Bonjour Reda,
Cette question, c'est déjà de savoir qui je suis...
C'est justement le but de ce questionnement... :-)
Mais comme je te l'ai écrit, c'est une démarche à rebours : on ne cherche pas ce que tu es, parce que tu ne pourras jamais savoir ce que tu es...
Pourquoi ?
La vie est un flux continu, comme une rivière : tout ce que tu perçois défile constamment : les objets, les perceptions, sensations, sons, images, les pensées... Ce que tu es, tu le vis, mais tu ne peux pas le fixer dans une connaissance : c'est comme si tu prenais en photo une rivière. Ta photo sera la rivière, mais seulement à l'instant où tu l'as prise en photo. 1 millième de seconde après elle est déjà différente, les remous, les reflets sont différents... Ta photo n'est pas la rivière, et de la même façon toute pensée formulant ce que tu es sera toujours fausse...
La démarche est de questionner méthodiquement ce que tu penses être de façon à dégager ce que tu n'es pas, les fausses croyances (pléonasme). On se dépouille de ce qui se révèle faux (d'où l'idée de démarche à rebours). On passe tout à la moulinette du questionnement. Ne restera que ce que tu es si on bosse bien :-) et ça ne pourra être une pensée. C'est une connaissance vécue, informulée.
La bonne réponse serait de ne pas confondre objet de perception (corps et ses douleurs)
Oui, le corps est un objet de perception, comme les autres, les objets. C'est aussi mon expérience. C'est donc pas ce que je suis. Ce que je suis perçois le corps de la même façon, sur le même plan qu'est perçu le reste du monde.
Seule la pensée va faire des distinctions en mettant des étiquettes (maison, bras, livre, voiture...), mais dans l'expérience réelle, il y a que couleurs, sensations, sons, odeurs, pensée, ressenti...
si je demande à quelqu'un de toucher une partie particulière de ce corps, je reconnais parfaitement quelle partie c'est.
La pensée et la mémoire s'invitent pour répondre ça, pour ajouter une couche, mentale, sur l'expérience brute...
Je me suis tellement familiarisé avec ce corps
C'est de la mémoire. Une image mentale, accompagnée de pensées, représentations au sujet de ce corps, certaines issues de croyances empruntées à ton environnement culturel, humain (en partie distinct du mien, je suis en France...). Des couches empilées de mémoire qui appartiennent au passé, donc non réelles.
Dans la réalité brute il n'y a que sensations, perceptions...
Mon fils qui est nourrisson ne reconnaissait pas ses bras jusqu'à peu...
Ce qui ne l'empêchait pas d'être...
Très bon exemple. Les nourrissons sont d'excellents gourous :-) Je me souviens que je regardais fasciné mes enfants nourrissons en me disant "C'est de la vie à l'état pur, sans nos conditionnements".
Profite, ça passe vite (ce qu'une collègue de travail m'a dit quand j'ai amené mon fils de 15 jours au boulot :-) Elle avait bien raison)
Puisqu'on parle de nourrissons, approfondissons.
Ton corps est objet de perception, comme tu perçois celui de ton fils.
Tu as été un nourrisson, un enfant, un ado, un adulte : ton corps a constamment changé. Diverses émotions, sensations sont passées, t'on traversées.
Est-ce que "être" a été aussi l'objet d'un changement, une évolution ? Où bien ça a toujours été là, une constante inaltérable, témoin de ce corps qui changeait, des pensées, émotions, sensations.