Bonjour Céline,
Elle semble provenir de l'effort mis pour garder l'attention dans cette vision (comme si "Céline doit rester concentrée, du coup Céline est là et attend de voir quelque chose")
Marrant, non, une 'Céline qui doit rester concentrée pour voir si elle existe'? C’est comme un serpent qui se mord la queue (pour rester dans l’analogie reptilienne).
Si on ignore un moment cette pensée drôle, que reste-t-il?
Dans la vision directe, l'impression qu'il y a une Céline se manifeste par une sorte de tension.
Peux-tu faire un zoom sur cette tension?
Observe où elle se produit, tente de la localiser, comme si tu venais de naître et que tu n’avais aucune idée de sa signification. Reste ‘avec’ la tension un moment, accueille-la.
Est-ce que cette tension peut « être », sans plus, sans aucune interprétation du genre « Elle semble provenir de l'effort mis pour garder l'attention dans cette vision ». Sans ce commentaire mental, que devient cette tension? Est-elle positive ou négative?
En revanche j'ai remarqué que dans des moments où je suis plongée dans ce qui est là, de façon, disons, non volontaire (sans me dire "allez observe"), par exemple une tâche de travail dans laquelle je suis absorbée, cette impression de moi n'est plus là. Mais alors je n'en prends conscience qu'après.
Je souligne ‘après’. Et si c’était toujours le cas, c’est-à-dire que la présence, l’impression ou même l’absence de Céline ne viennent qu’après, comme un commentaire rétroactif, un commentaire de pensées-souvenirs?
Dans l’instant où une tâche retient toute l’attention, où est Céline?
Si tu regardes, maintenant, dans l'immédiat et sans aucun effort, où est Céline?
Quand le corps s'endort, où va Céline?
J'en suis à la fois la source et la destinataire, ou plutôt ni la source ni la destinataire puisque je vois la pensée, mais pas de Céline qui la pense ou la reçoit
Exactement!
Alors, selon ce qui est donné dans l’expérience de cet instant, qu’est-ce qui sonne plus vrai:
je vois la pensée ou
la pensée est vue?
Je ressens comme un emballement au niveau de la poitrine et un serrement au niveau du ventre, et des images du passé qui remontent. Mais j'ai du mal à voir ce qui se cache derrière, il me faut plus de temps pour répondre à cette question!
C’est bien de remarquer tout ça, encore une fois, reste ‘avec’ ces sensations, laisse-les prendre toute la place qu’elles demandent, continue de bien regarder pour voir s’il n’y a pas quelque chose, une crainte ou angoisse, qui se cache derrière. Prends tout le temps qu’il faut, il n’y a rien qui presse!
Comme tu dis, il y a bien des couches à soulever. Ces couches sont le conditionnement. C’est pour ça que c’est important de regarder les réactions et le ressenti tout au long de notre exploration, pour en quelque sorte éviter que cet exercice ne reste qu’au niveau d'une gâterie pour le mental :-)
Merci !
Fred