Re: Elegua Unleashed
Posted: Fri Apr 04, 2014 2:24 pm
Salut Steve,
Je reviens sur la cinquième question que tu me reposais.
Tu dis : « tu dis que tu ne choisis ni ne maîtrise rien, un peu comme si tu étais dans la position du "Je" qui reconnait qu'il n'a aucun contrôle sur les évènements. Une souffrance du "je"... si je comprends bien cette réponse est un peu comme si tu étais identifié au "je" non ? »
Oui, quand tu m’invitais à donner un exemple, je le faisais en effet à partir d’une expérience vécue par le je. Ce n’est pas tant le fait que je m’identifie (c’est encore le cas la plupart du temps), c’est surtout qu’il résulte de cet exemple ou de bien d’autres une qualité d’expérience conduite par la peur et, je ne sais pas s’il faut le regretter, que cela colle un peu à la peau en quelque sorte. Il ne s’agit pas de condamner cette souffrance mais plutôt d’en comprendre intimement les rouages et la manière dont elle est nécessaire afin de faire éclater son illusoire emprise. Voilà où je voulais en venir.
Parallèlement, et même s’il s’agit encore d’un jeu entre le moi et l’environnement social, les difficultés posées par une situation (matérielle, familiale ou autre…), par trop prégnantes ou trop pérennes, accroissent cette illusoire emprise et étouffent une forme de possibilité à « voir de l’extérieur », de donner une respiration qui apparait comme la confirmation qu’on ne se trompe pas de voie. D’ailleurs j’ai des symptômes d’étouffement en ce moment. Mais là c’est moi, c’est-à-dire, le je illusoire, qui le ressens comme tel.
Ensuite, tu poses une série de questions visant à cerner la « personne », le « je » dont je parle en relatant cet exemple. Pour diluer cette illusion du je, il me semble qu’il faudrait « être pris en charge », je veux dire enveloppé ou « guidé » par une sorte d’autre chose qui permette de prendre le relais, comme une boussole, non pas comme un truc agissant à la place du je (insensé je crois). Or, c’est le sentiment d’une boussole cassée que je relate dans mon exemple et qui explique (maladroitement certes) l’incapacité à faire advenir autre chose que la peur du « je » en souffrance sur des notions du quotidien.
Ce n’est pas tellement le fait que ce soit « ma barque », « ma vie » ou rien de ce qui arrive « à moi » qui est traduit. C’est bien plutôt la capacité de voir que ce n’est rien qui soit moi ou à moi tout en restant (humainement) dans un dispositif de type illusion du moi et donc souffrance générée. Et en fait, il y a aussi, il faut le dire, une sorte de trivialité constante dans la répartition de quelques responsabilités du genre « qui va payer les factures et nourrir les enfants ? » Ce à quoi le circuit des illusions apporte des formes très convaincantes pour dire que c’est à « toi » que cela revient.
Je reviens sur la question 5 : « Est-ce toi qui décides, as des intentions, choisis, contrôles les évènements de la vie ? Es-tu à l'origine de ce qui arrive ? Donne des exemples à partir de ton expérience. »
Je réponds globalement que non, je n’ai pas l’impression d’avoir grand-chose comme influence dans ces processus. Pourquoi ? Parce que je ne les comprends pas (ni mon entourage au demeurant). Bien que l’illusion du « je » puisse laisser à penser qu’on est responsable de tout (c’est le syndrome des gens qui se croit important), il me semble que ce qui se produit n’a pas beaucoup à voir avec le « je ». Mais la question alors est de savoir ce qui se produit et pourquoi (quand c’est positif et constructif, pourquoi ça s’arrête, quand c’est nuisible et destructeur, pourquoi ça ne s’arrête pas). Il serait très utile de savoir cela, parce que je crois que ça éviterait les impasses.
Pour résumer, comment être en phase avec la boussole intérieure ? Comment se mettre en adéquation dans le monde qui n’a pas grand-chose de très bienveillant avec la bienveillance et la sérénité qui sont le terreau de la confiance et de l’évolution ?
Chaque fois que j’ai donné une réponse à ces questions avec un certain degré d’évolution dans le temps (au départ je donnais des réponses sur le mode des préférences – parce que j’aime ou je suis plutôt enclin à ceci ou à cela ; ensuite des réponses orientées sur des compétences – parce que je sais faire ceci ou cela ; puis des réponses en supposant que d’autres se figureraient un intérêt commun – parce que je crois que cela représente telle ou telle opportunité, avec d’autres exemples de réussites pour ouvrir le champ des possibles), bref, chaque fois que j’ai apporté une réponse, je me suis lourdement trompé. Donc il me semble que sans tomber dans les excès du volontarisme (le je décide et contrôle des événements de la vie) ou du fatalisme (il n’y a rien à faire de toute façon), la question de la boussole intérieure se pose.
Bien amicalement,
Benoit
Je reviens sur la cinquième question que tu me reposais.
Tu dis : « tu dis que tu ne choisis ni ne maîtrise rien, un peu comme si tu étais dans la position du "Je" qui reconnait qu'il n'a aucun contrôle sur les évènements. Une souffrance du "je"... si je comprends bien cette réponse est un peu comme si tu étais identifié au "je" non ? »
Oui, quand tu m’invitais à donner un exemple, je le faisais en effet à partir d’une expérience vécue par le je. Ce n’est pas tant le fait que je m’identifie (c’est encore le cas la plupart du temps), c’est surtout qu’il résulte de cet exemple ou de bien d’autres une qualité d’expérience conduite par la peur et, je ne sais pas s’il faut le regretter, que cela colle un peu à la peau en quelque sorte. Il ne s’agit pas de condamner cette souffrance mais plutôt d’en comprendre intimement les rouages et la manière dont elle est nécessaire afin de faire éclater son illusoire emprise. Voilà où je voulais en venir.
Parallèlement, et même s’il s’agit encore d’un jeu entre le moi et l’environnement social, les difficultés posées par une situation (matérielle, familiale ou autre…), par trop prégnantes ou trop pérennes, accroissent cette illusoire emprise et étouffent une forme de possibilité à « voir de l’extérieur », de donner une respiration qui apparait comme la confirmation qu’on ne se trompe pas de voie. D’ailleurs j’ai des symptômes d’étouffement en ce moment. Mais là c’est moi, c’est-à-dire, le je illusoire, qui le ressens comme tel.
Ensuite, tu poses une série de questions visant à cerner la « personne », le « je » dont je parle en relatant cet exemple. Pour diluer cette illusion du je, il me semble qu’il faudrait « être pris en charge », je veux dire enveloppé ou « guidé » par une sorte d’autre chose qui permette de prendre le relais, comme une boussole, non pas comme un truc agissant à la place du je (insensé je crois). Or, c’est le sentiment d’une boussole cassée que je relate dans mon exemple et qui explique (maladroitement certes) l’incapacité à faire advenir autre chose que la peur du « je » en souffrance sur des notions du quotidien.
Ce n’est pas tellement le fait que ce soit « ma barque », « ma vie » ou rien de ce qui arrive « à moi » qui est traduit. C’est bien plutôt la capacité de voir que ce n’est rien qui soit moi ou à moi tout en restant (humainement) dans un dispositif de type illusion du moi et donc souffrance générée. Et en fait, il y a aussi, il faut le dire, une sorte de trivialité constante dans la répartition de quelques responsabilités du genre « qui va payer les factures et nourrir les enfants ? » Ce à quoi le circuit des illusions apporte des formes très convaincantes pour dire que c’est à « toi » que cela revient.
Je reviens sur la question 5 : « Est-ce toi qui décides, as des intentions, choisis, contrôles les évènements de la vie ? Es-tu à l'origine de ce qui arrive ? Donne des exemples à partir de ton expérience. »
Je réponds globalement que non, je n’ai pas l’impression d’avoir grand-chose comme influence dans ces processus. Pourquoi ? Parce que je ne les comprends pas (ni mon entourage au demeurant). Bien que l’illusion du « je » puisse laisser à penser qu’on est responsable de tout (c’est le syndrome des gens qui se croit important), il me semble que ce qui se produit n’a pas beaucoup à voir avec le « je ». Mais la question alors est de savoir ce qui se produit et pourquoi (quand c’est positif et constructif, pourquoi ça s’arrête, quand c’est nuisible et destructeur, pourquoi ça ne s’arrête pas). Il serait très utile de savoir cela, parce que je crois que ça éviterait les impasses.
Pour résumer, comment être en phase avec la boussole intérieure ? Comment se mettre en adéquation dans le monde qui n’a pas grand-chose de très bienveillant avec la bienveillance et la sérénité qui sont le terreau de la confiance et de l’évolution ?
Chaque fois que j’ai donné une réponse à ces questions avec un certain degré d’évolution dans le temps (au départ je donnais des réponses sur le mode des préférences – parce que j’aime ou je suis plutôt enclin à ceci ou à cela ; ensuite des réponses orientées sur des compétences – parce que je sais faire ceci ou cela ; puis des réponses en supposant que d’autres se figureraient un intérêt commun – parce que je crois que cela représente telle ou telle opportunité, avec d’autres exemples de réussites pour ouvrir le champ des possibles), bref, chaque fois que j’ai apporté une réponse, je me suis lourdement trompé. Donc il me semble que sans tomber dans les excès du volontarisme (le je décide et contrôle des événements de la vie) ou du fatalisme (il n’y a rien à faire de toute façon), la question de la boussole intérieure se pose.
Bien amicalement,
Benoit