bonjour

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emelaz
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bonjour

Postby emelaz » Wed Nov 26, 2014 12:35 pm

bonjour,
je m'appelle Emmanuel, j'ai 39 ans, je vis au nord de la Bretagne.
ma recherche spirituelle a démarré à l'adolescence.
j'ai eu un environnement favorable: mes parent ont fait parti d'un ordre de la rose+croix, ma mère était astrologue puis s'est découverte artiste et medium, mon oncle est professeur de yoga.
C'est chez mon oncle que j'ai été attiré par un livre au titre évocateur: "Le livre d'Emmanuel".
Je l'ai lu d'une traite, puis par la suite d'autres livres : Edgar Cayce, les meurois-givaudan, semences d'étoile etc...
Ma mère m'a initié vers l'âge de 15 ans à une technique de voyage astral en conscience qui nous permettait d'entrer en communication avec nos guides et de faire un nettoyage karmique ds vies antérieures.
Je me suis aussi intéressé à cette époque à la numérologie et je trouvais cet outils fabuleux car il me permettait de percevoir la psyché des gens.
la numérologie m'a conduit à intéresser à l'informatique et au développement informatique.
En réalité, j'ai une facilité à comprendre et à maîtriser les objets mentaux ou concepts abstraits.
ma mère est décédée d'un cancer quand j'avais 23 ans et ce fut un choc pour moi.
ma relation avait été fusionnelle.
je me suis réfugié dans mon travail comme technicien informatique, puis responsable, puis j'ai commencé une formation interne pour devenir chef de projet.
J'ai vécu une adolescence à retardement, entre boites de nuit, drague, lente dépression.
A 28 ans, j'ai voulu changer de vie. j'ai tout abandonné pour revenir dans la petite ville ou vivait mon père pour reprendre une librairie esotérique. A ce moment, et depuis un an environ, je fumais beaucoup de cannabis.
mais je n'étais pas bien dans ma peau. j'ai cru que je devais avoir une vie normale.
A 30 ans, j'ai rencontré une femme que je croyait aimer, nous avons eu un enfant, nous avons déménagé en Bretagne dans un endroit isolé en campagne ou j'habite toujours.
J'ai arrêté de fumer du cannabis quand mon grand avait 1 an, après un accident ou il s'est noyé dans le lavoir ou nous habitions à cause d'un manque de vigilance de ma part.
J'étais au téléphone avec un client et j'ai senti une étrange sensation, je me suis précipité vers lui et je l'ai réanimé, je ne sais pas comment, je ne me rappelle pas très bien.
Petit à petit, mon activité professionnelle s'est transformée pour vendre des livres d'occasion sur internet.
Nous avons eu 3 enfants.
37 ans, alors que le dernier n'avait pas un an, elle a décidé de me quitter pour vivre à 2 heures de moi.
Je me suis retrouvé seul, isolé, sans famille, sans amis, sans projet, sans désir.
J'ai dansé un peu avec l'idée du suicide.
J'ai décidé de me faire aider par un coach en thérapie brève.
J'ai décidé de reprendre ma vie en main: j'ai arrêter de fumer (20-25 cigarettes/jour environ), de me ronger les ongles (depuis aussi loin que je me souvienne, je me rongeais les ongles), de faire du sport, de changer d'alimentation.
Quelques mois après, j'ai rencontré une femme, qui était psycho thérapeute. Je suis tombé amoureux mais elle était du genre castratrice et utilisez ses connaissances et technique pour me blesser. Mais comme j'étais amoureux; je prenais au sérieux ce qu'elle me disait. Cela a été un booster de changement.
Par défi envers elle, j'ai commencé la même formation qu'elle.
J'ai continué après notre rupture parce que cela me plaisait.
J'ai cru que je pouvait devenir quelqu'un.
Je me suis rendu compte ensuite qu'au contraire, plus j'enlevais des couches, plus je m'épurais moi-même, plus j'étais en paix et heureux.
Après un jeun, j'ai eu un changement radical l'alimentation vers le végétalisme, le crudivorisme.
Je me suis intéressé à l'alimentation pranique.
Je suis retombé amoureux, cela ne s'est pas bien passé.
J'ai découvert le kundalini yoga et j'ai suivi des stages pour être enseignant.
J'ai découvert les vidéos de Betty, d'Alex Kimpe et la non dualité et tout me parle et me semble juste.
Ce que je souhaite, c'est la paix, c'est la mort, c'est la vie.
Pourtant quand je suis en paix, c'est parce que je souhaite plus rien.
L'amplitude entre mes états de paix et de mal-être est de plus en plus grande.
Je n'arrive pas à définir qui je suis.
Au moment même ou j'écris, je me sens observé.
Ce que je ressens ne s'exprime pas au travers des mots.
la c'est vide...
merci de m'avoir lu

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Re: bonjour

Postby Chronophonix » Thu Nov 27, 2014 8:44 pm

Bonsoir Emmanuel

Sacré parcours que le tien ! Il est vrai que c'est plutôt rare de lire sur ce forum une biographie si complète...
Il te reste à présent à me dire ce que tu attends précisément de notre discussion. Tu as sans doute lu d'autres dialogues, mais si ce n'est pas le cas, je t'invite à consulter attentivement la section «archives» pour que tu aies une idée claire du travail que nous faisons ici.

Je peux néanmoins te poser déjà quelques questions.
Ce que je souhaite, c'est la paix, c'est la mort, c'est la vie. Pourtant quand je suis en paix, c'est parce que je ne souhaite plus rien.

Dans cette phrase, à quoi se réfèrent les pronoms personnels «je»? Le «je» qui souhaite être en paix est-il le même que le «je» qui a trouvé la paix lorsque justement la volonté de l'obtenir est tombée? Et lorsque tu écris «je me sens observé», que veux-tu dire exactement ? Qui observe qui ?

Les réponses aux questions posées sont toujours à trouver dans l'expérience directe, non intellectuelle, en se fiant au ressenti et à l'intuition.

Tu écris «Ce que je ressens ne s'exprime pas au travers des mots.» Il est vrai que nous touchons là des domaines où le langage verbal peine à décrire ce qui est vécu, mais il est, dans cette forme de travail, notre seul outil disponible, alors il s'agit de pousser l'intellect jusqu'à ses plus extrêmes limites pour lui faire exprimer l'inexprimable...
Je n'en dis pas plus pour l'instant, dans l'attente de ta réponse.

Namaste
Michel
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Re: bonjour

Postby emelaz » Wed Dec 03, 2014 2:29 pm

Je n'attends rien de précis de notre discussion. En même temps, je suis enthousiaste et curieux de ce qui va émerger.

Je c'est moi, l'ego, le mental: bonjour.
"je", c'est ce qui s'approprie l'expérience de plénitude alors qu'il en est absent. La mort de l'ego c'est la vie. La paix vient quand le mental abandonne l'idée d'être et accepte de retourner d'ou il vient: dans le silence du Soi.

En même temps, le langage ne connait que le "je", éventuellement le "on" serait parfois plus approprié.
La conscience ou le Soi observe et parfois il ne reste que la conscience l'espace d'un instant.
Puis le mental reviens dit "jai vécu ceci ou cela, un épisode d'éveil".
Comme beaucoup, parfois je me dis "comment calmer mon égo" et en même temps je sais que ce qui veut est justement l'égo.
Il m'arrive souvent le matin en prenant ma douche de me dire "tais toi, tais toi, tais toi".
Quand j'y pense, c'est absurde. C'est drôle aussi. Le jeu sans fin du mental qui se mord la queue.

Je me rappelle adolescent, en bus, avec mon père, les yeux fixant l'infini, il me demande, "a quoi tu penses?". Je lui réponds: "A rien". "Ce n'est pas possible", me répond-il. Je me rappelle cherchant quoi répondre, il n'y avait rien qui venait dans ma conscience.
Quand je pense à cet épisode, à la revivre mentalement, "je" a tendance a s'évanouir, puis "je" me sens observé, puis c'est vide, il y a une conscience nue, puis "je" reviens et j'écris.

Il m'est arrivé ou il m'arrive de m'observer ou de m'écouter en train de parler.
Les mots sortent de ma bouche et je les écoute.
Bien sur la pensée d'avoir écouté est absente au moment de l'écoute, elle survient après coup.

Je me sens souvent comme Eckart Tolle qui dit "je ne peux plus vivre avec moi-même". Ta question ressemble à sa question "qui est ce je qui ne peux plus vivre avec cet autre je?".
J'ai des épisodes de grande détresse qui m’emmènent parfois dans des "lieux" sombres de ma conscience, que j'apprends à traverser. Rarement des envies de suicide, des moments ou la folie me guettent, plus banal: une profonde tristesse.
Dans ces moments critiques, j'oublie tout ce que je sais qui pourrait me "sauver". Derrière les nuages, il y a le soleil. Mais quand je suis les nuages, je ne crois plus au Soleil. La notion de "je" devient floue car je ne sais pas me définir et c'est là ou j'en suis maintenant, c'est parfait.

Je ne veux pas être quelqu'un. Je ne cherche pas l'éveil, du moins pas comme quelque chose qui me manque mais comme quelque chose qui se révèle à moi. C'est un chemin de dépouillement.

Merci de m'avoir lu.

Emmanuel

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Re: bonjour

Postby Chronophonix » Fri Dec 05, 2014 12:46 am

Bonsoir Emmanuel

Comme beaucoup, parfois je me dis "comment calmer mon égo" et en même temps je sais que ce qui veut est justement l'égo.

Deux remarques à ce propos.
Tout d'abord, nous ne pouvons partir que de là où nous sommes. Si l'ego est encore très présent, alors c'est à partir de cet état d'identification que quelque chose est possible; des décisions vont sembler être prise par un effet de la volonté de l'ego, et c'est sans doute très bien comme ça : l'ego se demande «comment calmer l'ego ?» et c'est l'échec permanent de cette demande qui peut finir par le calmer réellement, lorsqu'il aura senti son impuissance notoire à obtenir ce qu'il veut.
Ensuite, dans une telle phrase, se posent les questions suivantes : à quoi se réfère le «mon» dans mon ego ? Et quel est ce «je» qui sait que ce qui veut est justement l'ego ? Il s'agit d'observer cela en direct, par le ressenti, sans mentaliser. «Mon ego» est typiquement une boucle mentale dont il faut sortir pour la voir dans toute sa splendeur!
C'est d'ailleurs ce que tu écris un peu plus loin : Quand j'y pense, c'est absurde. C'est drôle aussi. Le jeu sans fin du mental qui se mord la queue. Voir cela n'est-il pas suffisant ? Car à tout moment cette réflexion peut s'appliquer, sans même devoir être verbalisée : ressentir à chaque instant cet humour divin du mental qui tourne en rond et se valide lui-même permet de s'en extraire instantanément. Comme le proposait le maître américain Lee Lozowick, une bonne question à se poser instant après instant est «Who am I kidding ?» (De qui est-ce que je me paie la tête ?)

Quand je pense à cet épisode, à la revivre mentalement, "je" a tendance a s'évanouir, puis "je" me sens observé, puis c'est vide, il y a une conscience nue, puis "je" reviens et j'écris.

Si tu peux voir, à partir de la conscience nue, le «je» revenir, ou s'il est possible de rester connecté à cette conscience vide lorsque le «je» reviens, que se passe-t-il ?

Bien sur la pensée d'avoir écouté est absente au moment de l'écoute, elle survient après coup.

Cette pensée elle-même (la pensée «j'ai écouté») est susceptible d'être écoutée; la voir apparaître, se déployer, puis se résorber. Voir que ce n'est qu'une pensée. Tout ce que raconte le mental pensant n'est pas en soi un problème, c'est le fait d'y adhérer qui obscurcit tout. J'avais écrit il y a déjà quelque temps ce petit texte que je te livre tel quel :
Voir les pensées, s'en décoller, puis retomber dedans, à nouveau les voir, s'en décoller à nouveau, et retomber encore, et encore, et encore... à chaque instant, la chute, à chaque instant la rédemption, voilà où est le chemin, c'est un véritable apprentissage de «guerrier spirituel», et comme tous les apprentissages, cela peut prendre du temps...


Comme tu le dis, c'est un chemin de dépouillement...

Namaste
Michel
«Pas ce qui devrait être, ce qui est» (Swami Prajnanpad)


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