Un bout de chemin

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OLYVER13
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Re: Un bout de chemin

Postby OLYVER13 » Fri Apr 08, 2016 11:48 pm

Bonjour Frédéric,

Merci d'avoir prévenu pour ce WE.
Mental, ..., illusion ?
Expérience directe, ..., réalité ?
C'est difficile de démêler en continu ces deux choses que j'ai tricoté ensemble depuis longtemps.
Ce que l'on appel le mental, le perçois tu ? le ressens tu ? existe-il ? Avec l'expérience directe est-ce que tu le perçois ?
Toujours revenir à ce qui est vivant là ici et maintenant. Revenir à la perception de l'instant présent !
Les pensées ne font absolument rien changer de ce qui est.
Exactement, des commentaires qui ne changent rien. On pourrait dire qu'il y a un apprentissage à voir les pensées pour ce quelles sont uniquement.
... je la regarde de loin, différente, lointaine, de moi. Il n'y a aucune sensation

Tu veux dire qu'il n'y a pas de sensation du toucher mais voir est une sensation, perception ?
Distance ? Qu'entends tu par distance ?
Je reviens sur ta question d'un message précédent. Je te propose de voir qu'il n'y a qu'une seule chose perception.
Il n'y a aucun observateur qui observe ce qui est.

S'il y a un observateur et un observé, peux tu distinguer les deux où est situé l'un, où est situé l'autre ? où est la frontière entre les deux ?
Un objet par exemple est perçu mais vois tu quelqu'un qui perçoit ?
Je peux être sur le tapis et ne faire que penser au tapis
Y a-t-il vraiment une alternative possible ? vérifie si tu peux choisir entre percevoir cela ou autre chose ? vérifie si tu peux penser au tapis ou bien tu perçois une pensées qui te raconte quelque chose sur le tapis ?

Y-a-t-il véritablement un choix possible a ce qui est ? est-ce qu'il y a décision possible ou tout se déroule tout seul ?

Il faut du temps pour que les pensées soient vues pour ce qu'elles sont, c'est normal. On peut dire que prendre conscience de chaque concept, chaque idée, chaque pensée puis voir ce qui reste si on laisse passer ces pensées, prends du temps.

A bientôt et bon WE
Olivier
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Re: Un bout de chemin

Postby Federipheric » Wed Apr 13, 2016 11:10 pm

Réponse

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Re: Un bout de chemin

Postby Federipheric » Thu Apr 14, 2016 2:17 am

Bonjour Olivier,

Je dois être très fatigué ou vraiment handicapé du clavier.

Je viens de passer deux heures à essayer de répondre aux questions de ton dernier message, pour me rendre compte que tout s'est évaporé !

La bonne nouvelle, c'est que les choses ne se sont évaporées que sur le site LU.
Au fond, petit à petit, merci de m'aider à détricoter ce qui est pensé de ce qui est la réalité.

Je ne vais pas recommencer ce soir à clipoter ce qu'était le message

Je vais faire un bon gros dodo et te dis à bientôt,

Frédéric

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Re: Un bout de chemin

Postby OLYVER13 » Thu Apr 14, 2016 10:15 am

Bonjour Frédéric,

Je te laisse reprendre le fil et répondre aux questions une fois que tu seras reposé.

à très bientôt
olivier
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Re: Un bout de chemin

Postby Federipheric » Thu Apr 14, 2016 12:52 pm

Bonjour Olivier,

Ce site a du bon.
Il m'apprend, entre autres, à être très calme et très patient.
Je viens à nouveau de perdre ma réponse.

Je recommence, ..., donc, ..., pour la troisième fois.
Mon premier mouvement a été de me dire : "3 heures de perdues". En fait, pas du tout. Ce ne sont que 3 heures de plus à détricoter 50 ans de tricotage et d'emberlification des pensées avec les sensations et les perceptions. Lorsque j'aurais répondu pendant 50 ans aux même questions du mail que tu a posté Vendredi dernier (pas sur que tu sois encore là dans dans 50 ans, et réciproquement), je n'aurais fait, au fond, que détricoter pendant ce temps là ce que j'ai tricoté sans le savoir pendant 50 ans. C'est la première fois que je me dis que j'ai passé ma vie à faire du tricot !
... je la regarde de loin, différente, lointaine, de moi. Il n'y a aucune sensation


Tu veux dire qu'il n'y a pas de sensation du toucher mais voir est une sensation, perception ?
En fait, j'ai pensé, et j'ai donc écrit, "je la regarde", mais je ne regardais pas du tout.
Ce que je faisait était d'imaginer le pylône, sans le regarder. Je le visualisait par la pensée, et je pensais donc le "regarder".
Un "faux regard", basé sur aucune sensation, aucune perception.
Le résultat de 50 ans de tricotage, mêlant joyeusement sans même en avoir conscience, les pensées et la réalité. Un mélange subtil ou la sensation semble parfois rejoindre la realité, ou inversement. En visualisant le pylône, sans le regarder, et en me levant pour aller le toucher, je peux très facilement me dire que, oui, effectivement, ce que j'ai d'abord visualisé simplement par la pensée, c'est bien la réalité, puisque je me suis levé, et je le touche maintenant. Je suis un peu comme le chien de Pavlov. Mon esprit me sonne (une pensée - la cloche pour le chien) et je je prend cela pour la réalité (quelque chose de véritablement ressenti et perçu - le déjeuner du chien). Tous les jours, mille fois par jour, j'ai tricoté ce lien "Pensée-Réalité". Merci de m'aider à détricoter.

Pour répondre à ta question, oui, bien sûr, voir, vraiment, est une sensation, perception. Quand je parle de voir une réalité. Mais quand je mélange la pensée et la réalité, je peux, parfois décrire "voir" comme n'ayant pas de sensation. Mais j'utilise le mauvais mot pour décrire mon expérience. Je détricote.

Ce que l'on appel le mental, le perçois tu ? le ressens tu ? existe-il ? Avec l'expérience directe est-ce que tu le perçois ?
Toujours revenir à ce qui est vivant là ici et maintenant. Revenir à la perception de l'instant présent !
Non
Je reviens sur ta question d'un message précédent. Je te propose de voir qu'il n'y a qu'une seule chose perception.
Il n'y a aucun observateur qui observe ce qui est.

S'il y a un observateur et un observé, peux tu distinguer les deux où est situé l'un, où est situé l'autre ? où est la frontière entre les deux ?
Un objet par exemple est perçu mais vois tu quelqu'un qui perçoit ?
Quand je perçois, il n'y a pas de pensée. Juste une perception. La perception est une continuité. Il y a une situation, qui est une relation. Il n'y a pas d'objet qui soit plus la relation ou moins la relation l'un que l'autre. Il y a juste la relation. Je crée un objet en le pensant, en le projetant loin de "moi" qui apparait par ma pensée. En pensant la situation je créé à la fois "moi" et l'objet, à distance de "moi". La pensée m'éloigne de la réalité. Ce n'est pas tout à fait ce que j'apprends à tricoter depuis 50 ans ! La tendance serait plutôt à voir les choses à l'inverse. En quelque sorte, le monde cherche à contrôler la réalité par la pensée (peur de quoi ? Mourir ?). Sans jamais y arriver. Drôle d'illusion générale qui vient se loger sans que l'on y prenne garde dans l'infinie multitude de nos petites actions de tous les jours.
Y a-t-il vraiment une alternative possible ? vérifie si tu peux choisir entre percevoir cela ou autre chose ? vérifie si tu peux penser au tapis ou bien tu perçois une pensées qui te raconte quelque chose sur le tapis ?

Y-a-t-il véritablement un choix possible a ce qui est ? est-ce qu'il y a décision possible ou tout se déroule tout seul ?
Il est possible de choisir d'avoir un peu plus conscience de percevoir ceci ou cela (le contact avec la chaise, ou la lumière de la lampe). De mettre l'accent sur une perception. Mais je n'ai aucun choix sur la perception elle même. Même si je peux éventuellement, à force de concentration sur un point particulier, percevoir plus "richement "une perception. Mais je ne peux choisir ce que je ressent, ce que je perçois. Je perçois juste ce qui est.
Je ne dirais peut être pas pas que tout ce déroule "tout seul" (je ne voit d'ailleurs pas très bien ce que tu veux dire par là), mais sûrement que je ne contrôle pas la manière dont cela se déroule.

Je vais sur le tapis, essayer de "penser au tapis".

Je ne peux pas "penser au tapis". Je ne sais pas penser le tapis tel qu'il est vraiment. La pensée ne fait qu'imaginer le concept de tapis que j'ai moi-même créé. Par la pensée, je crée à la fois le tapis pensé et le "moi" pensé, qui tout deux n'existe pas réellement ! J'ai donc créé "l'histoire du tapis". Je n'ai aucun moyen, par exemple, de connaitre par la pensée la réalité de l'enveloppe extérieure du tapis, que j'ai imaginé comme étant "le tapis". Il me faudrait pour cela corréler le tapis "pensé" avec la réalité, sentir et percevoir cette enveloppe. Ce qui ajusterais "l'histoire du tapis" avec la "réalité du tapis" mais qui reste cependant une "histoire ajustée". Je ne pourrais jamais penser "la vraie histoire du tapis", qui sera toujours différente de la réalité, même si je l'ajuste constamment. Pour appréhender le tapis tel qu'il est, je ne peux que l'accepter tel qu'il est, sans le simplifier par une pensée qui ne le voit jamais tel qu'il est.
Je détricote.
Il faut du temps pour que les pensées soient vues pour ce qu'elles sont, c'est normal. On peut dire que prendre conscience de chaque concept, chaque idée, chaque pensée puis voir ce qui reste si on laisse passer ces pensées, prends du temps.
50 ans de tricotage pensée<=>réalité.
Bonne nouvelle, aujourd'hui, le temps passe.

Je me demande si tu es assis sur une chaise roulante (pas obligatoirement électrique et pour handicapé, peut être juste une chaise de bureau), un fauteuil, un rocking chair, un tabouret, ou debout, ou allongé sur le ventre, le dos ou le côté, à Paris, à Marseille, à Besançon, à Arcis-le Ponsart, à Barcelone, à Aix-la Chapelle, ou ailleurs (vraisemblablement), sur une terrasse au soleil, à l'ombre d'une tonnelle, à un bureau, dans un jardin, public ou pas public, ... .
Ou que ce soit, excellente journée, ensoleillée (ou pas) de l'extérieur comme de l'intérieur.

Frédéric

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Re: Un bout de chemin

Postby OLYVER13 » Fri Apr 15, 2016 6:41 am

Bonjour Frédéric,

Je te réponds ce soir, belle journée.

bien à toi
olivier
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Re: Un bout de chemin

Postby OLYVER13 » Fri Apr 15, 2016 11:33 pm

Bonsoir Frédéric,
En fait, j'ai pensé, et j'ai donc écrit, "je la regarde", mais je ne regardais pas du tout.
Ce que je faisait était d'imaginer le pylône, sans le regarder. Je le visualisait par la pensée, et je pensais donc le "regarder".
Essaie de revenir aux perceptions aussi souvent que possible et de "plonger" dans ces perceptions.
Je te propose de faire un petit exercice et de t’allonger sur un tapis et de plonger dans la perception du contact avec le tapis. Par exemple uniquement se focaliser sur le contact entre une main et le tapis et ensuite uniquement un doigt et le tapis. Appuie avec ce doigt sur le tapis, juste se focaliser sur un point de contact. Je te propose de fermer les yeux pour aider à se focaliser sur la perception du toucher de ce point.
Quelle est la distance entre toi et la perception ? si les pensées arrivent, laisse les passer et focalise toi sur cette distance entre toi et cette perception. y a-t-il une distance entre ce qui perçoit et la perception du contact ? si oui de combien est cette distance ?
Ensuite fait le même exercice avec une autre partie du corps en contact avec le tapis (le dos, la tête ...) et réponds aux mêmes questions.
Je ne dirais peut être pas pas que tout ce déroule "tout seul" (je ne voit d'ailleurs pas très bien ce que tu veux dire par là), mais sûrement que je ne contrôle pas la manière dont cela se déroule.
Est-ce différent entre "le non contrôle de la manière dont les choses se déroulent" et "cela se déroule tout seul" ?
Il est possible de choisir d'avoir un peu plus conscience de percevoir ceci ou cela
Je te propose un petit exercice : Tu vas me raconter ce que tu perçois précisément lorsque tu tapes sur le clavier une réponse à une de mes questions.
Tu vas écrire une phrase avec le clavier puis tu me raconte ce que tu perçois en détail. Tu peux "ralentir" jusqu’à te concentrer sur le mouvement du doigt qui vient frapper une touche. Que perçois-tu dans l'expérience directe SANS faire appel aux pensées ? As tu décidé que le doigt frappe cette touche ou perçois-tu le contact du doigt sur la touche et la lettre qui apparaît sur l’écran, le toucher des coudes sur le bureau, les pieds au sol, perçois tu une décision ou fais tu un constat après coup ? regarde bien sans faire appel aux pensées que vois tu ?
Je ne peux pas "penser au tapis". Je ne sais pas penser le tapis tel qu'il est vraiment. La pensée ne fait qu'imaginer le concept de tapis que j'ai moi-même créé. Par la pensée, je crée à la fois le tapis pensé et le "moi" pensé, qui tout deux n'existe pas réellement ! J'ai donc créé "l'histoire du tapis". Je n'ai aucun moyen, par exemple, de connaitre par la pensée la réalité de l'enveloppe extérieure du tapis, que j'ai imaginé comme étant "le tapis". Il me faudrait pour cela corréler le tapis "pensé" avec la réalité, sentir et percevoir cette enveloppe. Ce qui ajusterais "l'histoire du tapis" avec la "réalité du tapis" mais qui reste cependant une "histoire ajustée". Je ne pourrais jamais penser "la vraie histoire du tapis", qui sera toujours différente de la réalité, même si je l'ajuste constamment. Pour appréhender le tapis tel qu'il est, je ne peux que l'accepter tel qu'il est, sans le simplifier par une pensée qui ne le voit jamais tel qu'il est.
Reviens à l'expérience directe encore et encore qu'est-ce qui est de l'ordre de la perception des sens ? qu'est-ce qui de l'ordre de la pensée ? Regarde ce que tu as écris et décompose le texte pour distinguer les deux (perçu avec les sens et perçu par la pensée)
pensée<=>réalité
L'habitude de ce qui est "surajouté" par la pensée. Prenons un exemple : lorsque tu manges quelques chose que se passe-t-il, il y a la perception du goût : c'est doux, dur, acide, etc ... puis il y a "c'est bon", "c'est mauvais", "c'est sucré", "c'est salé" ... etc. La perception du goût te dit-elle "c'est bon" ou "c'est mauvais", fait l'expérience ?

A bientôt,
Olivier
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Re: Un bout de chemin

Postby Federipheric » Sat Apr 16, 2016 10:23 pm

Bonsoir Olivier,

Je répond demain.

A demain,

Frédéric

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Re: Un bout de chemin

Postby Federipheric » Sun Apr 17, 2016 4:08 pm

Bonjour Olivier,

Je vais séparer ma réponse en deux.
Maintenant je répond à certains points qui ne nécessitent pas le tapis.
Et puis, ensuite, j'irais sur le tapis.
Ce qui sera l'occasion d'une deuxième vague de réponse.
Est-ce différent entre "le non contrôle de la manière dont les choses se déroulent" et "cela se déroule tout seul" ?
Pas du tout. Aucune différence.
Ce que je voulait dire, c'est que les choses se déroulent bien en fonction de quelque autres choses (donc pas véritablement "toute seule"), même si ce n'est pas dans mon contrôle ou ni même de ma conscience.
Je te propose un petit exercice : Tu vas me raconter ce que tu perçois précisément lorsque tu tapes sur le clavier une réponse à une de mes questions.
Tu vas écrire une phrase avec le clavier puis tu me raconte ce que tu perçois en détail. Tu peux "ralentir" jusqu’à te concentrer sur le mouvement du doigt qui vient frapper une touche. Que perçois-tu dans l'expérience directe SANS faire appel aux pensées ? As tu décidé que le doigt frappe cette touche ou perçois-tu le contact du doigt sur la touche et la lettre qui apparaît sur l’écran, le toucher des coudes sur le bureau, les pieds au sol, perçois tu une décision ou fais tu un constat après coup ? regarde bien sans faire appel aux pensées que vois tu ?
D'abord, pour répondre à ta question, je la lis.
Je vois l'écran.
Je déchiffre.
Je comprend les mots que tu écrits.
Je me dis que c'est une bonne idée.
Je me met à écrire la réponse.
Jusque là, j'ai essentiellement fait appel aux pensées, même si j'ai déjà clipoté sur le clavier.
Si je ne fais appel à aucune pensée, il ne se passe rien.
Je n'ai pas besoin de te répondre.
Mon bras ne va jusqu'au clavier pour te répondre que pour te répondre.
Il y a donc bien une pensée qui me dis : "Répondre", qui initie le mouvement des mes bras, mains, doigts, yeux, ...
Sinon mes bras restent là, sur la table, avec ma main, mes doigts, les yeux fermés.
Il n'y a aucune volonté naturelle spontanée pour répondre à ta question.
Quand même, à un moment, mes bras, mains, doigts se mettent en mouvement pour te répondre.
Ou ne pas te répondre.
Ca peut durer assez longtemps de ne pas te répondre.
Pourquoi, à un moment, je te répond ?
Tu m'as posé une question, je l'ai lue, interprétée, et elle me fait agir à te répondre (plutôt qu'à aller acheter un jet-ski, ou téléphoner à un ami pour aller au cinéma).
Qu'est ce qui a décidé que je devais te répondre ? Ou ne pas te répondre.
Le fait que tu aies posé la question.
J'ai bu trop de thé.
Pause.
Qui décide ?
Ma vessie, une sensation qui me dit : "Stop avant innondation"
Je reviens.
Il fait froid.
Je met une couverture sur les épaules.
Je vais ralentir et pianoter la réponse.
Je vois la touche "L".
Mon doigt se dirige toute seule vers la touche "L".
L. Sais pas pourquoi j'ai mis une majuscule.
Mon doigt frôle la touche "Enter". J'appuie sans m'en rendre compte.
Ma joue me gratte. Ma main se lève. Je me suis frotté la joue du bout d'un doigt. Je ne sais pas lequel.
Je me "force" à répondre.
Instantanément, ayant vu la touche, je n'ai absolument rien à faire, rien à décider pour que le doigt aille à la touche et tape sur la touche.
Ce qui se passe dans la réalité, au moment même ou cela se passe, n'est pas le résultat de ma pensée.
Je ne décide pas non plus du mouvement de mon doigt et de mon bras si je ne tape pas sur la touche.
Croisant les bras sur la table, je ne décide en rien de la manière dont se mettent les doigts. Ils se mettent.

sdjkchnmksdnmnmvnnvnkvnvnndjvmsldicjzeejlnskjn: ksjdkjnvv:jsdkv:qkjsdvn:mjdnv:jdnvkjn:kjdnv:jksdn,v:kjsdnbvkjsdvjnbdvkjnv;jndsv;vn:kjdnvvvjknv:vjndk:vjn:jdnvkjnvkjndv:jknk:jvnvjdnviomihohemhmezh%iohmMKQHHNQEHNHHIKREQE;.
Ce que mes doigts ont écrit, sans pensée.
La chaleur des touches.
Le résistance à l'enfoncement des touches.
La touche qui cède soudain et qui s'enfonce.
Les lettres qui apparaissent sur l'écran
Le froid sur les mains.
Le talon sur une tongue.
la chaleur de l'ordinateur sous la paume de la main
Un cheveu qui me démange.
Mes mains qui s'arrêtent.
Qui recommencent.
Aucune pensée pour effectivement écrire "Qui recommencent".
Je prend un stylo pour écrire sur un bout de papier.
Aucune pensée pour formée les lettres.
J'écris "stylo" à la main.
Ma main n'a besoin d'aucune pensée pour effectivement écrire "stylo".
Elle écrit "stylo".
Elle peut s'exprimer librement, non "contrôlée" par la pensée.
Je ne peux pas "penser au tapis". Je ne sais pas penser le tapis tel qu'il est vraiment. La pensée ne fait qu'imaginer le concept de tapis que j'ai moi-même créé. Par la pensée, je crée à la fois le tapis pensé et le "moi" pensé, qui tout deux n'existe pas réellement ! J'ai donc créé "l'histoire du tapis". Je n'ai aucun moyen, par exemple, de connaitre par la pensée la réalité de l'enveloppe extérieure du tapis, que j'ai imaginé comme étant "le tapis". Il me faudrait pour cela corréler le tapis "pensé" avec la réalité, sentir et percevoir cette enveloppe. Ce qui ajusterais "l'histoire du tapis" avec la "réalité du tapis" mais qui reste cependant une "histoire ajustée". Je ne pourrais jamais penser "la vraie histoire du tapis", qui sera toujours différente de la réalité, même si je l'ajuste constamment. Pour appréhender le tapis tel qu'il est, je ne peux que l'accepter tel qu'il est, sans le simplifier par une pensée qui ne le voit jamais tel qu'il est.


Reviens à l'expérience directe encore et encore qu'est-ce qui est de l'ordre de la perception des sens ? qu'est-ce qui de l'ordre de la pensée ? Regarde ce que tu as écris et décompose le texte pour distinguer les deux (perçu avec les sens et perçu par la pensée)
La seule perception des sens dans ce que j'ai écrit est le fait que je reconnais le pensée "pensée du tapis".
L'habitude de ce qui est "surajouté" par la pensée. Prenons un exemple : lorsque tu manges quelques chose que se passe-t-il, il y a la perception du goût : c'est doux, dur, acide, etc ... puis il y a "c'est bon", "c'est mauvais", "c'est sucré", "c'est salé" ... etc. La perception du goût te dit-elle "c'est bon" ou "c'est mauvais", fait l'expérience ?
Mise en pratique de haute voltige.
Avec de la pâte de coing faite maison (pensées poids-lourds, donc !)

D'abord la vue, la couleur le grain, le brillant, puis le son (quand je coupe) et le le toucher, la résistance et le moelleux de la pâte en coupant un morceaux à la fourchette, puis en la piquant, le poids, puis l'odeur, (parfois une pensée arrive - bien cuite - mieux que la dernière fois - moulinée c'est bien - demander à maman de ne pas trop la sécher au four - me voir en train de tourner la pâte à la cuisine - désolé d'avoir fondu la tête du mixeur de maman), le toucher à nouveau, la texture, la résistance sous la langue, les morceaux sur les dents, le sucre qui se colle au palais, les grains, puis le goût, acidulé, sucré, et par le nez de nouveau, le parfum, le toucher quand la pâte se dissoud et descend dans la gorge, le goût et le parfum qui restent là, les derniers morceaux (Ah pensée : accompagné d'une tasse de thé - j'y vais ). En restant sur les sensations, absolument rien ne dit: "c'est bon" ou "c'est mauvais".
Avec le thé, idem. Viens s'ajouter une certaine âcreté, le côté liquide. Et, surtout, la chaleur, avec laquelle apparait un signal: "ça brûle". Le début d'une pensée (je ne veux pas me brûler, et me faire du mal, => Attention, danger ! => STOP boire, laisser refroidir !)

Allez hop !
Pause "tapis"

A tout à l'heure,

Frédéric

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Re: Un bout de chemin

Postby OLYVER13 » Sun Apr 17, 2016 10:25 pm

Bonsoir Frédéric,

J’attends ta deuxième partie pour te répondre.

A bientôt,
Bien à toi,
Olivier
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Re: Un bout de chemin

Postby Federipheric » Mon Apr 18, 2016 9:06 am

Olivier,

L'opération a duré quelque peu.
Fatigué, en me focalisant hier soir sur le contact, je me suis endormi sur le tapis.
Ce matin, au réveil, j'ai repris ce petit exercice qui s'est avéré très long.
En fait, j'ai pensé, et j'ai donc écrit, "je la regarde", mais je ne regardais pas du tout.
Ce que je faisait était d'imaginer le pylône, sans le regarder. Je le visualisait par la pensée, et je pensais donc le "regarder".


Essaie de revenir aux perceptions aussi souvent que possible et de "plonger" dans ces perceptions.
Je te propose de faire un petit exercice et de t’allonger sur un tapis et de plonger dans la perception du contact avec le tapis. Par exemple uniquement se focaliser sur le contact entre une main et le tapis et ensuite uniquement un doigt et le tapis. Appuie avec ce doigt sur le tapis, juste se focaliser sur un point de contact. Je te propose de fermer les yeux pour aider à se focaliser sur la perception du toucher de ce point.
Quelle est la distance entre toi et la perception ? si les pensées arrivent, laisse les passer et focalise toi sur cette distance entre toi et cette perception. y a-t-il une distance entre ce qui perçoit et la perception du contact ? si oui de combien est cette distance ?
Ensuite fait le même exercice avec une autre partie du corps en contact avec le tapis (le dos, la tête ...) et réponds aux mêmes questions.
Je suis allongé, enroulé dans une couverture, la tête sur un petit coussin. J'ai eu du mal ce matin a me focaliser sur la perception de ma main, de ma tête.
Mes pensées allaient et venaient (des gens à aller chercher, ou vais-je habiter dans deux semaines, une retraite à organiser, retour sur le week-end, pensées envers mes parents, quand vont ils mourir ?, comment ? ... .). Longtemps. 1 heure ?
Et puis, mes pensées se sont calmées.
Ma main sur la couverture, ma tête sur le coussin.
J'ai oscillé un peu de l'une à l'autre.
Et puis la main.
La main touche la couverture. Les doigts. Doux pour l'un, rêche pour l'autre. Je me focalise sur le rêche. Chaud. Difficile à décrire. Plus de doigt. Plus de couverture. Une sensation.
Il n'y a pas de distance du tout. Focalisé sur le perception, tout est la perception. Il n'y a pas de moi et la perception. Juste la perception. pas de couverture ni de doigt. Juste une perception. Un très bref instant, comme un grand espace. Une sensation d'être là, sans être, au milieu de tout.
Et puis le temps tourne, j'ai rdv.
J’apparais, la main, la tête, la couverture, le coussin, les murs, le temps apparaissent.

A bientôt,

Frédéric

PS : la semaine prochaine, je suis en retraite. De samedi 23 au soir du 30 Avril, je ne serais pas en mesure de communiquer.

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Re: Un bout de chemin

Postby OLYVER13 » Mon Apr 18, 2016 3:57 pm

Bonjour Frédéric,

Merci pour tes réponses,
les choses se déroulent bien en fonction de quelque autres choses (donc pas véritablement "toute seule"), même si ce n'est pas dans mon contrôle ou ni même de ma conscience.
Oui, les choses se déroulent. Est-ce que ce qui est perçu peut-être choisi ? Est-ce qu'il y la possibilité de percevoir autre chose que ce qui est perçu ici et maintenant ?
Qu’est-ce qui exprime cette phrase « en fonction de quelque autres choses » ?
Qu’est-ce que « conscience », vois-tu cela dans l’expérience directe ?
La seule perception des sens dans ce que j'ai écrit est le fait que je reconnais le pensée "pensée du tapis".
Oui exactement.
Et puis, mes pensées se sont calmées.
Oui, les pensées viennent et partent.
Est-ce que les pensées ont un pouvoir sur ce qui est ?
Est-ce que ce qui est perçu est modifié par la pensée ?
D'abord, pour répondre à ta question, je la lis…
….Elle peut s'exprimer librement, non "contrôlée" par la pensée.
Relis ce que tu viens d’écrire et lorsque tu regardes bien, vois ce qui est de l’ordre de la pensée et ce qui est de l’ordre de la perception des sens, de ici et maintenant, ce qui est vérifiable. Dans un cas il y a constat de ce qui est et dans l’autre il y a des commentaires sur ce qui est.

Relis une nouvelle fois ce que tu viens d’écrire en arrêtant une seconde sur chaque phrase qui comporte un « je ».
Peux-tu me décrire ce « je » dont tu parles tout le temps depuis le début de notre discussion ? Où est-il ce « je » ou ce « moi » que tu indiques ? Peux-tu le voir dans l’expérience ici et maintenant ?
Il n'y a pas de distance du tout. Focalisé sur le perception, tout est la perception. Il n'y a pas de moi et la perception. Juste la perception. pas de couverture ni de doigt. Juste une perception. Un très bref instant, comme un grand espace. Une sensation d'être là, sans être, au milieu de tout.
Parfait, très content de te lire. Tu dis « sensation d’être là, sans être », Où est le Frédéric à ce moment ? Existe-il vraiment un « je », un « Frédéric » dans l’expérience directe, les vois-tu ici et maintenant ? Qui est « je » ou « moi » ou « Frédéric » en définitive ?

A très bientôt,
Olivier
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Re: Un bout de chemin

Postby Federipheric » Wed Apr 20, 2016 3:01 pm

Bonjour Olivier,

Je te réponds cette nuit.

A tout de suite.

Frédéric

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Re: Un bout de chemin

Postby Federipheric » Thu Apr 21, 2016 2:08 am

Bonjour Olivier,
Oui, les choses se déroulent. Est-ce que ce qui est perçu peut-être choisi ? Est-ce qu'il y la possibilité de percevoir autre chose que ce qui est perçu ici et maintenant ?
Qu’est-ce qui exprime cette phrase « en fonction de quelque autres choses » ?
Qu’est-ce que « conscience », vois-tu cela dans l’expérience directe ?
Non, il n'y aucune possibilité de percevoir autre chose que ce qui est perçu ici et maintenant.
"En fonction de quelque chose" est une pensée que j'émet sur le déroulement des choses.
Ma conscience, et encore plus ma non-conscience !, n'est absolument pas de l'expérience directe. Quoiqu'il soit difficile de concevoir encore plus de rien ! Rien que des mots.
Est-ce que les pensées ont un pouvoir sur ce qui est ?
Aucun.
Est-ce que ce qui est perçu est modifié par la pensée ?
Je peux modifier ce vers quoi je vais focaliser mon attention.
Je ne peux absolument pas modifier ce qui est perçu une fois focalisé dessus.
Peux-tu me décrire ce « je » dont tu parles tout le temps depuis le début de notre discussion ? Où est-il ce « je » ou ce « moi » que tu indiques ? Peux-tu le voir dans l’expérience ici et maintenant ?
Dans l'expérience directe, il n'y a pas de "je".
"Je" est une pensée.
Parfait, très content de te lire. Tu dis « sensation d’être là, sans être », Où est le Frédéric à ce moment ? Existe-il vraiment un « je », un « Frédéric » dans l’expérience directe, les vois-tu ici et maintenant ? Qui est « je » ou « moi » ou « Frédéric » en définitive ?
"Je", "moi", "Frédéric" sont des pensées.
Ils n'ont pas de réalité intrinsèque.
Ils n'existent pas dans l'expérience directe.
Ils sont comme un papier de l'administration.
L'administration des pensées.
Quand il y a "sensation d'être là, sans être", il n'y a pas de Frédéric.
Dans l'expérience directe, Frédéric n'a aucun sens.

Frédéric va tout de même conduire jusqu'en Hollande à partir de tout à l'heure.
On pourra reprendre cette passionante exploration à partir du 2 Mai.

Excellente longue semaine,

Frédéric

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OLYVER13
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Re: Un bout de chemin

Postby OLYVER13 » Sun May 01, 2016 12:11 am

Bonjour Frédéric,

Après cette pause d'une semaine, il y a la joie de reprendre cette exploration.
Je peux modifier ce vers quoi je vais focaliser mon attention.
Alors essaies et dis moi si tu peux prévoir la focale qui va suivre cette phrase ? regarde bien au "ralenti". est-ce que tu peux choisir la focale suivante et celle d'après ? as tu le choix de la focale à chaque instant ?
Quand il y a "sensation d'être là, sans être", il n'y a pas de Frédéric.
Dans l'expérience directe, Frédéric n'a aucun sens.
Peux-t-il en être autrement ? Est-ce que Frédéric existe hors de l'expérience directe ?
Dans l'expérience directe, il n'y a pas de "je". "Je" est une pensée.
Oui, en toute simplicité, comment te sens tu avec ça ?

Peux tu me décrire qu'est-ce qui perçoit qu'il n'y a pas de "je" ?
qu'est-ce qui perçoit cette "sensation d'être là, sans être" ?

A bientôt de te lire
Olivier
Le moi est un problème que la pensée ne peut pas résoudre Krishnamurti


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