bien, pareil pour moi !

Bon, je sens que je fatigue là: Je raconte n'importe quoi!
Ou pas!
Bisou!
Jo.

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Re: "je" vient ici rendre les armes!

Postby GG1 » Thu Jul 05, 2012 10:01 pm

Bonsoir Joëlle,

Reviens encore et encore à la perception directe et à "qui suis-je ? Je ne sais pas".

Reste avec ce qui est vu, sans commentaires et avec ce qui vient lorsqu'il est réalisé "je ne sais pas".

Puis reviens me raconter tout cela quand tu le sens.

Namasté
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Re: "je" vient ici rendre les armes!

Postby zinzin » Fri Jul 06, 2012 9:20 am

Bonjour Gérard,

« Tout cela », ceci et autres choses

Après être passée ici hier soir, je suis allée écouter une chanteuse et ses musiciens un peu plus loin. J’ai écouté comme ceci :

Écoute complètement un morceau de musique... Juste l'expérience… reste avec cette expérience directe…Pas de mots, pas de conclusion, juste l'instant présent et l'expérience complète, vivante du "sentir".

Wouaaaa… ! Pourtant, je connaissais le morceau… Mais en l’écoutant comme cela « ligne par ligne », harmonie par harmonie, tel qu’il arrivait, je ne le chargeais pas émotionnellement. Je l’entendais tel qu’il était avec tous les changements de tessitures que mon oreille pouvait percevoir dans ses limites. Comme si je l’entendais pour la première fois, mais pas une première fois parce que la mélodie « me » plait et correspond à ce que je « cherche » et veux à ce moment. Aaah, comme c’est difficile à décrire… C’est la musique pour ce qu’elle est à ce moment sans rien lui imposer, ni l’encombrer.

Plus tard, je me suis énervée avec mon fils et je suis sortie (02h du mat’ quand même) pour me calmer. J’avais pris ma musique et j’avais choisi un morceau qui arrache bien les tripes, correspondant à la « féérique » ambiance du moment ! Mais je ne rentrais pas dedans : je regarde si les basses et les aigus sont bien réglés, etc… et puis, je me rends compte que en fait je suis occupée a chercher ma dose d’émotion tristesse, apitoiement, rage,… Ca m’a fait sourire: Exactement comme une junkie qui cherche son dealer la nuit pour avoir SA dose ! L’expression « lécher du miel sur le fil d’une lame de rasoir » m’est revenue. Oui, c’est bien cela.
Je suis rentrée et j’ai continué à écouter mes morceaux sur le mode « expérience » et si j’avais envie de rentrer émotionnellement dans le morceau, je le faisais mais je n’étais pas dupe. Juste pour le fun.

Ce matin, je me suis levée avec cette légère distance, cette ouverture au ressenti en lieu et place du « pensé ». Toute cette effervescence du petit déjeuner, puis le monde est parti, je suis toujours là. Comme ces films ou on voit en accéléré et en 15 secondes les 24h d’une place publique : la caméra n’a pas bougé, elle regarde, neutre,… même avec un peu de bienveillance.

Bien à toi,
Joelle.

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Re: "je" vient ici rendre les armes!

Postby GG1 » Fri Jul 06, 2012 10:07 am

YESSS !
Continue Joëlle
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Re: "je" vient ici rendre les armes!

Postby zinzin » Sun Jul 08, 2012 8:26 pm

Bonjour gérard,

Dans l’ensemble, tout va bien.

Tu avais raison en me disant « reste tant que possible avec « qui-suis-je-?-je-ne-sais-pas ». Après mon dernier post, je me suis un peu reposée sur mes lauriers pendant presque deux jours (10 jours aussi que je mettais la pression…): lecture d’un policier, films, jeux de cartes,… que des occupations de perdition !

Et je m’aperçois comme les choses se re-diluent et comme les limites s’estompent rapidement. Très discrètement, c’est la compréhension-saisie qui tente de poser la question qui-suis-je ? Et la sensation « je ne sais pas » se cristalise. Mais je ne panique pas, ne force rien, je vois le mécanisme et c’est tout.

Puis, parfois cela revient sur un son, un moineau qui vole, et c’est là. A un autre moment, je suis dans un lieu où tout concourrait à ce que cela s’élève… mais non.

Donc, il semble que cet état demande de la pratique pour se stabiliser, s’établir et j’ai repris le fil de mes lectures. Je suis tombée sur une réflexion de Cattleya : « personne pour croire, personne pour ne pas croire ». C’est encore un angle différent, je reste avec cela et laisse agir.

Et je (oui.., je) garde l’œil sur cette tendance saisie toujours là, agissante, à l’affut. A surveiller comme le lait sur le feu. En même temps, en faisant cela je lui donne du corps. Mais si je ne le fais pas…

Pour résumé, un coup je fonctionne à l’énergie douce, un coup au diesel ! Mais je suis quasi en continu dans une forme de contentement spontané.

Je pense bien à toi,
Joelle.

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Re: "je" vient ici rendre les armes!

Postby GG1 » Sun Jul 08, 2012 10:16 pm

Bonsoir Joëlle,

Heureux d'avoir des nouvelles et d'apprendre que tout se pose délicatement.
Continue à simplement regarder les mécanismes.
Les mécanismes de la pensée comme ceux des "jeux émotionnels" dont tu parlais après la dispute avec ton fils (post du 6 juillet).

Oui, parfois c'est consciemment là, sans prévenir, et d'un autre côté, il n"y a aucun moyen de le faire se révéler à la demande.
C'est, avant toute expérience ou absence d'expérience.

Alors ne cherche pas à fixer un état. Un état reste un état, il vient, vit sa vie et disparaît.
"Ce que tu es", "Cela" est forcément en amont de tout état. Que ce soit perçu ou non.
Que crois-tu qu'apporte "l'éveil", que crois-tu qui va disparaître avec lui ?
Dépose toutes ces attentes, toutes ces croyances, dépose-les doucement, comme tout autre mécanisme, dépose tout ce que tu crois connaître à propos de ce que devrait être "l'éveil".
"C'est tellement simple !" disait Ramana Maharshi.
Tellement plus simple que tout ce que l'on peut imaginer.

Et dis-moi, en amont de tout état, qu'est-il ?
et y a-t-il un "moi" ?

En namaste, toujours avec toi
Gérard
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Re: "je" vient ici rendre les armes!

Postby zinzin » Mon Jul 09, 2012 12:35 pm

Bonjour Gérard,

Continue à simplement regarder les mécanismes.
Oui, je pense que c’est la chose la plus importante, la base. Le reste découlera de là.

Oui, parfois c'est consciemment là, sans prévenir, et d'un autre côté, il n’y a aucun moyen de le faire se révéler à la demande.
Tu sais, je ne veux pas le « faire révéler » ! Je vois juste qu’en fait c’est indépendant de toute circonstance extérieure même quand elles ont l'air parfaites.

Alors ne cherche pas à fixer un état. Un état reste un état, il vient, vit sa vie et disparaît.
"Ce que tu es", "Cela" est forcément en amont de tout état. Que ce soit perçu ou non.
« Fixer un état » n’est pas la formulation que j’aurais dû utiliser. Pas facile de trouver les mots justes. Alors je suis allée voir sur « Ramana Maharshi » et je vais utiliser ses termes. En fait, je veux dire « laisser couler le courant de vivre intérieur… cette vie impersonnelle.. »(ou ce qui s’en rapproche le plus). Mais cela ne va pas de soi et deux, trois aperçus de 3 minutes peuvent facilement être noyé dans les aléas de la vie courante si on ne maintient pas l’attention.

Que crois-tu qu'apporte "l'éveil", que crois-tu qui va disparaître avec lui ?
Je ne sais pas. Je crois que ca m’est égal.

Et dis-moi, en amont de tout état, qu'est-il ?
Un vide mais plein, une présence impossible a définir, qui ne s’impose pas mais se laisse regarder et découvrir, qui attend...

et y a-t-il un "moi" ?
Non. Mais j’ai encore à faire avec cet esprit de saisie qui peut prendre toute forme et même faire penser qu’il a disparu. Et revenir à la sournoise, comme une métastase après la chimio. Pas confiance.
C’est pour cela que je reste avec cette phrase : « personne pour croire, personne pour ne pas croire » : je sens quelque chose juste derrière.


Et toujours contente de te lire!
Jo.

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Re: "je" vient ici rendre les armes!

Postby GG1 » Mon Jul 09, 2012 1:08 pm

Bonjour Joëlle,

Cette phrase est très belle : laisser couler le courant de vivre intérieur… cette vie impersonnelle
Et tu as parfaitement raison : c’est indépendant de toute circonstance extérieure.

Encore quelques questions...

Mon coeur se réjouit à lire cela :
Que crois-tu qu'apporte "l'éveil", que crois-tu qui va disparaître avec lui ?
Je ne sais pas. Je crois que ca m’est égal.
D'un autre côté, je me demande si tu n'as pas la croyance que toute saisie va disparaître, que l'attention sera là en permanence, etc. Qu'en est-il ?

De quels aperçus de 3 mn parles-tu ? Je veux dire, qu'as-tu réalisé d'une part, qu'as-tu aperçu d'autre part ?

L'attention est-elle naturelle ou tension = "faire attention" ?
Ou autrement dit : si tu laisses l'attention, que reste-t-il ?

En quoi la saisie te dérange-t-elle ?
Il y a pensée, saisie ou non, relâchement ou non de la saisie, etc.
Es-tu la saisie ? La pensée ? Le relâchement ?
En quoi la "rechute métastase après la chimio" dérange-t-elle ? Qui ou quoi ?

Et pour finir :
Et dis-moi, en amont de tout état, qu'est-il ?
Un vide mais plein, une présence impossible a définir, qui ne s’impose pas mais se laisse regarder et découvrir, qui attend...
OUI ! La Joie est là.
Peux-tu préciser ce que tu entends par "qui attend..." ?

Moi aussi toujours heureux de te lire
De tout coeur
Gérard
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Re: "je" vient ici rendre les armes!

Postby zinzin » Mon Jul 09, 2012 10:16 pm

Bonsoir gérard,

D'un autre côté, je me demande si tu n'as pas la croyance que toute saisie va disparaître, que l'attention sera là en permanence, etc. Qu'en est-il ?
Ben là, j’avoue que je navigue un peu en eaux troubles. Je n’ai pas de repères personnels, donc je suis un peu obligée de me baser sur ce que je lis. Et qu’est ce que je relis en ce moment… ? Yolande serrano. Et plus immergé que ça,... c’est dissout. Donc forcément, oui, je crois un peu que l’attention sera là en permanence et que la saisie n'a plus lieu d'être. Bon..., ok, Croyance ! Je bazarde. Que reste-t-il ? Absence de croyance d'attention en permanence. Absence.

De quels aperçus de 3 mn parles-tu ?
Ben, les 3 secondes de la lune et la vache, puis l’épisode du 25 juin avec cette sensation de pas de moi, où rien ne tient ensemble mais tout fonctionne tout seul. Rien de fracassant, mais des aperçus,… non ?

Je veux dire, qu'as-tu réalisé d'une part,
Résumons : il s’est réalisé que le moi est un subterfuge, que la vie se vit par elle-même, que le regard est le refuge contre les pensées. Enfin, je crois...je ne suis plus süre maintenant...

Qu’as-tu aperçu d'autre part ?
Très fugacement que sans « moi », il n’y a pas de différence entre la perception, ce qui perçoit et ce qui est perçu. Et cette perception de non existence personnelle, dernièrement. Je me trompe ?

L'attention est-elle naturelle ou tension = "faire attention" ?
Naturelle la plupart du temps. Je vois quand c’est « faire attention ». Alors, je laisse tomber et je passe à autre chose.

Ou autrement dit : si tu laisses l'attention, que reste-t-il ?
Pas d’attention. Et puis, pas de. Et y rester.

En quoi la saisie te dérange-t-elle ?
La saisie me dérange parce que j’ai perçu sa malignité. Elle détourne absolument tout au profit de son fonctionnement jusqu’a la plus petite micro sensation de la plus anodine des terminaisons nerveuses. L’étendue de ses possibilités est infinie et cela m'a impressionnée.

Il y a pensée, saisie ou non, relâchement ou non de la saisie, etc.
Es-tu la saisie ? La pensée ? Le relâchement ?
non.

En quoi la "rechute métastase après la chimio" dérange-t-elle ? Qui ou quoi ?
Elle entrave la perception de « laisser couler le courant de vivre intérieur… cette vie impersonnelle ».
Bon, en l’écrivant je me rends compte que la « perception » est encore une croyance et que « le courant de vivre et la vie impersonnelle» sont là de toute façon. Donc, ca ne dérange pas en soi. A la limite, ca me dérange moi, mais le moi ne peux pas non plus se déranger lui-même. Ca se mord la queue. De nouveau cette sensation d’être au bord du gouffre. Qui cherche quoi, à la fin… ?


Peux-tu préciser ce que tu entends par "qui attend..." ?
Dans le sens « qui est là de tout temps », rien d’autre. Sans notion d’attente de quelque chose. Les mots…

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Re: "je" vient ici rendre les armes!

Postby GG1 » Tue Jul 10, 2012 7:53 am

Merci pour toutes ces précisions Joëlle, magnifiques !

Je remarque aussi ce calme qui t'habite. La peur semble avoir laissé la place...

Je vois aussi l'expression de doutes : "Est-ce que je me trompe ? Rien de fracassant mais des aperçus, non ?"
Porte le regard sur ces doutes. Est-ce que ce ne sont pas que des pensées là aussi ?
Pensée de doute. Laisse-là passer. Que reste-t-il ?
Les doutes proviennent aussi parfois de pensées du type : Ah bon ? C'est ainsi ? Ce n'est que ça ? Pas de grand bouleversement ni de transformation radicalement radicale ? Mais ce n'est pas ce que j'avais lu, entendu, compris ! Ca devrait être autrement... Si c'est le cas, laisse passer ces pensées ;)

Comme tu l'as vu :
tout fonctionne tout seul ;
il s’est réalisé que le moi est un subterfuge ;
la vie se vit par elle-même ;
il n’y a pas de différence entre la perception, ce qui perçoit et ce qui est perçu ;
"et cette perception de non existence personnelle" ;
la « perception » est encore une croyance et « le courant de vivre et la vie impersonnelle » sont là de toute façon...

Affinons encore, veux-tu ? Tu écris :
Résumons : il s’est réalisé que le moi est un subterfuge, que la vie se vit par elle-même, que le regard est le refuge contre les pensées. Enfin, je crois...je ne suis plus süre maintenant...
Qu'est-ce qui est croyance dans cette phrase ?
En quoi la "rechute métastase après la chimio" dérange-t-elle ? Qui ou quoi ?
Elle entrave la perception de « laisser couler le courant de vivre intérieur… cette vie impersonnelle ».
Bon, en l’écrivant je me rends compte que la « perception » est encore une croyance et que « le courant de vivre et la vie impersonnelle» sont là de toute façon. Donc, ca ne dérange pas en soi. A la limite, ca me dérange moi, mais le moi ne peux pas non plus se déranger lui-même. Ca se mord la queue. De nouveau cette sensation d’être au bord du gouffre. Qui cherche quoi, à la fin… ?
Remarque l'habitude de penser "moi". Comme tu le soulignes, le moi étant un subterfuge, cela ne peut déranger qui que ce soit. Qu'est-ce que "dérangement" ? Regarde l'entièreté du processus, du style (mais à toi de vérifier) : il y a les pensées : "entrave le courant de vivre intérieur...", "malignité de la saisie". Ces pensées sont "crues". Il s'ensuit des pensées de refus : "arrêtons cette malignité, mettons un terme à cette entrave", qui sont crues elles aussi. Il y a perceptions associées...
Regarde les pensées de départ ou/et les sensations premières puis celles qui suivent, sans rien étiqueter. Que reste-t-il ?
Qui cherche quoi, à la fin… ?
Y a-t-il "quelqu'un" qui cherche et même besoin d'y avoir "quelqu'un" qui cherche ?

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Le coeur plein
Gérard
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GG1
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Re: "je" vient ici rendre les armes!

Postby GG1 » Sat Jul 14, 2012 6:42 am

Coucou Joëlle,

Où en es-tu, dis-moi ?
Comment va la vie ?

++
Gérard
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zinzin
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Re: "je" vient ici rendre les armes!

Postby zinzin » Sat Jul 14, 2012 3:56 pm

Coucou Joëlle,
Hello…

Où en es-tu, dis-moi ?
Me suis cassé les dents là-dessus :
Que reste-t-il ?
Retour dans le pot au noir.

Comment va la vie ?
Certainement sans cette joie sereine qui est partout sauf ici.
MP ce soir ou cette nuit, peut-être…


J.


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