1 Y a-t-il un moi, quelque part, de quelque manière ou forme que ce soit ? Y en a-t-il jamais eu un ?
Non. Il n’y a pas de moi, nulle part, sous aucune forme tangible.
Il y eut la conviction de son existence : une identification à des traits de caractères, physiques, des événements, des dates, des numéros,… Rien qui ne puisse finalement être relié a la réalité d’un moi autonome. Au final, juste une pensée. Harcelante et invasive, mais juste une pensée.Et une fois reconnue en tant que telle, elle n'apparait pour ainsi dire plus
2 Explique en détail ce qu'est l'illusion d'un moi séparé, comment elle apparaît et comment elle fonctionne (comment en arrive-ton à se prendre pour un "moi" ?).
L’illusion est imposée très tôt. Même pas certain qu’un bébé ait vraiment le temps d’expérimenter une sensation d’espace quelle qu’elle soit. La barre des attentes est immédiatement placée haut. Ensuite, c’est « affirme-toi », « montre ta personnalité », « soit fort », « ne te dévalorise pas », « tu es le meilleur »… Comment ne pas le croire, surtout si c’est papa qui le dit...
La roue de l’illusion moi a déjà commencé à bien tourner. Quelques blessures plus tard et avec l’aide de deux, trois mécanismes de défenses bien rodés, elle a acquit sa propre cinétique, s’infiltre partout, injecte sa coloration dans toutes les sensations : Au mieux, l’illusion se trompe, au pire ment, puis interprète trompeusement son erreur de départ et ensuite projette là-dessus. Et toute la vie se construit sur ce mode morbide.
Mais tôt ou tard, on sent bien que quelque chose sonne faux et on se jette dans les addictions, le travail, les divertissements ou la spiritualité.
Et c’est là que le système montre la perfection de sa simplicité et de son efficacité. Parce que conditionné dès le biberon à l’illusion du moi, on cherchera toujours une solution en forme de « plus de » qui n’aboutira jamais nulle part hors de l’illusion. Parce que la sortie du vortex exige seulement « moins de » et surtout un « moins de » en forme d’annihilation de l’illusion du moi.
Ceci fait, toute cette construction fallacieuse tombe en poussières instantanément.
Se révèle alors un espace illimité, une conscience douce, une perception pure et non polluée, une lenteur attentive : les choses se dansent et se déroulent comme un mouvement de tai-chi.
3 Comment est-ce de voir cela ?
Une stupéfaction absolue. Puis un soulagement indescriptible. puis de l'emerveillement
4 Comment décrirais-tu cela à quelqu'un qui n'en a jamais entendu parler ?
J’utiliserais une analogie (la compréhension du moi, la pensée je, etc… sont déjà ardus quand on a décidé de les déterrer. Alors si on n’en a jamais entendu parler…). Et je reprends celle qui est venue à l’esprit le 25 juin.
C’est comme si un iceberg (tellement convaincu de son statut de banquise et de sa solidité) sous l’effet d’un rayon de soleil faisant fondre un peu de gel, prend soudainement conscience qu’il est de la même nature que l’eau dans laquelle il flotte depuis des années : Sa tête!
il EST l’océan et son immensité. Il reste toujours un iceberg et continue de dériver mais il est à présent relié à ce qu’il est depuis toujours et a mis fin à l’illusion d’être…un iceberg !
5 Quel a été le déclic qui t'a fait basculer, qui t'a fait voir cela ?
3 choses :
-Une simple phrase dans le forum qui a désagrégé quelque chose de « sclérosé », pour faire place a une « fluidité », une compréhension que toute chose se fait de soi-même.
-le saisissement que j’ai éprouvé quand je me suis rendu compte de l’énergie que j’avais utilisée à alimenter l’illusion du moi en faisant des efforts imbéciles durant un mois, à vouloir comprendre mentalement qu’il n’existait pas !
-la réalisation que je ne suis pas « joelle », sans savoir si je suis autre chose, et sans que cela aie la moindre importance
"je" vient ici rendre les armes!
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