Comment passer à l'action et commencer à vivre

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MariaB
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Comment passer à l'action et commencer à vivre

Postby MariaB » Tue Nov 03, 2015 9:33 pm

What brings you to Liberation Unleashed?:
Quelqu'un m'a conseillé de venir ici.

What do you expect of the conversation on this forum?:
Le déblocage de la situation.

What is your background in terms of seeking and inquiry?:
4 ou 5 années de recherche "plus sérieuse" mais toute une vie d'intérrogations.

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Chronophonix
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Re: Comment passer à l'action et commencer à vivre

Postby Chronophonix » Wed Nov 04, 2015 2:45 pm

Bonjour Maria

Juste un petit détail technique, pour commencer. Le titre que tu as donné à cette discussion a été tronqué, probablement qu'il était trop long pour être pris en compte en totalité. Pour l'instant, j'enlève juste le «et comme», mais si tu souhaites une autre formulation, dis-le moi et je ferai le nécessaire.

Avant de démarrer le travail proprement dit, il me faudrait quelques précisions sur les points suivants :

4 ou 5 années de recherche "plus sérieuse" mais toute une vie d'interrogations.


En quoi consistent ces interrogations ? Quelle est la voie suivie durant ces années de recherche ?
N'hésite pas à donner des détails.

Le déblocage de la situation.

Quelle est la situation ? En quoi est-elle bloquée ? Que ressens-tu lorsque tu est face à ce «blocage» ?
Que serait, selon toi, le déblocage de cette situation ? Que crois-tu que tu pourrais ressentir après ce déblocage ?

Dès que tu auras répondu à toutes ces questions préliminaires, nous entrerons dans le vif du sujet.

Bien à toi
Michel
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Re: Comment passer à l'action et commencer à vivre

Postby MariaB » Wed Nov 11, 2015 8:52 am

Bonjour,

Merci d'avoir répondu à ma requête et désolée d'avoir tardé à répondre. Je pensais devoir attendre de recevoir un email.

La suite de mon titre était "et commencer à vivre"

Je n'ai pas suivi de "voie" proprement dit, disons que j'ai touché à tout sans rien faire en profondeur. Je sais bien que c'est le problème. En même temps c’est aussi la forme que prend mon "schéma" répétitif.
Voici quelle est la situation telle que je l'ai comprise:

J'ai 42 ans. Le 2 octobre 2010, en pleine insomnie et en larmes mon chemin "plus sérieux" a commencé. Je suis entrée dans le monde du développement personnel et dans la spiritualité petit à petit.
J'ai compris le voile de l'illusion, j'ai compris que j'avais tiré des conclusions erronées en fonction du peu de recul que nous avons enfant, j'ai compris que le monde dans lequel je vis est fictif. J'ai compris. Oui? Mais tout cela a été fait avec la tête et donc rien n'est "débloqué".
Cela a eu pour effet de me rendre encore plus malheureuse qu'avant de commencer à investiguer. Avant j'étais mal sans savoir tout cela, ensuite j'étais mal en sachant tout cela et en ne voyant pas de changement significatif.

Mes parents ne s'aimaient pas. Leur mariage a été arrangé par leur famille respective. Ma mère a dû quitter un homme qu'elle aimait pour en épouser un qu'elle ne connaissait pas mais qu'elle haïssait d'avance. Mon père, quant à lui, l'aimait d'avance. Mais voyant que ce n'était pas du tout réciproque est devenu violent et alcoolique très vite. Si bien qu'enceinte de moi il frappait ma mère. Je crois que c’est là que j'ai "attrapé" la pensée qui dit que je ne suis rien, que je suis impuissante, incapable de m'échapper et condamnée à subir la violence et le bon vouloir des autres, imprévisible et omniprésente.
J'ai été une enfant battue. j'ai connu l'abus sexuel vers 9, 10 ans. Mes parents m'enfermaient à clef à la maison les mercredis toute la journée. J'avais des responsabilités d'adulte, je n'ai jamais été enfant. A peine ai-je su lire et écrire que je devais déchiffrer les feuilles d’impôts de mes parents sans quoi j'étais frappée. Vers l'âge de 7 ans mon frère est né. Ma mère a cessé de travailler pour s'occuper de lui, l'enfant prodigue, le garçon! La petite fille que j'étais a vu alors qu'on pouvait traiter un enfant d’une toute autre manière. J'ai ressenti beaucoup de peine, de rage, de tristesse et de colère à l'intérieur mais je n'ai rien exprimé.

Et voilà comment la situation est bloquée: je me suis coupée de MOI. Mon père voulait un garçon, ma mère ne voulait pas d'enfant: et moi j'étais là et j'étais une fille. Je me suis sentie coupable d'exister et en plus de ne pas être le bon modèle! Ma mère me détestait tant (enfin pas moi mais ce que je représentais pour elle, bien sûr) que ses voeux ont été exaucés et qu'une femme en mal d'enfant m'a kidnappé à la naissance!
Je ne voulais plus ressentir la violence physique et le manque d'amour (le rejet de ma mère et l'incapacité de mon père à me protéger).
Ressentir était trop douloureux et j'ai fini par penser que c'était aussi interdit: interdit d'exprimer la joie de l'enfant et interdit d'exprimer son désaccord sous peine de morfler encore plus sévèrement. J'ai commencé à manger en cachette à l'âge de sept ans. Ainsi je pouvais trouver du plaisir interdit, et étouffer le feu de mes émotions. J'ai 42 ans je continue à m'interdire de ressentir et à manger en cachette pour les mêmes raisons.
Bien entendu, quand à 7 ans, un BN de plus suffisait à éteindre le feu, aujourd'hui les quantités ont été multipliées car bien inutiles à éteindre quoi que ce soit. Le feu est constant et bien alimenté depuis tout ce temps...

Le déblocage de la situation? Arrêter de manger comme je le fais, reprendre contact avec mon corps et ressentir enfin, cesser d'être en hypervigilance constante me croyant en danger permanent. Cesser de croire que je ne suis rien (même si depuis l'autre rive c’est ce que je m'entends dire mais ce serait sauter une étape qui a besoin d'être prise en compte, c'est aussi pour cela que je me suis emmêlée les pinceaux). Cesser de croire que je suis incapable de tout et que ce sont les autres qui, par conséquent, savent tout, peuvent tout et que je dois donc me fier à eux. Cesser de vouloir me catapulter au résultat: quand j'étais petite, j'étais une enfant, mais ma sécurité dépendait de ma capacité à être et à faire comme une adulte. Depuis je cherche constamment à être arrivée SANS faire le chemin, d'où mon incapacité à agir, à vivre puisque la vie c’est le chemin. Et que le chemin se fait en ressentant.

Bref, c'est mon histoire, j'ai travaillé avec Ho'opponopono, The Work de Byron KAtie, la CNV, les soins énergétiques, EFT... et tant d'autres mais comme je cherchais à me catapulter au résultat je n'ai donc rien fait en profondeur. dès que la technique me conduisait à ressentir, alors je me cachais bien vite en abandonnant et en allant chercher ailleurs une autre technique qui, elle, serait capable de me catapulter... et ainsi de suite.
Cela m'aura pris 5 ans pour comprendre que je tourne en rond et que rien ne se fera SANS traverser ce qui me terrifie le plus à l'intérieur: RESSENTIR. Que ce que je cherche est ce que je fuis. Un jour j'ai eu une image dans la tête, je voyais une porte, ma main cherchait de toutes ses forces à ouvrir cette porte et n'y parvenait pas. Je suis restée avec cette image pendant assez longtemps et puis un jour, il y a eu comme un zoom arrière et j'ai vu que mon pied bloquait cette même porte avec la même intensité que ma main cherchait à l'ouvrir. Ce qui en moi cherche la libération n'est donc pas assez fort par rapport à ce qui en moi est terrifié.

J'espère ne pas avoir été TROP longue, moi qui cherche toujours à ne pas être vue. Mais je suis prête, en tout cas une partie de moi est bien plus prête que jamais.
Merci de m'avoir lue.
Bonne journée

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Re: Comment passer à l'action et commencer à vivre

Postby Chronophonix » Wed Nov 11, 2015 11:03 pm

Bonsoir Maria

Cela m'aura pris 5 ans pour comprendre que je tourne en rond et que rien ne se fera SANS traverser ce qui me terrifie le plus à l'intérieur: RESSENTIR.


C'est pourtant exactement ce que je vais te demander ici : de ressentir! Je vais t'inviter à pratiquer ce que nous appelons vision directe : tu met de côté tout ce que te raconte le mental, les pensées, et aussi tout ce que tu as pu lire jusqu'à présent concernant la spiritualité (tu pourras toujours y revenir plus tard), et tu ressens en direct tout ce qui te traverse, sans l'interpréter ni le juger, juste l'observation. Pour te donner un exemple, observe ta respiration : l'air qui pénètre dans tes poumons après avoir traversé les narines, la poitrine qui se gonfle, puis qui se détend lorsque l'air est expulsé, et ça recommence. C'est simple, naturel, il n'y a aucun commentaire à faire sur ce ressenti, pas vrai?
Eh bien tu travailles de la même manière avec tout ce que tu ressens. Mais il convient d'avoir de la méthode, alors, nous allons commencer par un exercice simple, à faire une ou plusieurs fois par jour, mais surtout, tous les jours. Lorsque pour la première fois dans la journée, tu as l'impulsion de manger quelque chose (en dehors des repas), c'est le moment pour faire cet exercice. Je vais prendre l'exemple d'un BN, puisque c'est celui que tu donnes ! Mais c'est valable pour n'importe quel aliment, bien sûr.

Alors, ce biscuit BN, avant de le manger, pose-le et observe-le attentivement. Quelle est sa forme? sa couleur? sa taille? y a-t-il des motifs, des reliefs sur sa surface, ou est-elle lisse? Prend-le dans la main : quel est son poids? comment est sa texture? Est-il solide? friable? Passe tes doigts sur sa surface, quelle sensation cela donne-t-il? Puis, approche-le de tes narines et sens-le. Quelle est son odeur? est-elle agréable? y a-t-il plusieurs odeurs mélangées? Reste avec ça un moment. Ensuite, tu vas le goûter. Mord délicatement dans le biscuit afin d'en prendre une bouchée. Quelle est la sensation dans la bouche? Explore le goût de cette bouchée. Sens ce que ça fait au niveau des lèvres, de la langue, des dents qui mordent, puis du palais, mâche-le un petit moment, lentement, consciemment, sens que ce qui était tout d'abord solide devient petit à petit plus fluide, et enfin, avale ta bouchée, en sentant le passage dans l'arrière gorge, puis l'œsophage, enfin l'arrivée dans l'estomac.

Une fois cela fait, recommence avec une autre bouchée de biscuit, puis une autre, jusqu'à ce que le biscuit soit entièrement consommé. Ensuite, une petite pause, l'exercice est terminé, si tu as encore envie de manger, fais alors comme d'habitude. J'insiste sur le fait que cet exercice - qui est une forme de méditation, en somme - doit être fait au moins une fois tous les jours, sans faute. C'est le «prix à payer» pour démarrer ce processus de reconnexion au ressenti, et pour toi, commencer par la prise de nourriture est tout à fait indiqué.

Je t'invite à revenir ici dès que tu auras mis en route cette pratique, et me dire si tu constates un effet. Le sérieux avec lequel tu vas faire cet exercice est le plus sûr garant du résultat que tu en obtiendras.

Bien à toi
Michel
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Re: Comment passer à l'action et commencer à vivre

Postby MariaB » Wed Nov 11, 2015 11:30 pm

Bonsoir Michel,

Merci pour ta réponse et ton accompagnement. Je savais bien que tu me demanderais de ressentir, comment pouvait il en être autrement? :-)
Cet exercice que tu me proposes est celui de la pleine conscience. Tu me demandes de le faire une fois par jour et je vais m'y tenir dès demain. Toutefois tu me demandes de le faire lorsque je mange en dehors des repas, ce qui équivaut au moment de faire une crise. Puis-je faire cet exercice en dehors d'une crise justement? Ce qui peut paraître une échappatoire n'en est pas une en réalité, (enfin de mon point de vue, ce qui ne garantit rien donc). Je veux dire qu'il me parait plus possible de faire cet exercice dans le calme que dans l'urgence d'une crise où il risque de passer à la trappe. Dans un moment de crise, on est dans l'urgence, comme enragé, il faut éteindre le feu de l'émotion. Je crains de ne pas réussir POUR LE MOMENT à mettre un exercice dans de telles conditions. Ce que je propose donc c’est de tenter cet exercice tous les jours mais d'abord dans un moment de pseudo détente. je dis pseudo parce que je ne suis jamais détendue.
C'est déjà un sacré exercice pour moi et rien que de l'écrire mon mental joue les grognons de la classe.
Est-ce que tu es d'accord pour cela se passe ainsi ou y vois tu un jeu du mental?

Merci et Bonne soirée
Maria

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Re: Comment passer à l'action et commencer à vivre

Postby Chronophonix » Thu Nov 12, 2015 1:39 am

Bonsoir Maria

Fais selon ton ressenti. Il faut toujours partir de là où on est, donc, si pour l'instant il te parait plus évident de faire l'exercice dans un moment de détente, suit ton sentiment et fais-le ainsi. Et profites-en pour observer ce mental «grognon» et l'émotion éventuelle qui l'accompagne. Et dès que cela te paraitra possible, fais l'exercice au moment d'une «crise», peut-être que ça ne marchera pas du premier coup, ou même pas du tout, mais tu n'as rien à perdre à essayer !

Bien à toi
Michel
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Re: Comment passer à l'action et commencer à vivre

Postby MariaB » Thu Nov 12, 2015 12:42 pm

Bonjour Michel,

J'ai mal dormi. J'ai répété toute la nuit, dans une sorte de rêve que "je suis le souffle de vie" Cela me fait une belle jambe, je suis juste un peu plus fatiguée que d'habitude. Ce matin, comme tous les matins c'est "mon côté sombre" qui s'est levé en premier. Ce que j'appelle comme ça, c'est tout ce qui en moi a envie de mourir, a envie qu'on lui foute une paix royale, qu'on arrête de venir l'enquiquiner. Tout ce qui en moi croit à ces mensonges et se croit prisonnière de cette vie, qui subit la vie. Mais ce matin en pire. Sûrement à cause de ce début de travail ici. Ou pas. J'en sais rien.
Toujours est-il que ce matin j'avais les sanglots dans la gorge à en faire mal. Mais j'ai deux enfants de 5 et 10 ans et j'étais seule pour gérer ce matin comme souvent. Alors pas question de "laisser aller", déjà que mon fils m'a dit un jour que moi j'étais tout le temps triste et qu'on savait jamais pourquoi. cela m'a fait beaucoup de peine de rentrer dans le cliché de la mère déprimée.
J'ai donc attendu de les avoir déposés à l'école pour pleurer.
Quelque chose en moi veut mourir. Cela veut que ça cesse.
Dès que je suis rentrée, bien évidemment je suis allée vers le placard à gâteau comme un camé après sa dope! Mais contrairement à toute attente, j'ai fait l'exercice!!!!
J'ai saisi la gaufre au chocolat et je l'ai regardé d'abord et puis je l'ai "sentie". Quand l'odeur de ce chocolat bas de gamme est entré dans mes narines j'ai pleuré plus que jamais en disant que ce n'est pas de ça dont j'ai besoin, ce n'est pas ça qui réglera quoi que ce soit. Je suis restée là quelques secondes et puis je l'ai mangée et ... puis deux autres. j'en aurai sûrement mangé plus s'il y en avait eu plus! Pathétique!

Plus tard dans la matinée j'ai voulu reproduire l'exercice lors d'une autre crise avec du pain au nutella. Mais là, le mental s'est "saisi" de l'exercice avec des commentaires sarcastiques du genre: ben vas-y regarde le ton pain, renifle le chocolat, allez vas y, fais le, de toute façon tu le mangeras quand même! Tu es faible, tu ne sauras pas résister, Pitoyable!

Pourquoi la Vie en nous ne nous donne-t-elle pas plus de force que notre mental, notre juge intérieur?? Pourquoi tout en sachant que cela est faux ne suis-je donc pas plus capable de faire ce qu'il faut? Je ne sais pas quoi faire de toutes ces croyances, comment m'en défaire. Je me fais l'effet d'une petite fille terrorisée, malmenée par un juge intérieur despotique qui ne lui laisse aucun répit. Mais le pire est de savoir que tout cela n'est qu'une illusion mais de ne pas trouver le foutu espace où me déposer, justement parce que JE SUIS cet espace!
c'est à en devenir fou!
ça hurle en moi de douleur.
ça hurle et je ne sais plus quoi faire pour m'aider.

c'est peut-être pas ce qu'il fallait écrire mais on a parlé d'authenticité pas vrai, alors voilà c’est le jeu/je que je vis

Merci
Maria

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Re: Comment passer à l'action et commencer à vivre

Postby MariaB » Thu Nov 12, 2015 2:47 pm

Re bonjour Michel,

Suite à ce que j'ai écrit précédemment, il s'est passé quelque chose. c'était fugace, presque imperceptible mais j'ai quand même "perçu" quelque chose de différent.

Lorsque j'ai écrit plus haut, j'étais complètement prise dans l'émotion, j'ai pas cherché à écrire, j'ai déposé ce qui était en moi. Quand j'ai écrit la phrase où je me fais l'impression d'être une petite fille avec un juge despotique ça a déclenché quelque chose en moi.
C'est comme si quelque chose en moi refusait cette "histoire".

ensuite c'est comme si un changement de point de vue s'était opéré. Je ne peux pas vraiment expliqué mais grosso modo c'est comme si j'avais pris de la hauteur et "vu" le mental comme un enfant qui fait un gros caprice, ou un scandale, je ne sais pas trop comment dire. Un enfant pris dans la panique, qui court dans tous les sens, surexcité au point de ne rien pouvoir entendre ni voir, pris dans un tourbillon sans relâche. C'est comme si l'espace de quelques millisecondes j'avais été comme une maman pleine de bienveillance et de compassion, stable, solide, puissante, présente, à l'écoute. L'image serait comme une mamie qui passe la main dans les cheveux d'un enfant qui hurle de douleur en lui donnant des coups de pieds;

C'était très déstabilisant et en même temps très reposant. L'espace d'un rien. Mais c'était tellement pour moi. Tellement. C'est comme si j'expérimentais le contenu de ce que je venais d'écrire, comme si je voyais l'illusion, comme si je pouvais me déposer là et en même temps ressentir cet espace que je suis. L'espace d'une milliseconde. Fugace. Un instant de grâce absolue.

Ensuite pour "fêter ça" le mental n'a rien trouvé de mieux à faire que d'aller prendre un repas au macdo! Dingue non? (je ne vais au macdo qu'une à deux fois par an en cas de grosse pression)

Merci
Maria

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Re: Comment passer à l'action et commencer à vivre

Postby Chronophonix » Thu Nov 12, 2015 5:49 pm

Bonsoir Maria

Tu as répondu toi-même à ton premier message d'aujourd'hui, alors je réponds au second.

C'est comme si j'expérimentais le contenu de ce que je venais d'écrire, comme si je voyais l'illusion, comme si je pouvais me déposer là et en même temps ressentir cet espace que je suis.

Je dirais que ce n'est pas «comme si», c'est cela même qui s'est passé : tu as expérimenté le mental en vision directe, et cette vision s'est accompagnée immédiatement d'une grande détente physique et mentale, ainsi que de ce fort sentiment de compassion que tu décris très bien. Or cette vision directe, c'est précisément ce que je t'invite à pratiquer instant après instant. Ne pas penser, voir.
Une chose importante : le fait d'éprouver une impression de «grâce absolue» est un effet dérivé de la vision directe, et rien ne dit que cet effet sera toujours présent. Donc, inutile de la rechercher, voir est ce qui est primordial, le reste vient en plus (ou ne vient pas). Tout en continuant l'exercice que je t'ai indiqué, commence à pratiquer l'observation du mental en te plaçant en dehors de lui, en «prenant de la hauteur», comme tu l'écris; cette observation est en soi une pratique de conscience, et comme avec toutes les pratiques, le résultat est à la mesure du temps que l'on y consacre et du sérieux que l'on y met. Mais j'insiste là-dessus, l'état de grâce ne peut être provoqué, il vient ou non, c'est bien pour cela que l'on parle de grâce... N'hésite pas à rendre compte dans le détail des observations que tu vas faire.

Bien à toi
Michel
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Re: Comment passer à l'action et commencer à vivre

Postby MariaB » Thu Nov 12, 2015 6:10 pm

Merci de ta réponse,

Petite aparté technique, bien que j'ai coché la case pour recevoir un email, je n'en reçois pas, mais comme maintenant je viens vérifier s'il y a une réponse, ça va. Faut-il beaucoup de temps entre poster quelque chose et recevoir un mail?

Je ne recherche pas la grâce. Cela peut paraître ridicule de dire ça, mais je n'ai jamais cherché la grâce, ni même ce que les gens appellent l'Eveil. ce que j'ai toujours cherché en revanche, c’est la PAIX. Je ne cherche pas à vivre plaqué à l'arrière plan comme on dit ou sur l'autre rive, je veux juste être bien dans ma vie.
En relisant mes commentaires d'aujourd'hui et l'exercice que tu me proposes, je me rends compte à quel point j'étais/suis collée, identifiée à mon mental. J'ai fini par me coller à ce personnage qu'on appelle le Chercheur. j'ai ainsi changé de personnage sans jamais me désidentifier. Que c'est difficile quand on y pense!

Aujourd'hui j'ai écouté une conférence d'Isabelle Padovani qui est, sans doute celle que j'écoute avec le plus d'assiduité. Deux phrases m'ont interpellée profondément. Je te les cite:
"je cherchais la complétude en cherchant la complétude. On accède à la complétude en accueillant l'incomplétude"

j'ai été profondément touchée par ces mots parce que j'ai toujours cherché effectivement de vertes prairies ailleurs où la vie serait plus belle que celle que j'avais. Je vois bien que tout a toujours été là. Comme ce mental à qui je ne laissais jamais vraiment faire son caprice.

J'ai peur. Le mental a peur. Peur de ne pas réussir à se décoller à nouveau pour que je puisse prendre de la hauteur pour le voir. Car tout à l'heure ça s'est fait tout seul. J'ai vu sans chercher à voir. C'est aussi pour cela que j'ai parlé de grâce: une paix sans effort bien que infiniment courte.
Donc pour le voir je dois me raccrocher à ...? Mes émotions? Mes sensations physiques?

Merci
Maria

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Re: Comment passer à l'action et commencer à vivre

Postby Chronophonix » Fri Nov 13, 2015 12:15 am

Bonsoir Maria

Pour ta question technique, je ne sais pas pourquoi tu ne reçois pas de mail. Personnellement, je viens directement sur le forum voir s'il y a des réponses, donc je te suggère de faire comme ça pour l'instant.

On accède à la complétude en accueillant l'incomplétude
Je dirais ceci : tu ne peux partir que de là où tu es, ici et maintenant, et ce que tu es ici et maintenant ne peut être autrement. S'il y a un sentiment d'incomplétude, très bien, ce n'est pas un problème, sauf si vient se surimposer la pensée «il ne devrait pas y avoir ce sentiment d'incomplétude». Alors, regarde bien : ce sentiment d'incomplétude est-il pleinement accepté ? Ou dit autrement, y a-t-il une résistance ? Un refus ? Est-ce que tu accueilles à 100% l'incomplétude ?
Bien, à présent, il s'agit de passer à l'exploration de ce sentiment lui-même : enlève le label «incomplétude» et ressens simplement : où ce sentiment se localise-t-il ? Dans la poitrine? le ventre? la tête? Y a-t-il une tension, un malaise? Cette observation est à réitérer souvent, bien entendu, pas trop longtemps à la fois, mieux vaut observer 60 fois une minute que tenter de rester en observation une seule fois pendant une heure.

J'ai peur. Le mental a peur.

Même exercice avec ce que le mental labellise «peur» : observe la nature sensitive de ce qui te traverse et que tu étiquettes «peur». Enlève l'étiquette, et ressens ce qu'est la peur au niveau organique. Si c'est trop éprouvant, tu arrêtes, tu respires, tu fais une pause, tu recommences, ou tu passes momentanément à autre chose avant d'y revenir. Inutile de se brutaliser, il faut de la méthode !

J'ai fini par me coller à ce personnage qu'on appelle le Chercheur.

Bienvenue au club ! Nous sommes tous passés par là ! Bon, à nouveau, tu vas observer le «chercheur» et tâcher de le trouver : où y a-t-il un chercheur ? Qu'y a-t-il derrière l'étiquette «chercheur»? Observe sans surajouter de pensées, vois ce qu'il y a derrière cette pensée «chercheur». Le mental colle des étiquettes sur tous les ressentis pour justement les anesthésier, et ce que nous faisons ici est précisément de réveiller ces ressentis en décollant tout simplement les étiquettes.

je me rends compte à quel point j'étais/suis collée, identifiée à mon mental.

Parfait, à chaque fois que tu vois cela, à l'instant même, tu te «décolles» du mental, et même si ce n'est que pour quelques secondes, c'est précieux.

Donc pour le voir je dois me raccrocher à ...? Mes émotions? Mes sensations physiques?

Il n'est pas question de se «raccrocher», mais simplement d'observer. Alors oui, quoique dise le mental, il y a en même temps des sensations physiques ou des émotions (les émotions sont aussi des sensations physiques...) et ces sensations physiques sont du ressenti. Au fond, on pourrait appeler «ressenti» tout ce qui apparait à la conscience et qui n'est pas de la pensée. En observant directement ce que tu ressens, tu sépares ce qui est ressenti de ce qui est pensé et cette mise en perspective te fait voir le mental à l'œuvre. Mais ce n'est pas tout de le dire, il faut le pratiquer, en utilisant les exemples que je t'ai donné, plus tous ceux que tu pourras trouver par toi-même.

Bien à toi
Michel
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Re: Comment passer à l'action et commencer à vivre

Postby MariaB » Sun Nov 15, 2015 1:19 pm

Bonjour Michel,

J'ai tardé à répondre, désolée.
Il s'est passé quelque chose de curieux dans ma vie outre les évènements de ces derniers jours. Suite à ton message, l'histoire des étiquettes que le mental colle sur les choses pour éviter d'avoir à les ressentir de nouveau, une fois qu'il en a tiré une conclusion d'un instant T est restée dans ma tête toute la journée.
Et j'ai trouvé la paix d'une très étrange façon en réalité.
J'ai trouvé la paix en affirmant que JE suis le mental. Oui, je sais cela peut paraitre très curieux, pourtant au moment même où j'ai dit tout haut (toute seule chez moi) Je suis le mental, et oui je colle des étiquettes, et oui je suis limité et impuissant dans bien des domaines, et oui je me suis trompé par le passé mais non je ne suis pas coupable. J'ai besoin d'être reconnu, accueilli puisque JE SUIS est TOUT ce qui est, je fais aussi partie de ce TOUT. Pourquoi passent-ils leur temps à me taper dessus et à tout me mettre sur le dos du malheur de leur vie? (c'est le mental qui parle)
A partir de ce moment, curieusement, je me suis sentie réunifiée et j'ai arrêté de lutter contre moi même. J'ai été capable depuis ce moment, de regarder sincèrement ma responsabilité dans des tas de choses et de poser des actes concrets pour que les choses commencent à aller dans un autre sens.
Affirmer que je suis le mental m'a donné envie de préserver la vie qui est en moi, que je protège depuis toujours et peut-être un peu trop. Oui c’est toujours le mental qui parle. J'ai enfin arrêté de me taper dessus et de chercher à être quelqu'un d'autre, quelque chose d'autre que je ne sens pas.
Mais à partir de là où je suis, c'est exactement ce dont j'avais besoin.
Car maintenant je peux agir, je suis prête à pratiquer pour protéger la Vie.
Le mental, quoique tout le monde ne dise est celui qui vit de ce côté du rivage, il fait tout ce qu'il peut pour que le voyage se passe bien car il se rend bien compte que ça n'est pas top.
pour le moment je vais en rester là,

Je te remercie de m'y avoir accompagnée.
Un jour peut-être plus tard, je serais alors prête à ne plus être le mental et à être la Vie. Pour le moment je suis le mental au service de la vie et ça me convient très bien.

Merci

Bien à toi

Maria

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Re: Comment passer à l'action et commencer à vivre

Postby Chronophonix » Sun Nov 15, 2015 5:54 pm

Bonsoir Maria

Pour le moment je suis le mental au service de la vie et ça me convient très bien.


Je n'ai rien à ajouter à cela, ce qui importe, ce sont ces sentiments de réunification, de lâcher-prise et d'ouverture sur la vie dont tu me fais part, et j'en suis très heureux pour toi. Notre discussion va rester dans le forum, et tu pourras la retrouver quand tu voudras si tu as quelque chose à rajouter, ou à demander.

Bien à toi
Michel
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Re: Comment passer à l'action et commencer à vivre

Postby MariaB » Sun Nov 15, 2015 6:39 pm

Merci Michel de tout coeur.
Je prends bonne note de cet espace qui reste là pour plus tard. Merci.
Maria

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MariaB
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Re: Comment passer à l'action et commencer à vivre

Postby MariaB » Wed Nov 18, 2015 9:14 am

Bonjour Michel,

Et oui me revoilà déjà. J'imagine que tu savais bien avant moi que cette étape serait très courte. :-)
Moi très sincèrement je ne pensais pas revenir si tôt. Reconnaitre que "je suis le mental" m'a vraiment beaucoup aidée. C'est un peu comme si je permettais à la petite fille que j'ai été de dire "oh, je suis une PETITE fille, limitée et ignorante et incompétente encore dans bien des domaines, je NE PEUX pas faire ce que vous attendez de moi et c'est NORMAL!"

J'ai compris à quel point je me suis toujours prise pour le mental SANS le savoir. C'est difficile à expliquer avec des mots, mais c'est exactement ce que j'ai vécu enfant. J'avais fini par oublier que je n'étais qu'une enfant tellement la pression et la terreur étaient grande pour faire ce qu'on attendait de moi et pour lequel je n'étais pas faite!!!

Reconnaitre que je me prenais pour le mental m'a aidée à "lâcher prise" en quelque sorte. Whaou ce n'est pas à moi de faire la Paix, superrrrr! Parce que justement je voyais bien que je n'y parvenais pas mais je continuais de croire que c'était à moi de le faire!!!!
Ces derniers jours j'ai réussi "en tant que mental" à accepter de lâcher brièvement les commandes et à me "confier" à la Vie que je suis. Brièvement. Très brièvement.

Si je reviens aujourd'hui, c'est justement parce que tant que je me prends pour le mental, je ne suis pas heureuse. Et ce qui est plus ou moins cool c'est que même "en tant que mental" je suis capable de l'admettre. C'est "le mental" en moi qui admet qu'il est lui même l'obstacle mais qu'il ne sait pas bien faire autrement, il fait son job de mental.

Les événements de ces derniers jours ont mis à jour à quel point "le mental qui m'habite" est pessimiste. Quand je me prends pour le mental exclusivement je ne crois pas que l'humanité mérite d'être sauvée! Et quand je laisse une place à la Vie en moi alors je peux voir au-delà de l'illusion et de ce qui fait qu'un être humain agit de telle ou telle façon.
Reste que maintenant plus que jamais il est douloureux pour moi de me prendre pour le mental.

En conduisant mes enfants à l'école ce matin, j'entendais les oiseaux chanter et je me disais qu'il fallait continuer nous aussi sans se poser trop de questions, mais comment?

J'espère que tu liras ce message en passant par là.

Bonne journée à toi.

maria


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