Bonjour Marie Gabrielle!
Ce que tu partages, confirme bien, que tu vois avec les yeux IMPERSONNELS ... donc SANS moi !!!
C'est très clair !
Pourtant, pour moi ce n’est pas si clair, je dois me le rappeler souvent. J’ai l’impression de SAVOIR qu’il n’y a pas de moi, mais pas de VOIR ainsi… Je sais aussi que cela n’est qu’une pensée, mais elle est puissante!
Qu'est-ce que tu ressens en voyant l'absence du moi-je ?
Je ressens de l’indifférence (ce qui est mieux que de la souffrance), mais j’ai des attentes, des espoirs (ce qui m’amène aux autres questions). J’aimerais me sentir en paix.
Quelle est la différence par rapport à ce que tu vivais avant de commencer ce dialogue ?
Comme décrit dans mon message précédent:
Les frustrations et les problèmes ne sont plus pris personnellement. Les pensées sont vues comme un processus mental habituel de l’humain. Et surtout, les pensées n’ont plus le pouvoir (du moins jusqu’ici) de créer des émotions intenses, particulièrement la peur, ce qui était très présent avant. Le désir d’être spécial, différent, d’atteindre des buts et des rêves semble s’écrouler à grande vitesse, mais ça me laisse indifférente. Je me sens comme un humain qui fait ses choses d’humains comme une fourmi fait sa vie de fourmi. Il y a beaucoup moins de jugement et de drame. Ce n'est pas extraordinaire, mais ce n'est pas souffrant non plus, c'est très neutre...
Quel a été le déclic qui t'a fait basculer, qui t'a fait voir cela?
Je savais depuis plusieurs années que personne ne pouvait “aider” quelqu’un d’autre à s’éveiller puisqu’il n’y a personne. Mais j’avais quand même cette croyance que je ne pouvais pas y arriver toute seule, que mon ego et mes pensées étaient trop forts. Vendredi, il y a 2 semaines, quand je t’ai demandé, si on pouvait “passer à l’étape suivante”, et que tu m’as répondu que tout ça était encore juste des pensées, ça a été la fin tout de suite, comme je t’ai déjà raconté. J’ai su instantanément que j’étais toute seule, qu’il n’y avait personne d’autre qui existait, qu’il n’y avait seulement moi, mais évidemment, ce n’est pas un moi, puisque c’est TOUT ce qui existe, c’est quelque chose d’indescriptible. Aujourd’hui par contre, tout cela n’est qu’un souvenir.
Maintenant, les autres questions, qui sont très pertinentes, parce que c’est là que ça accroche….
a) Est-ce toi qui décides, as-tu des intentions ? Donne des exemples à partir de ton expérience.
Est-ce toi qui choisis, contrôles les évènements de la vie ? Es-tu à l'origine de ce qui arrive ?
C’est évident que ce n’est pas moi qui décide! Si c’était moi qui décidait et qui contrôlait les événements de la vie, d’abord, je serais millionnaire, ensuite j’habiterais au bord de la plage et j’aurais une super carrière épanouissante et créative et je serais heureuse tous les jours de ma vie! Et je n’aurais pas autant de pensées pessimistes et négatives… Évidemment que je ne contrôle rien!
Donc rationnellement, la réponse à la question est très claire. Mais dans mon expérience au quotidien, j’ai encore cette croyance/pensée que je devrais faire quelque chose pour améliorer ma vie, me sortir de mes problèmes. Je m’inquiète de ce qui va arriver dans le futur. Tout ça est beaucoup moins lourd, intense et dramatique qu’avant, mais je sens qu’il y a un fond qui persiste, et je redoute que cela revienne en force comme avant. Je me répète qu’on ne peut pas recommencer à croire au Père Noël une fois qu’on sait qu'il n'existe pas. Mais mes pensées sont fortes!!
Les intentions… j’ai plein d’intentions! J’aimerais créer plus, entre autres recommencer à travailler dans mon entreprise de lingerie, j’aimerais développer ma carrière de coach de vie et j’ai mille autres projets en tête. Il y a plein de choses que j’aimerais faire, des petites choses du quotidien, et des grandes choses... mais elles ne se font pas. Depuis environ 2 ans. Je ne fais presque rien de mes journées, à part être une maman, ce qui est quand même beaucoup, mais j’aimerais faire plus. Je me sens impuissante à changer quoi que ce soit à mon attitude, je vois bien que je ne contrôle rien! Quelque chose bloque, quelque chose refuse. J’ai l’impression qu’il y a encore plein de trucs refoulés à libérer du subconscient. J’ai envie de vivre, j’ai envie de créer, mais je ne peux rien faire pour que ça arrive. Je me rends à l’évidence que je n’ai aucun pouvoir là-dessus non plus, et ça me rend frustrée.
b) Es tu responsable de quelque chose ?
Ça aussi, ça me travaille!! Je sais aussi intellectuellement que non, ce que je fais est le résultat de tous mes conditionnements passés qui viennent de ma famille, de la société dans laquelle je vis, dans mes traumatismes d’enfance, de mon histoire etc etc…
J’ai l’impression d’être un paquet de programmations qui agissent automatiquement comme un ordinateur, et c’est bien le cas, en fait.
Sauf qu’il y a encore le sentiment de responsabilité. Et il est puissant aussi. La différence, c’est que la honte et la culpabilité sont presque absents, mais je dis “presque”. Il y a des pensées culpabilisantes, et elles ont du pouvoir.
J’ai l’impression de devoir faire quelque chose, mais de ne pas pouvoir! Ça me rend frustrée.
J’ai l’impression qu’il n’y a pas effectivement pas de moi, juste des programmes, des pensées et des émotions. Je trouve cela “plate”, je suis déçue. J'aimerais me sentir plus vivante.
Merci pour ta présence, Marie Gabrielle!!