ça c'est en aller...

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bellepaule
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Re: ça c'est en aller...

Postby bellepaule » Tue May 06, 2014 4:25 pm

Bonjour,
Cet effort pour maintenir l'attention sur la sensation, tenir à distance le mental, au lieu d'accepter ce qui advient est-il source de paix et de sérénité ?
-non, bien sûr, mais être dans l'acceptation n'apporte pas la paix
As-tu un contrôle sur ces pensées et ces sensations ?
-non pas du tout

A bientôt

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sulawesi
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Re: ça c'est en aller...

Postby sulawesi » Thu May 08, 2014 10:07 pm

Bonjour Fabienne :-)
-non, bien sûr, mais être dans l'acceptation n'apporte pas la paix
Il y a souvent un contresens sur le terme acceptation. Il parait souvent être entendu comme résignation, or ce n'est pas le sens d'acceptation ici. Accepter a le sens de reconnaitre ce fait (au lieu de lutter contre, ou fuir). Reconnaitre que c'est ainsi, que c'est ce qui est.

Observe les choses en toi :
Des pensées s'invitent, accompagnées d'émotions "désagréables" (tu pourrais mettre les étiquettes peur, angoisse), raidissement, de contractions dans le corps...
Le réflexe courant est une tentative de maitrise ("lutte", "effort" sont des mots qui reviennent souvent dans tes posts, ou la fuite (les lectures, écoutes...). La tentive de maîtrise étant une forme de fuite. Et tu constates toi-même que c'est vain... Tu le dis : tu n'as aucun contrôle sur ces pensées et émotions qui émergent en toi. Elles émergent hors de ton contrôle...
Donc, à quoi bon lutter, c'est un gaspillage d'énergie. Ce n'est pas un choix valable, débouchant sur le mieux-être que tu espères. Il n'apporte que tension, lutte, effort, dépit, déception, tristesse.
Ta marge de manoeuvre n'est pas là : tu as une autre choix : considérer ces pensées/émotions, leur donner la possibilité d'être écoutées (et c'est les accepter, dans le sens de t'ouvrir à elle). À ce moment-là, il n'y a plus de lutte, plus d'effort, de tension. C'est pour ça que quand tu écris "mais être dans l'acceptation n'apporte pas la paix", je pense que tu n'as peut-être pas reellement été dans une acceptation totale, un accueil :-)
Donne-toi les moyen d'expérimenter cette possibilité. Prends-toi comme sujet d'expérimentation, d'observation. Sois à l'écoute de l'apparition des pensées/émotions, refus-fuite/acceptation, ce couple tensions/abscence de tensions. Fais-moi part de tes observations.
Ce que tu espères retrouver est un espace d'absence de tension, non ? C'est en comprenant la tension, en allant au-delà, que la paix réapparaitra. Elle est juste derrière :-)
Ce n'est pas dans la lutte et l'effort que tu pourrais inviter la paix. Logique, non ? :-)

Autre point important : La peur. C'est elle qui déclenche le réflexe de fuite, de tentative de maîtrise crispée.
Penses-tu qu'il y a un risque à observer des pensées et des émotions qui s'invitent ? Dans ton lit, la nuit, (à part être cassée le matin :-) ), le plafond va-t-il te tomber sur la tête ?
C'est juste un vieux réflexe d'enfant vulnérable, un souvenir, une réaction fossile d'enfant insécurisée, qui dépendait de ses parents. Tu n'es plus une enfant. Donne-toi une autre possibilité, plutôt que de perpétuer ce réflexe...

Passer d'un automatisme à un nouveau réflexe peut prendre du temps. La décision est immédiate, mais l'ancrage peut prendre du temps. Ça se renforce à l'usage. Repère l'effort, la tension, le refus de ce qui est qui te plonge dans le vieil automatisme.

Je te donne un autre argument : quand tu refuses des pensées et émotions qui s'invitent, quand tu regrettes une expérience passée, quand tu rejettes le moi-enfant dont I. Padovani parle, etc... tu te places dans une réalité clivée, divisée, où il y a une part acceptable est une part à rejeter, menaçante, où il faudrait tracer une frontière.
Peut-il y avoir de la paix, de la joie durable dans une telle réalité ??
...........................................
S'il y a joie et paix ici, elle n'est là que sous la menace d'un orage. Cette joie et cette paix serait teinté de peur, de la peur de sa disparition, de la peur de "l'autre monde" : la poubelle où tu as mis tout ce qui n'est pas "acceptable" et qui pourrait revenir.
Peut-on alors parler de joie et de paix avec cette angoisse en arrière-plan ?

Une vraie joie, une vraie paix ne peut être que dans un tout, un espace où tout peut être, un espace qui englobe toute manifestation. Sinon, il n'y a que du yoyo, des montagnes russes entre plaisir et douleur...

Ces pensées et émotions font partie de ta réalité, de ta manifestation. Elles sont des messages, des symptômes. Elles sont bienfaitrice dans le sens qu'elles sont un signal, un miroir de tes croyances, une chance de comprendre ce qui en toi te fait sortir de la paix qui est l'état de base de chacun.
À partir du moment où tu accueilles ces pensées et ces émotions, tu peux explorer, écouter le message qu'elles contiennent, comprendre pourquoi tu quittes la paix.

Je t'ai essentiellement donné des observations logiques, "mentale". À toi d'y mettre ta propre méditation, expérimenter, tester, observer...


Observe ces pensées accompagnées de peur. Ssont-elles vraies ? (ou de l'imaginaire, de la projection)
Quand tu te réveilles au milieu de la nuit, elles ne concernent pas vraiment le présent bien sûr. Concerne-t-elle un passé (des regrets, remords, culpabilités...), un futur projeté ?

Thierry

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bellepaule
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Re: ça c'est en aller...

Postby bellepaule » Tue May 13, 2014 7:02 pm

Bonjour Thierry
le plafond va-t-il te tomber sur la tête ?
non, c'est sûr :-), disons que l'acceptation, je l'ai noté est plus facile pour moi, lorsqu'il n'y a pas d'émotions qui s'invitent, une simple pensée, j'arrive encore à me dire, "ok, je t'ai vu venir et tu n'es qu'une pensée". Les choses sont plus compliquées quand les pensées engendrent ces émotions, car celles-ci me coupent de la réalité, à ce moment là, je suis complètement dans un autre monde, et pour revenir, c'est pas du gâteau.
Passer d'un automatisme à un nouveau réflexe peut prendre du temps
, oui en effet, c'est ce dont je m'aperçois.
Observe ces pensées accompagnées de peur. Ssont-elles vraies ? (ou de l'imaginaire, de la projection)
non, c'est de la mémoire, je le sais, de la mémoire qui se projette dans un futur hypothétique, avec l'analyse je le sais, peut-être est-ce une question de temps, pour le sentir dans le corps (que ce n'est que de la mémoire)?

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sulawesi
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Re: ça c'est en aller...

Postby sulawesi » Fri May 16, 2014 6:55 am

Bonjour Fabienne :-)
Les choses sont plus compliquées quand les pensées engendrent ces émotions, car celles-ci me coupent de la réalité, à ce moment là, je suis complètement dans un autre monde, et pour revenir, c'est pas du gâteau.
car celles-ci me coupent de la réalité
Quelle réalité ? Tu ne peux pas être coupée de la réalité... Elle est une. Et où serais-tu donc ?
je suis complètement dans un autre monde
Il y a donc un autre monde ?
et pour revenir, c'est pas du gâteau.
Revenir où ?

Je crois qu'on ne mets pas la même chose dans le mot réalité... Dans ta phrase, quelle est cette réalité que tu dis quitter et dans laquelle tu voudrais revenir ? Et qu'est-ce que cet autre monde où tu te retrouves ?
Parce que, de mon point de vue, les pensées, les émotions, l'état dans lequel tu te retrouves, tout ça est LA réalité. C'est une seule chose, un tout.
Dans ta description, tu considères qu'il y a 2 réalités, 2 Fabienne-dans-le-monde. Tu as partagé le réel en 2. Est-ce que tu le perçois ?
Est-ce que tu perçois la différence entre ces deux espaces dans ta description ? Comment décrirais-tu ces deux espaces plus précisément ?
disons que l'acceptation, je l'ai noté est plus facile pour moi, lorsqu'il n'y a pas d'émotions qui s'invitent, une simple pensée, j'arrive encore à me dire, "ok, je t'ai vu venir et tu n'es qu'une pensée".
Il y a toujours des émotions... Elles sont plus ou moins fortes. Il y a celles que tu arrives à faire taire et à négliger, et les autres.
En gros, tu veux bien accepter, mais pas tout. Tu veux pouvoir faire le tri, avoir le choix de ce que tu acceptes. Accepter, oui, mais à condition de garder le contrôle, de pouvoir mettre de côté ce que tu ne veux pas :-)
C'est pas ça ? :-)

Thierry

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Re: ça c'est en aller...

Postby bellepaule » Fri May 16, 2014 9:59 am

Bonjour Thierry,

Quand je dis "coupée de la réalité" c'est : j'ai une pensée sous forme d'image (donc imagination) qui est tellement claire que cela vient recouvrir ce que j'ai sous les yeux dans mon environnement, par ex: je suis chez moi, dans ma cuisine, et mon esprit vagabonde de pensées en pensées, je suis tjs physiquement dans ma cuisine en train de faire qq chose, mon corps est en pilote automatique (il fait ça très bien ;-) )et en esprit je suis complètement dans un autre paysage en train de faire autre chose. N'y a-t-il pas coupure de l'endroit où se trouve le corps? je déconnecte du réel, entraînée par les pensées.
L'imagination c'est l'imagination, est-on d'accord sur ce point? je ne peux pas toucher un objet que je vois par la pensée, c'est bien l'imagination qui est à l'oeuvre.
La réalité c'est par exemple la pièce dans laquelle je me trouve présentement, les objets que je peux saisir, les mvts du corps etc. Ok, le mot est mal choisi, l'imagination n'est pas une 2ème réalité.
Ok les pensées sont là, en tant que formes, c'est leur contenu qui n'est pas réel, hors depuis tjs je fais l'erreur de m'identifier au contenu , comme le ferait un enfant. Il y a bien une coupure qui sépare du ici et maintenant, et revenir me demande des efforts.
En gros, tu veux bien accepter, mais pas tout. Tu veux pouvoir faire le tri, avoir le choix de ce que tu acceptes. Accepter, oui, mais à condition de garder le contrôle, de pouvoir mettre de côté ce que tu ne veux pas :-)
C'est pas ça ? :-)

Ben oui, parce que c'est moins de douleur quand même, enfin pour l'instant, personne n'a envie de souffrir non?

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Re: ça c'est en aller...

Postby sulawesi » Wed May 21, 2014 3:27 pm

Bonjour Fabienne :-)

Désolé du délai. Peu disponible...
Quand je dis "coupée de la réalité" c'est : j'ai une pensée sous forme d'image (donc imagination) qui est tellement claire que cela vient recouvrir ce que j'ai sous les yeux dans mon environnement, par ex: je suis chez moi, dans ma cuisine, et mon esprit vagabonde de pensées en pensées, je suis tjs physiquement dans ma cuisine en train de faire qq chose, mon corps est en pilote automatique (il fait ça très bien ;-) )et en esprit je suis complètement dans un autre paysage en train de faire autre chose. N'y a-t-il pas coupure de l'endroit où se trouve le corps? je déconnecte du réel, entraînée par les pensées.
Ce que tu appelles réel est-il vraiment la réalité de ton expérience ?
C'est en fait une portion du réel de Fabienne, bien circonscrit par une frontière sécurisante, qui est en train de faire quelque choses et tu refuses que les pensées et émotions que tu vies comme perturbante s'invitent dans ce petit bout de la réalité. Tu refuses d'en considérer la manifestation.
Pourtant, vu leur effet, elle sont l'intervenant majeur... Difficile de nier la réalité de leur existence... Quand tu nies l'existence de ce phénomène, là oui tu te coupes de la réalité des choses.

Quelle est le vrai tableau de ta réalité ? Je vois Fabienne qui fait quelque choses, ses perceptions + des pensées + des émotions. Ç'est tout ça la réalité de ton expérience. Quelles que soient ces pensées, c'est l'état réel des choses.

Tu l'as reconnu, il n'y a pas de contrôle possible de ces pensées et émotions. C'est une lutte vaine et coûteuse en énergie. Donc, la seule solution restante est de les observer pour essayer de comprendre ce mécanisme de pensées-émotions-peurs. Et ça passe par l'acceptation de vivre cette expérience, de vivre l'éventuelle peur. Ce n'est pas en niant ce phénomène que tu as une chance d'aller au-delà... Ce serait une lutte sans fin.
Tu l'as reconnu, les pensées ne tuent pas, le plafond ne va pas te tomber sur la tête...

Ben oui, parce que c'est moins de douleur quand même, enfin pour l'instant, personne n'a envie de souffrir non?
Quelle douleur ? Quelle souffrance ? Qu'appelles-tu "souffrance" ? Observe et décris moi précisément les choses stp...

Thierry


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