Bonsoir Jean-Etienne,
Merci pour ta réponse rapide et circonstanciée.
Je ne suis pas certain qu'il n'y ait pas un problème de confiance. OK tu as toujours tout réussi ; mais là tu échoues, semble-t-il :-) (PS : C'est une bonne nouvelle ;-))
Si tu es si sûr que cela de réussir, pourquoi ce désespoir ?
Ton discours commence à ressembler étrangement au discours de mon maître yoga: il n'y a rien à faire, tu es déjà cela
Oui les discours se ressemblent... Je préfèrerai dire : il n'y a pas de moi qui puisse faire ou ne pas faire quelque chose. Alors la question de faire ou de ne pas faire ne se pose pas.
Et puis nous ne cessons pas de répéter : regarde.
Sauf qu'en réalité, ce n'est pas le moi qui regarde : il n'y en a pas ;-)
Oui, pourquoi tout ce yoga, pourquoi toute cette démarche ? C'est une excellente question et je te la retourne. Prends le temps de regarder au plus profond et de répondre, veux-tu ?
S'il n'y avait pas d'autre but que de connaître la vérité ou de se faire plaisir en suivant son élan comme d'autres sautent en parachute ou mangent une glace, continuerais-tu ?
Le moi n'est pas libéré et ne le sera jamais : il n'y en a pas ;-)
Ce qui Est n'a pas à être libéré, Il n'a jamais été emprisonné, sauf en APPARENCE.
Le regard montre l'apparence et dévoile la réalité. C'est tout.
Mais tu attends tellement ! Ce n'est pas un reproche, j'attendais moi aussi énormément, comme bien d'autres. C'est simplement habituel.
Je me sens souvent con face à ce discours, con de penser qu'il y a une libération quand on me dit que je suis déjà libéré. Frustrant frustrant frustrant!
Sentiment d'insuffisance, d'incapacité, d'impuissance... Fondés sur des pensées du type : je devrais... ; si...
Regarde. Ce ne sont que des pensées qui "colent", auxquelles il est "cru".
Je m'attends à ne plus être victime de mes pensées, de mes émotions. Je m'attends aussi oui à retrouver cette légèreté extrême que j'ai déjà vécu. Je m'attends à une paix stable et permanente.
Deux choses :
1. Ce sont des attentes, liées au refus de ce qui arrive tel que ça arrive. Peux-tu regarder le refus, les attentes et les déposer ?
2. "Je suis victime de mes pensées de mes émotions" présuppose l'existence d'un moi, un moi qui pense et a des émotions dont il est responsable, dont il pourrait se débarasser.
Ca fait beaucoup !
Qu'est-ce qui te permet d'affirmer qu'il y a un moi ? Et qu'en plus les pensées et les émotions sont dues à lui, qu'il en est responsable ?
Ce serait déjà bien beau mais si seulement je pouvais la faire durer.
Personne ne peut faire durer la paix. La bonne nouvelle est que tu peux cesser tout de suite d'essayer ;-)
LA paix EST, de fait. Regarde. La crées-tu lorsque tu déposes les pensées ou bien se révèle-t-elle ?
Est-elle déjà là, en fond, même lorsque tu es tourmenté ou apparaît-elle, n'est-elle qu'une expérience qui s'en va et s'en vient ? Est-ce que ce qui change c'est la perception donc l'expérience de la paix ou est-ce que la paix va et vient ?
Regarde attentivement. Et si la paix s'en va et s'en vient, est-elle désirable ? Comment pourrais-tu la faire durer ? Et comme tu le dis, tu ne peux pas être ce qui change, donc tu ne serais pas la paix même ?
En vérité je ne crois pas qu'il n'y ait que ça. J'ai trop entendu de beaux discours sur les autres dimensions, sur les visions d'anges, les auras, devenir tout, devenir rien, etc. Comment puis-je penser maintenant qu'il n'y a que la paix?
Vois-tu Jean-Etienne, tes croyances t'emprisonnent.
Peux-tu les regarder pour ce qu'elles sont, des pensées auxquels il est cru ? Que se passe-t-il alors ?
Tout ce dont tu parles, lorsque ça vient, s'en va un jour. Ce n'est pas ce que tu es. Ce ne sont que des expériences, comme tu le soulignes.
Ne pense pas qu'il n'y a que la paix. Ce n'est aussi qu'une pensée, qui va et vient, elle aussi.
Cette paix qui demeure dès que les pensées sont vues et déposées, que lui manque-t-il ? Que te manque-t-il à ce moment PRECIS ?
En vérité il ne manque rien dans ces moments.
Eh oui ! Alors ? Pourquoi chercher autre chose puisqu'il ne manque rien ?
Vois-tu le poids des attentes ? Au fait, apportent-elles quelque chose de positif ?
Oui, tu regardes les pensées, tu les déposes, il en apparaît d'autres. Tu les déposes, etc.
Et comme tu le constates, tu n'as aucun pouvoir sur l'apparition de ces pensées. Ni sur le fait qu'à un moment cela est "tannant" et que ça arrête de regarder pour passer à autre chose. Est-ce que ce sont tes pensées ? Ou bien ne font-elles qu'apparaître, de même que les sensations corporelles ?
Et si tu cessais d'en faire une "histoire", comme tu le fais généralement pour la plupart de tes sensations ?
Qu'est-ce qui te gène dans le fait d'être bien ancré dans Jean-Etienne ? Quelle attente se révèle, là ?
Tous les états émotifs et mentaux négatifs évidemment. Attente de libération et de toutes les promesses qui viennent avec mais surtout, dans un premier temps, se libérer de la déprime qui revient toujours un jour ou l'autre. J'ai toujours eu oui beaucoup d'attentes envers tout, c'est l'histoire de ma vie.
Et si tu acceptais que les états mentaux négatifs ne disparaissent pas ? Et si tu abandonnais tes espoirs d'un futur meilleur, fondé sur des "on-dits" passés ?
Qu'est-ce que le passé ? Qu'est-ce que le futur ? Sont-ils là, maintenant ? Ou bien apparaît-il 'lidée d'un futur ? Celle d'un passé ?
Y a-t-il autre chose que le refus de ce qui arrive qui fait naître la déprime ?
Regarde le refus, l'idée du futur, les espoirs, les attentes, etc.
Ce ne sont que des pensées qui vont et viennent...
Rien à voir avec ce que tu es ;-)
Il a suffit d'un événement banal hier pour me faire passer d'un état joyeux à un état dépressif, c'est décourageant quand je pense à toutes ces démarches, toutes ces recherches, toutes cette "progression" (haha! c'est risible!) spirituelle depuis 3 ans
Eh oui ! Un événement et un "collage" aux pensées associées, qui se fait de lui-même. Sans choix. Le constates-tu ?
Alors un refus apparaît qui en rajoute une couche. Une histoire, une histoire sur une histoire, la croyance en ces histoires. Où est moi dans tout cela ? Y en a-t-il un ? Quel serait son pouvoir s'il existe ?
La progression va et vient. Ce n'est elle aussi qu'une expérience. Rien à voir avec ce que tu es :-)
Tu peux arrêter tout de suite de la rechercher ;-)
Si tu le veux bien, ne reste pas silencieux trop longtemps, les pensées prennent souvent plus de force quand on est seul dans son coin
Dans le Coeur
Gérard