D'accord. C'est comme les bons ragoûts: plus ça mijote, meilleur c'est.Paul, un peu plus bas tu trouveras un exercice. Ne te sens pas obligé de le faire en une seule journée. Si tu veux regarder ça pendant quels jours fais-le. Il faut parfois que ça mijote.
Yoga: bon sang mais c'est bien sûr !Joindre, jonction, joug, tous des mots étymologiquement reliés au mot yoga. Par contre, c'est joindre ce qui n'a jamais été séparé, et ce, dans le non faire, le non effort. C'est Voir la non séparation de tous les éléments de l'expérience, de ÇA.Intéressant ce mot 'jonction': à la fois action, état et lieu. Il faut réaliser la jonction !
Voir: "réaliser" la jonction, c'est justement réaliser que ce n'est pas à faire. La jonction est déjà réalisée, ou plutôt elle se réalise: elle est cet état, ce lieu, ce mouvement où tout se joint. Il n'y a rien à joindre. Tout est joint dans le ÇA. C'est ÇA la jonction.
Mais (Bhagavad Gītā), yogasthaḥ kuru karmāṇi: Établi dans le yoga, fais ce qui est à faire.
Ou: dans la jonction du ça, laisser l'action se faire ?
C'est bien que tu me dises ça. Histoire de ne pas avoir encore d'attente d'un ressenti permanent.C'est tout à fait normal de le pas le ressentir en permanence. Nous ne sommes pas à la recherche d'une expérience, ou un ressenti permanent. Par contre, chaque fois que tu y reviendras, la conclusion sera la même. Et si tu explore d'autre sens ou d'autre éléments de l'expérience, la conclusion sera aussi la même. Pas de séparation. Ça respire, ça bouge, ça pense, ça prend des décisions, ça vit...sans 'je' qui soit présent pour le faire.
ok. C'est toi le guide...Le choix et libre arbitre ensuite?
Ce que je voulais dire c'est justement que dans le ça, il n'y a plus de question.Alors la question est : qu’est-ce que c’est que ça?La question du sens ne se pose... que s'il y a une question.
Si je devais absolument donner une réponse, je dirais que c'est à la fois l'impression et l'expression de la vie.
Logique contraposée. Je crois qu'on ne partage pas que le Zen :)Cette phrase pour moi devient : Je suis donc je pense. ;)Et comme dirait Descartes, no cogito ergo no sum: si je ne pense pas, je ne suis pas.
Aujourd'hui je dirais: je suis donc je cherche.
Là, je crois que tu as vraiment touché la corde sensible. Et j'ai "réalisé" des tas de choses...Tout ce qu’il y a à faire c’est de desserrer le poing. Il ne faut pas rajouter une couche en essayant de comprendre pourquoi tu cherches à comprendre :) Desserrer le poing c’est lâcher prise de vouloir comprendre et d’être simplement présent avec ce qui est.Un Paul qui ne cherche pas à comprendre, je ne sais pas ce que c'est.
L'observation n'est que la première étape de la compréhension. Observer c'est rendre la réalité observable, intelligible. C'est déjà vouloir comprendre (et ne pas accepter la réalité telle qu'elle est). Vouloir sens.
La racine du mal est dans ce vouloir, et la racine du moi c'est la quête. Quête de sens, du bonheur, de soi, du non-soi... et même quête de la quête. Un être en quête, qui en-quête sur la vie à la recherche d'un mobile ou, qui sait, d'un coupable. Lui-même ?
La quête du sens n'a pas de fin. Seule l'existence est sa propre essence. Il n'y a rien à comprendre parce que c'est déjà "compris". Tout est compris dans l'expérience de la vie. Tout est là. Le ça est sens.
Un Paul qui ne cherche pas... n'est pas! La fin de la quête, c'est la fin du moi.
Le moi n'est pas une erreur, c'est une errance. Le je est en jeu. Être "en je", c'est être "en des errances". Il ne suffit pas de réaliser l'erreur, il faut arrêter l'errance. Arrêter la quête. Rester dans la présence.
Juste être, être sans errer. Être a-erré. Allez le moi, de l'air !
Être sans fin (sans quête, sans finalité) c'est être sans fin (sans limites). C'est finalement être libre.
Ok, j'arrête. Juste desserrer le poing...
A+
Paul

