Bonjour Benoît,
Pour commencer, permets-moi de te présenter tous mes voeux pour cette nouvelle année. J'espère qu'elle verra ton cheminement se prolonger et les guidances que tu apportes s'épanouir dans le coeur de ceux qui croiseront ta route.
Merci bien ;-)
A mon tour je t'adresse mes plus beaux voeux ; on dit que l'Amour est plus fort que tout, alors je te souhaite l'Amour.
Le foie gras et le vin ont sans doute ralenti mon métabolisme spirituel
métabolisme spirituel, c'est joliment dit. Heureusement que rien ne peut affecter la Conscience ;-)
Je pense que ce sont nos processus mentaux, physiques et émotionnels qui s'alourdissent ... et l'illusion peut grandir
Je précise que je me sens "bizarre" depuis quelques jours. Je traverse une grande peur. Lourde, qui t'empêche de dormir. Et les idées tournoient dans ma tête de façon stérile.
Tu cherches à découvrir qui tu es, et tu creuses, tu creuses... se pourrait il qu'un processus en toi ait peur de cela ?
Se pourrait il que quelque chose craigne d'être démasqué ?
Il faut s'attendre à des remous...
l'illusion qui se croit réelle craint peut être d'être découverte... la peur
Le mieux que tu puisses faire c'est d'accompagner... d'observer et de laisser être... d'aller dans la peur, de la rencontrer, de voir ce qu'elle fait dans le corps, comme un enquêteur, observer ce qui se passe. Laisser être ce qui est... observer, accueillir, moment après moment.
Et de rechercher qui a peur ?
Il y a le corps que tu n'es pas. Il y a les pensées que tu n'es pas. Alors qui a peur ?
Est ce que quelqu'un a peur ?
Ces derniers mots m'amènent à te confirmer, mais tu t'en doutais sans doute au vue de mon parcours, que nous ne sommes pas nos idées, ni nos émotions. Je suis bien entendu très attachés à elles, pas dans le sens où je les affectionne mais dans le sens où elles me rendent prisonnier. Malgré quelques exercices très simples inspirés par un Tolle, un Brown ou un Maharishi Mahesh Yogi par exemple, il y a une bousculade (des idées et des émotions) intense en moi. C'est pas de la petite gifle, c'est du gros coup de pied au cul en ce moment.
Excellent, donc tu as réalisé que tu n'es pas ton corps, que tu n'es pas tes pensées ni tes émotions.
Ces points sont très importants.
Pour découvrir qui tu es, tu lèves le voile sur qui tu n'es pas.
A présent il peut être utile d'approfondir tout ça en observant.
En observant le corps, par exemple, si tu as une douleur ou une raideur, le premier réflexe c'est souvent de résister, de vouloir la faire partir, pour retrouver du confort. Essaye plutôt de l'accepter, de l'étudier, ça fait quelle sensation, mal comment, piquant, brûlant, ça pulse.. etc. ? Qu'est ce qui se passe si plutôt que de vouloir t'y opposer et la réduire, tu cherches à la ressentir encore plus..
En observant les émotions, par exemple, où ça se manifeste dans le corps, comment, quelle sensation, que se passe t il si tu cherches à la ressentir encore plus ? des peurs arrivent ? peux tu les observer ?
En observant les pensées... les regarder passer, voir d'où elles viennent, est ce vraiment toi qui les pense ou viennent elles toutes seules ... ?
L'obstacle à l'observation ce sont les pensées auxquelles on colle.
Tu dis que tu es très attaché à elles, comme si tu y étais identifié ?
Souvent on se colle aux pensées, comme on peut se coller au programme tv , être dans le film et oublier tout le reste.
Et là on n'observe plus, on rêve...
Le silence intérieur est nécessaire pour l'observation. Le silence n'est pas l'absence de pensées, il y en a toujours, elles viennent et passent sans cesse, le silence c'est l'observation neutre de ce qui est.
Observer pensées, émotions, sensations ! voir ce qui se passe en toi. C'est cela apprendre à se connaître. Comment connaître quoique ce soit sans l'observer ? Lire des livres ne fait pas le boulot, ça aide mais c'est comme lire un livre sur les fourmis ou aller les observer dans la nature ; rien ne remplace l'expérience directe. S'observer, se connaître, se découvrir, se voir justement.
Lorsque je m'identifies aux pensées je suis embarqué par le cinéma intérieur, je ne vois plus rien, je vis dans l'illusion de mes pensées. Je crois à ces pensées. Je crois que je suis de telle ou telle façon, telle ou telle personne, je crois défendre telle ou telle idée...
L'observation est un moyen pour se connaître. Un moyen de découvrir qui tu es.
Observer tous ces processus va nous amener à LA question essentielle : Qui observe ? Qui est là ?
Une question dont la réponse est l'expérience, une réponse qui se vit.
Donc l'observation est un moyen pour découvrir qui tu es vraiment.
Observe ce qui se passe en toi.
Par exemple, sers toi de la peur comme d'un fil conducteur qui va t'amener vers qui tu es ou n'es pas...
tu ressens de la peur, de la douleur / souffrance ... demande toi qui a peur, qui a mal ? qui ressens la douleur ?
observe
suit cette peur pour aller voir qui a peur.. comme un fil que tu suis qui t'amène vers l'origine.
Va voir qui a mal, utilise la souffrance / peur pour cela.
N'hésite pas à faire grandir la peur pour trouver plus facilement ce qui la ressent.
Par la pratique, je vois les pensées et les émotions filer, avec une position de recul plus ou moins stable, l'observateur observant en somme. Je ne suis pas mes pensées, c'est une certitude.
C'est ça... entraîne toi, observe le plus souvent possible, étudie, d'où viennent les pensées, que font elles, comment apparaissent elles ?
Plus tu t'y entraines et plus ça devient évident, réel, et de plus en plus facile.
ce n'est pas parce que nous ne sommes pas nos pensées que toutes les pensées se valent et qu'elles ont toutes une valeur de libération. Certaines asservissent plus que d'autres.
c'est une pensée ça aussi. Observer tout ça. Laisser être.
Cette nuit, j'essayais de ne pas me réfugier dans un scénario confortable et de ressentir un continuum entre la compression d'énergies que je suis et le "reste". Cette drôle de démarche me vient en réponse à une grande quantité d'images, de souvenirs pas très reluisants qui me sont parus très proches et très récents alors que certains ont déjà plusieurs années. Certaines choses, conflits, actions ou attitudes passablement décevantes étaient frais dans ma mémoire, sans explication à cela, et le tout a produit un grand stress, voire une grande peur dont je te parlais plus haut. J'ai donc voulu voir un peu autrement, pour éviter d'accueillir ces schémas trop vite et trop facilement.
L'idée était de ressembler plutôt à un carrefour qu'à une impasse. Pour filer la métaphore urbaine, l'impasse se développe quand j'ai l'illusion que je suis au centre des choses, qu'elles m'arrivent à moi, quand je suis le centre de mon monde alors que cette illusion produit l'effet contraire, tout finit en cul-de-sac. Le carrefour, je ne sais pas bien, hier soir, j'ai fini dans une impasse.
Excellent
Que les choses t'arrivent à toi ... remonte ça.. à qui cela arrive ?
Et Regarde la peur.
Qui souffre ?
Qui a peur ?
Qui cela dérange ?
Est ce que quelqu'un souffre ?
Ou ne s'agit il que d'idées ? Se pourrait il qu'il ne s'agisse que d'idées si il n'y a personne... ?
ça me fait penser à la devinette enfantine : pince mi et pince moi sont dans un bateau...
Le corps et les pensées sont dans un bateau... les deux tombent à l'eau.. qui est ce qui reste ?
A très bientôt
Steve