Re: Moi?
Posted: Tue Mar 25, 2014 11:04 pm
Bonsoir Thierry,
Ben dis donc, tu m'as gâtée, là :-D
Je vais tâcher de retranscrire le plus fidèlement possible ce que j'observe.
Je voulais tout de même préciser que, même si j'ai lu un certain nombre de livres, ce que je dis depuis le début vient de mon expérience directe. Je suis par exemple incapable, sauf rares cas, de citer ce que j'ai lu. Ce que je comprends fait désormais partie de mon expérience. Ce que je ne comprends pas, je le laisse. Même si cela a l'air particulièrement alléchant... pour le moi! Lorsque je relis un livre de spiritualité, je le trouve chaque fois différent.
Mais bien entendu j'ai été modifiée par cette expérience ou cette lecture. Ce que je ressens, dans cette compréhension, ce n'est pas une accumulation pour nourrir le moi, mais une abolition des limites, . Pas extérieur vers moi, mais moi vers extérieur: la vague qui se fond dans l'océan.
Je précise également que ma démarche de base n'est pas de "voir à travers l'illusion du moi", mais d'essayer de comprendre comment il fonctionne. C'est dans ce sens que j'ai dit au départ que je ne suis pas sure de correspondre au concept LU. Les deux se rejoignent, mais il y a une petite nuance. J'ai parcouru quelques conversations avant de m'inscrire, et, souvent, les inscriptions ici correspondent à des personnes qui recherchent la paix, la fin d'une souffrance. Dans ce sens, voir l'illusion du moi devient la récompense à atteindre...
Je n'ai rien contre le moi, je l'accueille avec bienveillance, j'essaye seulement de comprendre ce qu'il est. Et si cela le fait disparaître, pas de problème :-)
Venons en aux questions :-)
La peur est le décalage qui pourrait se créer entre ce qui devrait être et ce qui pourrait être. Une peur de laisser le connu aussi, et donc de vouloir emmener avec soi le maximum de connu.
C'est juste une peur perçue suite à une pensée crue. Et cette pensée est crue parce que le moi sait par expérience qu'il n'a pas une bonne notion du temps. Cependant, cela permet d'élaborer une stratégie pour diminuer le stress, par exemple ici établir une check-list avec un timing approximatif de ce qui doit être fait.
En fait, le problème vient de plus loin, de la création d'un objectif à long terme qui ne tient pas compte de l'ensemble du réel, qui est déjà conflictuel à la base.
Aucun individu ne peut exister sans échanges constants entre "intérieur" et extérieur".
D'un autre côté, la vie ne peut pas évoluer s'il n'y a pas cette limite qui fait des individus distincts. On aurait alors une "sauce" plus ou moins homogène et complexe qui serait incapable de tester ses propres composants. Après tout, on réagit bien de cette façon quand on essaie de comprendre un processus global: on commence par le séparer en éléments, ensuite on réintègre la globalité. Il me semble que c'est ce que fait la vie, un test de différentes capacités.
Tout fonctionne de la même manière, la société comme un individu, un individu comme la nature... C'est ce que je voulais dire avec "c'est vrai à l'extérieur du corps, c'est vrai dans le corps lui-même"
L'endroit d'où je perçois n'a pas d'intérieur ni d'extérieur, les images de l'extérieur se forment à l'intérieur, et lorsque je pense à "mon intérieur" (par ex prendre conscience de ma main), j'ai tendance à passer par "l'extérieur". Mais il y a un espace auquel je suis la seule à avoir accès. Je n'irai pas jusqu'à l'appeler "je", car il me semble ouvert à tous les vents, mais, matériellement, je suis la seule à pouvoir y accéder vraiment. C'est peut-être la base de la solitude.
Mais cela vient si ça veut, on ne peut pas le rechercher, car qui dit quête dit temps et centre... et conflit entre ce qui est et ce qui devrait être;
Je n'ai pas répondu à toutes tes questions, mais je t'envoie déjà ceci, qui explicite peut-être un peu ma façon d'appréhender le problème.
La suite au prochain numéro ;-)
A bientôt,
Gillian
Ps. Tu pourrais peut-être rajouter dans ton mode d'emploi de l'éditeur, le bouton "charger", bien utile pour sauvegarder le travail en cours quand il s'étale sur plusieurs jours, ou tout simplement pour ne pas risquer de perdre ce que l'on a déjà écrit.
Ben dis donc, tu m'as gâtée, là :-D
Je vais tâcher de retranscrire le plus fidèlement possible ce que j'observe.
Je voulais tout de même préciser que, même si j'ai lu un certain nombre de livres, ce que je dis depuis le début vient de mon expérience directe. Je suis par exemple incapable, sauf rares cas, de citer ce que j'ai lu. Ce que je comprends fait désormais partie de mon expérience. Ce que je ne comprends pas, je le laisse. Même si cela a l'air particulièrement alléchant... pour le moi! Lorsque je relis un livre de spiritualité, je le trouve chaque fois différent.
Mais bien entendu j'ai été modifiée par cette expérience ou cette lecture. Ce que je ressens, dans cette compréhension, ce n'est pas une accumulation pour nourrir le moi, mais une abolition des limites, . Pas extérieur vers moi, mais moi vers extérieur: la vague qui se fond dans l'océan.
Je précise également que ma démarche de base n'est pas de "voir à travers l'illusion du moi", mais d'essayer de comprendre comment il fonctionne. C'est dans ce sens que j'ai dit au départ que je ne suis pas sure de correspondre au concept LU. Les deux se rejoignent, mais il y a une petite nuance. J'ai parcouru quelques conversations avant de m'inscrire, et, souvent, les inscriptions ici correspondent à des personnes qui recherchent la paix, la fin d'une souffrance. Dans ce sens, voir l'illusion du moi devient la récompense à atteindre...
Je n'ai rien contre le moi, je l'accueille avec bienveillance, j'essaye seulement de comprendre ce qu'il est. Et si cela le fait disparaître, pas de problème :-)
Venons en aux questions :-)
C'est marrant comme l'idée de parler de ce "moi" fait naître une tentation de fuite! :D
Je n'ai pas décelé de peur particulière. Juste mon cerveau qui avait envie de ne pas être dérangé. Comme lorsque je dois faire des paperasses et qu'il fait beau dehors :-)Pourquoi ?Dis-m'en plus ; d'où cela vient-il ? Qu'est-ce qui est associé à cette tentation de fuite ?
J'ai une notion assez floue du temps. Le stress vient du fait que j'ai peur de ne pas le gérer convenablement pour faire ce qu'il y a à faire avant le départ.
Oui, par contre ici il y a peur, créée par la pensée que le temps m'échappe et que cela peut créer des conséquences fâcheuses (oublier quelque chose, manquer mon train...)Qu'est-ce que la peur ici ?
Comment formulerais-tu la pensée qui la fait naitre ?
Y a-t-il réellement un "Je" qui a peur ou juste une peur/stress éprouvée, perçue, suite à une pensée crue ?
La peur est le décalage qui pourrait se créer entre ce qui devrait être et ce qui pourrait être. Une peur de laisser le connu aussi, et donc de vouloir emmener avec soi le maximum de connu.
C'est juste une peur perçue suite à une pensée crue. Et cette pensée est crue parce que le moi sait par expérience qu'il n'a pas une bonne notion du temps. Cependant, cela permet d'élaborer une stratégie pour diminuer le stress, par exemple ici établir une check-list avec un timing approximatif de ce qui doit être fait.
En fait, le problème vient de plus loin, de la création d'un objectif à long terme qui ne tient pas compte de l'ensemble du réel, qui est déjà conflictuel à la base.
C'est vrai à l'extérieur du corps, c'est vrai dans le corps lui-même.
Il y a une limite très floue entre intérieur et extérieur. Une membrane d'échange entre les deux, mais une membrane sélective, qui fait qu'à un instant donné, les constituants ne sont pas en même "concentration" à l'intérieur et à l'extérieur. On en a conscience au niveau physique (l'épiderme en gros), mais c'est la même chose au niveau mental. Les pensées sont des mécanismes physiques, matériels aussi.C'est à dire ?Je ne suis pas sûr de comprendre...
Où est la limite, la frontière entre toi et Blanchette ? :-) Entre toi et un autre.
Perçois-tu une frontière entre toi et un autre. Y a-t-il un espace qui t'est personnel, qui est ce que tu es ?
Ce que tu es, l'endroit d'où tu perçois et décris, a-t-il un intérieur et un extérieur ?
Aucun individu ne peut exister sans échanges constants entre "intérieur" et extérieur".
D'un autre côté, la vie ne peut pas évoluer s'il n'y a pas cette limite qui fait des individus distincts. On aurait alors une "sauce" plus ou moins homogène et complexe qui serait incapable de tester ses propres composants. Après tout, on réagit bien de cette façon quand on essaie de comprendre un processus global: on commence par le séparer en éléments, ensuite on réintègre la globalité. Il me semble que c'est ce que fait la vie, un test de différentes capacités.
Tout fonctionne de la même manière, la société comme un individu, un individu comme la nature... C'est ce que je voulais dire avec "c'est vrai à l'extérieur du corps, c'est vrai dans le corps lui-même"
L'endroit d'où je perçois n'a pas d'intérieur ni d'extérieur, les images de l'extérieur se forment à l'intérieur, et lorsque je pense à "mon intérieur" (par ex prendre conscience de ma main), j'ai tendance à passer par "l'extérieur". Mais il y a un espace auquel je suis la seule à avoir accès. Je n'irai pas jusqu'à l'appeler "je", car il me semble ouvert à tous les vents, mais, matériellement, je suis la seule à pouvoir y accéder vraiment. C'est peut-être la base de la solitude.
Je ne ressens pas un "moi" fixe et permanent. C'est un processus évolutif coincé dans la forme évolutive du corps. La sensation du moi vient de l'expérience du corps, qui change sans cesse, mais d'une façon suffisamment progressive pour ne pas effacer cette impression de continuité, qui correspond à l'instinct de survie.
Il existe à un instant donné, un instant infinitésimal, parce qu'il a une base génétique, et une histoire qui le modifie à chaque instant. Dans ce sens il n'existe pas plus dans le temps que le "ici et maintenant".
Oui, une sensation liée au corps et à une impression de continuité. Le cerveau ne peut fonctionner que sur une certaine continuité, c'est d'ailleurs la base de l'apprentissage. Au moins a-t-il besoin de l'hypothèse d'une continuité de quelques fractions de seconde: il perçoit, analyse et transforme l'information pour qu'elle corresponde à ce qui se passera au moment où elle deviendra consciente. Si tu ajoutes à cela le temps que l'information met pour atteindre nos sens, depuis son point d'émission, on n'est jamais conscient de ce qui se passe réellement à un instant donné. C'est dans ce sens que je dis que "ici et maintenant" est inaccessible à la conscience "ordinaire". "Ici et maintenant" est un point totalement virtuel sur la ligne du temps, juste l'interface entre passé et futur. Pour moi, c'est un paradoxe car c'est le seul moment ou on existe. Et cet "ici et maintenant" ne peut exister que lorsqu'il n'y a plus d'ici (plus de centre d'observation) et plus de maintenant (en dehors du temps). Plus de centre, plus de temps = pas de moi.Le moi serait une sensation ? Qu'est-ce que la sensation du moi dont tu parles ?
Ce moi dont tu parles est ce que tu es ?
Mais cela vient si ça veut, on ne peut pas le rechercher, car qui dit quête dit temps et centre... et conflit entre ce qui est et ce qui devrait être;
Je n'ai pas répondu à toutes tes questions, mais je t'envoie déjà ceci, qui explicite peut-être un peu ma façon d'appréhender le problème.
La suite au prochain numéro ;-)
A bientôt,
Gillian
Ps. Tu pourrais peut-être rajouter dans ton mode d'emploi de l'éditeur, le bouton "charger", bien utile pour sauvegarder le travail en cours quand il s'étale sur plusieurs jours, ou tout simplement pour ne pas risquer de perdre ce que l'on a déjà écrit.