Prêt pour arreter de "je-er"

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sulawesi
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Re: Prêt pour arreter de "je-er"

Postby sulawesi » Tue Mar 26, 2013 12:40 pm

Bonjour Benjamin :-)
La fausse croyance "les choses devraient être différentes" que je pensai avoir mis à jour, a repris corps dans les pensées. Est ce que le fait qu'une fausse croyance ayant déja été dévoilée, ré apparaisse avec du crédit est un élément important dans notre enquête ?

Pas spécialement. C'est juste un élément. Ça fait X année que tu vis avec certains réflexes. Il y a une inertie qui fait que ces réflexes ne disparaissent pas du jour au lendemain.
Prendre conscience qu'il n'y a pas de moi aux commande ne veut pas dire que les vieilles (ou pas) croyances ne reviendront pas. Tu n'en es plus dupe. Pas longtemps en tout cas. Et de moins en moins. Le réflexe "Est-ce vrai" finit par être toujours présent.
L'éveil n'es pas une fin. C'est un changement de perspective qui induit un remodelage, une relecture des choses. Ça prend le temps nécessaire. On observe de plus en plus de sérénité au fur et à mesure.
(incertitude sur le travail, le logement, le compte en banque)
N'est-ce pas toujours un espace d'incertitude ? :-)
Bon, plus ou moins, je te l'accorde. Mais il n'y a aucune certitude...
(pour info, un livre récent de B. Katie est un recueil d'aphorismes (de ceux qui parsèment ses livres), par thèmes : les relations/l'amour, enfants/parents, la mort... "Le travail et l'argent" est un des chapitres. Tu y trouveras matière à méditer sur ce sujet ; "Investiguez vos pensées, changez le monde")

Dans tous les cas, le point central est la qualité de l'endroit d'où se prendront des décisions et naitront des actes, non ? le mouvement de Benjamin viendra d'une base conditionnée par des croyances/peurs inconscientes ou d'un espace de liberté, de clarté, de lucidité et de présence.
Les actions nécessaires peuvent-elles venir de la confusion, d'illusions ou d'un espace de clarté et de lucidité ?
(cf. ce truc trouvé dans le twitter de B. Katie à l'instant. Je suis allé voir s'il y avait une citation sympa à ce sujet :-) : "Money is not my business; my thinking is my business.

Autres remarque :
"Vous voulez expérimenter la culpabilité, pensez au passé. Vous voulez expérimenter la peur, pensez au futur". Autre citation...
Dans le présent il y a observation, réflexion, action.
Observe : Quand tu veux traverser une route, tu observes, tu prends des informations sensorielles... une voiture approche. Ton corps évalue la distance et la possibilité de traverser sans risque. Le corps bouge alors tout seul (ou attente). Ça ne passe même pas par la pensées.
inquiétude, peur, appréhension n'existe que dans une projection dans l'avenir qui est purement imaginaire.. Observe ça.
(souvent un vieux réflexe, non remis en doutes, lié à des peurs matérielles hérités de l'enfance. Atavisme familial...)

Si des décisions sont à prendre, tu récoltes les données actuelles et si une décision est nécessaire elle s'imposera. Tu ne sais pas si ce sera la meilleure mais c'est toujours la meilleure que tu pouvais prendre en l'état actuel des informations dont tu disposes. Tu peux aussi avoir le ressenti d'avoir à différer toute décision.
Fais la part de ce qui est vrai et sûr et de ce qui est pure spéculation imaginaire, produit de la peur.

Je dirai que des sensations étiquetées "doutes", "inconfort" traversent un corps, à cause d'un écart entre le réel et une croyance et qu'un je apparait pour s'y identifier.
C'est aussi mon expérience. Autant de "je" imaginaire que de croyances non remises en questions.
Et note tu n'es pas ce "je"... Cet ensemble pensées/émotion apparait en toi à cet instant, lié à cette croyance qui n'est pas encore remise en question.
Si tu l'accueilles, l'interroge, l'observe de façon neutre, elle te raconte son histoire.
Si tu y crois aveuglément, tu t'y identifies, tu crois être la victime des circonstances, animée par la peur, le doute, des réactions de défense, fuite...

Le stress ressenti justifie le questionnement. Les sensations de doute et d'inconfort sont d'heureux symptômes, des alertes à accueillir, et surtout pas à fuir et étouffer. S'il n'y avait pas ces symptômes on s'enfoncerait dans le faux.
J'ai découvert une croyance très prégnante autours du contrôle et du jugement ("il faut juger, controler, évaluer", "je juge, controle, évalue" et "je me sens jugé, évalué, contrôlé" constamment). Je me demande si les états de paix qui apparaissent lorsqu'une fausse croyance est perçue n'est pas juste absence d'évaluation.
La notion de contrôle, on en a déjà bien parlé :-)
Je fais une différence entre évaluer et juger. Évaluer est prendre note, observer. Juger est placer ces observations dans une échelle de valeurs, une hiérarchie.
Évaluer son état est naturel et spontané : Comment est-ce que je me sens ? heureux ? stressé ? tendu ? en paix, serein ?
S'il y a stress, accueille, observe, questionne les croyances qui sont derrière ce ressenti. Ce ressenti est juste un symptôme qui émane de Benjamin-croyances/les-circonstances.
L'erreur commune est de mettre l'accent sur les circonstances, de se croire victime de circonstances sans remettre en question le Benjamin là-dedans. On a vu ça.

Juger les autres est juste l'application d'un système de croyances, de valeurs sur ce qui est. Ça reflète plus celui qui juge-évalue en fait, plutôt que celui qui est jugé-évalué (c'est pour ça qu'il y a autant de jugements que d'individus... autant de subjectivités).
On ne voit jamais les autres qu'à travers nos croyances : on ne voit que l'image formée par notre subjectivité, nos systèmes de valeurs, nos croyances non remis en questions.

Et c'est la même chose pour ceux qui nous jugent et nous évaluent... Ils parlent autant d'eux que de toi.
je me sens jugé, évalué, contrôlé" constamment
Vieux réflexe de l'enfance, lorsqu'on est conditionné à chercher amour et appréciation dans le regard de nos parents et autres adultes. Notre sécurité affective, amour, appréciation sont placés dans leurs mains à ce moment-là, on est vulnérable. De là, ce conditionnement.
Selon les parents (leur exigence, leurs propres peurs, leur difficulté à nous accepter tel qu'on est, selon l'enfant qu'on est en fonction de leurs attente -selon qu'on les insécurise ou les sécurise), cela crée un ressenti plus où moins anxieux quand à l'appréciation que nous renvoie les autres.
Tout ce ressenti raconte l'histoire d'un Benjamin passé qui revient à la surface dans des circonstances présente (en relation avec les autres)
Ce n'est pas ta véritable nature, juste un Benjamin fossile qui remonte à la surface. Accueille et laisse l'histoire se raconter. Te juger revient à appliquer des conditionnements, des croyances hérités, qui ne t'appartient pas mais que tu as intériorisé et non remis en question.
As-tu vraiment besoin des autres pour trouver amour et appréciation ? Dépends-tu des autres pour cela ?
Quelqu'un émet un avis sur toi. Tu n'as pas peur et tu l'accueilles :
  • C'est vrai et tu le savais : tu n'apprends rien...
  • C'est vrai et tu ne le savais pas : merci ! super, j'ai appris quelque chose que j'ignorais.
  • Ça t'apparait faux : on passe à autre chose (ou on sollicite un autre regard)
Donc : Situation sereine. Le problème n'apparait que si tu es dans un vieux réflexe de vérifier approbation et amour dans le regard et les avis des autres à ton égard. C'est la seule chose qui génère de l'anxiété...

Dans un autre contexte, évaluer la qualité de ton travail à travers les acquis de tes stagiaires n'est pas un jugement. C'est juste relier des objectifs à leur concrétisation. On est dans un domaine où on fait des projets qui doivent se concrétiser. C'est du même ordre que les projets de vacances avec réservations de vol, hôtels...
La video que tu m'as envoyé a bien plue au benjamin-qui-pense-traverser-une-crise-mystique" ; )
Je me suis dit que ça pouvait te rassurer. Tu as bien noté que l'interviewée n'avait pas l'air désespérée, stressée et déprimée, non ? :-D
(Pour les lecteurs de passage, la vidéo est là : http://www.youtube.com/watch?v=6sblRqPe ... e=youtu.be

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Re: Prêt pour arreter de "je-er"

Postby Born2love » Sun Mar 31, 2013 10:39 pm

Bonjour Patrick,

Merci pour ton message.
Juste pour te tenir au courant, je continue d'observer les pensées (notamment grace à "The Work") et de chercher ou se cache le moi.
Pas de changement notable, les périodes de quiétude alternent avec des moments d'incertitudes (notamment quelques crises durant lesquelles même sans m'identifier c'était remuant).
Je vérifies régulièrement si je ne suis pas sous l'emprise d'une des croyances : "il faut maitriser ses pensées", "tu gache ta vie", "il faut tout controler, tout juger".


Voià, je te remercie pour ton aide, je continue la recherche et te tiens au courant.

A bientôt,
Benjamin.

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Re: Prêt pour arreter de "je-er"

Postby sulawesi » Mon Apr 01, 2013 9:34 am

Bonjour Patrick,
Thierry :-D

Mais comme tu veux, tu peux varier les appellations :-)
...et de chercher ou se cache le moi.
C'est le moment de faire un point. Quelle est ton observation, ton expérience directe ?
Perçois-tu un moi acteur de ta vie ? ou juste "l'expérience" ; des pensées, des émotions qui émergent, passent.

Thierry

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Re: Prêt pour arreter de "je-er"

Postby Born2love » Wed Apr 03, 2013 9:58 pm

Bonsoir Thierry,

Pas facile de faire le point quand tout bouge : )
Au moment ou j'écris, je sens le "je-chercheur". Il est vu par... un autre "je-chercheur", lui-même vu par... tension dans la nuque, pensées observées.
Je découvre en ce moment beaucoup d'attentes que j'ai pu placés dans "la Recherche", exactement comme on peu attendre un rdv galant, les vacances ou la retraite.
Il m'arrive quelque fois dans la journée de me sentir extérieur à moi-même. C'est souvent après avoir collé de très prés à une pensée, qu'en m'en rendant compte, je prends de la distance.
Perçois-tu un moi acteur de ta vie ?
En tous cas je suis encore pris dans l'action. Au mieux les pensées et émotions émergent à un "je-observateur", qui lui n'est pas vu. Mais ca fait son chemin.

J'aimerai ton avis sur les deux points suivants :

- Je fume 1 à 5 cigarette/jour et suis hésite entre "ca se fait tout seul donc fume comme tu veux" et "en m'abstenant, je ressens le manque et donc je fais apparaitre un "je" "

-J'ai une résistance à la pensée "la réalité ne peut pas être autrement que ce qu'elle est", j'y voit une espèce de dogme politiquement correcte, une odeur de bien pensant, comme ci tous les principes de la non dualité reposés sur ce postulat, sans lequel tout s'écroulerait.

Merci de ton aide Thierry,
tu permets que je t'apelle Pat ; )

Benjamin.

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Re: Prêt pour arreter de "je-er"

Postby sulawesi » Wed Apr 03, 2013 10:33 pm

Bonsoir Benjamin :-)
Pas facile de faire le point quand tout bouge : )
Tout bouge ? Tu en es sûr ?
Observe bien. Qu'est-ce qui bouge ? Y a-t-il quelque chose qui ne bouge pas dans ton expérience ?
Au moment ou j'écris, je sens le "je-chercheur". Il est vu par... un autre "je-chercheur", lui-même vu par... tension dans la nuque, pensées observées.
Quelque chose est vu. Qu'est-ce qui est vu, perçu, au juste ?
Y a-t-il un je qui voit ? (ou juste "vision", "perception"). Comment décrirais-tu cela ?
C'est souvent après avoir collé de très prés à une pensée
Il n'y aurait pas empilement d'une pensée "je dois..., il faut que..." sur une pensée initiale. Tu es dans une discipline ? :-)
Qu'entends-tu par "coller à une pensée" ?
Il m'arrive quelque fois dans la journée de me sentir extérieur à moi-même
C'est à dire ?
Où est le "moi-même" ? Et le toi qui serait extérieur ?
Reviens à cette expérience : comment décrirais-tu cette observation de la façon la plus juste ?
En tous cas je suis encore pris dans l'action.
Qui est pris ?
Il y a action. Qu'est-ce qu'être pris dans l'action ?
Décris-moi ce qui est perçu ?
Au mieux les pensées et émotions émergent à un "je-observateur", qui lui n'est pas vu.
Il y a des pensées et des émotions qui passent et sont perçues...
Il y a observation, perception. Y a-t-il autre chose ? Peut-on parler d'un je-observateur ?


À bientôt
Thierry

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Re: Prêt pour arreter de "je-er"

Postby Born2love » Thu Apr 04, 2013 3:38 pm

Tout bouge ? Tu en es sûr ?
Observe bien. Qu'est-ce qui bouge ? Y a-t-il quelque chose qui ne bouge pas dans ton expérience ?
Ce qui ne bouge pas je ne le vois pas, c'est trop prés ou trop en arrière, mais je ne vois rien de stable.
Qu'est-ce qui est vu, perçu, au juste ?
Y a-t-il un je qui voit ? (ou juste "vision", "perception"). Comment décrirais-tu cela ?
Ce qui est vu c'est une attitude, un point de vue, une envie ( de "trouver la libération"). Ceci est vu et trés rapidement cette vision fait apparaitre un autre personnage qui semble en retrait, en train d'observer le premier.
En réalité, c'est juste un autre "je" qui est créé par la pensée "j'ai vu".
l n'y aurait pas empilement d'une pensée "je dois..., il faut que..." sur une pensée initiale. Tu es dans une discipline ? :-)
Qu'entends-tu par "coller à une pensée" ?
Oui il y a certainement empilement et je suis assurément dans du "tu dois".
Je colle à une pensée lorsque j'oublie que c'est une pensée et que son contenu n'est pas le réel.
C'est à dire ?
Où est le "moi-même" ? Et le toi qui serait extérieur ?
Reviens à cette expérience : comment décrirais-tu cette observation de la façon la plus juste ?
La sensation de moi-même est situé dans le corps, le plus souvent (quand je vérifie) dans la zone de la tete. Et parfois je me sens en dehors et légerement en arrière du corps, un peu plus haut que le sommet de la tête. C'est comme si le champs de vision devenait plus large et qu'il englobait Benjamin.
Qui est pris ?
Il y a action. Qu'est-ce qu'être pris dans l'action ?
Décris-moi ce qui est perçu ?
Celui qui est pris dans l'action (je me suis mal exprimé, je parlé d'être pris dans les pensées) c'est le corps lorsqu'il se crispe en suivant une idée.
Etre pris dans la pensée c'est manquer de recul ou plutôt croire que je ne suis que cela.
Ce qui est perçu dans ces cas ce sont les images et scénaris des pensées et cela prend toute la place.
Il y a des pensées et des émotions qui passent et sont perçues...
Il y a observation, perception. Y a-t-il autre chose ? Peut-on parler d'un je-observateur ?
Oui il y a un empilement de pensée sous une pensée racine du type : "tu dois tout observer, tout controler". C'est en ce sens que je parle d'un "je-observateur" qui n'est évidement pas neutre du tout.

A bientôt,
Benjamin.

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Re: Prêt pour arreter de "je-er"

Postby sulawesi » Mon Apr 08, 2013 9:36 pm

Bonsoir Benjamin :-)

Désolé. Peu dispo pour ces échanges ces derniers temps.
Pas facile de faire le point quand tout bouge : )
N'est-ce pas la réalité des choses en fait ? :-)
Chaque seconde est nouvelle et différente. À chaque seconde il y a de nouvelles circonstances (pensées, émotions, évènements, objets arrivant, disparaissant de l'espace où l'histoire de Benjamin se déroule...)
Je perçois une appréhension, une sensation d'inconfort derrière ce constat ? Non ?


Je n'avais pas répondu à ça :
- Je fume 1 à 5 cigarette/jour et suis hésite entre "ca se fait tout seul donc fume comme tu veux" et "en m'abstenant, je ressens le manque et donc je fais apparaitre un "je" "
Pendant un temps, observe les sensations, les pensées, les mouvements qui se font autour de l'allumage d'une cigarette :
Qui ressent un manque ?
que se passe-t-il ensuite ?
En quoi y a-t-il un "je" qui apparait ? Il y a juste manque. Que veux-tu dire ? Qu'est ce "je" ? En quoi est-ce un pb ?
-J'ai une résistance à la pensée "la réalité ne peut pas être autrement que ce qu'elle est", j'y voit une espèce de dogme politiquement correcte, une odeur de bien pensant, comme ci tous les principes de la non dualité reposés sur ce postulat, sans lequel tout s'écroulerait.
La vérité n'est pas dans un avis, un jugement de cette pensée "la réalité ne peut pas être autrement que ce qu'elle est" par la pensée.
C'est simplement juste ou faux dans une observation attentive, directe, neutre de la réalité, des ressentis qui accompagnent la formulation de cette pensée, son écho en toi, la résistance qui apparait à cette formulation.
Enquêtons ensemble :
Est-ce un fait réel observable ou de l'imaginaire ?
Si les choses devaient être autrement que ce qui est, comment cela pourrait-il se passer ?
Par exemple, tu as écrit sur ce forum. Avec les mêmes paramètres, les choses auraient pu être différentes ? Oui ? Non ? Pourquoi ?
D'autres exemples ?
Questionne cette résistance qui est ressentie ; observe ce qui en remonte : Y a-t-il quelqu'un qui résiste ? Que trouves-tu si tu questionnes ce ressenti ?
Ce qui est vu c'est une attitude, un point de vue, une envie ( de "trouver la libération"). Ceci est vu et trés rapidement cette vision fait apparaitre un autre personnage qui semble en retrait, en train d'observer le premier.
En réalité, c'est juste un autre "je" qui est créé par la pensée "j'ai vu".

Oui. On dit "j'ai vu" parce que c'est une convention de langage. Mais si tu observes bien, vois-tu un "je" ? ou juste "perception"...

Je reviens sur ça :
En tous cas je suis encore pris dans l'action. Au mieux les pensées et émotions émergent à un "je-observateur", qui lui n'est pas vu. Mais ca fait son chemin.
Si tu ne vois pas de "je-observateur", il serait plus juste de dire simplement qu'il y a juste pensées et émotions perçues. Pas de Je... Cf. ci-dessus.
Oui il y a un empilement de pensée sous une pensée racine du type : "tu dois tout observer, tout controler". C'est en ce sens que je parle d'un "je-observateur" qui n'est évidement pas neutre du tout.
Je dirais qu'il y a une intention à l'œuvre, plus qu'un je-observateur (à la limite un je-animé de l'intention "tu dois tout observer, tout controler" )
Pas neutre, oui, car animé d'une intention...
Questionne, observe cette intention à l'œuvre
"tu dois tout observer, tout controler"
.
Qu'y vois-tu ? Quel ressenti ?
Cette intention s'oppose au réel, à ce qui est (contrôle...). Pourquoi ? Quelle émotion l'anime ? Quelle attente ?

À bientôt,
Thierry

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Re: Prêt pour arreter de "je-er"

Postby sulawesi » Sun Apr 14, 2013 7:24 pm

Benjamin ? :-)

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Re: Prêt pour arreter de "je-er"

Postby Born2love » Sun Apr 14, 2013 10:20 pm

Bonjour Thierry,

Merci de me relancer.
Au risque de me répeter la situation est pas confortable en ce moment, j'ai du mal à observer à accueillir. Je m'ennuie avec moi même et je n'ai envie de rien. Alors j'accueille (en tous cas j'essaye) cet état de fait et j'attends que ça passe.
À chaque seconde il y a de nouvelles circonstances. Je perçois une appréhension, une sensation d'inconfort derrière ce constat ? Non ?
C'est sûre. J'attendais depuis longtemps que des limites (croyances limitantes) tombent. Maintenant que c'est fait je découvre qu'elle me servaient de repère. Le corps de Benjamin se contracte (tension dans le plexus) et les pensées sont sombres et récurrentes.
En quoi y a-t-il un "je" qui apparait ?
Si il y a un manque ( ou une souffrance), j'imagine que c'est une opportunité pour sentir un "je" qui souffre de ce manque.
Est-ce un fait réel observable ou de l'imaginaire ?
En ce moment j'ai l'impression que, n'ayant pas de point fixe, de point de repère, je ne peux pas avoir un avis sur cette question.
Questionne cette résistance qui est ressentie ; observe ce qui en remonte : Y a-t-il quelqu'un qui résiste ? Que trouves-tu si tu questionnes ce ressenti ?
J'ai l'impression que je ne sens plus de résistance.
Mais si tu observes bien, vois-tu un "je" ? ou juste "perception"...
J'ai l'impression que c'est toujours le chercheur qui perçoit, et quand cela est perçu, c'est à nouveau par le chercheur. Ce n'est qu'une pensée et je ne suis pas certain qu'elle soit vraie. Sans cette pensée je sens un certain calme. Ce qui amène la pensée : ce calme est ressenti par le chercheur. Sans cette pensée (sur laquelle je n'ai pas de certitude) il y a de l'espace qui est perçu. Pensée : cet espace est perçu par le chercheur...etc
"tu dois tout observer, tout controler"
Qu'y vois-tu ? Quel ressenti ?
Cette intention s'oppose au réel, à ce qui est (contrôle...). Pourquoi ? Quelle émotion l'anime ? Quelle attente ?
J'y vois une croyance installée depuis toujours, découverte récemment, qui résonne avec le contrôle fiscal.
Elle est animée par la peur "de ne pas être assez bien, de gacher sa vie". Et ce sont ces croyances qui pourrissent la vie de benjamin.

En tous cas merci pour ton aide.

Benjamin.

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Re: Prêt pour arreter de "je-er"

Postby sulawesi » Sat Apr 20, 2013 5:05 pm

Bonjour Benjamin :-)
Alors j'accueille (en tous cas j'essaye) cet état de fait et j'attends que ça passe.
"J'attends que ça passe", ça sent plus l'effort que l'accueil, tu fais bien de dire "j'essaye" :-)
L'accueil ne provient pas d'un effort. C'est le résultat de la prise de conscience que "l'état de fait" ne peut être fui, contrôlé, manipulé. Ce n'est pas l'effort qui libère, c'est la compréhension.
Quand tu comprends que refuser ce qui est est vain (par exemple que les pensées "je ne devrais pas m'ennuyer avec moi-même" "je ne devrais pas avoir envie de rien" sont fausses), tu t'aperçois qu'il n'y a pas d'autre choix que l'accueil et l'écoute.
L'accueil n'est pas un fatalisme forcé : c'est écoute, comme on écoute attentivement quelqu'un pour le comprendre.
Écoute, regarde, questionne... :-)
C'est par la compréhension que la situation change, pas par le contrôle et la manipulation.
Au risque de me répeter la situation est pas confortable en ce moment, j'ai du mal à observer à accueillir. Je m'ennuie avec moi même et je n'ai envie de rien. [...] Le corps de Benjamin se contracte (tension dans le plexus) et les pensées sont sombres et récurrentes. [...]Si il y a un manque ( ou une souffrance), j'imagine que c'est une opportunité pour sentir un "je" qui souffre de ce manque.

Je ne pense pas que ça te soulage, mais ces moments de souffrance sont des opportunités précieuses. Ces souffrances sont le signes que les défenses, les illusions s'effritent.
Ça n'a pas de sens si tu ne le découvres pas toi-même, mais il n'y a qu'apparence de souffrance.
Cette souffrance ressentie est une résistance à ce qui est, un non lâcher-prise. Il n'y a pas de "je" qui souffre (c'est l'objet des échanges sur ce forum d'amener le vérifier, l'intégrer).
Cherche, questionne, prend l'expérience comme un objet d'observation : Y a-t-il un "je" souffrant ? Où se situe-t-il ?
Tu ne le trouveras pas...
Ce que tu trouveras c'est sensations, pensées... une sensation étiquetée par la pensée, et une résistance à cette sensation, une résistance à plonger dans ce ressenti comme on peut humer une fleur, un plat pour en explorer la qualité.
Regarde : Tu trouveras toutes sorte de pensées qui créent et alimentent la résistance : l'étiquetage de cette sensation avec des mots qui nourrissent la peur, la défense, des pensées dites "sombres"... tant que tu y crois aveuglément. Ne te fais pas mener passivement. Garde le réflexe "Est-ce vrai ?"... Ces pensées ne sont-elles pas tournées vers un futur imaginaire, fantasmatique ? Ne sont-elles pas l'expression d'une résistance à ce qui est pas de la comparaison à des croyances passées ? (je devrais... il faudrait...). Des croyances non remises en questions.
Ex : "je m'ennuie avec moi-même", "je n'ai envie de rien". Où est le problème si tu enlèves l'attente ??
Le problème n'existe que dans un "je devrais avoir envie de...", "je devrais me montrer comme ci..."
Tu trouveras les manifestations physiques du refus : des contractions physiques effectivement, ou autre manifestations psychosomatiques.

C'est juste ton passé, tes croyances passées (la pensée "moi") qui s'accrochent, refusent, de lâcher-prise, essaient de garder la main par tous ces mécanismes qui te font ramer à contre-courant (d'où l'énergie bloquée, l'effort/souffrance, résistance, inconfort).

Explore, questionne ton expérience et la possibilité que ce que j'écris soit juste. C'est ta vision, ton enquête qui compte et qui transforme. Tu n'as rien à perdre sinon des illusions.
"Je perçois une appréhension, une sensation d'inconfort derrière ce constat ? Non ?"
C'est sûre. J'attendais depuis longtemps que des limites (croyances limitantes) tombent. Maintenant que c'est fait je découvre qu'elle me servaient de repère.
Des croyances fausses qui servent de repère ! Ça craint, tu l'as échappé belle :-)
"J'ai besoin de repères", est-ce vrai ?
Peut-on avoir une vision claire, juste avec ce qui est là maintenant, peut-on être accordé au présent en étant soumis à des données appartenant au passé ?? (les repères...).
N'est-ce pas plutôt l'absence d'une grille passée, liée à ce qui a été, donc déformante, qui permet la vision claire de ce qui est.
L'inconfort ressenti n'est juste que la croyance non remise en question, entretenue, que tu as besoin de repères...
Explore ce point de vue...

Est-ce un fait réel observable ou de l'imaginaire ?
En ce moment j'ai l'impression que, n'ayant pas de point fixe, de point de repère, je ne peux pas avoir un avis sur cette question.
Ben tiens... :-)
Ne serais-ce pas une fuite là ? Tu as besoin de repère pour juste voir, faire le tri entre réel observable et imaginaire ?
Là, j'entends que tu ne fais pas confiance à ta propre observation (ou c'est juste l'expression d'une résistance à enquêter sur le sujet).

On échangeait sur "la réalité ne peut pas être autrement que ce qu'elle est" qui visiblement t'énervait beaucoup :-)
Rappel de l'échange... j'écrivais :
C'est simplement juste ou faux dans une observation attentive, directe, neutre de la réalité, des ressentis qui accompagnent la formulation de cette pensée, son écho en toi, la résistance qui apparait à cette formulation.
Enquêtons ensemble :
Est-ce un fait réel observable ou de l'imaginaire ?
Si les choses devaient être autrement que ce qui est, comment cela pourrait-il se passer ?
Par exemple, tu as écrit sur ce forum. Avec les mêmes paramètres, les choses auraient pu être différentes ? Oui ? Non ? Pourquoi ?
D'autres exemples ?
Questionne cette résistance qui est ressentie ; observe ce qui en remonte : Y a-t-il quelqu'un qui résiste ? Que trouves-tu si tu questionnes ce ressenti
?

Il y a peut-être un malentendu. Quand j'écris "la réalité ne peut pas être autrement que ce qu'elle est", je veux juste dire qu'avec les paramètres actuels, les choses sont ainsi. Elles n'auraient été différentes qu'avec d'autres paramètres. Et ça ne veux pas dire que les choses sont figées en l'état, qu'on est dans le fatalisme : tout bouge tout le temps, les paramètres changent et ceci affecte tout ce qui est relié.
Et "la réalité ne peut pas être autrement que ce qu'elle est" se prouve très simplement : les choses sont ainsi, ton existence actuelle est ainsi, le monde est ainsi... :-)
Comment les choses auraient-elles être autrement ? Si tout ça avait dû être différent, eh bien ce le seraient. N'est-ce pas évident ? Pour un ensemble de paramètres donnés peut-il y avoir plusieurs issus ? non, bien évidemment. Il n'y a pas de mondes parallèles :-) (dans mon observation en tout cas). Ça ne te parait pas évident ?

Explique-moi :
-J'ai une résistance à la pensée "la réalité ne peut pas être autrement que ce qu'elle est", j'y voit une espèce de dogme politiquement correcte, une odeur de bien pensant, comme ci tous les principes de la non dualité reposés sur ce postulat, sans lequel tout s'écroulerait.
"dogme politiquement correct", "odeur de bien pensant", je ne comprends pas :-)
Dans ces mots, je perçois juste l'expression d'une tension, un énervement à la pensée "la réalité ne peut pas être autrement que ce qu'elle est". Je me trompe peut-être, mais j'ai du mal à croire sur ce point à "J'ai l'impression que je ne sens plus de résistance." :-)

C'est un point important : la croyance que les choses devraient être autrement est une source de résistance, souffrance, regret, culpabilité... Donc, je renouvelle mes questions :
Est-ce un fait réel observable ou de l'imaginaire ?
Si les choses devaient être, auraient dû être autrement que ce qui est, comment cela serait-il possible ?
Par exemple, tu as écrit sur ce forum.
Avec les mêmes paramètres, les choses auraient pu être différentes ? Oui ? Non ? Pourquoi ?
D'autres exemples ?
Questionne cette résistance qui est ressentie ; observe ce qui en remonte : Y a-t-il quelqu'un qui résiste ? Que trouves-tu si tu questionnes ce ressenti ? Où est le refus ? quelle est la pensée qui est derrière cette résistance ?


À propos de
j'ai du mal à observer
que je rapproche d'un truc que tu avais écrit avant :
... Oui il y a un empilement de pensée sous une pensée racine du type : "tu dois tout observer, tout controler"
À relire ça, j'ai l'impression que se confond "observer" et "contrôler" chez toi.
Chez moi, il y a une distinction fondamentale : "observer" ne demande aucun effort. Ça n'a rien à voir avec un contrôle (ce serait presque l'opposé). Ne pas observer serait plutôt un effort, une forme de fuite, de contrôle, de refus de voir les choses telles qu'elles sont, de maintenir une position, un point de vue passé.
C'est juste voir les choses telles qu'elles sont, sans l'influence d'une grille de lecture, de façon la plus neutre possible. Un regard ouvert, ouvert à tout, y compris sa propre absence d'ouverture quand elle est perçu après coup ; accueillant, dénué de contrôle, parce que tout choix, tout filtre, tout "non, ça ne devrait pas être ainsi" n'a pas de raison d'être : Le réel est ce qu'il est...

Ce qui est vu c'est une attitude, un point de vue, une envie ( de "trouver la libération"). Ceci est vu et trés rapidement cette vision fait apparaitre un autre personnage qui semble en retrait, en train d'observer le premier.
En réalité, c'est juste un autre "je" qui est créé par la pensée "j'ai vu".
Mais si tu observes bien, vois-tu un "je" ? ou juste "perception"...
J'ai l'impression que c'est toujours le chercheur qui perçoit, et quand cela est perçu, c'est à nouveau par le chercheur. Ce n'est qu'une pensée et je ne suis pas certain qu'elle soit vraie. Sans cette pensée je sens un certain calme. Ce qui amène la pensée : ce calme est ressenti par le chercheur. Sans cette pensée (sur laquelle je n'ai pas de certitude) il y a de l'espace qui est perçu. Pensée : cet espace est perçu par le chercheur...etc
Où serait ce chercheur ? Où l'observes-tu ? Quelle observation te prouve la présence d'un chercheur dans la perception ?
Ce n'est qu'une pensée
Oui... Une supposition ; pas une observation. La pensée a besoin de s'accrocher à une forme identifiable, de contrôler, et crée la pensée d'un "je" qui observerait, percevrait, déciderait. Elle essaie de justifier cette pensée "je" en lui accolant des étiquettes issus de la mémoire, mais qui n'ont pas vraiment de réalité. Il n'y a pas vraiment répétition. C'est juste la pensée qui essaie de contrôler, répéter.
En réalité, c'est juste un autre "je" qui est créé par la pensée "j'ai vu".
Tout à fait. La pensée fabrique une identité. Comme je disais ci-dessus : La pensée a besoin de s'accrocher à une forme identifiable.
ce calme est ressenti par le chercheur
Ce calme, cette paix, cet espace dont tu parles ont toujours été là. Ce n'est pas un élément nouveau qui survient. Tout ça était masqué par la peur, la tension autour d'une volonté de contrôle ; la croyance en un "je" qui pourrait manipuler la réalité selon ses attentes. Comme le bruit masque le silence...
L'observation neutre, le lâcher-prise de celui qui voudrait que... qui poursuit.., sa disparition amène cet espace de calme. Et il n'y a personne là. Juste le flot de la vie, libre.
Un chercheur ne pourrait y être : le chercheur est mue par une tension vers..., la recherche de... Il n'est pas dans l'accueil (en tout cas, ce que je mettrais derrière le mot "chercheur")
À toi d'observer ce "mécanisme".
Observe le lien entre pensée/refus de ce qui est/tension et observation neutre/accueil/calme.
Cette intention s'oppose au réel, à ce qui est (contrôle...). Pourquoi ? Quelle émotion l'anime ? Quelle attente ?
Elle est animée par la peur "de ne pas être assez bien, de gacher sa vie". Et ce sont ces croyances qui pourrissent la vie de benjamin.
remets-les en questions... Sers-toi du Travail éventuellement si ça peut t'aider.
Note que ce sont encore des pensées qui reposent sur l'illusion d'un moi contrôlant sa vie. Continue de sonder cette croyance dans un moi contrôlant une vie.
C'est dans ce questionnement qu'est ta liberté : ton choix est dans "être dans l'illusion", suivre des croyances ou être clair, dans la réalité.
Pas dans "être bien" (c'est quoi ??) "ne pas être bien, gâcher sa vie" (c'est quoi "gâcher sa vie ??).
Et c'est là maintenant que ça se passe.

À bientôt
Thierry

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Re: Prêt pour arreter de "je-er"

Postby Born2love » Wed Apr 24, 2013 9:29 pm

Bonsoir Thierry,

Je prends le temps d'observer pour répondre.

Benjamin.

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Re: Prêt pour arreter de "je-er"

Postby sulawesi » Wed Apr 24, 2013 10:15 pm

ok
Observation neutre. Voir ce qui est ; ressenti, pensées, émotions, réactions... Juste, prendre note...

Thierry

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Re: Prêt pour arreter de "je-er"

Postby Born2love » Tue May 21, 2013 4:57 pm

Salut Thierry,

En ce moment et depuis un certain temps j'ai l'impression de flirter avec la folie.
C'est comme si je n'avais presque plus assez d'égo ou plutôt un ego atrophié, mais ce n'est pas vécue comme une libération mais plutôt comme une aliénation. Je ne ressens plus en moi une structure solide qui peut me donner un axe. Juste un flot continue de pensées (ou plutôt de couches surimposées, les plus superficielles couvrant les plus profondes) qui n'ont aucune hiérarchie entre elles. Je m'identifies à ces pensées quelques instants jusqu'à ce qu'elles soient remplacées par la suivante. Je suis spectateur passif d'un film qui est plutôt sombre.
Du coup plus rien n'est perçu comme vrai ou important Je change d'avis constamment. Ca me plonge dans une difficulté a agir et a faire des choix encore plus grande qu'auparavant. J'ai l'impression d'être perdu dans les limbes de la pensée. En vivant dans un monastère, ce serait sans doute gérable mais dans la vie quotidienne c'est difficilement supportable pour moi.

Je pense que la démarche non duelle nécessite un ancrage que je n'ai plus aujourd'hui. Je pense que ma recherche partait il y a quelques années d'une fuite ou d'un fantasme.
Et sur la forme j'ai confondu accueil et contrôle, observation neutre et anesthésie.
Je vais tenter de me réincarner en passant par l'action et continuer l'enquête mais en la faisant passer cette fois après la réalisation des premiers étages de la pyramide de Maslow.

Merci pour ton retour,
Benjamin.

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Re: Prêt pour arreter de "je-er"

Postby sulawesi » Sat May 25, 2013 11:18 pm

Bonjour benjamin,
En ce moment et depuis un certain temps j'ai l'impression de flirter avec la folie.
Ces derniers temps tes messages expriment de la peur, de la réticence, tension...
C'est "normal", je dirais, dans un contexte de besoin de contrôle, de maitrise, de méthode que je perçois chez toi (mais je peux me tromper...). Dans un fort besoin de "structuré", de repères, une déconstruction génère une sensation de malaise à la mesure du besoin ou des habitudes de repères identifiés (même si la construction se révélait être en sable).
Le malaise est l'expression de l'écart entre un besoin de contrôle, de repères mentaux et la réalité des choses.
Observe le mécanisme de la peur. Le rôle des projections, pensées tournées vers l'avenir. Essaie de ne pas céder à la panique en croyant, sans les remettre en questions, les pensées qui passent. Observe ce qui se passe, de la façon la plus neutre possible. Use du "Est-ce vrai ?"
Le fait d'étiqueter est déjà la perte de la neutralité : le mot "folie" que tu mets sur ton ressenti, l'étiquetage, est déjà une forme de jugement. Pareil pour "film sombre". Au départ il y a seulement une sensation, neutre. puis la pensée va y apposer l'étiquette "folie" ou "angoisse" ou "sombre" alors qu'il y a seulement un corps assis sur un canapé, ou marchant dans une rue, sans aucune menace pour son intégrité physique. Juste de la pensée qui mouline dans la tête, projette sur l'avenir et joue à se faire peur, fabrique des fantômes.

"La pensée est une défense contre la mort de l'égo" écrivait Jean Klein. Pas toujours, la pensée sert aussi simplement à gérer le temporel, mais c'est aussi, en parallèle avec la peur, le levier privilégié par l'égo pour maintenir son existence.
C'est comme si je n'avais presque plus assez d'égo ou plutôt un ego atrophié, mais ce n'est pas vécue comme une libération mais plutôt comme une aliénation.

Précise-moi cela stp : que mets-tu derrière "presque plus d'égo, égo atrophié" ? Décris-moi ça stp.
En quoi y a-t-il aliénation ? Exemples ??
Du coup plus rien n'est perçu comme vrai ou important Je change d'avis constamment. Ça me plonge dans une difficulté a agir et a faire des choix encore plus grande qu'auparavant.
Quelle est la part de la peur là-dedans ? Quelle est la part de projection dans l'avenir ? Ne dramatises-tu pas les conséquences de tes choix ?
Peut-être n'était-ce pas le moment de faire un choix ou agir... Peut-être t'es-tu imposé de faire un choix ou agir alors que ce n'était pas mûr... Y a-t-il quelqu'un qui fait des choix ou les choix se font-il tout seul ?
Je pense que la démarche non duelle nécessite un ancrage que je n'ai plus aujourd'hui.

Il n'y a pas de démarche non-duelle. Il s'agit juste de discriminer le vrai du faux. Rien de plus. Et dans cette enquête il est réalisé que le moi n'existe pas. S'il n'y a pas de moi, il n'y a pas d'autre.
Et a-t-on besoin d'un ancrage pour questionner son expérience et faire la part entre ce qui est vrai, observable et vérifiable et ce qui n'est que croyance, imaginaire ?
Je pense que la démarche non duelle nécessite un ancrage que je n'ai plus aujourd'hui.

Ce ne serait pas l'expression d'un recul ? La pensée te fournit des arguments ? :-)
Je pense que ma recherche partait il y a quelques années d'une fuite ou d'un fantasme.
Y'a des chances :-)
Et sur la forme j'ai confondu accueil et contrôle, observation neutre et anesthésie.
C'est à dire ?
Je vais tenter de me réincarner en passant par l'action et continuer l'enquête mais en la faisant passer cette fois après la réalisation des premiers étages de la pyramide de Maslow.
Tu avais arrêté de manger boire et dormir ?? :-)

À bientôt,
Thierry


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