"je" vient ici rendre les armes!

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zinzin
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Re: "je" vient ici rendre les armes!

Postby zinzin » Sat May 12, 2012 10:42 pm

Re,

J'ai un peu triché et j'ai été écouté ce qui se racontait chez la fourmi ma voisine (jean Etienne en l'occurrence, ton autre poulain!)...

J'ai relevé quelque chose qui était intéréssant et qui est en rapport avec ce que tu as écrit ici. Comme c'est toi l'auteur, je le retranscris. Sinon je ne me le serais pas permis.
Puis imagine que tu aies ces pensées, mais que tu n’y crois pas.
Qui est en résonnance avec ceci:
En Réalité. Ce n'est qu'une pensée, et elle est erronée...
...Pas besoin de croire aux pensées. Ce ne sont que des pensées !

En fait, la plupart du temps, les pensées mentent.
Comme un compagnon tant aimé, dont on découvre l'infidélité, voire la double vie. Dont les fabulations avaient pour but de pimenter son existence fallacieuse... Toute sa crédibilité s'effondre et chacun de ses propos devient sujet à caution. cet amour fusionnel se mue en un constat lucide.

Waow!...Les pensées vues comme ça, ca libère un espace qui me donne une de ces idées de... l'infini.
Je vais "regarder" ca d'un peu plus près.

A dans une semaine!
Zinzin-vers-l'infini-et-au-delà!

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Re: "je" vient ici rendre les armes!

Postby GG1 » Sat May 12, 2012 10:46 pm

YESSS !!!
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Re: "je" vient ici rendre les armes!

Postby zinzin » Thu May 17, 2012 1:05 am

Hello Gérard!

La semaine n'est pas passée mais je viens ici donner quelques news: elles sont bonnes dans l'ensemble!
Cela avance par micro-progrès.

Après avoir VU comme les pensées sont fallacieuces, il est déja beaucoup plus facile de percevoir leur fonctionnement. Déja, on se laisse beaucoup moins facilement embarquer dans le processus et très certainement moins longtemps. C'est relativement simple pour toutes les pensées "jugeantes" mais carrémént impossible pour les pensées "organisationnelles" (genre aller de bruxelles à londres en avion avec deux gamins distraits et rigolards). Dans ce cas de figure, on suit tout ce qui passe et pas moyen de prendre de la distance. A résoudre.

Comme on a identifié la nature chimérique des pensées, du coup on a libéré de l'espace pour s'installer dans l'"être".
C'est un peu comme un petit saut en retrait et d'un quart de tour, pas plus. Le piège, c'est d'essayer de retrouver la sensation des petites "option"s qui accompagnent l'état d'être pour être dans "l'être": ca ne marche pas! Parce que l'on est de nouveau dans le processus de la pensée "avidité/dégout".
Mais bon, quand les bons paramètres sont réunis et que l'on s'y trouve, le flux des pensées se ralentit de presque 60%, et il devient possible d' observer leur cheminement.
Exemple (réel): Je vois au loin un type bouclé, environ 1m70. Je pense: "tiens, c'est Patrick Machin, je ne savais pas qu'il venait ici". puis:" Ce branquignol, ca fait 3 mois qu'il a mon cd, je me demande ce qu'il attend pour me le rendre, je parie qu'il l'a perdu, etc...".
Le type ce rapproche et ce n'est du tout le patrick, il est plus grand qu'1m70 et il n'est pas bouclé, c'est un bonnet bizarroïde.
Donc, je fais une constatation ( un type marche), puis une intérprètation (bouclé, patrick,...) et ensuite une projection (mon cd, qui est surement perdu, ou alors il veut le garder etc...).
Quand je me suis aperçu que la personne était juste quelqu'un que je ne connaissais même pas, le petit engrenage m'a sauté aux yeux, Ca m'a scotché!
Là, c'est une application très simple du processus, mais dans le cas du rythme soutenu des créations de pensées, c'est tellement rapide que c'est quasi impossible à voir.

Sinon, "habiter" dans l'être donne beaucoup de légèreté aux choses, tout est si simple. mais on s'y attache et cela devient des options!
Persevérer avec vigilance.

Puis, je me suis mis à essayer de voir le moi.
Essayer de "voir" le moi m'est compliqué ou difficile. Donc, je met des filtres: Faut que je visualise et que je trouve une comparaison.
"Les pensées courent dans tout les sens comme quoi? Disons comme des fantassins: "A gauche, à droite, attaquez, en tortue, repliez-vous,...".
De qui viennent les ordres? du Roi.
Où se trouve le Roi? Dans un gigantesque fort, une citadelle imprenable que défendent depuis des années tous ces soldats armés qui s'agitent au bas des fortifications.
On visite cette citadelle...? Comment est-elle? Des murs épais, de grandes pièces, toutes... vides. On entend pourtant les ordres qui fusent amplifié par l'acoustique de cet espace immense et vide.
D'où vient cette voix, à qui est-elle? On cherche...? En suivant le son, on arrive dans une salle plus grande que les autres, cela ressemble à une salle du trône mais il n'y a personne. Enfin si, il y a tout au fond une sorte de perchoir sur le quel se trouve un oiseau.
Un oiseau! quel oiseau? Un perroquet! Un simple perroquet! Sans doute oublié par les anciens châtelains et qui depuis tout ce temps, seul, ânonne et repète à l'infini les 100 phrases et mots qu'on lui a appris il y a si longtemps!
Le Roi n'est qu'un simple oiseau parlant! Excellent parleur, mais juste un oiseau! Durant toutes ces années les fantassins ont suivis les phrases aléatoires d'un perroquet!

Que fait-on à présent? Libérons le perroquet!
Que se passe-t-il maintenant? Il n'y a plus d'ordres. Les fantassins sont surpris par le silence, décontenancés. Ils ne savent où aller, certains abandonnent leur lance. Puis ils s'éparpillent et finissent par disparaître à l'horizon. Puis, c'est le chateau qui se désintègre comme s'il était en sable. Et enfin, le décor lui-même..."

Là, j'ai dû arrêter. Si je continuais, j'avais le sentiment que je me dissolverais également dans ce grand vide...
Comme disais ce professeur en palliatifs: 2 choses ne peuvent pas se regarder en face longtemps: le soleil et la mort. Là, j'ai vraiment compris la portée de cette phrase.

Et aussi que je n'aurai pas besoin de lacher ma falaise, c'est elle qui va se dissoudre.

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Re: "je" vient ici rendre les armes!

Postby GG1 » Thu May 17, 2012 8:28 am

Bonjour Joëlle,

Et tu appelles ça des micro-progrès ?

Tu es à la porte, Joëlle, « The Gate ».

Bravo pour tous ces regards fructueux.

Les pensées n’ont pas à disparaître. Certaines, celles liées aux histoires auxquelles on croit au moins un temps (comme l’histoire : Patrick, cd, etc.) vont s’arrêter plus ou moins vite. Elles seront aussi vue bien plus rapidement pour ce qu’elles sont : des histoires. Mais ne va pas non plus penser : « il ne faut plus croire à aucune histoire ». C’est une pensée, une histoire ;-)
Les pensées organisationnelles, pratiques, vont demeurer. Les pensées sont comme les sensations : utiles pour la vie quotidienne. Il vaut mieux continuer à sentir l’envie d’aller aux toilettes… et ne pas se poser de questions à ce sujet. Il vaut mieux penser à réserver son billet d’avion… et ne pas se poser de questions à ce sujet.

Ramesh Balsekar, un sage indien disciple de Nisagardatta Maharaj, avait l’habitude de répéter : Everything is a happening, on which we have no control.
Ce qui arrive ne fait qu’arriver et nous n’avons aucun contrôle dessus.

Le voir, quel cadeau ! Quelle libération !

Autrement dit, ne fais pas du Regard une technique adoptée par le moi pour…
ET continue à regarder, y compris cette tendance si elle surgit ;-)

Tu le notes bien, voir les pensées et les histoires pour ce qu’elles sont nous fait prendre de la distance, un recul. L’identification aux pensées, aux histoires s’arrête. La souffrance aussi. C’est LE signe. S’il y a souffrance, gène malaise… il y a histoire, refus, croyance... Sinon, c’est juste la vie qui se déroule.
Il n’y a pas à prendre de la distance par rapport à quoi que ce soit (désirer prendre de la distance est une pensée). Le Regard fait qu’une distance est prise, ou non. Souvent aussi, la distance est prise d’une manière qu’on n’imagine pas, et cette distance prise n’est pas toujours vue : on confond le point de vue d’un « moi » en recul » avec l’absence de tout « moi ».
Totalement libre ET complètement présent, engagé.
Tu te promènes en forêt, les teintes lumineuses des feuilles sont perçues. Cela te remplit les yeux et le cœur. Pas de distance. Totale liberté ET totale présence, total engagement. Rien à y redire !

Autrement dit, il convient de laisser de côté et/ou de voir l’aspect fallacieux de toutes tes attentes et tout ce que tu as lu, entendu, compris à propos de l’éveil, des pensées, etc.
Continue à regarder, avec innocence, libre de toute idée préconçue. Et si de telles idées apparaissent, regarde-les !

Tu écris :
Comme on a identifié la nature chimérique des pensées, du coup on a libéré de l'espace pour s'installer dans l'"être".
Une pensée est vue pour ce qu’elle est. Elle n’est pas crue. Est-ce toi ensuite qui t’installe dans l’être ou cela se fait-il « de soi-même » ?

Je ne suis pas sûr de comprendre ce que tu dis ici :
Sinon, "habiter" dans l'être donne beaucoup de légèreté aux choses, tout est si simple. Mais on s'y attache et cela devient des options !
Peux-tu détailler « cela devient des options » ?

Tu vois très bien l’absence de « moi ». Un perroquet qui radote, ou plus simplement : rien. Il y a croyance en un « moi », mais si le regard se pose sur cette croyance, il est vu qu’il n’y en a pas : le faux roi perroquet, la citadelle et tout le reste se désintègrent comme le monde du rêve au réveil. Oui, ta falaise va se désintégrer : en vérité, elle n’a jamais réellement existé. Mais tant que tu la crois réelle, tout se passe comme si elle existait réellement.
As-tu peur le matin de te réveiller et de sortir de tes rêves plus ou moins sympathiques ?
(En réalité, la question ne se pose même pas ! Tu te réveilles, naturellement.)
Ce qu’on appelle « l’éveil » est un processus aussi naturel que le réveil. C’est seulement la fin d’une croyance en un « moi » séparé.
Le monde du rêve n’a jamais réellement existé. Le monde du « moi » non plus.
Qu’est-ce alors qui entrave l’éveil naturel ?

La peur de la mort est sans aucun doute l’une des raisons fondamentales et probablement la plus « violente ». Puisque c’est celle que tu vois aujourd’hui, regarde-là.

La mort peut se regarder en face longtemps.
Il suffit de regarder la peur qui lui est associée, les pensées qui créent cette peur de toutes pièces (aide-toi de ce que j’ai écris le 11 mai).
Les soins « palliatifs » deviennent alors guérison. Nous sommes guéris de l’idée d’être un corps. Le corps peut être douloureux, « mourir », disparaître… l’être demeure.
La mort n’a jamais réellement existé.
Mais le voir !
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Re: "je" vient ici rendre les armes!

Postby zinzin » Sat May 19, 2012 12:04 am

Bonsoir Gérard,

Autrement dit, ne fais pas du Regard une technique adoptée par le moi pour…
ET continue à regarder, y compris cette tendance si elle surgit ;-)
Oui, je m'aperçois que j'aurais tendance a en faire une technique. Cela m'amène a me demander s'il est possible que le "je" arrive à "mimer" le regard? Si c'est le cas, on doit alors pouvoir le déjouer en se demandant quel est l' intérêt caché derrière ce regard là.

Continue à regarder, avec innocence, libre de toute idée préconçue. Et si de telles idées apparaissent, regarde-les!
Ok. je suis attentive à ça.


Est-ce toi ensuite qui t’installe dans l’être ou cela se fait-il « de soi-même »?
Juste mal exprimé. Non, je ne m'installe pas. A un moment, c'est: "Tiens, C'est là..." ou "Cela s'est élevé".

Je ne suis pas sûr de comprendre ce que tu dis ici :
Sinon, "habiter" dans l'être donne beaucoup de légèreté aux choses, tout est si simple. Mais on s'y attache et cela devient des options !
Peux-tu détailler « cela devient des options »?
Oui. Lorsqu'on est dans l'être, on se sent au centre du cyclone dans un calme imperturbable. Et il y a toute cette agitation autour qui ne trouble pas le moins du monde cet état.
Un exemple (hé oui! encore un!): Suite à l'anamnèse d'un patient, je réveille un chirurgien. Quand il arrive, le patient lui raconte une histoire différente qui révèle que son cas est davantage médical. Pétage de plomb du chirurgien qui râle d'avoir été réveillé. Hé bien, cela ne m'a pas ébranlé une seconde. Calme reconfrontation du patient avec ses réponses a mes questions et réorientation. Avant, j'aurais explosé, puis furieuse et vexée j'aurais raconté mon histoire à mes collègues qui auraient énuméré toutes les histoires similaires.
Donc, "J"ai aussi vite repéré cette "option" bien pratique pour ma personne: grâce à l'être les personnalités fortes ne M'atteignent plus. Mais Quelle Arme extraordinaire!


Le monde du rêve n’a jamais réellement existé. Le monde du « moi » non plus.
Voila, rien que de lire cette phrase, ca me reprend! Mais cette fois ci, je reste un peu plus longtemps pour regarder:
Si je laisse entrer cette réalité que le moi n'existe pas, j'ai la sensation que je vais complètement me fragmenter en milliards d'atomes et que mon esprit ne sera que néant: une anencéphale avec juste un neurone qui me fait respirer! Comment vais-je ordonnerr cette existence sans virer sdf ou me retrouver avec les huissiers à la porte? Je suis déja si désorganisée... J'ai une sensation de vertige comme si me trouvais sur un de ces pont de verre que l'on construit parfois au-dessus des ravins du grand Canyon.

Je perçois à présent différement cette "absence de moi": je me sens dans une cabane assez petite, pas trop solide et cette nouvelle réalité tourne autour de cette maison vacillante attendant que je lui ouvre.
C'est dingue, c'est exactement ce qu'on apprend aux enfants a travers les contes: "le loup est derrière la porte, surtout ne lui ouvre pas! il te mangerais!" Oui, je vais bel et bien me faire manger par cette réalité.


Qu’est-ce alors qui entrave l’éveil naturel?
Oui, qu'est ce qui m'empêche d'ouvrir cette porte? sais pas...
C'est quand même plus facile de croire que la terre est ronde quand on est au courant de la loi de la gravitation universelle!


J'ai fait le rêve suivant cette nuit.
Je suis debout a coté de mon lit et il fait nuit noire. Je me dis que puisque je suis réveillée et comme il est trop tot pour faire quoi que ce soit, je vais aller voir la Porte. Je me trouve devant une sorte de rideau d'eau, moiré et un peu lumineux. Je touche avec un doigt pour voir: rien, puis j'avance la main dedans et la retire vite: rien de spécial. Un bras, je le laisse: ok, il n'arrive rien.
Allez! courage, a la 1, à la 2, à la 3, je passe! Je me trouve dans un endroit absolument blanc, laiteux, avec rien, mais rien à perte de vue! je suis un peu décue et pas très rassurée. Mais bon, je ne suis pas morte ni défractée.
Puis, je me mets à voler. Je vois la campagne et Je suis assez contente parce que je constate que contrairement aux autres rêves, cette fois je n'ai plus cette sensation de chute imminente et de crash. Je me sens bien dans mon vol, en accord avec le ciel.

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Re: "je" vient ici rendre les armes!

Postby zinzin » Sat May 19, 2012 12:14 am

Je vais me centrer surtout sur "Etre" et regarder avec un esprit vide.
Il faut s'habituer...

Même si ca s'arrêtait là parce que c'est comme ça... hé bien, c'est déja magnifique.

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Re: "je" vient ici rendre les armes!

Postby zinzin » Sat May 19, 2012 12:32 am

Je repense à tous ces contes avec des loups derrière les portes.
Et cela m'amène à me souvenir d'une chanson d'Angelo Branduardi: "le don du cerf". Où c'est le cerf LUI-MEME qui arrivé en fin de vie va trouver le trappeur pour lui faire don de sa peau, de ses bois,...

Quelle perspective...
Faut juste que j'arrête de lutter.
Ca se fissure.

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Re: "je" vient ici rendre les armes!

Postby GG1 » Sat May 19, 2012 8:03 am

Bravo Joëlle !
Que dire d’autre ?

Le centre du cyclone est une très belle image. A cet instant précis, face à ce chirurgien, l’histoire « moi » et ses propres histoires a disparu. Et comme tu peux le constater, la tranquillité demeure et tu ne t’émiettes pas ;-)

La porte a toujours été grande ouverte. Comme le voile d’eau de ton rêve. En réalité, il n’y a rien à traverser. Tu es comme l’oiseau poussé hors du nid : il peut avoir très peur et tomber, tomber… jusqu’à ce que la Vie lui fasse écarter ses ailes. C’est naturel.

La fragmentation dont tu parles peu rejoindre une autre métaphore : les crustacés tiennent « ensemble » grâce à leur carapace qui les protège du monde extérieur. Les vertébrés sont bien plus sensibles à l’agression extérieure mais ils y gagnent en souplesse. Tu perds ta « carapace » alias l’idée d’un moi, au profit d’une colonne vertébrale alias l’Être, manifeste par la tranquillité de fond que tu ressens. En réalité, tu as toujours été un vertébré ! Qui s’est pris à tort pour un crustacé ;-)

Et s’il n’y avait pas d’entrave à ce qu’on appelle l’éveil ? Qu’est-ce qui pourrait bien nous empêcher de réaliser que nous avons toujours été des vertébrés ? L’habitude de penser autrement, le conditionnement, le plaisir de jouer au crustacé plutôt qu’à la poupée ou aux petites voitures… Quoi d’autre ?

Oui Joëlle, tu peux faire le don de l’idée d’un moi, cette vieille peau avec ses vieux bois faisant office de défenses automatiques, automatiques et souvent inappropriées. Tu n’y perdras pas grand chose ;-)

Bon regard ;-)
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Re: "je" vient ici rendre les armes!

Postby zinzin » Sat May 19, 2012 9:16 pm

Hello Gérard,

Tu perds ta « carapace » alias l’idée d’un moi, au profit d’une colonne vertébrale alias l’Être, manifeste par la tranquillité de fond que tu ressens.
Bonne comparaison, ca m'aide bien.


Que dire d’autre ?
Rien. Incroyablement triste. Mais je regarde quand même.

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Re: "je" vient ici rendre les armes!

Postby GG1 » Sun May 20, 2012 7:52 am

Regarde : quelle pensée est à la base de la tristesse ?
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Re: "je" vient ici rendre les armes!

Postby zinzin » Fri May 25, 2012 1:47 pm

Bonjour,
Seulement 6 jours se sont passé mais ils furent bien long. Vais essayer de mettre tout ça en mots sans trop s’étaler.

quelle pensée est à la base de la tristesse ?
C’était au delà de la pensée. Au moment où je tapais le mot « fissure », cela a vraiment commencé : un chagrin incommensurable qui montait : le sentiment d’une perte irrémédiable, une véritable rupture, un amour qui prend fin, une abdication. Les larmes coulent sans raison durant 2 jours.

Que faire… ? Autant que possible voir la tristesse, écouter toutes ses doléances, ne pas commenter, accepter. Puis voir la tristesse, écouter, ne pas commenter,… Inépuisable, sans fin, l’impression de sombrer.

Alors, à l’apogée de cette peine s’est ouvert un « espace » ou plutôt une perception où il n’y avait plus… rien. Mais « rien » est déjà quelque chose. C’est plutôt une perception de « pas de ». Pas d’image, pas de son, pas de perception, pas de colère mais pas de joie, pas d’agitation mais pas de détente, pas de.., pas de.., l’inventaire est infini. Et finalement, la certitude de l’absence absolue d’espoir. La perception que tout est déjà « mort » et vain avant de commencer.

Le constat est accablant. Accablant…

On se tirerait bien une balle juste pour rigoler, tant tout est déjà fini avant et après.

Insoutenable.Pas pu rester plus longtemps.

Comme j’aurais voulu revenir à mon autre façon de penser, ne pas savoir. Comme j’ai regretté de ne pas avoir écouté les « avertissements » qui me hurlaient de reprendre les choses en main. Outre qu’il est bavard, envahissant, habile et avide, le moi est AUSSI un formidable garde du corps contre cette perception. Mais trop tard, vu c’est vu. Et l’impression que le « disque dur » a été instantanément reformaté au même moment ou au moins qu’un cheval de Troie a été introduit dans la place. Les jours qui ont suivi n’ont pas été fameux : l’état d’esprit, c’était : A quoi bon…, Cause toujours, Rien à f… Au mieux, indifférente, au pire cynique. Des lentilles grises collées sur les rétines, un monde en noir et blanc. Ma forêt vert émeraude qui m’emplissait les mirettes : « déjà mort, ca n’existe même pas… ». 2 jours dans cette ambiance festive.

Puis un matin, de façon très inattendue, on me dit : « je vous reconnais, vous êtes toujours souriante… ». L’impression de revivre, de se retrouver. Le peps et l’humour sont de retour!

L’expérience s’efface. Ce que je raconte n’est pas l’expérience mais l’impression imparfaite qu’il en reste. Dans quelques jours, ce souvenir aura l’air d’un rêve qui lui-même s’estompera et je l’aurai totalement oublié dans 3 semaines.

Que reste-t-il ? Pas grand-chose… Une certaine douceur s’est installée, de la nostalgie aussi. Certainement l’idée d’avoir négligé quelque part les paliers de décompression. L’impression de devoir « retourner directement en prison sans toucher les 10.000 euros ! ».
Tout reprendre à zéro.

Regarder.

Quelle zinzin...? on s'en fout.

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Re: "je" vient ici rendre les armes!

Postby zinzin » Fri May 25, 2012 2:04 pm

Et une suggestion pour le fronton du site!

The GATE: "Faites bien attention a ce que vous venez chercher, il se peut bien que vous le trouviez!"

Ou ceci:
The GATE: 1 Porte, 1000 chausse-trapes!

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Re: "je" vient ici rendre les armes!

Postby GG1 » Fri May 25, 2012 2:42 pm

Bonjour Joëlle,

Beau travail !

Oui je reconnais bien la "fissure"...
Qu'est-ce qui est fissuré en toi, qu'est-ce qui a abdiqué, qu'est-ce qui est perdu, quel amour ?

Et que sont devenus la tristesse, le désespoir, l'accablement aujurd'hui ? Sont-ils toujours là en fond ? Ou bien sont-ils épuisés ?
Nostalgique de quoi ?

Quoi qu'il en paraisse, le "à quoi bon" est le bienvenu ;-) C'est l'un des derniers remparts du "moi".
Je te propose de laisser murir et de regarder encore et encore : qu'est-ce qui se cache derrière ?

Oui, en fin de compte, on s'en fout de tout cela. ET c'est une bonne nouvelle. Encore un effort, tu y es presque ;-)

Une question qui peut peut-être t'aider : Cela qui constate tout ce que tu viens de vivre. Peux-tu être avec ? Est-il affecté ?

Je t'accompagne par le coeur
Gérard
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Re: "je" vient ici rendre les armes!

Postby zinzin » Sat May 26, 2012 1:12 am

Qu'est-ce qui est fissuré en toi, qu'est-ce qui a abdiqué, qu'est-ce qui est perdu, quel amour ?
Un cocon, une armure-amie qui a fait son temps le temps nécéssaire mais qui doit faire place a autre chose a présent. Les choses ne sont pas encore entièrement claires ni au niveau du perçu , ni au niveau conceptuel en ce qui concerne le moi, d'où tiraillements et sentiments de traîtrise. Mais place est faite pour réaborder les questions sans avoir à se sentir menacé.

Et que sont devenus la tristesse, le désespoir, l'accablement aujourd'hui ? Sont-ils toujours là en fond ? Ou bien sont-ils épuisés?
Evaporés. Ce qui est étrange, c'est que c'est sur cette simple phrase qu'a prononcé cette personne. Mais je ne sais pas si c'est un greffon du moi qui a repris vie ou si cela a ouvert une autre porte. Ce n'est peut-être pas intéressant de le savoir...


Nostalgique de quoi ?
D'une forme d'ignorance bien confortable.

Quoi qu'il en paraisse, le "à quoi bon" est le bienvenu ;-) C'est l'un des derniers remparts du "moi".
Ah bon? C'était un "a quoi bon" très cynique et je m'en foutiste. Plus rien n'a(vait) de sens. Un "a quoi bon" de dépressif.(Je m'apprêtais quand même a envoyer un MP pour qu'on supprime tout ce fil de discussion)
Je te propose de laisser murir et de regarder encore et encore : qu'est-ce qui se cache derrière ?
Une forme d'abandon de contrôle? Mais je répète que c'était très noir.


Une question qui peut peut-être t'aider : Cela qui constate tout ce que tu viens de vivre. Peux-tu être avec ? Est-il affecté ?
Non, il n'est pas affecté. Ce sont des scènes de ménage entre moi et moi. Il n'est pas impliqué.
Mais j'ai effectivement plus de mal à être. Cette perception juste ou illusoire m'a un peu échaudée. Mais je ne laisse pas tomber


Je t'accompagne par le coeur
C'est gentil ca!

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Re: "je" vient ici rendre les armes!

Postby GG1 » Sat May 26, 2012 8:24 am

Bonjour Joëlle,

Je suis moi aussi passé par une phase de « A quoi bon », je m’en foutiste et dépressif. C’est NORMAL. On retire son sens à « moi », à la vie.
Mais la vie n’a jamais eu de sens, et n’a jamais eu besoin d’en avoir un ! Et, contrairement aux apparences, c’est une sacrément bonne nouvelle ! Seul l’être humain lui en donne un, et encore, pas tous : regarde un jeune enfant jouer… Il joue. Sans se soucier de quoi que ce soit. Pas même du sens de son jeu. La recherche de sens apparaît plus tard. Donner du sens à la vie, c’est « jouer en grand ». Et développer des moyens de mettre un terme à la souffrance par des stratégies du moi. Mais ça ne marche pas !

Le « moi » fait toute une histoire de cette perte de sens : la vie n’a plus de sens, à quoi bon, que vais-je faire de ma vie, elle n’a plus de goût, plus de but, je n’en sortirais jamais, etc.
Ce ne sont que des pensées !
Des pensées auxquelles on donne de l’importance, auxquelles on croit.
En réalité, la perte de sens est une libération ! Par exemple, plus besoin de lutter pour quoi que ce soit. Le « moi » croit à la pensée : alors je souffrirais toujours ».

Si tu le veux bien, constate que si tu n’accordais aucune importance à ces pensées, tu n’en serais pas affecté : le je m’en foutisme cynique dépressif disparaît avec l’attachement à ces pensées, avec la CROYANCE en elles.
Mais par habitude, et pour quelques autres raisons, « ça » « colle » aux pensées.

Alors j’aimerais maintenant qu’on revienne à la question :
Quelle est la source des pensées, d’où proviennent-elles ? Quelle est la source de : « A quoi bon », « la vie n’a pas de sens » ? Y a-t-il un « moi » qui les pense ? Y a-t-il quelqu’un ou quelque chose qui les pense ? Ou bien surgissent-elles ? Et si oui, à partir d’où ? Est-ce que ce pourrait être « ex nihilo » ? Regarde, veux-tu ?
Dis-moi seulement ce qui est visible pour toi, sans chercher à donner la bonne réponse, veux-tu ?

Bien sûr que nous t’accompagnons tous par le cœur ;-)
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