Bonsoir Gaëlle,
J'ai vraiment cru être " parvenu" à Etre simplement et cet évènement me fais douter.
C'est quelque chose qu'on peut ressentir là maintenant...
mais... demain est un autre jour :-)
Pour résumer j'ai trahi la confiance de quelqu'un sans faire exprès, sans intention de nuire et celle çi l'a très mal vécu ... et j'ai vraiment ressenti de la culpabilité ! Et le vécu n'a pas été tranquille du tout !
En quoi est-ce un problème ?
Ce n'est un pb que dans le refus de ce qui est, la résistance à ce qui advient : le ressenti de culpabilité, l'agitation momentanée, un sentiment d'insécurité...
Et à un moment voyant que je ne pouvais pas échapper à cette culpabilité et cette tristesse j'ai " accepter de les vivre pleinement, de me sentir mal, de le ressentir dans le corps et de lui laisser la place. De toute façon il n'y avait plus de force pour lutter alors... j'ai laissé être ça !
Oui, bon réflexe :-)
Effectivement, il n'y a pas de contrôle, c'est déjà une bonne raison d'accepter ce qui se passe.
Et quel risque y a-t-il de se laisser traverser par ces affects, ces sensations ? Quelqu'un est en danger ?
j'ai " accepté de les vivre pleinement, de me sentir mal
"me sentir mal" : Y a-t-il réellement un "je" qui se sent mal ou juste "diverses manifestations : sensation désagréable, diverses tensions, somatisation, affects qui se succèdent et passent..." ?
Peut être une prise de conscience que ce ne sera jamais tranquille, que tout bouge , passe, arrêter de vouloir la paix, la tranquillité à tout prix.
Tout à fait...
Te cramponner à une recherche de tranquillité arme le stress et la tension. C'est de la tension potentielle car ça s'oppose à la nature de la vie qui est changement continuel .
L'acceptation te place dans un espace où passent des affects, des sensations, des contractions... qui ne sont en fait que des symptômes passagers (que tu peux questionner tranquillement à partir de là pour en comprendre l'émergence...). Cet espace est un espace préservé, qui était là, est là, sera là une fois l'agitation passée...
C'est le sens de la métaphore connue de l'écran de cinéma sur lequel s'affiche toutes les histoires, les drames, les joies, mais n'est jamais modifié par ce qui est projeté.
La non acceptation ajoute la double peine de la résistance (vaine) à ce qui est aux affects qui passent (et qui ne sont pas contrôlables)
Paradoxalement le vécu a été très dur
Dur en quoi en fait ?
Aujourd'hui c'est plus calme, je suis même surprise de l'accroche que certaines émotions ou ressenti corporel ont. Et en même temps personne n'a choisit ce vécu et ça c'est vu ( sinon je choisirai des trucs plus sympas à vivre).
Oui, tout passe...
Non, pas de choix, pas de contrôle.
Je ne sais plus trop, par moment c'est collé à l'émotion sans recul et par moment c'est vu ou vécu plus " à distance" en tout cas sans quelqu'un pour le vivre. Pourquoi un jour collé et un autre jour détaché ? Et d'ailleurs la question n'a pas de sens il n'y a pas de pourquoi , il y a ce qui est là, ce qui se présente et c'est tout.
Si, la question est légitime, pourquoi pas ? Elle permet d'ouvrir sur une compréhension de ce qui se passe... C'est pas spécialement marrant de passer dans une machine à laver de temps en temps :-)
Si tu questionnes les émotions, le stress du moment, tu trouveras diverses peurs associées à des pensées, des croyances (fausses, mais y accorder foi génère des affects désagréables) :
"Je suis rejetée" (et donc ça m'est insupportable parce que j'ai besoin d'approbation, de reconnaissance. Quel est ton besoin d'approbation ?), "Je suis nulle", identité dégradée, "On ne peut pas me faire confiance"... (je suggère, mais tu es la mieux placée pour questionner et écouter ce qui remonte : quelles pensées, quelles peur sont associées aux ressentis désagréables de cette situation)
Les affects sont un sous-produit des croyances, ils ne touchent que la "croyante" : celle qui est agit par différentes croyances (sources de sécurité), contredites par les circonstances à un moment donnée (et là c'est le drame :-) )
Et plus il y a de peur, d'enjeux et d'inconscience de ce qui se joue (des attentes qui sont touchées, menacées), plus tu colles au personnage agité de stress et d'affects/pensées.
Après, en questionnant honnêtement la situation, sans peur d'avoir le mauvais rôle, peut-être que ça va plus loin : tu avais peut-être un compte à régler avec la personne, et c'est une sorte d'acte manqué. Peut-être avait-il une volonté de blesser inconsciente... :-)
Thierry