Bonsoir Sunmoon,
Cela est très pertinent et vrai. J'ai regardé ces jours cette dynamique, effectivement il y ce "inutile" qui bloque et juge. J'ai aussi pu constater qu'il y a beaucoup de peur derrière agir depuis mon ressenti du moment.
Les évènements sont neutres. Ce sont juste des évènements et leur perception est une information neutre...
(Et les jugements que tu émets sur un évènement, toute réaction qui apparait en toi fait aussi partie de la catégorie "évènements".)
L'interprétation qu'on fait des évènements, le classement dans une catégorie (bien, positif/pas bien, négatif) n'est que le fait de croyances qui constituent un conditionnement d'arrière-plan et qui tendent à diviser le réel selon : "C'est conforme à mes attentes" ou "Ça contrarie mes attentes", avec un cortèges d'effets divers sur le corps, selon la catégorie :
Le haut : joie, j’exulte, détente, plaisir, satisfaction, soulagement, admiration...
Le bas : contraction, stress, crainte, déception, dépit, dépression, rejet, pensées négatives...
"C'est bien, positif" signifie "Ça va dans le sens de mes attentes implicites, dans l'idée que je me fais de ce que devrait être le monde"
"C'est mal, négatif" signifie "Ça ne va pas dans le sens de mes attentes, ça ne va pas avec le monde tel qu'il devrait être selon mes croyances et mes conditionnements"
Et tout être humain mu par ses croyances inconscientes, voyant/interprétant le monde selon le prisme de ses conditionnements, se débattra dans ce yoyo perpétuel de haut et de bas.
Le monde, les évènements sont ainsi interprétés en fonction de ses attentes inconscientes : acceptation/adhésion ou crainte/rejet, mais il n'y a jamais d'ouverture neutre inconditionnelle qui seule peut permettre une compréhension.
Par exemple, quand tu rejettes tes réactions et tes jugements, tu perds tout moyen de comprendre l'information précieuse dont l'évènement est porteur. Si tu acceptes et accueilles avec une ouverture compréhensive (de l'amour...), tu as la possibilité de questionner l'évènement (tes réactions et tes jugements) et d'entendre leur signification, origine.
Byron Katie a une phrase très sympa qui résume ça très bien : "Les choses n'arrivent pas à vous, elles arrivent POUR vous"
J'ai aussi pu constater qu'il y a beaucoup de peur derrière agir depuis mon ressenti du moment.
Ceci illustre
exactement ce que je suis en train d'écrire : d'être dans une position d'accueil et d'observation, au lieu de subir tes réactions, t'a ouvert à un nouveau savoir, une nouvelle compréhension : tu as compris qu'il y avait de la peur derrière (et note que ce n'est pas un processus de la pensée : tu interroges l'évènement, ton ressenti, sans mot, ni pensée, c'est juste une ouverture, et la réponse monte comme une bulle qui sort de la vase, et là tu peux mettre des mots dessus. C'est magique :-)
Le mot-clé est "ouverture", écoute. Quand tu es dans l'ouverture, tu n'es plus dans le costume du simili individu agit par des réactions qu'il essaie désespérément de contrôler. L'ouverture te place dans une position d'observation, d'accueil, extérieure au sujet conditionné et animé par des réactions. Seule cette ouverture permet une compréhension.Sinon, il n'y a que réaction, conditionnement en action.
J'ai aussi pu constater qu'il y a beaucoup de peur derrière agir depuis mon ressenti du moment.
Oui, c'est effectivement de la peur : toute tentative de contrôle, tout jugement (les jugements sont une forme de contrôle du réel, en s'efforçant de le catégoriser) découle d'une peur fondamentale : "Le monde, les choses, les gens devraient être comme-ci ou comme-ça" , et là, je me sentirais en sécurité.
Et comme le monde n'est pas construit pour obéir à nos attentes (sachant que chacun est porteur de ses propres attentes, qui sont différentes de celles du voisin :-) ), de là découle la souffrance de base qui est derrière toutes les souffrances : "Les choses devraient ou auraient dû être autrement"
Tout ça repose sur une croyance fondamentale : "Je suis un individu et je peux contrôler mon univers"
Explorons ça :
Contrôles-tu l'émission de tes pensées : As-tu un contrôle sur le robinet : peux-tu arrêter durablement de penser ? Savais-tu quelles pensées arriveraient en toi là dans les dernières minutes ? Sais-tu quelles seront les pensées qui émergeront en toi dans 5 mn ?
Mêmes questions sur l'émergence de ton ressenti, tes affect, émotions.
Mêmes questions sur l'émergence de tes réactions physiques.
(Je parle bien de l'émergence, pas d'un contrôle a posteriori, qui lui existe plus ou moins, pas toujours)
Dans la pensée que je suis une personne. Qui travaille dans tel domaine. Qui travaille dans telle lieux là-bas. Qui comme hier, va devoir aller au travail demain. Je suis cette individu dans ce corps qui a des problèmes etc...
Explorons méthodiquement ça et questionnons la validité des mots que tu mets là-dessus. Sont-il vraiment une description fidèle de cette réalité ?
Tu serais une personne qui travaille dans tel domaine et dans tel lieu :
Moi, ici, je perçois un corps qui agit, animé par des pensées (des buts, des choix...), utilisant une mémoire. Il n'y a aucun contrôle quand aux pensées qui émergent. Elles émergent,comme les ressentis, les gestes...
Ces pensées peuvent manifestement se référer à une mémoire (travail, repères géographiques, personnes, repères temporels, projets, savoirs...)
Je ne pourrais pas vraiment dire que ce corps est ce que je suis, dans le fait que ce corps est un objet de perception, plus qu'un sujet (pas vraiment de contrôle, contrôle limité. La preuve, il a aussi des "problèmes", au niveau de ce que la mémoire nomme genou, cheville. Problème, ça doit vouloir dire que ça ne fonctionne plus comme avant dit la mémoire, et je ne peux contrôler ça)
Ce corps est, comme le monde, un objet de perception, à travers des sens : la vue, l'odorat, l’ouïe, le toucher. Il est finalement sur le même plan que le monde... Un objet de perception.
Je ne peux pas considérer que c'est ce que je suis. Ce que je suis le perçoit, le contient, comme le reste du monde, les autres.
En quoi y a-t-il un individu dans ce corps ? Je ne vois pas. Il n'y a pas de contrôle. Les pensées que je peux y attacher pour fabriquer la pensée "Je suis ci ou ça" ne sont que mémoire : une sélection de caractéristiques choisies (elles m'arrangent parfois :-)), qui n'ont qu'une vérité statistique approximative. Dans les faits, il n'y a que changement perpétuel...
Et ce n'est pas ce que je suis. Ce que je suis perçoit ce corps, ses réactions, les pensées qui émergent au sein de cet espace, et le monde sur un même plan, et il n'a pas de caractéristiques définies. Il était le même quand mon corps avait 15 ans, 20 ans, 30 ans, 40 ans. Mais le corps, le contenu de la mémoire a changé, lui.
Et toi ? Quelle est ton expérience ? Prend le temps d'observer et dis-moi
Thierry