Bonjour Joëlle,
Et tu appelles ça des micro-progrès ?
Tu es à la porte, Joëlle, « The Gate ».
Bravo pour tous ces regards fructueux.
Les pensées n’ont pas à disparaître. Certaines, celles liées aux histoires auxquelles on croit au moins un temps (comme l’histoire : Patrick, cd, etc.) vont s’arrêter plus ou moins vite. Elles seront aussi vue bien plus rapidement pour ce qu’elles sont : des histoires. Mais ne va pas non plus penser : « il ne faut plus croire à aucune histoire ». C’est une pensée, une histoire ;-)
Les pensées organisationnelles, pratiques, vont demeurer. Les pensées sont comme les sensations : utiles pour la vie quotidienne. Il vaut mieux continuer à sentir l’envie d’aller aux toilettes… et ne pas se poser de questions à ce sujet. Il vaut mieux penser à réserver son billet d’avion… et ne pas se poser de questions à ce sujet.
Ramesh Balsekar, un sage indien disciple de Nisagardatta Maharaj, avait l’habitude de répéter : Everything is a happening, on which we have no control.
Ce qui arrive ne fait qu’arriver et nous n’avons aucun contrôle dessus.
Le voir, quel cadeau ! Quelle libération !
Autrement dit, ne fais pas du Regard une technique adoptée par le moi pour…
ET continue à regarder, y compris cette tendance si elle surgit ;-)
Tu le notes bien, voir les pensées et les histoires pour ce qu’elles sont nous fait prendre de la distance, un recul. L’identification aux pensées, aux histoires s’arrête. La souffrance aussi. C’est LE signe. S’il y a souffrance, gène malaise… il y a histoire, refus, croyance... Sinon, c’est juste la vie qui se déroule.
Il n’y a pas à prendre de la distance par rapport à quoi que ce soit (désirer prendre de la distance est une pensée). Le Regard fait qu’une distance est prise, ou non. Souvent aussi, la distance est prise d’une manière qu’on n’imagine pas, et cette distance prise n’est pas toujours vue : on confond le point de vue d’un « moi » en recul » avec l’absence de tout « moi ».
Totalement libre ET complètement présent, engagé.
Tu te promènes en forêt, les teintes lumineuses des feuilles sont perçues. Cela te remplit les yeux et le cœur. Pas de distance. Totale liberté ET totale présence, total engagement. Rien à y redire !
Autrement dit, il convient de laisser de côté et/ou de voir l’aspect fallacieux de toutes tes attentes et tout ce que tu as lu, entendu, compris à propos de l’éveil, des pensées, etc.
Continue à regarder, avec innocence, libre de toute idée préconçue. Et si de telles idées apparaissent, regarde-les !
Tu écris :
Comme on a identifié la nature chimérique des pensées, du coup on a libéré de l'espace pour s'installer dans l'"être".
Une pensée est vue pour ce qu’elle est. Elle n’est pas crue. Est-ce toi ensuite qui t’installe dans l’être ou cela se fait-il « de soi-même » ?
Je ne suis pas sûr de comprendre ce que tu dis ici :
Sinon, "habiter" dans l'être donne beaucoup de légèreté aux choses, tout est si simple. Mais on s'y attache et cela devient des options !
Peux-tu détailler « cela devient des options » ?
Tu vois très bien l’absence de « moi ». Un perroquet qui radote, ou plus simplement : rien. Il y a croyance en un « moi », mais si le regard se pose sur cette croyance, il est vu qu’il n’y en a pas : le faux roi perroquet, la citadelle et tout le reste se désintègrent comme le monde du rêve au réveil. Oui, ta falaise va se désintégrer : en vérité, elle n’a jamais réellement existé. Mais tant que tu la crois réelle, tout se passe comme si elle existait réellement.
As-tu peur le matin de te réveiller et de sortir de tes rêves plus ou moins sympathiques ?
(En réalité, la question ne se pose même pas ! Tu te réveilles, naturellement.)
Ce qu’on appelle « l’éveil » est un processus aussi naturel que le réveil. C’est seulement la fin d’une croyance en un « moi » séparé.
Le monde du rêve n’a jamais réellement existé. Le monde du « moi » non plus.
Qu’est-ce alors qui entrave l’éveil naturel ?
La peur de la mort est sans aucun doute l’une des raisons fondamentales et probablement la plus « violente ». Puisque c’est celle que tu vois aujourd’hui, regarde-là.
La mort peut se regarder en face longtemps.
Il suffit de regarder la peur qui lui est associée, les pensées qui créent cette peur de toutes pièces (aide-toi de ce que j’ai écris le 11 mai).
Les soins « palliatifs » deviennent alors guérison. Nous sommes guéris de l’idée d’être un corps. Le corps peut être douloureux, « mourir », disparaître… l’être demeure.
La mort n’a jamais réellement existé.
Mais le voir !