Page 2 of 2
Re: Guidance
Posted: Sun Jun 21, 2026 8:56 am
by Maxime
Je vais faire une liste des pensées qui me traverse :
Ma vie c'est de la merde
Je suis fermé
Je devrais en finir
Je ne fais rien de ma vie
Je ne ressentirai jamais l'amour
Je suis apathique
Quelles choses horribles me sont arrivées pour être là aujourd'hui
Je vois que je deviens amer et peste contre moi la vie ou je ne sais pas quoi.
Re: Guidance
Posted: Sun Jun 21, 2026 1:19 pm
by auna
Et bien ça m'a tout l'air d'un coup de déprime !
Qu'est-ce qui s'est passé avant que cela arrive ?
Prends chaque pensée une à une est regarde qui t'a appris / ou tu as appris cela ?
peste contre moi la vie ou je ne sais pas quoi.
Quel est ce je ne sais pas quoi ?
Robert
Re: Guidance
Posted: Sun Jun 21, 2026 2:35 pm
by Maxime
J'ai travaillé physiquement et peu dormi.
Je dirais que j'ai appris le côté complainte sur la vie de ma mère qui râlait souvent.
J'ai souvent entendu des autres que j'étais fermé
Je ne sais pas où j'ai appris les idées suicidaires
Faire quelque chose de la vie me semble être culturel, j'ai entendu ça beaucoup.
La notion d'amour j'y ai jamais compris quelque chose. Et depuis que je consomme du spirituel il y a conditionnel et inconditionnel. Je l'ai appris des gens et puis du contenu spirituel.
J'ai l'idée que je devrais ressentir de l'amour pour les gens autour de moi ou pour moi. Je ne sais pas où j'ai appris que j'étais apathique, sur internet, en lisant peut être.
J'ai lu des choses psy et spirituelles et je suppose que j'ai vécu des choses difficiles pour en être où j'en suis.
Ce je ne sais quoi c'est quelque chose qui serait en dehors de moi que je pourrais blâmer et accuser
Re: Guidance
Posted: Sun Jun 21, 2026 5:36 pm
by auna
Bonjour Maxime,
Il n'y a aucune obligation à répondre rapidement. Fait-le à ton rythme.
En résumé tu as donc appris par ta mère, les autres, la culture ambiante et tes lectures.
Culturellement, « faire quelque chose de sa vie » signifie souvent « vivre d'une manière que son entourage (ou soi-même) considère comme significative », mais le contenu de ce « quelque chose » n'est ni universel ni fixe.
Dans une vision traditionnelle occidentale, on associe souvent cela à obtenir des diplômes, avoir une profession reconnue, gagner suffisamment d'argent, fonder une famille, acquérir un certain statut social.
Du point de vue spirituel, il n'y a rien de spécial à faire avec ta vie. Le but, si but il y a, serait simplement d'être heureux.
On rencontre d'autre part, très souvent cette croyance dans le monde psy ou spirituel (particulièrement avec les religions) que la vie est un chemin de souffrance et de difficultés, que la douleur fait partie de l'existence. Rien n'est moins vrai.
De nombreuses traditions spirituelles enseignent que la souffrance naît de la séparation ressentie entre soi et une réalité plus vaste : Dieu, le divin, la nature ou la conscience.
Beaucoup considèrent de nos jours que la souffrance psychologique augmente lorsque l'on lutte constamment contre la réalité telle qu'elle se présente et mettent l'accent sur mettent l'accent sur la résistance à ce qui est, les blessures émotionnelles ou l'identification excessive à l'ego ou aux pensées.
Pourquoi continues-tu de croire à ces pensées ?
Robert
Re: Guidance
Posted: Sun Jun 21, 2026 6:30 pm
by Maxime
J'ai eu diplôme, travail, statut, amies et rien de tout ça m'a rendu heureux toujours pas satisfait.
Et maintenant en vivant ces choses difficiles il semble que la vie deviennent satisfaisante. C'est la seule chose qui transforme mon expérience insatisfaite en quelque chose de plus serein. Je ne sais pas ce qu'il se passe je ne peux pas me l'expliquer.
Il semble que je doive rencontrer des parts douloureuses de mon expérience. C'est ce qui se passe à fréquentes répétitions.
Je n'ai pas l'impression que je puisse choisir combien je lutte ou comment je lutte. Je peux juste ressentir la douleur de la lutte jusqu'à son épuisement. Je ne vois pas d'alternative qui ne soit pas distraction. Que je choisi encore souvent.
J'ai l'impression que j'y crois moins qu'avant mais il y a une telle agitation je me sens assailli. Je suppose que j'ai peur d'arrêter d'y croire. Mais je ne vois pas comment arrêter sans passer par le corps et les sensations qui semblent liées à ces pensées
Re: Guidance
Posted: Sun Jun 21, 2026 10:44 pm
by auna
Supposons que, enfant, tu ai cru au Père Noel.
Un jour un ami ou tes parents t’on dit qu’il n’existait pas.
Mais alors, les cadeaux ?
Et à ce moment tes parents ont confirmés que c’était eux.
Instantanément, sans t’en rendre compte, tu as adopter la croyance que le Pere Noel n’existait pas.
Pourquoi si facilement ? Parce qu’il n’y avait pas d’enjeux. Pas d’attachement. Tu n’y perdais rien. Les cadeaux seront toujours là.
Il y a (au moins ) deux maniere de se détacher des pensées.
La première, la plus directe est de voir que ce ne sont que des pensées qui passent et s’en vont, sans l’adopter. (Si on les adopte elles deviennent des croyances). La plupart des gens sont identifiés à leur pensées parcequ'ils n'ont pas pris la peine d'y regarder de près. Fais l'expérience. N'y a-t-il pas "Maxime", une présence en fait, qui n'a rien à faire pour voir apparaitre "le ciel est bleu", "j'ai faim", "il est l'heure", ....?
La seconde est d’expérimenter cette pensée tenace comme le ferait un acteur avec son role.
Ressentir comment on se sent quand on a cette identité, cette condition ,…
Une condition, une identité, etc , même si on sait le pourquoi et le comment, peut persister tant qu’elle n’a pas été expérimentée pleinement.
Reprenant ce que tu as écris précédement, tu peux par exemple ressentir ce que ça fait que d’être ta mère et se plaindre. Comment ça s’expérimente.
Ou bien jouer à « être quelqu’un de fermé ». Adopter cette identité, la vivre.
Etc etc
Ainsi avec chacune des identités qui se présentent.
Et maintenant en vivant ces choses difficiles il semble que la vie deviennent satisfaisante. C'est la seule chose qui transforme mon expérience insatisfaite en quelque chose de plus serein. Je ne sais pas ce qu'il se passe je ne peux pas me l'expliquer.
Il semble qu’une partie de toi « sais » que ce qui se passe est juste, dans le sens que ça doit se passer ainsi, et qu’une autre partie (celle qui veut comprendre, expliquer, contrôler) refuse de l’accepter.
Es-tu d’accord avec ça ?
Bien à toi
Robert
Re: Guidance
Posted: Mon Jun 22, 2026 11:54 am
by Maxime
Oui je suis d'accord. J'ai le sentiment que je découvre millimètres par millimètres ce qui n'est pas d'accord.
Je ne peux pas le comprendre, je ne peux rien en conclure.
Re: Guidance
Posted: Mon Jun 22, 2026 6:44 pm
by auna
Alors voici un petit exercice qui peut aider :
Trouve un endroit calme et
Ressens "je sens que je suis d'accord" et/ou "je sens que c'est juste" (que tu peux reformuler si besoin)
Explore pleinement.
Ensuite
ressens que " je ne peux pas comprendre"
Explore pleinement.
Ensuite
Observe "je sens que c'est juste et ne ne peux pas comprendre"
Ressens ces deux polarités comme parties d'une seule et même "création".
Explore pleinement.
Dis moi ensuite l'effet produit par cet exercie.
Re: Guidance
Posted: Tue Jun 23, 2026 3:01 pm
by Maxime
Ça pointe vers ce que je suis déjà
Re: Guidance
Posted: Tue Jun 23, 2026 5:36 pm
by auna
Dis-en moi plus sur l'effet produit par l'exercice. Explicite s'il te plait.
Question : Qui es-tu ?
Re: Guidance
Posted: Wed Jun 24, 2026 1:30 pm
by auna
Bonjour Maxime,
Je t'adresserais presque un merci pour ta non-réponse. 😀
Je vois que tu traverses une période particulièrement intense. Ce que tu décris — la dissolution progressive du sentiment d’être « quelqu’un », les vagues de pensées sombres, la fatigue, les tensions corporelles, l’impression que tout est insoutenable et en même temps juste — ressemble fortement à ce que beaucoup appellent la Nuit Noire de l’Âme.
C’est une phase où l’ancienne identité est en train de mourir, et où ce qui reste n’est pas encore stabilisé.
Ce n’est ni une punition, ni un échec. C’est un nettoyage profond.
Prochaine étape que je te propose :
Plutôt que de chercher à comprendre ou à faire cesser cette phase, je t’invite à continuer à rester avec ce qui est, mais avec une orientation légèrement différente :
1 Quand les pensées sombres arrivent (« ma vie est de la merde », « je devrais en finir », etc.), au lieu de seulement les observer de loin, demande-toi doucement : → À qui cette pensée apparaît-elle ? → Y a-t-il quelqu’un qui la subit vraiment, ou juste une sensation + une pensée ?
2 Continue à explorer les tensions physiques comme tu le fais déjà, mais essaie d’y rester un peu plus longtemps sans but. Sans attendre que ça passe. Juste « être avec ».
3 Si tu le souhaites, je peux te recommander un texte court et clair sur cette phase précise. Ça peut parfois apaiser le mental en lui montrant que ce que tu vis est connu et a un sens, même si c’est très inconfortable.
Est-ce que tu serais ouvert à lire quelques pages sur la « Nuit Noire » (version contemporaine, pas trop religieuse) ?
Dis-moi où tu en es aujourd’hui et ce qui te semble le plus juste.
Bien à toi
Robert
Re: Guidance
Posted: Wed Jun 24, 2026 8:55 pm
by Maxime
Je suis assez fatigué ce soir, je veux bien lire ce que tu proposes.
Hier soir c'était très agréable, je dansais je chantais. Ça semble si loin, la notion du temps est altérée dans un sens comme dans l'autre.
Je pense lire et me reposer. Ou l'inverse suivant la venue de ta réponse.
Merci Robert
Re: Guidance
Posted: Wed Jun 24, 2026 9:45 pm
by auna
Voici un extrait d’Adyashanti. Il décrit bien ce que beaucoup appellent la Nuit Noire de l’Âme.
Extrait d’Adyashanti (The End of Your World) :
« L’éveil est un processus destructeur. Il n’a rien à voir avec le fait de devenir meilleur ou plus heureux. L’éveil est l’effondrement de tout ce qui est faux. C’est voir à travers la façade des prétentions. C’est l’éradication complète de tout ce que nous imaginions être vrai. Nous devons être prêts à perdre notre monde entier. Cela peut sembler romantique quand on l’entend pour la première fois — “Oh oui, je suis prêt à perdre mon monde entier !” — mais quand ton monde entier commence vraiment à s’effondrer, et que tu commences à émerger d’états de déni incroyablement profonds, c’est tout autre chose. Dans cette phase, tout ce sur quoi tu t’appuyais — tes idées sur toi-même, tes attentes spirituelles, tes stratégies pour te sentir en sécurité ou accompli — tout cela est progressivement retiré. Il peut y avoir une grande sensation de perte, de confusion, parfois même de désespoir. Mais ce qui est en train de se passer, c’est que tu es dépouillé de tout ce que tu n’es pas, afin que ce qui est vrai puisse se révéler. »
Ce que tu vis en ce moment (les tensions, l’agitation mentale, le sentiment que tout est insoutenable, et pourtant cette petite voix qui dit que c’est nécessaire.
Ce que je t’invite à faire avec ce texte :
Lis-le doucement, sans chercher à comprendre intellectuellement. Laisse simplement les mots résonner dans ton corps. Et continue à faire ce que tu fais déjà : rester avec ce qui est présent, même quand c’est douloureux.
Tu n’es pas en train de rater quelque chose.
Tu n’es pas en train d’échouer.
Tu es en plein processus de dépouillement.
Si tu veux, dis-moi comment ce texte te touche (ou ne te touche pas), ou ce qui se passe aujourd’hui dans ton expérience.
Je reste là.
Bien à toi.
Robert
Re: Guidance
Posted: Thu Jul 02, 2026 12:05 am
by Maxime
Bonjour Robert,
Ça me renvoie à cette chose qui n'est pas une chose, que je ne peux nommer.
Et aux sensations du corps, comme si je tombais ou quelque chose se détachait.
Aujourd'hui en méditation, j'ai senti cet espace arrière. Je ne vois rien que je puisse en dire. Il y a eu apaisement.
Merci
Re: Guidance
Posted: Thu Jul 02, 2026 3:40 am
by auna
Bonjour Maxime,
Merci à "toi" pour ce retour,
Ce que tu décris — cette « chose qui n’est pas une chose », que tu ne peux pas nommer, ces sensations de chute ou de détachement dans le corps, et surtout cet **espace arrière** ressenti en méditation avec cet apaisement… c’est exactement ce vers quoi tout cela pointe.
Tu n’as rien à en dire, et c’est parfait ainsi. Les mots deviennent inutiles à un certain stade. Ce qui compte, c’est que tu sentes cet espace. Cet arrière-plan silencieux, stable, qui est là même quand les sensations de chute, les tensions ou les pensées apparaissent.
Petite invitation pour la suite :
Quand tu ressens à nouveau cet « espace arrière », essaie simplement d’y rester un peu plus longtemps.
Pas besoin de le saisir,
N’essayes pas de comprendre.
Ne cherche pas non plus de trouver quelque chose. (Débranche celui qui cherche s’il est encore actif).
Juste le remarquer, accueillir et laisser tout le reste (les sensations de chute, les pensées, les émotions) apparaître et disparaître « dans » cet espace.
C’est comme si tu passais progressivement de « je suis celui qui tombe / qui souffre / qui se dissout » à « il y a une chute, il y a des sensations, et tout cela apparaît dans quelque chose de plus vaste ».
Tu n’as pas à faire d’effort pour que cela arrive.
Laisse cet espace te montrer lui-même ce qu’il est.
Bien à toi
Robert