Un bout de chemin

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Federipheric
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Un bout de chemin

Postby Federipheric » Thu Mar 31, 2016 12:24 pm

Bonjour,

Hop ! Me voilà sur ce site dont j'ai entendu parler au sein du mouvement bouddhiste dont je fais partie: Triratna. L'approche très directe, telle qu'elle m'a été présentée m'a semblé très intéressante, et je me suis dis que pour continuer à pouvoir échanger avec mes interlocuteurs en connaissance de cause, je n'avais pas vraiment d'autre option que d’expérimenter ce dont je ne faisait que parler.
Comme, en fonction des interlocuteurs, le dialogue couvrait une plage assez étendue allant du partage clair et transparent à un discussion un peu gênée sur un sujet "sensible" et à aborder avec moultes précautions oratoires, cela m'a d'autant plus intrigué !
Au sein de Triratna, il existe des méditations particulièrement orientées vers la perception du "non-soi", ou l'abandon du "soi", qui me semble efficace, et la manière que vous avez d'aborder cette évolution me tentait bien.
Je suis ingénieur et mon esprit à donc été assez formé à la rationalisation. La méditation est un bon moyen pour moi de tenter de l'éviter. Essayer de "dérationnaliser" de manière plus consciente (ce qui me parait être, en très gros, votre approche) est une expérience qui m'intéresse donc tout particulièrement.

Metta-bises

Frédéric

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OLYVER13
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Re: Un bout de chemin

Postby OLYVER13 » Fri Apr 01, 2016 9:19 pm

Bonjour Frédéric,

Bienvenu sur le Forum, je suis Olivier et je te propose de t'accompagner dans cette exploration.

Cette exploration consiste a rechercher si le "je", le "moi" existe vraiment.

Ce que nous proposons sur le forum, c'est de "regarder" ou "voir" ce qui se passe, ici et maintenant. Cela ne nécessite aucun effort, il n'y a donc pas besoin d'être attentif ou concentré. C'est simplement permettre un regard neuf par rapport à la vie, à "ce qui est". Un regard qui ne fait pas référence aux pensées, ni au savoir, ni à la mémoire.

Nous regardons, tout simplement, dans l'expérience de ce moment, on appelle cela l'expérience directe.

Si tu es d'accord je te propose de commencer rapidement.

A bientôt,
Olivier

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Re: Un bout de chemin

Postby Federipheric » Sat Apr 02, 2016 1:38 am

Bonjour Olivier,

Merci de m'embarquer dans cette exploration d'une chose qui n'existe pas. Cela donne une perspective plutôt vaste.

Un regard neuf ne faisant référence ni aux pensées, ni au savoir, ni à la mémoire. Le programme est alléchant.

Je ne sais pas quand est rapidement, mais ça me va très bien.

A rapidement,

Frédéric

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Re: Un bout de chemin

Postby OLYVER13 » Sat Apr 02, 2016 10:31 am

Bonjour Frédéric,

Pour te répondre, "rapidement" c'est maintenant, il n'y a que maintenant.

Pour préciser un peu les choses, je te propose que cette conversation se passe avec un message par jour et lorsque l'on peut pas répondre que l'on indique simplement quand cela sera possible.

Je ne connais pas le mouvement bouddhiste dont tu parles et je te propose de laisser le temps de cette exploration toutes références à ce que tu as pu lire, entendre, etc... et également de faire une pause à toute pratique. Il n'y aucune obligation, il s'agit de se focaliser sur ce qui est là, ici et maintenant.

J'ai lu ton premier message et rassure toi, être ingénieur n'est pas un obstacle, il n'y a rien à éviter à ce qui est. J'aimerai que tu me précise un peu si tu as une/des attentes particulières avec cette exploration ?

A bientôt
Olivier
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Re: Un bout de chemin

Postby Federipheric » Sat Apr 02, 2016 3:31 pm

Bonjour Frédéric,
Pour te répondre, "rapidement" c'est maintenant, il n'y a que maintenant.
C'est un peu ce que je voulais dire en disant que ça m'allait très bien.
Quelque soit le rapidement, quand il arrive, c'est très bien.

Pour préciser un peu les choses, je te propose que cette conversation se passe avec un message par jour et lorsque l'on peut pas répondre que l'on indique simplement quand cela sera possible.
OK. Ces prochains jours, il y a aura quelques journées ou je n'aurais pas obligatoirement accès aux mails - les 9 et 10 Avril sont les premiers.
Je ne connais pas le mouvement bouddhiste dont tu parles et je te propose de laisser le temps de cette exploration toutes références à ce que tu as pu lire, entendre, etc... et également de faire une pause à toute pratique. Il n'y aucune obligation, il s'agit de se focaliser sur ce qui est là, ici et maintenant.
Ça va être difficile, because je suis le manager du centre, et il faut bien que certaines choses que je suis seul à faire, se fassent.
Mais je n'ai pas l'impression que ça va beaucoup me déranger.
Ces prochains temps, je n'ai pas trop de retraites.
Je vais essayer de laisser tomber toutes références à ce que j'ai pu lire, entendre, ... . Ça me parait assez ambitieux. J'ai l'impression que beaucoup de ce que je vis au quotidien est tout de même un peu basé sur ce que j'ai entendu, vu, senti, ... , un jour, parfois depuis assez longtemps. Mais j'aime bien.

J'ai lu ton premier message et rassure toi, être ingénieur n'est pas un obstacle, il n'y a rien à éviter à ce qui est.
Je n'ai pas l'impression que ce soit un obstacle. Sinon, beaucoup d'autres choses deviennent elles aussi un obstacle. Cela a été un bout de chemin. Je continue aujourd'hui.
J'aimerai que tu me précise un peu si tu as une/des attentes particulières avec cette exploration ?
Je n'ai pas le sentiment d'avoir d'attente particulière. J'ai plutôt le sentiment d'être ouvert à ce qui va pouvoir se passer au cours de nos conversations et de ce que cela provoquera en moi. Est ce que le fait de me sentir l'observateur de ce qui va se passer en moi est une attente ? Je n'ai pas l'impression.

Excellente fin de journée.
Merci de prendre le temps de faire un bout de chemin ensemble

Frédéric

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Re: Un bout de chemin

Postby OLYVER13 » Sat Apr 02, 2016 10:45 pm

Bonjour Frédéric,

Merci pour ton message,

Pour les absences, si tu veux bien préviens moi juste avant ce sera plus facile, merci.
Ça va être difficile, because je suis le manager du centre, et il faut bien que certaines choses que je suis seul à faire, se fassent.

Il n'y a pas de soucis bien sûr, les choses se font comme elles doivent se faire.

Pour rentrer dans le vif, je vais te demander de bien prendre le temps de toujours revenir à ce qui est vu, entendu, senti, touché, au travers des cinq sens et de regarder uniquement dans ce qui est vrai, ici et maintenant avec la plus grande honnêteté. En simplifiant on ne s'intéresse par ce que tu penses, mais à ce que tu vois dans l'expérience directe. Laisse "infuser" les questions, tu peux prendre un peu de temps avant de répondre, essaie dans la mesure du possible d'être dans un endroit apaisé où tu te sens bien et également tu ne pourras pas être dérangé.
Je n'ai pas le sentiment d'avoir d'attente particulière.
A quoi fais tu références quand tu dis "j'ai le sentiment" ? Dis moi ce que tu vois en te référent à l'expérience directe, ici et maintenant.
J'ai plutôt le sentiment d'être ouvert à ce qui va pouvoir se passer au cours de nos conversations et de ce que cela provoquera en moi.
Etre ouvert est une bonne chose. Qu'est-ce qui pourrait bien se passer en toi ?
Est ce que le fait de me sentir l'observateur de ce qui va se passer en moi est une attente ?
Quand tu dis "me sentir l'observateur" a qui fais tu références ? Quand tu dis "en moi" a qui fait tu références ? toujours en te référent à l'expérience directe.

Bien à toi
Olivier
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Re: Un bout de chemin

Postby Federipheric » Sun Apr 03, 2016 12:20 pm

Bonjour Oliver
A quoi fais tu références quand tu dis "j'ai le sentiment" ? Dis moi ce que tu vois en te référent à l'expérience directe, ici et maintenant.
Ici et maintenant, après avoir débité et élagué quelques arbres, j'ai le ventre un peu gonflé d''avoir trop mangé suite à une double invitation de petit déjeuner que je n'ai pas su refuser.
Pour répondre à ta question de à quoi fais-je référence quand je dis "j'ai le sentiment", je veux dire que je m'arrête et essaye de ressentir si une attente naît de quelque part.
Pour répondre à ta remarque, lorsque je m'arrête et essaye de voir si j'ai des attentes, il y a juste un vide.
Sans doute en creusant un peu je pourrais imaginer quelque chose, mais ce serait comme une espèce de création artificielle.
Etre ouvert est une bonne chose. Qu'est-ce qui pourrait bien se passer en toi ?
Et bien justement, c'est ce que je suis ouvert à voir. Je ne peux pas l'imaginer avant que cela n'arrive.
Quand tu dis "me sentir l'observateur" a qui fais tu références ? Quand tu dis "en moi" a qui fait tu références ? toujours en te référent à l'expérience directe.
"Me sentir l'observateur", c'est, par exemple, que, ayant un peu trop mangé, j'ai cette sensation d'avoir trop mangé, et je peux observer :"il y a cette sensation d'avoir l'estomac tendu". C'est l'observateur qui observe cette sensation. S'il n'y avait pas cet "observateur", il n'y aurait sans doute pas de conscience de cette sensation.
Quand je dis "en moi", c'est qu'il y a bien la conscience que les sensations que je ressent, inclues les pensées qui naissent d'une manière ou d'une autre, stimulées par "en" ou "hors de" moi, sont "produites" par ma carcasse (au sens large). Le "moi" en question est donc un espèce de processus qui prend en compte ce qui est, processe tout cela et le "passe", une fois "processé", à ce qui est, ayant de cette manière crée le nouveau "ce qui est".
C'est dur , les mots.

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Re: Un bout de chemin

Postby OLYVER13 » Sun Apr 03, 2016 11:16 pm

Bonjour Frédéric,

Merci pour tes réponses,

Il est important de focaliser tes réponses sur ce qui est vivant, vérifiable au présent, donc sans faire appel à la mémoire, sans faire appel aux pensées. Toutefois tu peux par exemple indiquer "une pensée dit que : " ou "P :" (c'est plus rapide !) si tu souhaites écrire les pensées.
C'est l'observateur qui observe cette sensation.
En te référent aux 5 sens, pourrais tu me décrire "l'observateur" ? où est-il situé ? quelle est sa forme ? quelle est sa/ses couleurs ? a quelle distance est-il de la sensation ?
S'il n'y avait pas cet "observateur", il n'y aurait sans doute pas de conscience de cette sensation.
les "si" ne sont pas la réalité de ce qui est ici et maintenant, il s'agit là de pensées, n'est-ce pas ?
Quand je dis "en moi", c'est qu'il y a bien la conscience que les sensations que je ressent, inclues les pensées qui naissent d'une manière ou d'une autre, .
Oui, il y a des sensations et aussi des pensées qui sont perçues. Le "je" dont tu parles, peut-il être décrit, ressenti d'une manière ou d'une autre ? regarde dans l'expérience directe.
stimulées par "en" ou "hors de" moi, sont "produites" par ma carcasse (au sens large).Le "moi" en question est donc un espèce de processus qui prend en compte ce qui est, processe tout cela et le "passe", une fois "processé", à ce qui est, ayant de cette manière crée le nouveau "ce qui est".
Peux tu vérifier tout ce que tu dis dans l'expérience directe ou s'agit-il de pensées ? par exemple tu dis le "moi" est un processus, peux tu percevoir "ce processus" via tes sens ?

bien à toi,
Olivier
Le moi est un problème que la pensée ne peut pas résoudre Krishnamurti

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Re: Un bout de chemin

Postby Federipheric » Mon Apr 04, 2016 3:05 am

Bonjour Olivier,


Peux tu vérifier tout ce que tu dis dans l'expérience directe ou s'agit-il de pensées ? par exemple tu dis le "moi" est un processus, peux tu percevoir "ce processus" via tes sens ?
Je peux percevoir une respiration, le mouvement du corps qui ondule en rythme avec la respiration, l'air qui sort des narines sur le dos des mains, la moquette sous un pied, le deuxième pied sur le premier, le contact de la poubelle sur la cuisse droite, l'angle de la table sous les avant-bras, les lunettes sur le nez, la lumière, les touches du clavier, ... . Instantanément, je ne peux pas percevoir de processus.
Mais chaque sensation est suivi d'une autre sensation.
Les veines de ma main gonflent puis se dégonflent, puis se gonflent, puis se dégonflent. ... Les choses se suivent.
Pourquoi ? Comment ? Elles se suivent.
Une sorte de processus.
Mais un processus beaucoup plus sensitif que celui dont je parlais hier.
Les mots sont plus simples quand les choses exprimées sont simples.

Changement de sujet temporaire, en réponse à une question d'il y a quelques jours.
Une attente existe, au fond, pas facile à mettre à jour, ou difficile à écrire.
Celle d'être "bon". Et donc, de n'être pas "mauvais".
Oui, il y a des sensations et aussi des pensées qui sont perçues. Le "je" dont tu parles, peut-il être décrit, ressenti d'une manière ou d'une autre ? regarde dans l'expérience directe.
.
Le "je" dont je parle (ou l'observateur), je le ressent vaguement comme une espèce d'énergie douce qui me parcours la tête. Il n'a pas de forme, pas de couleur, il est loin de la sensation. Quelque chose qui prend conscience de la sensation, qui dit qu'elle là, et dit ce que c'est. Parfois, il ne fait que dire que la sensation est là, sans dire ce que c'est.
Ah non !
Quand il n'est pas dit ce que c'est, je n'ai pas cette sensation vague dans la tête.
Pour explorer, j'ai prix un crayon, j'ai appuyé la pointe sur ma main, doucement, puis un peu plus fort (pas trop, tout de même). A un moment, il n'y a plus de crayon, plus de main, juste la sensation. C'est un peu effrayant. La sensation pourrait ne plus être analysée par le "je-observateur" ?
les "si" ne sont pas la réalité de ce qui est ici et maintenant, il s'agit là de pensées, n'est-ce pas ?
Le "si" était une démonstration par l'absurde. Une pensée, donc. Oui.

La main appuyée sur la table, je sens la pulsation des veines depuis le poignet jusque dans chaque doigt.
Lorsque "l'observateur" se met en route, je ressens moins cette pulsation, elle devient moins présente.

Excellente nuit,

Frédéric

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Re: Un bout de chemin

Postby OLYVER13 » Mon Apr 04, 2016 10:03 pm

Bonjour Frédéric,

Merci pour tes réponses. Continuons à explorer !
Une attente existe, au fond, pas facile à mettre à jour, ou difficile à écrire.
Celle d'être "bon". Et donc, de n'être pas "mauvais".
Est-ce une pensée ?
Tu as dit dans un message précédent "... les pensées qui naissent d'une manière ou d'une autre". Tu vois les pensées arriver et partir, parfait ... Pourrais tu me dire si tu décide de la prochaine pensée qui arrive ? ou alors est-ce qu'elle arrive et part et que tu la vois simplement ?
Je peux percevoir une respiration, le mouvement du corps qui ondule en rythme avec la respiration, l'air qui sort des narines sur le dos des mains, la moquette sous un pied, le deuxième pied sur le premier, le contact de la poubelle sur la cuisse droite, l'angle de la table sous les avant-bras, les lunettes sur le nez, la lumière, les touches du clavier, ... . Instantanément, je ne peux pas percevoir de processus.
Mais chaque sensation est suivi d'une autre sensation.
Les veines de ma main gonflent puis se dégonflent, puis se gonflent, puis se dégonflent. ... Les choses se suivent.
Belle description ...
Oui, il y a perception simplement mais qui perçoit tout cela ? où est-il ?
Le "je" dont je parle (ou l'observateur), je le ressent vaguement comme une espèce d'énergie douce qui me parcours la tête.
Regarde encore ce "je", que vois tu dans l'expérience directe, peux tu le situer dans l'espace ?
Il n'a pas de forme, pas de couleur,
Oui
il est loin de la sensation.
Peux tu préciser ce que tu veux dire ? loin = distance ou loin = différent ?
Quelque chose qui prend conscience de la sensation, qui dit qu'elle là, et dit ce que c'est.
Oui, as tu des mots qui puisse définir cela ou pas ?
Lorsque "l'observateur" se met en route
Qui observe la mise ne route ou l'arrêt de l'observateur ?

Bien à toi
Olivier
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Federipheric
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Re: Un bout de chemin

Postby Federipheric » Tue Apr 05, 2016 2:11 pm

Est-ce une pensée ?
Tu as dit dans un message précédent "... les pensées qui naissent d'une manière ou d'une autre". Tu vois les pensées arriver et partir, parfait ... Pourrais tu me dire si tu décide de la prochaine pensée qui arrive ? ou alors est-ce qu'elle arrive et part et que tu la vois simplement ?
Parfois oui. Parfois non.
Oui, pourquoi, car lorsque je suis en action (par exemple,quand je clipote au clavier de l'ordinateur), il y a des pensées qui se suivent et que je dirige positivement (qui "je", je ne répond pas pour l'instant !). Une pensée survient, je vais répondre, alors, je suis ce fil par des pensées qui se mettent en place les unes après les autres (je vais m'assoir devant l'ordi, puis j'avance mes mains, puis je met les doigts sur tel et telle touche, ..., tout cela se passe très rapidement, mais il y a tout de même la conscience d'une pensée fugace qui lance l'action, dans cet objectif bien défini.

D'autres fois me vient une pensée qui semble sortir de nulle part (tout de suite, c'est : P = "Ah ! il faut que j'écrive à Rosine" ), et qui n'a rien a voir, semble t il, avec la situation. Dans ce cas, "je" n'a pas orienté la pensée dans un objectif que "je" m'étais fixé. D'une certaine manière "je" a décidé tout seul d'aller ailleurs que l'objectif qu'il s'était lui même fixé. C'est assez étrange. "Je" semble totalement illogique et manquer de consistance. D'ailleurs, la P "Ah ! il faut que j'écrive à Rosine" a disparu aussi vite qu'elle est apparue, et semble n'avoir aucune importance pour "je". Mais "je" suis tout de même son objectif de clipoter sur le clavier pour te répondre. Activement, maintenant, "je" peux tout de même "créer" la P "Ah ! il faut que j'écrive à Rosine". Et la faire revenir encore et encore, si je veux.
Une P arrive "Ou va ton ?" .
Comment elle arrivée ? Suscitée par le contexte, vraisemblablement, puisqu'elle n'en n'est pas étrangère. Mais comment est elle apparue ? Qui la fait apparaître ? ... ?
Belle description ...
Oui, il y a perception simplement mais qui perçoit tout cela ? où est-il ?
Il y a le ressenti de tout cela. Quelque chose en prend conscience, et met en branle une réponse à cela. Je ne vois pas ou est ce quelque chose. Vaguement je le localise à l'intérieur de l'enveloppe de mon corps (et pas au sommet de la Tour Eiffel, ou ailleurs), mais j'ai du mal à être plus précis. Je sais être plus précis quand des pensées se suivent, mais qui décide comment elles se suivent de cette manière là ou de celle-ci, ... . C'est la même réponse. C'est vaguement à l'intérieur de mon enveloppe. D'ailleurs, ce suivi et la manière de répondre, que je viens de qualifier de "plutôt intérieur" peut très bien être perturbé par l'extérieur (maintenant : "Ah ! un rayon de soleil", "j'ai froid", "c'est le moment de boire un thé"). Ce n'est donc pas autant vraiment intérieur à mon enveloppe que ça. C'est en communication constante avec l'extérieur de cette enveloppe corporelle. ... ?
il est loin de la sensation.


Peux tu préciser ce que tu veux dire ? loin = distance ou loin = différent ?
En répondant au "quote" précédent, dire que l'observateur est loin de la sensation me semble moins vrai aujourd'hui qu'hier. D'ailleurs, y a t il vraiment un observateur ?
Quelque chose qui prend conscience de la sensation, qui dit qu'elle là, et dit ce que c'est.

Oui, as tu des mots qui puisse définir cela ou pas ?

Lorsque "l'observateur" se met en route

Qui observe la mise ne route ou l'arrêt de l'observateur ?
Bon, ..., là mes mots s'épuisent.
Je reviens cette sensation floue entre l'intérieur et l'extérieur, qui ne sait pas répondre à "définir quelque chose" ou à "qui observe" , ou "mise en route ou arrêt". Il n'y pas de mise en "route", ni "arrêt". Il n'y a aucun moment ou "je" peux décider d'"arrêter".

Merci pour tes questions.

Excellente fin de journée

Frédéric

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Re: Un bout de chemin

Postby OLYVER13 » Wed Apr 06, 2016 12:50 am

Bonjour Frédéric,
je suis ce fil par des pensées qui se mettent en place les unes après les autres (je vais m'assoir devant l'ordi, puis j'avance mes mains, puis je met les doigts sur tel et telle touche,
Peux tu vérifier si pour chaque action tu perçois ou tu décide de percevoir cela ? c'est à dire tu perçois le doigt qui enfonce une touche ou tu décide de percevoir le doigt qui enfonce une touche ? Tu peux te poser la question pour tout ce que tu perçois à chaque seconde.
Comment elle arrivée ? Suscitée par le contexte, vraisemblablement, puisqu'elle n'en n'est pas étrangère. Mais comment est elle apparue ? Qui la fait apparaître ? ... ?
Tout ce que tu dis vient-il d'une perception de l'expérience directe ? ou s'agit-il de pensées ?
..."je" n'a pas orienté la pensée dans un objectif que "je" m'étais fixé
Peux-tu déterminer/choisir/décider de la pensée qui va arriver et de la suivante ?
Il ne s'agit pas de me croire mais de vérifier, regarde bien. Est-ce que les pensées ont une influence sur quoi que ce soit, sur la vie perçue ? Les pensées font-elle changer ce qui est ?
Il y a le ressenti de tout cela. Quelque chose en prend conscience,
Oui exactement. Il y a rien de plus normal et habituel que cela.
Vaguement je le localise à l'intérieur de l'enveloppe de mon corps (et pas au sommet de la Tour Eiffel, ou ailleurs), mais j'ai du mal à être plus précis. Je sais être plus précis quand des pensées se suivent
Est-ce possible de localiser plus précisément ? dans ton corps ou ça ? la tête, où dans la tête devant derrière ? ailleurs dans le corps ? regarde bien si tu te retourne est-ce que cette "conscience" bouge aussi ?
Prends le temps de voir les ressentis, comme si tu voulais décomposer. y a-t-il une distance entre ce qui est perçu et ce qui perçoit ?
D'ailleurs, y a t il vraiment un observateur ?
l'"obervateur", le "je", le "moi" le vois tu dans l'expérience directe ?
Bon, ..., là mes mots s'épuisent.
Je reviens cette sensation floue entre l'intérieur et l'extérieur, qui ne sait pas répondre à "définir quelque chose" ou à "qui observe" , ou "mise en route ou arrêt". Il n'y pas de mise en "route", ni "arrêt". Il n'y a aucun moment ou "je" peux décider d'"arrêter".
C'est bon signe lorsque les mots s'épuisent. Peut être qu'il n'y a pas de mot pour définir cela ?

Merci à toi
Olivier
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Re: Un bout de chemin

Postby Federipheric » Wed Apr 06, 2016 11:52 pm

Peux tu vérifier si pour chaque action tu perçois ou tu décide de percevoir cela ? c'est à dire tu perçois le doigt qui enfonce une touche ou tu décide de percevoir le doigt qui enfonce une touche ? Tu peux te poser la question pour tout ce que tu perçois à chaque seconde.
Il y a bien une "décision" de percevoir. Il y a sans arrêt des perceptions multiples, instantanées, apparaissant en même temps et je n'ai conscience que d'une partie de ses sensations. Cette partie dont je prend conscience, c'est ce que j'appelle la "décision" de prendre conscience d'une sensation particulière, parmi d'autres. Cette "décision" peut être organisée (je décide de percevoir la sensation du contact de mon corps avec la chaise, par exemple, mais cela aurait pu être autre chose - Mais, ..., pourquoi le contact avec la chaise ? ... ?), ou réactive (provoquée par une douleur, ou par une nécéssité (quand je veux prendre ma tasse il m'est nécessaire d'avoir la sensation de la voir pour diriger une action), ou une habitude (quand je prends un objet, la sensation du toucher est présente de manière un peu automatique). Finalement, tout en te répondant que la "décision" me semble organisée, puisque c'est ce qui arrive, je me demande si elle l'est vraiment, puisque je ne sais pas pourquoi cette décision là arrive, et pas une autre.
Comment elle arrivée ? Suscitée par le contexte, vraisemblablement, puisqu'elle n'en n'est pas étrangère. Mais comment est elle apparue ? Qui la fait apparaître ? ... ?

Tout ce que tu dis vient-il d'une perception de l'expérience directe ? ou s'agit-il de pensées ?
Ce sont clairement des pensées. Je m'interroge. Sans réponse, je fais des hypothèses. Pensées.
Est-ce que les pensées ont une influence sur quoi que ce soit, sur la vie perçue ? Les pensées font-elle changer ce qui est ?
Les pensées ne font absolument rien changer de ce qui est.
Ce qui est est plus vaste que ce dont j'ai conscience.
Mes "pensées" (ou quelque chose qui dirige la conscience) orientent ma conscience dans telle ou telle direction, me faisant prendre conscience de ceci ou cela. Mes "pensées" orientent ma perception de ce qui est, mais pas ce qui est. Sauf quand elles se transforment en une action.
Peux-tu déterminer/choisir/décider de la pensée qui va arriver et de la suivante ?
Sensation : chaux au fesses => P : je vais me lever => Action : je tourne la tête => Sensation : je vois un billet sur la table => P : je vais le ranger => P: pas maintenant.
Non, mes pensées sont le jouet des sensations, tant qu'elles ne se transforment pas en actions, qui changent mes sensations, ...
Est-ce possible de localiser plus précisément ? dans ton corps ou ça ? la tête, où dans la tête devant derrière ? ailleurs dans le corps ? regarde bien si tu te retourne est-ce que cette "conscience" bouge aussi ?
Prends le temps de voir les ressentis, comme si tu voulais décomposer. y a-t-il une distance entre ce qui est perçu et ce qui perçoit ?
Distance ? Qu'entends tu par distance ?

Localiser plus précisément ? Non. Plus tu poses de questions, moins je localise précisément.
l'"obervateur", le "je", le "moi" le vois tu dans l'expérience directe ?
Je le pense, mais, non, je ne le vois pas.
C'est bon signe lorsque les mots s'épuisent. Peut être qu'il n'y a pas de mot pour définir cela ?
Cela fait beaucoup de mot pour arriver là !
Ils ont tout de même été un moyen d'arriver jusque là.

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Re: Un bout de chemin

Postby OLYVER13 » Thu Apr 07, 2016 11:58 pm

Bonjour Frédéric,

Tu vois clairement qu'il y a perception de voir, sentir, goûter, entendre, toucher mais aussi les pensées, tout cela sans arrêt. Tu vois aussi qu'il y a quelque chose, on pourrait dire qui perçoit tout cela. Vois tu autre chose ? "toi" dans tout cela où est-ce que tu te situe ? prends le temps de regarder dans l'expérience directe là maintenant sans faire appel aux pensées.
Je le pense, mais, non, je ne le vois pas.
Si tu ne le vois pas alors par quel moyen il pourrait bien te faire croire qu'il existe quand même ?

Je reviendrai sur ta question un peu plus tard, ainsi que sur d'autres points que tu évoques.

C'est bon signe quand les mots s'épuisent car ce que l'on appel le "mental" s'efface. Il reste la place à ce qui est même si c'était déjà là avant, on pourrait dire que l'on regarde autrement ce qui est, une autre perspective, un autre regard.

Bien à toi
Olivier
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Re: Un bout de chemin

Postby Federipheric » Fri Apr 08, 2016 1:56 am

Bonsoir, Bonjour Olivier,

J'aime bien ces nuits.
Demain soir je te répondrais sans doute, mais pas les jours suivants, samedi et dimanche, pendant lesquels je serais en Allemagne. Je reviendrais lundi.
Si tu ne le vois pas alors par quel moyen il pourrait bien te faire croire qu'il existe quand même ?
Le moyen est la pensée. Tant que je pense que la pensée fait partie de la réalité, l'objet de la pensée existe, ou au moins semble exister.
Quand la pensée n'est plus que pensée, l'objet de la pensée n'existe plus.

... le "mental" s'efface. Il reste la place à ce qui est même si c'était déjà là avant, on pourrait dire que l'on regarde autrement ce qui est, une autre perspective, un autre regard.
Mental, ..., illusion ?
Expérience directe, ..., réalité ?
C'est difficile de démêler en continu ces deux choses que j'ai tricoté ensemble depuis longtemps.
Tu vois clairement qu'il y a perception de voir, sentir, goûter, entendre, toucher mais aussi les pensées, tout cela sans arrêt. Tu vois aussi qu'il y a quelque chose, on pourrait dire qui perçoit tout cela. Vois tu autre chose ? "toi" dans tout cela où est-ce que tu te situe ? prends le temps de regarder dans l'expérience directe là maintenant sans faire appel aux pensées.
Je viens d'aller m'allonger sur des tapis de méditation, en essayant de rester sur ce que je ressent, juste ce que je ressent. Il y avait le froid, le tic-tac de l'horloge de la pièce d'à coté, les tapis. Quand je suis dans l'expérience directe le son, le froid, le contact du tapis sont toute la sensation. Il y a juste cette sensation qui relie et unifie. Quand je pense à une chose de la pièce avec laquelle je n'ai pas de sensation (un pylône au milieu de la pièce, que je ne ressens pas), cette chose deviens la chose pensée, il n'y plus de ressenti, de lien avec cette chose, je la regarde de loin, différente, lointaine, de moi. Il n'y a aucune sensation. Quand je suis sur le tapis, je peux à la fois ressentir le tapis et le penser. Je peux être sur le tapis et et ne faire que penser au tapis. Alors, je vois les tapis, et ils ont lointains, ils sont "pas moi", des tapis. Ou être sur le tapis et ne faire que ressentir le tapis. Alors, je n'existe pas plus que le tapis, il y a juste un lien. Pareil pour le son, pareil pour le froid. C'est très beau de disparaître et de naître à la fois. Disparaître à soi, naître au monde.
Merci pour ces instants allongés sur les tapis de méditation.

Excellente journée,

Frédéric


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