Bonjour Éric :-)
J'ai la croyance que si le grand MOI égotique disparait, je ne serai plus dans la souffrance des regrets du passé et des attentes du futur. Et peut-être restera t-il un petit moi fonctionnel et non identifié.
Des croyances... :-)
Où vois-tu un grand MOI égotique ? Quel ennemi mets-tu derrière ça ?
Il devrait rester un moi fonctionnel ? Tu as besoin d'un moi fonctionnel ? (la réponse au présent, les actes devrait passer par une interface ?).
Enquête, observe : est-ce une croyance, une supposition ou la réalité.
"Souffrance des regrets du passé" ==> il y a une émotion ressentie, une tension. L'idée, la croyance que tu aurais dû, pu faire autrement génère cette tension. Tu es juste porteur d'une croyance qui s'oppose à la réalité : tu crois que tu aurais dû, pu faire autre chose.
Est-ce la réalité ? Non... la preuve : tu as fais ce que tu as fais, qui n'a rien à voir avec un "j'aurais dû..." purement imaginaire. As-tu besoin d'autres preuves...
Le Éric qui a agit ainsi à cet instant-là, avec ses conditionnements et dans ces circonstances ne pouvait faire autre chose...
Tout regret est sans substance : chaque réaction du moment est l'exacte transcription des paramètres de cet instant : le Éric-de-cet-instant en relation aux circonstances de l'instant.
(et il n'y a pas d'ennemi ici ; de moi égotique ou de mental persécuteur. Il n'y a que des symptômes, des réactions qui traduisent exactement ces croyances, ces illusions à l'œuvre dans des circonstances données)
Observe chaque fois, dans toutes les situations (je pioche dans nos échanges) comment tes croyances (plutôt inconscientes) te placent en conflit, en refus avec ce qui est (==> et donc : souffrance...) :
==> Éric-et-ses-attentes face à sa compagne-qui-a-les-siennes (ou pas...) ou compagne-qui-a-sa-vie-propre.
==> Éric-qui-croit-"je-devrais-être-un-artiste-reconnu-par-les-autres-pour-être-heureux" face à la réalité de ce qui est
(réalité qui en elle-même n'apporte aucune souffrance sinon la joie de créer, interpréter de la musique. Pas suffisant ? n'est-ce pas une joie qui se suffit à elle-même ?)
Note que la souffrance n'existe que dans ton attente, liée à ta croyance, non remise en questions, non ? Rien à voir avec la musique...
==> Éric-qui-croit-que-son-bonheur-est-lié-à-l'image-que-les-autres-ont-de-lui en souffrance dans une situation avec un supérieur hiérarchique ou une DRH.
(alors que dans cette situation il n'y a que ce qui est vrai et ce qui est faux. Juste la réalité, neutre. Ce qui ne justifie aucune souffrance.)
La situation de colère avec le collègue entre là-dedans. Détaillons (depuis les infos que j'ai...) :
je me suis vu "partir en live" façe à une agression (ressentie comme telle) de la part d'un collègue de travail.
souffrance (agressé) : C'est le réel de ton ressenti.
"Agression" : ça c'est la traduction du
Éric-de-ces-circonstances. Tu lui prêtes une intention (il manifestait peut-être lui-même une tension, colère qui n'est jamais que l'expression, si c'était le cas, que lui-même se sentait agressé par ton comportement. Ça se sont ses croyances à lui
"Éric-ne-devrait-pas-faire-ce-que-je-pense-qu'il-a-fait". J'ai noté que tu fais une différence entre ton ressenti et une intention de sa part "
(ressentie comme telle)".
Le point positif était ma réaction de positionnement façe à une accusation que je trouvais injuste.
En quoi est-ce un point positif ? croyance là-derrière sur ce que devrait être Éric ? C'est une image du Éric que tu penses être en relation à un Éric que tu voudrais être qui amène cette pensée ? (des
Éric-manque-de-confiance-en-lui,
Éric-devrait... s'affirmer, se positionner, réagir...).
Si oui, tu es dans des images de ce qu'Éric est ou devrait être. Des images qui viennent interférer, se surajouter à ce qui est.
Le point positif était ma réaction de positionnement façe à une accusation que je trouvais injuste.
Le point négatif était la colère légèrement surjouée, avec un ressenti de tristesse pendant l'observation simultanée de la colère (Ouaou, que se passe t-il en moi ? pourquoi je réagis comme çelà ? etc...)
Pourquoi est-ce un point négatif pour toi ?
Il y a un refus de ta réaction ici.
C'est un jugement qui exprime une tension, souffrance, encore en liaison avec un refus de ce qui est. Un refus du Éric qui réagit ainsi. Encore une croyance qui s'oppose au réel ici :
Éric-ne-devrait-pas-réagir-ainsi.
Pensée fausse : Éric a réagi ainsi... :-) . Ça c'est le réel. Le reste est croyance...
Accueillir cette réaction te replace dans la réalité de ce qui est, où cet Éric qui surgit a sa place. À partir de là, ça te donne la possibilité d'interroger la situation, de comprendre. Si tu envoies cette réaction au piquet et la censure, tu lui coupes la parole.
Il n'y a pas eu accueil total. Tu étais entre 2 eaux, à mi-chemin :-) il y a eu à la fois conscience de la réaction, du surjeu mais rejet de ta réaction (tristesse ressenti).
Va jusqu'au bout : c'est aussi à accueillir :-).
Tant qu'il y a le ressenti d'une émotion négative (tristesse, rancœur, colère), c'est que tu n'as tout accueilli, qu'il y a encore une croyance qui te place en conflit avec le réel et qu'il y a encore à percevoir :
Dans cette tristesse que tu ne remets pas en questions, tu peux y lire d'autres croyances à l'œuvre :
Éric-ne-devrait-pas-réagir-ainsi, Éric-devrait-réagir-calmement. Encore des croyances en conflit avec la réalité : en réalité, un Éric de passage a été animé par la réaction qu'il a eu, (on a des témoins :-D ).
Ce que tu as peut-être perçu quand tu écris :
"Tiens au passage, j'observe là une description binaire d'une situation vécue, comme si les nuances ont un peu de mal à être perçues. Du coup ya plus ni négatif ni positif, juste "une colère" :-)"
Tous ces Éric existent-ils réellement ? (celui qui se sent agressé, se met en colère, celui qui est affligé par sa réaction), ou y a-t-il seulement réactions passagères reliées à des croyances inconscientes non remises en questions ?
Observe : Personne ne dirige ces réactions ; pas de Éric aux commandes. Juste des réactions/émotions qui sont le produit de croyances mémorisées, non remises en questions.
Comme tu dis
"De toute façon je n'ai aucun contrôle sur les émotions qui apparaissent". Effectivement...
Et il n'y a pas de super moi éveillé qui aurait un contrôle sur ces réactions/émotions. Elles ne se contrôlent pas. Elles sont accueillies, perçues et comprises (ou plutôt : est perçu la fausse croyance qui est derrière).
Ces Éric-animés sont transitoires, passagers. Ils viennent et passent. La seule constante est la présence dans laquelle ils t'apparaissent, d'où tu les perçois. Ce que tu es au fond.
Il y a un Éric sur lequel tu bloques : celui qui juge ses réactions, les refuse et s'en attriste, les juge négatives. C'est celui où tu es resté identifié, bloqué, là.
Je pense que c'est lié à la complaisance que tu as vis à vis du Éric-triste, le Caliméro :-) . C'est une image de toi à laquelle tu es assez attachée et du coup tu légitimes ces émotions de tristesse. Tu les écoutes mais tu t'y complais ; tu ne les questionnes pas, tu ne vas pas chercher au-delà la croyance qui alimente ces émotions/pensées/réactions. Donc le rôle se revit mécaniquement.
Je suppose que c'est lié à ton histoire ; que ce personnage te permettait d'obtenir une certaine attention.
Note que dans les rôles joués il n'y a jamais de satisfaction, de complétude parce qu'il n'y a que l'acteur qui obtient de l'attention. Et l'acteur n'est pas toi : c'est juste un rôle, un personnage dans une mise en scène.
Là effectivement, je dois avoir une représentation mentale de ce que devrait-être l'éveil, du genre énorme libération, bliss etc...
Croyance...
On ne peut pas chercher l'éveil. Ça appartient pas au connu, à la mémoire de celui qui cherche. Il ne peut donc que concevoir une image fausse et se fourvoyer sur une fausse piste. De là l'attention va se focaliser sur des indices qui se rapproche de cette image mentale (des sensations présentes ou passées d'"extase"), au lieu de questionner là où il faudrait (qui souffre ? pourquoi souffrance, absence de paix, de liberté...). C'est une forme de fuite de ce qui est.
Il ne peut s'agir de trouver l'éveil (impossible), il s'agit de comprendre ce qui te sépare de la paix, la joie, la sérénité.
Que se passe-t-il quand tu souffres, quand la paix, la joie et la sérénité ne sont plus là ? Pourquoi ce ressenti ?
Il y a à chaque fois, dans une réaction/souffrance, une croyance fausse qui nie la réalité, en lutte contre ce qui est. Voir exemples ci-dessus. C'est là qu'un Éric-en-réaction née, prend les rênes et tu te retrouves agis, plus que présent à ce qui est. Mais c'est à percevoir en temps réel, dans l'instant où ça se produit, au présent.
À toi d'observer, voir par toi-même si c'est la réalité, sinon ça n'a pas de portée.
J'ai orienté le dialogue autour de ça depuis le début (questionner ces émotions qui passent), mais j'ai l'impression que c'est une enquête qui te gêne, que tu n'as pas vraiment envie de couper l'herbe sous les pieds de ces rôles :-). Notamment le Caliméro auquel tu as l'air de tenir ; tu l'as régulièrement joué :-)
Et pourtant cette image mentale fausse est en train d'évoluer vers quelque chose de beaucoup plus simple et ordinaire.
Après le piège est sans doute d'être encore dans une autre représentation mentale...
Peut-on s'empêcher d'avoir une idée sur quelquechose que l'on ne connait pas ?
S'empêcher de... est invalide : un contrôleur ne serait que l'expression d'une nouvelle croyance "Il-ne-faut-pas...".
C'est de l'obéissance aveugle, pas de la compréhension, un acte éclairé.
Tu t'en feras peut-être une idée parce que c'est un vieux réflexe. Après, je t'ai donné plus haut des raisons pour lesquelles toute image de l'éveil n'a aucune validité. Elles encouragent la fuite et la confusion.
Ne fuis pas dans un "bien" supposé, en croyant pouvoir y coller ; regarde plutôt où ça fait mal, quand ça fait mal et qui est supposé avoir mal. Après tout, c'est là où ça pose problème.
Oui, on m'a d'ailleurs soufflé de ne plus être en lutte ou dans le contrôle des pensées, mais davantage de danser avec elles et de "faire la planche" avec elles.
Qui pourrait contrôler les pensées sinon la pensée ? (je dois... je devrais... je ne dois pas...)
Peux-tu contrôler tes pensées ou tes émotions ? Et pourquoi les contrôler ?
Elles apparaissent, elles émergent. Tu n'as pas le choix. Écoute-les (je n'ai pas dit les suivre). Juste entendre et se demander si elles sont vraies ou fausses.
Donc pour répondre à ta question, "présence à ce qui est" me parle beaucoup !! Comme une acceptation des évênements, sans jugement ni lutte. Eric pourrait-il, doucement s'effacer, et n'être que dans l'instant ? J'essaie d'aller dans cette voie :-):-)
Personne ne peut aller dans cette voie, personne ne peut aller dans une voie donnée. Ça ne peut être un mouvement volontaire : s'efforcer de..., c'est déjà ne plus être dans l'instant. C'est l'obéissance à une pensée qui appartient au passé.
Tu as un contrôle sur tes actes ? Leur émergence dans l'instant ?
Observe...
D'ailleurs, on a un bon exemple dans l'histoire de la colère au boulot :
Il n'y a pas eu acceptation des évènements mais jugement et lutte à tous les étages : tu n'as pas accepté l'avis du collègue, tu n'as pas accepté qu'il ait un avis, tu n'as pas accepté l'image que ça te renvoyait si son avis était éventuellement juste, et à la fin tu n'as pas accepté ta réaction...
Aucun accueil.
Pourtant, le déroulement aurait pu être très plat : un collègue émet un avis. Tu l'écoutes. C'est vrai ou c'est faux. On en tire les conséquences. Très calme :-)
Il y avait plein de choses à percevoir et comprendre dans ce court instant...
Ce type était un gourou de passage et tu as loupé son enseignement. Rhaaaa.... (et après tu vas t'enfermer dans des espaces de méditation protégés. Quelle perte de temps et d'argent alors que tu as des gourous à tous les coins de rue dans ta vie : au boulot, ta copine, ta famille...! :-D )
Comme si la croyance de la nécessité d'une guérison de blessures d'enfant était nécessaire à un soulagement durable et à une acceptation entière de "ce qui est"...
L'enfant a ressenti une blessure parce qu'il avait des attentes d'enfant et qu'il pensait dépendre de ses parents, comme tout enfant. Il n'y a blessure que parce qu'il y a attente. La blessure est une attente frustrée en quelque sorte. Mais elle n'existait que dans un contexte d'enfant qui attend des autres. Comprendre ça est guérison.
En tant qu'adulte, la situation n'est pas la même. Quand tu vis une souffrance liée à une croyance archivée du petit enfant, tu n'es plus ce petit enfant qui croit dépendre de ses parents, de leur amour et de leur attention.
Les croyances qui peuvent t'apparaitre derrière une souffrance quand tu es adulte sont souvent des empreintes de l'enfance (je dois.... pour obtenir amour et appréciation). Mais quand tu es adulte, ce n'est pas pareil, les croyances de l'enfant n'ont plus court. Elles sont obsolètes.
Mais c'est à découvrir en questionnant la situation présente, les pensées et émotions qui surgissent. C'est dans l'instant présent que se réactive ces réactions d'enfants archivées (avec tes collègues de bureau par exemple :-) )
Il n'y a que le présent. S'il y a des empreintes du passé, c'est dans le présent qu'elles se jouent, dans le contexte du Éric adulte (le contexte de ta vie d'enfant était un autre contexte, qui n'a rien à voir avec le contexte actuel).
Tout ça n'est que piste d'observation et de réflexion. Ça ne demande pas d'adhésion ou de rejet. Juste observation, réflexion. Est-ce vrai dans mon expérience ? Faux ?
À bientôt
Thierry