Bonjour Julien,
Tu peux faire des pauses dans la lecture de ces nombreuses explorations et questions :-)
C'est la tendance à se laisser entrainer par le mental.
Ce mur semble moins haut désormais et il me semble pouvoir l'enjamber facilement même s'il peut encore m'arriver de trébucher.
Te sens-tu toujours prisonnier d'une pensée ?
Prisonnier non, comme je l'ai dit il suffit d'enjamber un muret. Le tout est de s'en rendre compte et de lever la jambe assez haut :)
Est-ce "toi/Julien" qui se sent prisonnier : une pensée qui se sentirait prisonnière d'une autre pensée ?
Dans l'Expérience Directe, je ne vois pas de "mur"... tu appelles cela => "se laisser entrainer par le mental".
C'est quoi "mental" dans l'Expérience Directe ? Une pensée ?
Il n'y a pas d'entité : c'est une activité.
Dans l'Expérience Directe, vois-tu un "muret" ?
Et QUI enjambe un muret ? Avec cette métaphore, tu sous-entends peut-être VOIR une pensée ?
"enjamber un muret" = c'est une pensée, et c'est observé.
QUI pourrait bien être "prisonnier d'une pensée" ? Est-ce "toi" ? Qui est-ce "toi" ?
QUI es-tu sans l'histoire d'un "Julien" ?
QUI es-tu sans passé, sans mémoire ?
QUI voit la pensée ? (la réponse : "je ne sais pas", est possible aussi... lors de la reddition de l'activité mentale).
Pourquoi ne pas porter ton attention à l'"ESPACE" (apparent "vide") entre 2 apparents "objets ?
Petit rappel : ce n'est pas "ta" pensée, ce n'est pas "ta" croyance", ce n'est pas "ton" conditionnement.
Ce n'est pas personnel.
Il y a SILENCE en amont : puis une pensée apparaît. Puis SILENCE.... puis une pensée disparaît. Puis SILENCE.
Ce SILENCE est "témoin" : il est toujours présent : avant, pendant et après l'apparition d'une "pensée".
L'ESPACE est témoin aussi : impermanent, atemporel, immuable : il est présent avant, pendant et après l'apparition d'un "objet".
Vois-tu cela ?
Je te cite = Je ne vois pas comment ce qui vit dans un corps physique pourrait ne pas être séparé ?
Mes questions :
1- Trouve moi ce qui "vit dans un corps physique" stp. L'as-tu trouvé ? Alors décris le moi stp : forme, taille, couleur, etc...
Tu crois que "toi Julien" tu te trouves dans un corps physique ?
2- Si oui, tu es plutôt dans les mains ou bien dans la tête, derrière les yeux peut-être ?
3- Ici et Maintenant : c'est quoi "Julien", mis à part une histoire avec un passé ?
4- Vois-tu une histoire et un passé ici et maintenant dans l'Expérience Directe ?
C'est amusant, car je n'ai pas trouvé tes réponses à ces questions.
Si je comprends bien ta phrase, tu affirmes que : "toi, Julien", tu te trouverais dans un corps physique.
"je/moi" = pensée = dans un corps physique..... (?).
Je t'écoute pour tes réponses à mes questions ci-dessus (numérotées) qui sont essentielles à la déconstruction de nombreuses croyances ;-)
J'ai pris goût à ces échanges et à cette investigation. Au début le mental était assez actif et cherchait à me faire faire autre chose. Je ne subis plus d'entraînement irrésistible et rien n'est plus important que de pousuivre cette exploration.
Waouh, j'en suis ravie ! :-)))
C'est amusant cette exploration !
Bravo pour ta ténacité. Je pensais t'avoir perdu à un moment ;-)
Quand l'activité mentale est active, je t'invite à te poser dans la nature : à fermer les yeux et à concentrer ton attention sur la respiration.
Je n'ai pas souvent été en contact de nourrissons mais le peu que j'ai eu donne effectivement cette impression à travers leurs yeux d'un accueil sans réserve des sensations induites par le monde.
Pour le nourrisson, il n'y a pas 2 : il n'y a pas la pensée : "je suis ce corps ici", et il y a un "monde là-bas".
Il n'y a pas la pensée :
-"je suis Julien ici, c'est mon corps", et je ne suis pas le monde"
- ni : "ça c'est moi ici, ça ce n'est pas moi là-bas".
Il n'y a pas d'identification.
Pas de : "c'est moi" versus "c'est pas moi".
Je t'invite à effectuer l'exercice du MIROIR : regarde toi dans un miroir et demande toi :
=> QUI regarde ? ou plutôt c'est QUOI qui regarde ? Qu'est-ce qui regarde ? (ne cherche pas de réponse).
Plonge dans ce regard insondable.
Tu parlais de "conscience" :
Ce qui est - êtreté n'a pas de centre. Ce n'est pas localisé. Il n'y a pas de séparation ni limites : comme sur un écran de télé (2 dimensions). C'est PARTOUT et c'est TOUT = Ce qui est.
Et le nourrisson n'a pas besoin de penser pour être (toi, pareil).
Oui. Quitter le mental pour trouver l'endroit d'où l'on perçoit le monde a été un déclic.
Bien sûr le mental cherche encore à émettre des doutes et des réserves mais cela n'a aucune importance lorsqu'on trouve refuge dans ce qui observe. Tout ceci devient alors un simple bavardage impersonnel.
Excellent ! Bien vu ;-)))
En même temps, l'activité mentale est aussi Ce Qui Est.
Est-ce "toi, Julien" qui trouve refuge dans ce qui observe ?
Et ce qui observe n'est pas une entité : c'est juste un verbe : être conscient d'être conscient.
La non-forme (Ce qui est) observant l'apparente "forme" (Ce qui est).
QUI retombe dans l'aveuglement du mental ?
QUI bute contre un mur invisible ?
Ces questions jaillissent désormais quasiment automatiquement à chaque fois que je me rends compte d'avoir laissé l'attention se faire absorber par le mental au point de s'identifier à cette activité. La question vient faire l'effet d'une aiguille venant percer un ballon de baudruche.
Bravo ! Super :-))
Dans l'Expérience Directe, c'est quoi "mental" ? (une somme de pensées ?)
Je peux reprendre l'expression employée plus haut : un bavardage impersonnel.
Des sons, des évènements comme un passant dans la rue ou un nuage dans le ciel.
Oui c'est une activité : une pensée + une autre pensée.... et le SILENCE avant, pendant et après.
L'activité mentale = bavardage impersonnel (pour reprendre ton expression) = Ce qui est.
"sons", "évènements", "passant", "nuage" =
apparents "objets" = formes, couleurs = Ce qui est.
Après avoir utilisé l'analogie du "glaçon et de l'eau", ou du "film et de l'écran tv",
on pourrait aussi utiliser la métaphore du rêve :
la nuit, quand tu fais un rêve : tout se passe dans ton esprit (je me souviens que tu as utilisé ce terme d'esprit au début de nos échanges).
Disons que cette nuit, tu as rêvé que tu étais dans la jungle et que tu étais poursuivi par un tigre affamé ;-)
Tu as peur, tu transpires, tu sais que tu vas mourir, tu grimpes en haut d'un arbre, tu essaies de protéger tes amis qui t'accompagnent.
Ensuite, tu te réveilles en sueur, et avec soulagement tu constates que :
- tu n'es pas dans la jungle mais dans ton lit = jungle = image mentale
- qu'il n'y a pas d'arbre = image mentale
- qu'il n'y a pas d'amis, et que les "autres" dans ton rêve = image mentale
Que reste-t-il ?
Des sensations et émotions ===> peur, sueur, coeur qui bat très fort, essoufflement, tensions.
Ce mur semble moins haut désormais et il me semble pouvoir l'enjamber facilement même s'il peut encore m'arriver de trébucher.
il suffit d'enjamber un muret. Le tout est de s'en rendre compte et de lever la jambe assez haut :)
Ta métaphore tombe à pic pour une excellente transition, toi qui sembles aimer le saut en hauteur.
Je t'avais invité à effectuer l'exercice de la "main" à plusieurs reprises au cours de la journée.
Je te propose ci-dessous une exploration un peu plus longue du "corps", qui reprend les exercices de la Vision Sans Tête (de Doublas Harding).
Je te demanderais de bien vouloir prendre ton temps pour explorer le "corps" stp.
Exemple : lis une fois toutes les questions, puis part te balader dans la nature.
Ce exercice est à effectuer très souvent dans ces prochains jours, tu peux donc prendre ton temps, et ne me répondre que dans plusieurs jours pour une fois ;-)
Merci de répondre à chaque question séparément stp.
Regardons maintenant l’expérience que tu nommes : « mon corps »
Commence d'abord par lire ce qui suit. Il s'agit d'une description simple de l'expérience du corps. Ensuite ferme les yeux et regarde par toi-même si ça correspond à ton expérience.
Assieds-toi et ferme les yeux pendant 15 minutes environ.
Ne porte ton attention uniquement que sur les sensations pures, sans faire référence ni à la pensée, ni à la mémoire, ni aux images mentales/visualisation.
Prends quelques instants et observe ton ressenti, les différentes sensations que tu ressens dans ton corps en ce moment.
Commence par être attentif à toutes sensations liées au contact entre ton corps et la surface qui le supporte.
Ensuite, observe les sensations de picotement, de fourmillement, de vibration, d'engourdissement ou de quoi que ce soit d'autre que tu ressens en ce moment.
Observe également que certaines sensations sont plus prédominantes que d'autres. Par exemple, chez la plupart des gens, la région de la tête est une région où les sensations sont habituellement très fortes. Mais tu pourrais aussi ressentir un peu la même chose dans une autre partie du corps.
Maintenant, j'attire ton attention sur le fait qu'il y a aussi certaines parties du corps que tu ressens très peu pour ne pas dire pas du tout. Ce sont en quelque sorte les trous noirs de ton corps :)
Finalement, observe que toutes ces différentes sensations ou absence de sensations dans le cas des trous noirs, se passent toutes ICI. Elles sont toutes présentes dans une seule, dans cette seule expérience. Le picotement, le contact, les sensations prédominantes, les moins dominantes, les trous noirs etc.
Ensuite, dirige ton attention sur une seule de ces sensations, n'importe laquelle, et réponds aux questions suivantes séparément stp:
- Quelle est la largeur de cette sensation?
- Quelle est sa hauteur?
- Où commence-t-elle et où finit-elle?
- Peux-tu lui trouver une limite ou une frontière?
Maintenant cesse de diriger ton attention sur une seule sensation et revient à la sensation générale de ton corps et réponds à ces questions séparément stp :
- Fais-tu une seule expérience de ressenti, ou bien fais-tu une expérience d’un paquet de différentes sensations séparées les unes des autres?
- Si tu fais l'expérience d’un paquet de différentes sensations séparées les unes des autres, qu'est-ce qui les sépare? Où est la ligne de démarcation entre deux sensations si ce n'est une étiquette?
- Cette expérience n'est-elle pas l'expérience de ton corps?
- Quelle est la taille et forme de cette expérience, la taille et forme de ton corps?
- Est-ce que le corps a un poids ou un volume ?
- Y-a-t-il un intérieur et un extérieur ?
- s'il y a un intérieur : à l'intérieur de quoi exactement ?
- S'il y a un extérieur : un extérieur à quoi exactement ?
- Où est la frontière entre l'intérieur et l'extérieur?
- Bien sûr, si on se fie à ce qu’on nous a dit, la frontière entre le corps et le monde est la peau, mais qu’elle est ton expérience directe ici maintenant ?
- Y-a-t-il une frontière entre le corps et les habits ?
- Y-a-t-il une frontière entre le corps et la chaise ?
- Vois-tu, ressens-tu une quelconque frontière entre ‘toi’ et le monde?
- A quoi se réfère le mot-étiquette « corps » dans l’immédiat ?
- Quelle est l’expérience immédiate du corps ? Vois-tu maintenant la différence entre l'expérience directe du corps et l’expérience indirecte, c’est à dire ce qu'on pense être l’expérience du corps?
Regarde bien attentivement, surtout pour la dernière question.
Prends tout ton temps avant de répondre. Pas de précipitation.
Tu peux regarder à plusieurs reprises pendant la journée, pendant que tu fais autre chose comme se laver les main, prendre sa douche, pendant la courte pause au travail, marcher, etc..., avant de répondre.
N.B. : excuse-moi si c'est très long.
je te suggère de répondre à la 1ère partie de mes questions, puis de sauvegarder le message.
puis de répondre à l'exploration ultérieurement, si cela te convient :-)
Merci et belle journée,
Natacha