Bonjour Fred,
Dans ce qui est écrit ci-dessus, pourrais-tu faire la part de ce qui est expérience, ici et maintenant, et ce qui est pensée? Par exemple tu peux mettre un (E) après toute expérience et un (P) après toute pensée.
pouvoir ne pas être embarquée dans des énervements inutiles (P), pouvoir ne pas réagir, hm, trop égotiquement (P) je dirais, pour pouvoir vivre en harmonie avec mon entourage (P), pouvoir vivre plus près de la nature (P), pouvoir avoir plus de temps libre (P), pouvoir voir les pensées sans y être absorbée (P).
Donc ce sont toutes des pensées.
S'il ne s'agit de pensées, répondent-elles vraiment à la question de savoir ce qui manque, dans cet instant?
Non, et d'ailleurs la question de savoir ce qui manque ne se pose pas dans l'instant.
Est-ce que ces attentes dont tu parlais sont ancrées dans l'expérience ou sont-elles des histoires, qui commentent des souvenirs?
Par exemple, ici et maintenant, où est ton entourage? Vois-tu un manque d'harmonie avec la nature? Manques-tu de temps libre, là, maintenant? Vois-tu une Céline qui puisse être absorbée dans les pensées? Questionne toutes ces histoires apportées par la pensée, avec le fil à plomp de l'expérience directe. Vois si elles sont vraies ou non.
Ces attentes sont en effet des commentaires d'expériences, jugées comme étant négatives en comparaison d'autres expériences jugées comme positives, jugements qui sont aussi des commentaires.
Quand l'attention est plongée dans l'expérience du moment, il n'y a pas toutes ces histoires. Elles arrivent après-coup, quand une sensation à étiquette désagréable apparaît (sensation d'ennui ou sensation d'énervement par exemple) et détournent en quelque sorte l'attention de l'expérience du moment.
En fait je n'arrive pas à répondre à ces questions en me référant à l'expérience directe car l'attention n'y est plus focalisée (dans l'expérience directe) quand je me les pose, et ça dérive sur des pensées diverses et variées ("tiens mais oui que font-ils?", "pfu il n'y a pas de nature ici que la vue sur la rue", "vivement les vacances" et blablabla). Et vice versa, quand l'attention se focalise dans l'expérience directe ces questions ne sont pas là.
Donc non ces histoires ne sont pas vraies, en tout cas pas vérifiables.
Je ne vois pas de Céline absorbée dans les pensées, mais une absorption dans les pensées, qui est vue après-coup aussi d'ailleurs, puisque sur le "moment de l'absorption" il n'y a que la pensée.
Dans l'expérience de ce qui est, ce qui est vivant, ici et maintenant, décris-moi ce ressenti? Tu dis qu'elles sont ressenties comme réelles, mais le sont-elles? Ne pense pas, regarde!
Non elles en sont pas réelles dans l'expérience du moment, puisqu'elles ne sont même pas là.
Je crois que c'est leur redondance qui leur donne ce "pouvoir" et l'association d'un ressenti physique (une boule au ventre ou à la gorge). Comme si quelque chose ne voulait pas les lâcher, il y a comme un "non elles ne sont pas réelles mais"... Un peu comme un "non elles ne sont pas réelles mais, tout de même regarde, je souffre un peu". Un genre de complaisance?
La question est alors comment leur faire perdre leur attractivité?
Merci Fred! Bonne fin de journée,
Céline.