Bonsoir Guillaume,
j'ai un peu tardé à répondre, je m'en excuse
mais je préféré le faire bien... c'était un peu l'agitation autour ce we.
PS : merci pour tes précieux conseil en méditation, je m'y atèle dés ce soir!
Pas de problème, tant que tu préviens. Agité ou pas, j'espère que tu as passé un bon week-end!
Pour ce qui est de la méditation, fais ça tranquillement, étape par étape, et dis-moi comment cela se passe...
Oui il y a souffrance, et ou j'ai bien l'impression qu'il y a un moi/égo en trop la dedans. Mais les habitudes sont tenaces.
Quelles habitudes ?
noselfy wrote:
Effectivement, les pensées viennent de nulle part et tu ne peux pas les contrôler. Alors qu'est-ce que ça veut dire ? Est-ce qu'il y "quelqu'un" là-dedans qui pense ? Est-ce que c'est "toi" qui penses ? Comment expliquer qu'un penseur ne contrôle pas ses pensées ? S'il y a des pensées, y a-t-il forcément un penseur ? Est-ce qu'on ne pourrait pas juste dire "il y a des pensées", point à la ligne, sans chercher de sujet ?
Imagine un jour de vent. Il y a des souffles d'air, parfois des bourrasques. Tu peux dire "le vent souffle". Mais est-ce qu'il y a vraiment un sujet, un "souffleur". Tu vois un dieu Eole quelque part soufflant très fort avec ses petits poumons ? Non, il y a du vent, c'est tout...
Oui il y a des pensées... Mais elles contiennent l'idée d'un moi et contribuent à la croyance.
D'accord. Mais la question est: est-ce qu'il y a un penseur, oui ou non ?
"le grand méchant moi", ça me fais penser à un ennemi-imaginaire. C'est exactement ça, j'ai l'âge de ne plus y croire, mais j'y crois encore quand même!
C'est exactement ça: le moi est un ennemi imaginaire. Alors, est-ce tu crois toujours qu'il va te manger tout cru, le croque-mitaine ? Ou est-ce que tu préfères jouer au petit chaperon rouge ?
Non la peur n'est pas ressentie physiquement, c'est juste une idée tenace.
Il faut que tu m'expliques. D'un côté tu dis que tu as peur et que c'est un gros problème; et de l'autre qu'elle n'est pas ressentie et que c'est juste une idée. Alors, est-ce que vraiment tu as peur ou est-ce que tu CROIS que tu as peur ? D'où vient cette croyance "j'ai peur", qu'est-ce qui fait qu'elle a de l'emprise sur toi ?
noselfy wrote:
Bon, petit exercice:
Allonge le bras et, à un moment donné, lève la main d'un coup sans trop réfléchir. Fais-le plusieurs fois et observe ce qui se passe.
Quelles sont tes sensations physiques ? (essaye d'être précis)
Y a-t-il des pensées avant, pendant, ou après la levée du bras ? Lesquelles ?
Est-ce que tu dirais que tu "contrôles" le moment précis où le bras se lève ? Ou est-ce que juste, à un moment, le bras se lève ?
Qu'est-ce qui parait le plus naturel: dire "le bras se lève" ou "je lève le bras" ?
sensations physique : il y a juste un mouvement, le bras ne sais rien de ce qui va se passer il est là c'est tout.
pensées avant :" essai de pas contrôler", "pendant :"le bras se lève", après : "tiens le bras c'est levé..."
Je sais pas si il y a un contrôle, mais j'ai quand même du mal à pas croire que c'est moi qui prend la décision de lever le bras après coup. Sur l'instant exact moi n'est pas là effectivement par contre.
Le bras se lève me parait plus naturel oui.
Tu as tapé dans le mille: "croire que c'est moi qui prend la décision [de lever le bras] après coup".
L'idée qu'il y a un moi qui contrôle, ou qui prend la décision, est une pensée/croyance qui accompagne le mouvement - et qui vient souvent
après les faits. C'est une façon de rationaliser ce qui se passe. Mais, comme tu l'a vu, sur l'instant il n'y a pas de moi!
Au fait, tu l'as dans doute déjà lu mais je te rappelle que:
- l'expérience directe c'est l'expérience concrète, immédiate, liée aux perceptions (vision, audition, etc.)
- l'expérience indirecte c'est l'expérience interprétée/remémorée, liée au mental (idées, concepts, souvenirs, etc.)
Refais l'exercice (mais sans essayer de ne pas contrôler) et essaye avec d'autres mouvements: s'assoir, se lever, marcher, courir, prendre quelque chose etc. Observe bien ce qui se passe, avec attention et en faisant appel à l'expérience
directe. Est-ce que tu observes un "moi" aux commandes, ou est-ce que les mouvements s'effectuent naturellement ?
Je n'ai aucun contrôle sur les événements de ma vie. Je ne peux ni contrôler ni savoir à l'avance ce qui va se passer (sauf par anticipation théorique et donc incertaine).
Non tout ne se passe pas comme je souhaite, les choses semblent se dérouler comme elles le doivent.
Il y a plus de réactions spontanées que d'actions réfléchis.
Il y a des conditionnements qui me font agir ou réagir dans tel ou tel sens, et à l'image des pensées il sont identifiés à moi.
Contrôle absolu : 0%, contrôle relative : je dirais 20% et pas de contrôle : 80%.
Et oui, tu peux toujours anticiper, faire des plans, etc. mais au final tu n'as aucun contrôle sur les événements.
Qu'est-ce que ça veut dire, "contrôler": faire en sorte que les choses se passent selon nos désirs ? Est-ce que ce que le 20% de "contrôle relatif" ne serait pas juste 20% d'événements auxquels tu prêtes attention et qui correspondent, plus ou moins bien, à tes désirs/attentes ? Qu'en penses-tu ?
ça veut dire quoi, "psychiquement" ? Est-ce qu'il y a une tension psychique, une pression ou des sensations dans la tête ?
Est-ce que tu ressens une présence du je/moi ? ça se traduit comment, concrètement ?
Il y a une pression, une tension psychique oui, qui se traduit par une sur consommation d’énergie par rapport à une certaine détente. Je ne l'ai jamais vu, mais il y un dictateur auquel j'obéis, une sorte de Big Brother.
Revoilà le Grand Méchant ! Décidément, Guillaume, tu as le sens du drame...
Juste pour que je comprenne: toi, tu obéis à un dictateur (que tu n'as jamais vu) qui est... toi. C'est ça ?
Est-ce que c'est le même "toi" ou est-ce qu'il y a deux "toi", un toi-victime et un toi-bourreau ? Est-ce qu'il y a aussi un troisième toi-sauveur qui défend la victime contre le bourreau ? (ou alors c'est moi le sauveur ?)
Est-ce que tout ça c'est une réalité concrète ou juste un jeu psychologique, une façon imagée de dire que tu te sens tendu nerveusement, en surchauffe ?
Juste l'idée du moi fait exister le moi. Ca tiens à une p***** d'idée, ancienne et tenace.
Je cherche la perspective pour voir cette idée, mais ne trouve pas le bonne angle pour l'instant.
Juste l'idée du moi fait exister le moi... parce que le moi c'est juste l'idée du moi !
Pour reprendre la distinction entre expérience directe/indirecte, on pourrait dire que le moi "existe" indirectement (dans les pensées) mais qu'il n'existe pas directement (dans les perceptions). Ce qui est une façon de dire qu'il n'existe qu'en imagination, mais pas en réalité.
Tant que tu restes dans la compréhension intellectuelle, tu restes dans le monde mental, le monde du moi. Et donc, en gros, tu es piégé parce que tu joues sur son terrain (virtuel). D'où la tension, la contraction, le stress.
La seule façon de s'en sortir, c'est de sortir du monde mental et donc, de revenir sur le terrain de l'expérience directe. De revenir au concret, à l'immédiat, aux sensations.
Dis-moi si je me trompe, mais il me semble que tu as parfois un peu de mal à te "connecter à tes sensations", comme on dit. Or, c'est crucial ici. Donc ce que je te propose c'est d'oublier un peu le psychique pour revenir au physique. Nous, on va se concentrer sur la méditation et les exercices. De ton côté, tu peux aussi pratiquer des activités physiques: sport, ballades... (ou câlins avec ta copine!). Tu peux aussi essayer, tout au long de la journée, de faire plus attention à ton corps et à tes sensations (le toucher, les tensions dans le corps, etc.). Qu'en dis-tu ?
A bientôt,
Paul